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xisrsTxmjT eg^iptieo^ 



PROCES-VERBAUX 

MÉMOIRES ET COMMUNICATIONS 







BULLETIN 



DE 



L'INSTITUT ÉGYPTIEN 



;// 



Troisième Série. — N** 3. 



ANNEE 1892 




LE GAHIE 

IMPRIMERIE NATIONALE 
i893 






ÙT 
sér,5 



la méimoire d.e 

S. A. LE KHÉDIVE TEWFIK PftCHft 

d.écéd.é SL lEIélo-main. le V vTarL- 
-viei? ±S92, il xx'a, p>a,s été texi-u. 
d.e sésixice detris le coTJLro-int de 
ce rinois. 



I 



-t 



SÉANCE DU 5 FÉVRIER 1892 



Présidence de S. E. Yacoup. vuaw Ainiy. présidenl. 



La séance est ouverte à 5 heures 3//i. 
Sont présents : 

LL.EE. Yacoub pacha Artix, président. 

D' Abbate pacha ) . 

vice-présidents 



GÉNÉRAL Larméi: paciia 
MM. Gavii.lot, secrétaire général. 
W. Abbate, 

AiMICI BEY, 
BONOLA BEY, 

Col. GiiAiLLÉ-LoNG BEY, ) membres résidants. 

FaKIIRY PACHA, 

Hassan pacha Mahmoud, 

ISMAÏL PACHA El FaLAKI. 

Les RR. Pi\ Auteiage, recteur du Collège de la Sainte- 
Famille, et Larrivaz, MM. Gope-Whitheouse, W. N. GrofT 
et Frazer-Ra?, assistent à la séance. 

Le procès-verbal de la réunion du 20 décembre 1801 
est lu par le secrétaire général, et adopté. 

La correspondance comporte, en outre des journaux et 
revues périodiques dont la liste est donnée à la lin du 
présent procès-verbal, une lettre de M. J. B. Piot, secré- 



— 6 — 

taire aiinuol, par laquelle il s'excuse de ne pouvoir 
assister à la séance, une lettre de M. Sickenberger, 
demandant 1 erenvoi à une séance ultérieure de sa lecture 
sur le C/iabrom, et un prospectus spécimen d'un Lexique 
Hiéroglyphique-Français et Français-Hiéroglyphique, en voie de 
publication à Timprimerie polytechnique, à Bruxelles. 

M. LE PRÉSIDENT invite M. le secrétaire général à commu- 
niquer ce prospectus à notre confrère M. Grébaut, afin 
d'avoir son avis avant d'examiner s'il y a lieu de sous- 
crire pour acquérir cet ouvrage. 

M. BoNOLA. BEY rappelle à ce propos qu'il existe déjà un 
dictionnairehiéroglypliique très réputé, celui de M. Lan- 
zone, du musée de Turin, et demande que M. Grébaut 
soit aussi consulté sur la question de savoir auquel des 
deux ouvrages l'Institut devrait, s'il y a lieu, donner la 
préférence. Cette proposition est adoptée. 

Mention particulière est faite, par M. le secrétaire 
général, de l'envoi à l'institut égyptien, par rinteWgence 
Department 'E. A., d'une petite brochure en anglais, inti- 
tulée -Stif/rt/i A ////«^«f/c 189^. Semblable almanach avait déjà 
été envoyé pour 1891. 

S. E. Yacoub pacha Artin explique que, sur son initiative, 
le bureau de l'Institut a décidé de supprimer Ja séance du 
mois de janvier en signe de deuil pour le décès de S. A. le 
Khédive Mohammed Thewfik, protecteur de notre com- 
pagnie. 

M. i.E PRÉSIDENT annoucc ensuite la perte éprouvée par 
rinstitut égyptien en la personne de M. le docteur Elle 



— 7 — 

Rossi bey, membre Résidant et un de nos plus anciens et 
de nos plus laborieux confrères, et en celle de M. le 
marquis de Rochemenlcix, membre bonoraire, après avoir 
été membre résidant. 

S. E. Yacoub pacha Artin fait un éloge mérité de la 
longues carrière parcourue en Egypte par M. le docteur 
Rossi bey et rappelle succinctement ses nombreux travaux. 

Après avoir rappelé aussi la science et l'érudition do 
M. le marquis de Rochemcnteix, dont la perle prématurée 
a causé en Egypte une si douloureuse surprise, M. le prési- 
dent exprime toute la sympathie de l'Institut pour les 
familles de nos deux confrères défunts, et invite les 
membres présents à se lever avec lui en témoignage de 
deuil et de regrets, puis suspend la séance. 

A la reprise, M. Gope-Whitehouse a la parole pour faire 
la communication suivante sur Trois cartes ptolémaiqucs de 
V Afrique septentrionale, CE(jypte et la Sijric (Voir annexe \V^ l 
à la lin du procès-verbal). 

Sa communication terminée, M. Cope-Whitehouse 
remet à l'Institut l'exemplaire de la carte de la Moyenne- 
Egypte dont il a été question, et insiste sur le fait que cet 
exemplaire ne lui a été conlié qu'à charge de le trans- 
mettre à l'Institut égyptien au nom de M. le général 
Forestier Walker. 

S. E. Vacoi iiî PACHA Artin adresse des remercîmenls à 
M. Gope-Whitehouse pour ses intéressantes observations, 
et invite M. le secrétaire général à adresser à M. le 
général Forestier Walker les remercîments de l'Instilut 
pour le don d(> l'exemplaire de la carte dont s'agit. 



M. LE D' Abbate pacha élève des objections contre 
l'assimilation du mot Trajanus avec Troïa ou Toura. 11 
croît cette assimilation mal fondée. 

M. W. Groff est invité ensuite à faire sa .lecture sur 
l'expression Mot-Tumout (Genèse 13,17) ou Les rapports entre 
le deuxième chapitre de la Genèse et VEcjypte. (Voir annexe n° 2 
à la fin du procès-verLal). 

M. LE PRÉSIDENT félicitc ct remcrcie M. W. Groff de la 
remarquable étude qu'il vient de communiquer à l'Ins- 
titut et qui a été hautement appréciée. 

L'Institut se forme ensuite en comité secret. 

M. LE PRÉSIDENT roud couipte des démarches faites par le 
bureau pour solliciter de la bienveillance de S. A. le Khé- 
dive l'admission du corps des membres de l'Institut aux 
réceptions officielles de Son Altesse, puis il est procédé à 
l'examen, renvoyé à cette séance, du règlement approuvé 
dans la séance du 6 juin 1890 relatif à la médaille- 
insigne des membres résidants. 

Divers amendements sont proposés par S. E. Fakhry 
pacha et M. W. Abbate, et sont discutés et approuvés. 
Mais comme l'Institut n'est pas en nombre, il est décidé 
qu'il sera procédé à une seconde lecture dans la séance de 
mars prochain, et que le texte du dit règlement ne 
deviendra définitif qu'après cette nouvelle délibération. 

La séance est levée à 5 heures. 



Annexe N" 1 à îa séance da G fôvrifr 11J02. 



NOTE 

Sl'R 

TROIS GAiriKS FTOJLÉMAIQUES 

DE 

I/AFRIQCE SEPTENTRIONALE. LÉGYI'TE ET LA SYRIE 

l'AR 

M. COPE WHITEHOL'.SI. 



Dans la séance du mois de mai 189i, j'avais déjà soumis tr )is 
cartes à l'examen du MM. les membres de l'Institut. La première 
est la plus ancienne du m^nde. Elle date de l'époque du roi Seti I 
et peut être probablement reléguée à la neuvième année de son 
règne, soit à 1357 av. J.-C. 

Cette carte est la reproducti )n d'un papyrus du musée de Tarin, 
et repré.sente un plan liorizontal d'une partie du pavs montagneux 
à l'est du Nil, probablement tout près de Radasieh ou de Hamamat, 
ou entre Koptos et B'-rénice, ou encore dans le Ouadi-Abbas. 
Cette carte est importante à cause des mines d'or qu'elle men- 
tionne. L'étendue du gîte aurifère, les chemins et voies de commu- 
nicati )ns, des magasins, des maisons et des puits y smt notés avec 
une lucidité parfaite. Les noms hiéroglyphiques, avec des inscrip- 
tions et des symboles, y sont aussi représentés, mais, malheureu- 
sement, les noms du lieu TI 00 01, donnés dans une espèce de 
monogramme de signes phonétiques embrouillés, n'ont pas, jusqu'à 
présent, permis leur identification avec des lieux connus. La grande 
route qui conduit à la mer Rouge, parsemée de coquilles sur le 
papyrus, est nommée Tipamat, mais le déterminatif indique que 
le mot est le nom d'un homme. Après 3,20) ans, le gouvernement 
égyptien a vu cette région explorée de nouveau par le savant 
directeur de l'Administration des Télégraphes. 



— 10 — 

Il est bien remarquable que plus de mille ans se sont 
passés sans que nous trouvions un document géographique 
égyptien. Les deux papyrus, connus sous le titre de papyrus 
N"^ 1 et 2 du musée de Boulaq, reproduits par M. Mariette 
et plus tard par M. Pleyted de Leyde, sont tellement allégoriques 
qu'on n'ose pas les considérer comme des cartes. Ils représentent 
cependant des poissons, des bœufs, des plantes, ainsi que tle grands 
bassins d'eau, qui leur donnent une sorte de caractère cartogra- 
phique. Mais si l'on considère l'absence de tout effort de représen- 
ter des accidents de terrain, on ne peut accorder à ces papyrus 
aucune valeur géographique. Il peut èire utile, néanmoins, de noter 
que le papyrus N" 1 a été volé au musée de Boul \q et se trouve 
actuellement dans les mains de M, Reinisch, l'égj^ptologue autri- 
chien. 

Deux autres fragments du papyrus N° 2 ont aussi été retrouvés 
par moi à Nettleham Hall, comté de Lincoln. Leur possesseur 
est le fils de M. Hood, qui les a achetés au même Arabe qui a 
vendu la partie actuellement au Caire. Il est à espérer que M. Hood 
cédera un de ces jours sa partie au musée de Guizeh et que la tota- 
lité de ce monument géographique se trouvera réunie dans le 
musée comme il l'était dans la bibliothèque et dans le sarcophage 
du géographe du premier siècle av. J.-C, qui l'a fait ensevelir avec 
son corps comme étant la possession à laquelle il attachait le plus 
de prix. 

La deuxième carte, mise sous les yeux des membres de l'Institut, 
est la carte de la Moj'enne-Egypte du Bureau de la Guerre, à Lon- 
dres, publiée en 1883. La dernière révision de cette carte date de 
1890. Elle n'a pas été mise en vente. ^lais le général Forestier 
Walker, sur la demande de M. le olonel Gore-Booth, commandant 
du Génie Royal en Egypte, a bien voulu en mettre un exemplaire 
à la disposition de l'Institut égyptien. Elle est la première qui, de 
nos jours, contienne la dépression du Ouadi-Rayan, ainsi que cette 
dépression se trouve sur les cartes ptolémaïques sous le nom de 
Mertdis Lacus. 

Dans la séance de mai dernier, on a examiné la reproduction 
d'une partie d'une carte empruntée à un atlas manuscrit qui se 
trouve dans la bibliothèque du palais ducal de Venise. La photo- 



— 11 — 

grnpliic s'iuinUe à l'examen de l'Institut est une reproducli'jn de 
tjute la feuille, y compris la Palestine, le m )nt Sina''*, et la aHe 
occidentale de l'Arabie. 

M. Nordenski »ld, le savant suédois, si distingué comme géjgra- 
plie et explorateur, a récemment pii])lié enjac-si/iii/r les cartes de 
l'atlas de Claude Ptoléméo qui ont servi pour les quatre éditions 
imprim-es à Rome en 1478, 1 190, 1507 et ÏLOH. C'fst h son amabi- 
lité, }-i généreuse, que les meinbres de l'Institut doivent roccisi)n 
(b voir les tr)is c;irtes qui s)nt indiquées omme le sujet de ce mé- 
moire. La i)remière est cjmposée de trois feuilles. Elle représente 
l'Afrique septentrion-ile, de la mer Ro.ige h l'océan Atlantique, et 
(le la Méditerranée à Ruvenzori ou « Les montagnes de la Lune ». 
La troisième feuille est la carte de l'Egypte, depuis Phiko jusqu'à 
la Méditerranée, avec les degrés de latitude et de longitude. La 
quatrième représente l'Afrique sur une échelle plus petite. On voit 
que, tandis que les degrés de latitude sont assez j :stes, ceux de 
longitude sont trop petits. Mais quand on considère la grande diffi- 
culté d'aniver à la circonférence de la terre équatoriale, surtout 
en l'absence de chronomètres et de communications télégraphiques 
instantanées, on hésitera à accuser le grand géographe d'Alexandrie 
d'être de beaucoup inférieur aux savants luodeines. 

La grande question est, naturellement, celle de savoir si ces car- 
tes, et celles des manuscrits que l'on tDuve par centaines dans le 
quinzième siècle et dans les siècles précédents jusqu'au onzième 
siècle, sont des copies plus ou m jins exactes des cartes originales du 
deuxième siècle, ou si elles ont été dressées par les m :)ines carto- 
graphes, auteurs des atlas du m )nt Athos et de Rome. 

Pour arriver à se former une opini m définitive sur ce point, on 
cherchée trouver quelques indications top )graphiques qui. ayant 
caractérisé l'Egypte dans les pn^niers siècles de notre ère, avaient 
cessé d'exister à l'époque du moyen âge, et qui ne se trouvent nulle 
part dans les documents ancie.is, ni dans le texte de Gl;ui le Pt^lé- 
mée, ni dans celui des auteurs anciens. Une telle preuve est fournie 
par le Ouadi-Rayan Les contours .sont soigneusement indiqués sur 
la carte vénitienne de 1554, j»ar .\gnese, comme aussi sur la carte 
de 1890. On (ait remarquer que la cai-te de 1554 est plus détaillée 
que cell(* du manuscrit choisi par les graveurs de l'édition de Rome 



- 12 — 

en 1478. Aucun manuscrit semblable n'a été trouvé jusqu'à présent. 
Mais on sait, aussi, qu'Agnese, qui a fait de la mer Rouge une mer 
de cette couleur, et donné au mont Sinaï des proportions dues à sm 
importance dans l'histoire ecclésiastique, démontre par ce fait la 
différence entre la n)ble simplicité des anciens et les niaiseries des 
géographes des XY^ et XVP siècle. En fixant l'attention sur une 
troisième carte, aussi due à la générosité de >!. Nordenskiold, gra- 
vée en 1450 — et la première carte imprimée qui existe, — on voit 
les résultats puérils des géographes qui ont essayé de frayer leur 
propre chemin, en abandonnant celui des géographes grecs et 
romains anciens. 

Ce n'est pas ici l'occasion de discuter la question si intéressante 
de l'identification des lieux. On remarque l'absence des grands ma- 
rais entre le terrain cultivé et la côte de la Méditerranée ; et peut- 
être aussi sera-t-il permis d'attirer l'attention sur le TRAIANUS 
FLUVIUS ou canal d'eau douce. On voit que ce canal se rapproche 
du golfe de Suez sans, tout de même, y déboucher. Ce fait a été 
constaté par les auteurs anciens. D'après une opinion depuis long- 
temps nourrie, il parait possible que le nom TRAIANUS n'a rien à 
faire avec l'empereur romain, mais qu'il doit être identifié avec le 
nom géographique TROJA, le Toura des carrières du Mokattam. 
Ainsi ce nom deviendrait maître d'une clef de maître pour plusieurs 
problèmes archéologiques de la plus haute importance. 



Annoxc N" 2 à la séance du ô Fi'vripr 18î)2. 



ETTT ID E 



L'EXPRESSION « MOT-TAMOUT » 

PAR 

M. William Guofk 



On sait que, selon la critique moderne, le texte hébreu de la 
Genèse est une compilation formée par divers écrits antérieurs; 
l'un des deux documents fondamentaux, dans lequel Dieu est désigné 
par le nom d'Elohi m, a été intitulé r£'/o/u*.s^; l'autre, oii l'on n'évite 
pas d'employer le nom « /éAoua/o), est connu par le nom de 
JéhovisÉ .Ce qui caractérise le document Elo/irst est un stjle court 
et sec : on dirait un extrait des annales conservées à Jérusalem ; 
l'écrivain aime les chiffres et évite les digressions. Tandis que le 
rédacteur de VElo/iist est un historiographe, l'auteur du Jchocist 
est un narrateur. Son ouvrage eut pour base un recueil de légen- 
des et de traditions (anç. Elohist). Il semble avoir été très familier 
avec le cycle des vieux mythes, sur les faits et les gestes des 
dieux et des hommes dais ia haute antiquité. C'est grâce à lui qu'on 
possède l'étrange légende sur les débuts de l'humanité au Paradis 
en Edon. Le rôle anthropomorphe joué par Di(Mi, le double nom 
Yaho-Eloliim et un certain nombre d'expressions employées dans 
le texte hébreu servent à donner à la narration une place à part 
dans la littérature biblique. (1) 

Au deuxième chapitre de la Genèse, verset 17, se trouve une 
expression qui a beaucnip embarrassé les apologistes. (2) Un texte 



(0 Voy. DiLLMANN, Die Cifinesi». Vorlicincrkiinfren, p. X cl suiv., il p. 30 et suiv. — Rknvx, 
Histoire (lu peuple d'I.iraifl, t. II, p. 370 et suiv., el 330 cl suiv. 
(2) Viiy. Hii.i.MANN, Die (lencsis, p. ui. 



— 14 — 

égyptien servira peut-être à l'expliquer et jettera, même, une bien 
vive lumière sur la rédaction des vieilles légendes conservées par la 
Genèse. (1) 

Dieu, selon le texte hébreu Yaho-Elohim, (2) après avoir planté un 
jardin en Eden, à l'Orient, (3), y plaçait l'homme qu'il avait formé, 
mais en lui ordonnant de ne pas manger (du fruit) d'un certain 
arbre, car, lui disait il, au jour où tu en mangeras, mot-tariiout. (4) 

Dieu remarqua que l'homme était seul et lui fit une compagne 
qui fait allusion à l'interdiction en disant qnElohwi avait dit, à 
propos du fruit de l'arbre : « Yous n'en mangerez pas et vous ne le 
toucherez pas, de peur que vous mourriez ». 

Le serpent répète sous une forme négative et au pluriel (le noun 
est archaïque) la formule même que Dieu avait déjà prononcée : Lo 
mot temouthoun. 

D'après le grammaire hébraïque, mot-tamout serait composé de 
l'infinitif absolu kal du verbe mot « mourir » suivi par la 2'= pers. 
sing. de l'aor. Kal, et l'on '."evrait traduire : « tu mourras assuré- 
ment ». (5) 

(1) Groff, Elude sur le papyrus d'Orbiney, p. 58; Eludes diverses, p. 7 et suiv., etc. 

(2) Yaho-Elohim, employé au récit du Paradis (Cf. Exode 9/30), vient peut-être d'une 
double rédaction ; Yaho est la prononciation probable du tétragramme d'où l'on a fait le 
nom incorrect Jéhovah (Voy. Reo. Egypl, vi, p. 19 et suiv). Le Jéhovist serait, peut-être, plus 
correctement Yahoist. Elohim équivaudrait à l'égyptien Paut-nuter-u « le cycle des dieux » 
On trouve Elohim considéré comme au pluriel (Voy. Gen. m, 22 (Cf. Papyrus d'Orbiney, 
9/8, 11/5, pages 26, 27, 30 et 31 de mon étude), Gen. xx, 13 (Cf. Papyrus d'Orbiney, 
pages 24, 25, de mon étude) et le roman de Sinouhit, Mél. d'Archéol. m, p. 75. En outre, pour 
le destin, chez les Egyptiens, voy. Maspbro, Rom. et poés., p. Si et suiv. — Cf., à ce sujet, la 
création assyr. (Menant, Gramm., p. 378, 379. Cf. passage parallèle texte des pyramides). Dans 
la haute antiquité, on rencontrait les dieux ; plus tard, ils se révélèrent en songe (Gen. 28.12 
et 35.7). 

(3) Miqqedem -d VOvicnl, de l'Orient. Selon une tradition, cette expression manquait dans le 
texte hébreux et syr. (Voy. Dillmann, Die Genesis, p. 53.) On trouve des exemples où Qadim 
désigne le sud. (Voy. mes Etudes diverses, p. 6). Malgré toutes les recherches, l'endroit où l'on 
aurait supposé situé le Paradis biblique est inconnu. Il est généralement reconnu que les ver- 
sels 11 à 15 du texte hébreu, là où il est question des fleuves, sont une interpolation, quel- 
qu'un croyait pouvoir dire, on ne sait pas d'après quelle autorité ou tradition, les noms des 
quatre fleuves (?) auxquels il est fait allusion verset 10. Quant au verset 15, Dieu, après avoir 
placé l'homme en Eden (v. 8), ne l'aurait pas placé de nouveau. (.Notons jardin ici au fém.y 
Voy. Dillmann, Die Genesis, p. 56, 63. — Renan, Hisl,, t. II, p. 347. — Kautzsch und Socin, 
Die Genesis mit âusserer unierscheidung der quellenschriften, p. 4. 

(4) Suivant la vocalisation, mass, (plus exactement moth- tamouth) . Cf. Gen. xx, où vwl 
semble avoir le sens de « maudir ». (Voy. partie, verset 7). 

(5) On trouve cette forme régulièrement employée hors du Pentateuque. Voy. i. Sa.m. 
14/39, 22/16. Cf. un exemple de la Iranscr. de cette forme Anast. I pi. 18. 1. 3, 4, qui 
est à noter à un point de vue grammatical cf, Mél, d'arch. t. m, p. 142, 148 s, etc. Peut-être 
2'expresiion mot-tamout est à rapprocher de celui du benc-tcmoutha. Ps. 79, 11. 102, 21. 



— 15 — 

Suivant cette interprétation, la question serait clairenHinl post;;', 
selon Dieu, aujour oii l'on nianyerait de l'arbre on mourrait, selon 
le serpent, il n'en est rien. 

La femme prit «lu fruit de l'arbre; elle en mangea, elle en donna 
aussi à son mari, et il en mangea, et «... furent tous les jours 
d'Adam, qu'il vécut, neuf cent trente ans et il mourut », dit Thiéro- 
grammate Elohist. (1) 

Le serpent était (]onc la plus liaute autorité, car il aurait eu rai- 
son. Résultat bien inattendu et peu en accord avec l'esprit général 
du récit ; on a proposé d'interpréter inot-tamout par « devenir 
mortel», mais cette interprétation serait loin d'être une améliora- 
tion ; d'abord elle manquerait d'appui lexicograpliique, de plus 
elle serait en contradiction flagrante avec l'affirmation qu'en man- 
geant « de l'arbre de vie» on vivrait éternellement (2). 

Selon la suite de la narration, après avoir mangé du fruit de 
l'arbre, ils entendirent la voix de Yaho-Elohim se promenant 
dans le jardin lerouah liayyoïn. (3) Alor? Dieu apprend qu'on 
avait enfreint son ordre. Il dit au serpent arour atta « tu es 
maudit», suit la malédiction de la femme; Dieu dit à l'homme 
(Adam), le sol (Adama) est maudit à cause de toi, avec douleur tu 
en mangeras tous les jours de la vie. . . jusqu'à ce que tu retournes 
au sol car de lui tu as été pris o. 

Voilà la réalisation de la menace exprimée par mot-tamout , qui 
serait alors une formule de malédiction ; le serpent le considère 
ainsi, car il place la négation avant le mo- mot et non après. Le 
verbe arar servirait à exprimer une simple malédiction, mais 
mo^-^«moa^ serait bien plus terrible et comporterait la nuance de 
la mirt. 

Peut-être cette interprétation du texte biblique est-elle confirmée 
par un passage du papyrus égyptien où est raconté le roman des 
deux frères. La scène se déroule à l'époque préhistorique des Ilor- 
sc'su ; l'un des frères, Batau, habite une scrte de paradis que le 

(2^ (len. m. 28. 

(3) Lill. : Au souffle du jour. Peut-<Hre la phrase signifie qu'on entendail le bruil que le 
venl faisait en passant i\ travers les arbres. Cf. ii Sam., v. «.i, elichron. xiv, 15. — IIbnan, 
Hial., p. 30. La vers. Alexanilriiie Irad. lerouali-luujyoïn par Tapn-s-midi, le soir, le crépus- 
cule. Pensail-on à l'égyptien ru/i«, soirf Avail-on raisoii ? 



— 16 — 

texte intitule le lieu, place ou endroit de l'arbre as (l); c'était dans 
cet olympe égyptien qu'il rencontra les dieux qui s'y promenaient 
faisant les plans (les destins) de leur terre entière ; ils remarquèrent 
que Batau était seul et « leurs cœurs s'attristaient pour lui extrê- 
mement, et Pa-ra-hor-xvLli dit à Xnoum : « Ah ! fais (2) uûe 
femme à Batau, afin que tu (3) ne restes pas seul». Xnoum lui 
fit une compagne (pour) demeurer (avec) lui ; elle fut belle dans sa 
personne plus qu'aucune femme du monde entier, était (l'essence) 
de tout dieu en elle. Sept déesses, les Hathors, la viennent voir ; 
c'est alors qu'elles s'écrient d'une seule ^'oix à-ar-t-st-mot-ta- 
mout (4j. 

Dans la suite du roman on apprend que par l'imprudence de la 
femme et la malveillance de l'arbre (5), d'accord avec le fleuve, 
qu'elle, puis son mari, quittèrent leur séjour ; ce qui est arrivé 
finalement à la femme est obscur : peut-être, le scribe, embarrassé 
par l'anathème des déesses, a-t-il supprimé cette partie du récit {Q]. 

Constatons ici des faits : 

Peu après la création de l'homme, Dieu lui dit dans le paradis: 
mot-tamout . 

(1) Pour la partie relative à l'endroit de l'arbre as, voy. mon élude p. 23 à 37, etc. L'endroit 
de l'arbre as est inconnu, le fleuve qui y passait allait en Egypte et fut, en conséquence, le 
Nil, ce qui nous engagerait à placer l'endroit de l'arbre as vers l'Ethiopie, ^'ut-ie, Abyssinie 
ou ailleurs. Ce qui, si l'on admet que cet endroit fut identique avec le jardin en Eden, ne 
détermine pas précisément l'emplacement où l'on aurait supposé situé. 

(2) Litt. façonner au tour, former, créer, bâtir. 

(3) Batau. 

(h) Pour la transcription voy. Maspero, Rom. ot jioéfi. p. 38 n. i et mon élude p. 26, Mot. 
Cf. la rem. sur Sali. IV. pi. 4 1. 6 de Maspeko Roman et poés p. 39 n. 6. Temout. L'alphabet 
égyptien offre quatre homophones pour l'arliculution T. La main se trouve en var. avec 
d'autres signes dans.: par ex. Magrddo, Retlenu, etc. (voyez De Rougé, Origine de l'alph. 
p. /,9 et suiv.), et dans Kcleni, or. Cf. Makiar (voy. Pierret, voc. p. 633, Cf. 203). La main est 
rendue en sémil. par le tel dans les noms enp-tu. ., le don de. ., (Cf. Pdtiel, Ex. 6. 25), la main, 
ou var. Irans. le let en tabah, tuer. (voy. Chabas, voyage p. no, lli), la main correspond au 
tao dans le nom de Plolémée, (voy. Pibrret, voc. p. 165, Cf. C. I. S. 93, et 93). Le tav 
serait., du tappouah pomme, pommier, est trans. en égyptien parla main (voy. A. Kamal, 
voc. hier, des noms des plantes p. 303 ). 

(3) Le rôle de l'arbre as, dans le roman égyptien, envers Batau, semble correspondre à 
Yarbre de vie, et dans le rôle néfaste envers la femme, à Varbre de la connaissance du bien et 
du mal de la narration biblique. Dans un des récils primitifs, utilisé dans le récit biblique, pro- 
bablement Varbre de vie fut en antithèse avec la malédiction mot-tamout. Pour le rôle de l'arbre 
as, voy. Lenormant, les Premières civil., t. 1, p. 37b et suiv., et pour les arbres en général, 
Orig. de l'hist. i, p. 74 à 97 (voy. partie, la note, p. 83 et suiv,, Cf. l'arbre as du conte des 
deux frères à l'arbre dont il est question p. 84 et suiv.). 

(6) Voy. mon étude sur le Papyrus d'Orbiney, p. 33. Cf. Maspéro, Contes populaires, 
p. 63, n. l. 



— 17 — 

Peu après la création de la femme dans le paradis, le serpent lui 
dit : Lo niot-tcmoiilUoaii. 

Peu après la création d'une femme dans le paradis égyptien, les 
déesses lui dirent : 2rds-\.-^i-mot-tamoat . 

Dans tous ces exemples, la formule paraît être étrangère au lan- 
gage du récit dans lequel elle est encadrée. 

Avons-nous un simple fait accidente] en ce que le texte égyptien 
emploie la même formule que le texte hébraïque? Le scribe 
égyptien a-t-il voulu, dans celte phrase si bizarre, faire un jeu de 
mots en èg3'ptien (1), ou bien la f )rmule est-elle identique dans 
les deux textes? 

Il est admis que le « mythe du paradis primitif n'est qu'une 
rédaction des idées babyl )niennes » (2), et que le roman égyptien est 
la transformation en conte populaire des données essentielles et 
fondamentales qui appartiennent en commun à tnjis mythes paral- 
lèles : d'Athys chez K s Phrygiens, d'Adonis chez les Phéniciens et 
les Syriens et dans l'histoire de Dionysus Zagreus chez les Grecs ; 
les auteurs de tous ces récits auraient puisé à la même sDurce: le 
vaste cycle de l'épopée mytiiologique des bords de l'Euphrate (3^ . 
D'après cela, la narration biblique du Paradis et le c onte conservé 
dans le papyrus auraient eu le même berceau. Mais il faut observer 
qu'on n'a pas trouvé, ni dans les textes cunéiformes de la Mésopo- 
tamie, ni dans les fragments de Bérose le récit parallèle du Para lis 
en Eden de la Genèse (4). Un jardin rempli de fruits, styour ou 
rendez-vous de Dieu ou des dieux, arrosé non pas par la pluie, mais 
par un fleuve, est une mise en scène matérielle purement égyp- 
tienne. (5) 

Le rôle anthropomorphe joué par Dieu, qui, selon le texte hébreu 
de la Genèse, /:)/•/; /c l'homme de \a poussière du sol (^),so((JJlc 

(0 Enlrc les mots mot « mourir o el tein ou tcmct « glaive », auquel mol, peuln^lrc. ii-t-on 
assimilé le mol lamoul. (Voy., pour de> lr;inscriplions, Ciiokf. Le D(^crel de Cuiiopo (iiilrod.), 
p. 3, 7 cl 8 [Kirlic. l;i lole 2. p. 8). ou mol mourir et tu-numt faire mturir. 

(i) UE^AN, llixloire du peuple d'IxraHl, l. II, p. 3*7, n.*. Cf. t. I, p. 70. Voy., h ce sujet, 
Diai'i/.scii, n'y lag das Pamdien'.' Cf. les observations de Lfnohmant, les Oriij. de lltist. 
t. H, p. 529 ; et A. Quentin, Du pirlnulu parallélisme entre lot inscriptions eun.-iformes et la 
lienhc. 

(3) Lenofuiant, les Premières civilisations, l. I. p. 377. ;i78. Vny. lulude ompar.ithe de 
M. Maspeiio, Contes populaires, xnivMA. 

(0 Voy. Lenohmant, les Orig. de l'Iiist., l. I, p. 7t.,elc. 

(3) Voy. les observations dans Dillmann. Die Genesis. p. \0 et w. 



— 18 - 

dans ses narines un souffle de vie (b), plante un jardin (c),/ait 
pousser du sol les arbres (d), Jabri<iue les animaux (e), et les 
oiseaux, hàtlt une femme pour l'hjmme (f), parle d'une manière 
familière avec l'homme (g) et fait des réflexions assez naïves (h), 
sont des termes et des conceptions très usités dans les textes 
égyptiens, on dirait presque : des traductions. (1) 

Le mot Ed qui est employé pour expliquer comment le sol fut 
arrosé (v. 6) et qu'on traduit par vapeur, nuage,s>e trouve dans les 
textes hiéroglyphiques dès l'époque des pyramides, et est devenu en 
copte eiote, rosée (2) Editi, en sumero-accadien, peut signifier 
la plaine, le désert (3), mais il se trouve, croyons-nous, en 
égyptien, un mot qui ne serait autre que l'équivalent de VEden 
biblique et qu'on devrait traduire par campagne fertile. (4) 

Ajoutons que la malédiction Mot-tarnout prononcée par Dieu 
et citée par le serpent se trouve dans un texte égyptien. 

A part, b^en entendu, la partie morale de la narration biblique^ 
ces faits semblent indiquer que la mise en scène et les décors de 
l'endroit de l'arbre as, décrits par le papyrus égyptien, sont identi- 
ques avec ceux employés par l'écrivain biblique dans la légende du 
Paradis en Eden. Yaho-Elohim agit d'une façon bien égyptienne ; 
le mot êd, employé par le texte hébreu se trouve (en ara- 
méen) et dès les plus hautes époques, dans les textes hiérogly- 
phiques, et, on rencontre, peut-être, le nom Eden en égyptien, 
mais la formule de malédiction est-elle égyptienne, ou n'est-elle 
pas plutôt sémitique? Assurément les Sémites et les Egyptiens 
n'avaient pas manqué de se faire part réciproquement de leurs cycles 
de-i mythes, légendes et traditions. On peut supposer que bien des 

(1) Je rcgrelte que lespace ne me permette pas de développer encore plus en détail 
ce sujet, j'espère y revenir bientôt, notons, a, le rôle du dieu Xnoum « son litre le plus 
fréquent est celui de fabricaleur des dieux et des hommes... il est représenté façonnant, sur un 
tour à potier, une figure d'homme » Pierret, Dict. d'Arcliéol. égypl., p. 374, Cf. Grébalt, 
Hymne à Ammon p. 122 et s. c. Cf. Pierret, Dict. d'Archéol. égypt., p. 563- d. voy. par ex. 
Grébaut, Hymne à Ammon p. 3, 48, s. etc. etc. e p. i23 etc. etc. fg It voy. par ex. le passage 
précité du papyrus d'Orbinry voy. p. 25 s, de mon Etude. 

(2) Le figuier le'ena,Gen. 3, 7, hier., tun, est indigène en Egypte. (Voy. .M.vspéro, //i.s^ , p. s.) 

(3) Lesormant Orig. de l'Iiist. t. II. p. 330. 

(',) CiiABAS, Voyage, p. 57. 60. Pierret, Voc. hier. p. 83, 'Cf. Maspeko, Un genre épisl. 
p. M, n.). Au sujet du mol Eden, voy. Delitzsch, M'o lag das l'aradies? Schkader K. A. T. 
p. 26 s. 



— 10 — 

siècl(3.s avant quo, soit le papyrus, soit la texte hébraïque, fussent 
dans leur état actuel, il y avait une légende d'après laquelle, lors- 
que l'homme fut créé, Dieu (ou les dieu").) avait prononcé une malé- 
dicti')n terrible : inot-tanwut. 

Le narrateur Jehovist conserva danss)n récit la vieille formule, 
quoiqu'elle ne s'accordât plus avec le contexte. Parmi les matériaux 
d origine asiatique qui furent employés dans la compilation du conte 
des deux frères, la vieille malédiction s'y trouvait ; le scribe égyp- 
tien n'a pas manqué d<' la garder, quoique dans sa langue elle n'offrit 
plus de sens. 

Mais d'où vient cette idée que dès sa création, l'humanité fut sous 
le oup d'une malédiction? Le roman égyptien insinue que les 
déesses furent jalouses de la beauté de la femme, mais selon une 
curieuse légende de ces temps antiques, le narrateur Jéhovistc la 
connaissait bien, lorsque l'homme fut créé, les dieux furent jaloux 
de lui, car l'homme était doué d'une faculté que les dieux, eux-mê- 
mes, ne possédèrent pas : — il était capable de progrès. 



-20- 



LISTK 



OUVRAGES REÇUS PAR L'INSTITUT EGYPTIEN 

PENDANT LE MOIS DE JANVIER 1892 



EGYPTE 



Journal officiel, Moniteur du Caire, Tclcgrafos. 

U Agriculture, nos 30-31. 

Comité de conservation des monuments de l'art arabe. — Rapport 

de 1890 (en aralic). 
Ministère de la Guerre. — Sudan-Almanaci<, 1892. 

ALLEMAGNE 

Zoologisch-botanischen g sellschaft in WiEy. — Ver/iandliingcn, 4l« vol., 
fosc. 3 4. 

AMÉRIQUE DU NORD 

Rupert Jones. — Contributions to Canadiaa micro-paleontolog ij , |»art. 3. 

Canadian Instituts — Transactions, vol. 2, part. 1. 

Charles L. Mills. — Mental oier wor/i and preniature diseuses ainong 

public and professional men. 
Alfred Tucherman. — Bibliographg oj the clicmical influence qf iight- 

frank œ. trap/iagen. Index to the literature of Columbiuni. 
Langley. — Expcriments in acrodynaniies. 
American philosophical society. — procccdings, vol. 29, u° 135. 

ANGLETERRE 

Royal statistical society. — Journal, vol. 54, part. 4. 

ESPAGNE 

Académie royale des sciences de Madrid. — Mémoires, vol. 15. 
Académie royale d'histoire. — Bulletin, vol. 19, fasc. 6. 
Association artistico-archéologique de Barcelone. — Bulletin, an. 1, 
n° 9, an. 2, 11° 1. 



— 21 — 

FRANCE 

Annales industrielles, 1891, 2« seui., iio=* 25, 20, 1892, 1 scm., ri°* 1, 2. 

Bihlio'jrapliic de la France, 1891, nos 51-52, 1892, n"* 1, 2, 3, i. 

La Curiosité uniccrselle, n» du 11 janvier 1892. 

L'Echo polt/glottc, 1 n, n» 4, 2 a, n° 1-2. 

Faculté des lettres db Poitiers. — Bulletin, déc. 1891. 

Feuille des Jeunes naturalistes, ri" 255. Calalorjue de la bibliot/ièijue, fasc. 

n° 13. 
Pharmacie centrale de France. — Journaux, 1891, no» 23-2i, 1892 ii° 1. 
Société d'encourage.ment pour l'industrie nationale. — Résumé, 1891, 

12-23 déc. 1892, 8 janvier 1892 ii° 2. 
Société de géographie de I'aris. — Bulletin, 3« .scm. 1891. ronipks 

rendus, no» 19-20. 
Sociétés de géographie de Tours. — Reçue 2' sem. 1891-1892 janvii-r. 
Société des ingénieurs civils. — Mémoires^ novcinhrc 1891 ; Résumés, 

1891, 4-18 dôccmbi-c et table 1892, 8 janvier. 

ITALIE 

Académie des Lincei. — Com/ttes rendus, vol. 7, 2« .scm. 1891, fa.sc. 9-10 11. 
Académie des fisiocritici de Sienne. — Actes, scM'ie i, vol. 3, fa.sc. lU. 
Société de géographie Italienne. — Bulletin, sôric 3, vol. 4, fasc. 11-12. 

MEXIQUE 

Bulletin de l'agriculture, des mines et de l'industrie, an. 1 n° 2. 



SEANCIC DU /i MAliS 18î>2 



Présidence de S. E. Yacoud Arti.n paciu, président. 



La séance est ouvcrlc à 3 lioures 3/7i. 
Sont présents : 

LL.EE. Yacoub pacha Artin, président. 

D"" Abbatk paciia ) 

f,, , T , \ rwe-prcsidents, 

blCNFRAL LaRMKE I'ACIIA ) 

MM. Gavillot, secrétaire (jénéral. 
PiOT, secrétaire annuel^ 
\y. Abbatk, ( 

Col. Giiaillé-Lon(] nia, 

r)"" Dacarogna bey, ( Membres résidanis. 

LL.EE. IsMAiL PACIIA elFalaki, 
Fakiiry pacha. 

La lecture du procès-verbal (1(^ la (l(>riiière séance est 
renvoyée à la réunion d'ax riL 

La correspondance comprend deux lettres de M. Bonola 
bey, la première ])our s'excuser de ne pouvoir, pour cause 
de maladie, assister à la séance, et la seconde pour pré- 
senter le cours autographié d(; procédure, professé piir 
M. le D' Hugues Lusena à l'Ecole kli(Mli\iiile d(> Droit 
du Gaire, cl doni Tanlcur fiiil lionnnage à Tins' i .: ; 
dans la nicnic l(dli'c. M. Hoiiola bcy se réserve do pr(^î ■ 



— 24 - 

ser, en temps utile, la candidature de M. H. Lusena à un 
siège de membre résidant. 

M. Gavillot présente ensuite une circulaire du C/m6 Alpin 
d'Odessa, sollicitant des adhésions, et la liste des ouvrages 
en publications périodiques reçues par l'Institut égyptien 
pendant le mois de février 1892. Cette liste sera publiée à 
la suite du procès-verbal. 

M. le président invite M. Piot à faire la présente com- 
munication : 



Nécessité d'organiser en Egypte 
un service de vaccination antirabique. 

Dans la dernière séance de l'année 1886 de l'Institut égyptien (1), 
au cours d'une discussion sur la question de la rage en Egypte, je 
fus amené à donner mon avis sur l'utilité de créer au Caire un éta- 
blissement de vaccination préventive de la rage, d'après la méthode 
de M. Pasteur, et je déclarai : 

1° Que les dépenses nécessitées par l'installation et Tentretien d'un 
établissement de ce genre seraient beaucoup trop élevées relative- 
ment au petit nombre de personnes appelées à subir le traitement 
antirabique, et 

2° Qu'il était pour l'instant préférable d'envoyer les personnes 
mordues se faire traiter à l'institut Pasteur, où elles peuvent pres- 
que toujours arriver dans un délai suffisant pour que l'efficacité du 
traitement préventif soit assurée. 

Si je viens aujourd'hui infirmer mes déclarations antérieures, 
c'est que les circonstances se sont modifiées de telle sorte que la 
création d'un Institut vaccinal antirabique, jugée inopportune par 
moi il y a 6 ans, me semble^ à l'heure actuelle, s'imposer sérieuse- 
ment pour l'Egypte, et ce, pour les raisons multiples que je vais 
indiquer. 

(1) Voir le Bulletin de l'Instilul égyptien, année 1886. 



— 25 — 

Vous avez sans cloute, Messieurs, encore présents à la mémoire 
les cas d'iiydrophobie dont je vous ai entretenus à maintes reprises 
et qui se répartissaient presque uniformément dans la Basse et dans 
la Moyenne-Egypte. 

Depuis l'époque de ces ommunications, loin de décroîtra en fré- 
quence, cette terrible maladie parait s'étendre de plus en plus, à 
tel point (^ue, le mois dernier, on la signalait presque simultanément 
à Alexandrie, au Caire et à Assiout. En ce qui concerne les deux 
premières villes, les journaux locaux ont enregistré ces faits avec 
le nom de 8 personnes mordues qui ont du se rendre à l'Institut 
Pasteur d'uii elles sont revenues ces jours derniers. 

Les trois chiens mordeurs, d'origine européenne, mais tous nés 
en Egypte, ont été reconnus enragés par mon frère, à Alexandrie, 
et par moi, au Caire, tant par les lésions cadavériques que par le 
résultat positif d'inoculations de leur bulbe au lapin. 

A Assiout, c'est un cheval qui fut mordu aux naseaux le 12 
décembre <le l'année dernière par un chien suspect et qui mourut 
de la rage confirmée le 14 février suivant. Le propriétaire de ce 
cheval, prévenu à temps par mes soins des suites possibles de la 
morsure, prit toutes les précautions nécessaires pour éviter des 
accidents. L'animal mordeur était dans ce cas un chien errant de la 
race du pays. 

Beaucoup d'autres faits du même genre sont parvenus à ma con- 
naissance dans ces dernières années; plusieurs personnes ont même 
succombé à la rage par suite des morsures de loups, de chiens et 
de chats; mais ces faits sont le plus souvent ignorés du public parce 
qu'ils se passent dans des villages éloignés des grands centres oii la 
publicité est des plus restreintes. 

La grande quantité de chiens errants qu'on rencontre dans tous 
les centres habités d'Egypte, leur réceptivité indéniable pour la 
rage, leurs habitudes bien connues de promiscuité intime avec 
toutes les espèces sauvages du même genre, constituent un sérieux 
danger pour la santé publique en raison des focilités ainsi fournies 
à l'extension de la rage d'un animal malade à un individu sain. 

L'abattage des chiens errants a été souvent et très utilement pra- 
tiqué au Caire et il Alexandrie; mais cette mesure n'a jamais été 
appliquée dans les provinces. Il serait d'ailleurs bien diiUcile, sinon 



26 - 

impossible, de la mettre à exécution dans toute sa rigueur une seule 
fois, à fortiori de la renouveler périodiquement, sans quoi elle n'au- 
rait plus de raison d'être. 

Il serait donc urgent de se prémunir dès maintenant contre un 
ennemi aussi redoutable que la rage. 

On ne saurait, d'autre part, toujours compter sur la possibilité 
d'envoyer les personnes mordues se faire traiter efficacement dans 
un institut d'Europe, car on a vu les premiers symptômes de la 
maladie se manifester 15 ou 16 jours après la morsure sur des sujets 
déjà en traitement (1), et comme la durée du traitement varie de 
15 à 20 jours, selon la gravité de la morsure, il y a quelques proba- 
bilités pour que les individus venus d'Egypte se présentent tardive- 
ment aux inoculations. 

En effet si, théoriquement, un délai de 5 ou 6 jours est suffisant 
pour se rendre à un institut d'Europe, dans la pratique les choses se 
passent tout dift'3remment, surtout pour les personnes d'une situa- 
tion de fortune peu aisée (et ce sont les plus nombreuses), qui sont 
tenues à des démarches plus ou moins longues pour se procurer, si 
possible, les fonds nécessaires à ce voyage. 

Or, dans ces conditions, l'intervalle entre la morsure et la pre- 
mière injection préventive est quelquefois de 16 à 17 jours ; dès 
lors Tefficacité du traitement est rendue assez problématique. 

L'installation au Caire, à l'Ecole do Mélecine de Kasr-el-Aini, 
par exemple, d'un établissement de vaccination contre la rage ren- 
drait donc d incontestables services. Il pourrait recevoir des per- 
sonnes mordues, non seulement d'Egypte, mais de la Syrie, de la 
Turquie d'Asie, d'Arabie, etc. 

On pourrait y adjoindre l'Institut de vaccination animale dont 
j'ai signalé Turgeuce dans ma communication du 4 décembre der- 
nier. Le directeur de ce service pourrait en même temps s'occuper de 
recherches microbiologiques concernant plus spécialement les mala- 
dies contagieuses ou infectieuses particulières à l'Egypte, le typhus 
bilieux, l'hépatite suppurée, etc. 

î, ganisation de ce service pourrait d'ailleurs être des plus 
;- !. Li chef de service et unaljoint suffiraient largement 

(1) PERDiiix, Slalisliqne de l'Iuslitut Pasteur, in annales 1890. 



— 27 - 

à cette tàcho. Pour les détails de l'organisati'jn d'un pareil service, 
je ne saurais mieux faire quo de conseiller de suivre, sous ce rap- 
port, la méthode si remar(|uablc, par sa simplicité, que vient d'em- 
ployer à Saigon M. le D'" Calmette, médecin de 1" classe du corps 
de santé militaire des colonies. (1) 

Avec une installation matérielle des plus rudimentaires , le 
\y Calmelle a pu assurer dans nos colonies d'Extrême-Orient, sur 
le modèle de l'Institut Pasteur, un service de vaccinations antira- 
biques qui fonctionne admirablement. 

Au lieu d'entretenir chaque jour, comme dans les Instituts à 
nombreuse clientèle quotidienne, une ou deux séries c »ntinues de 
lapins inoculés, ce qui nécessite un assez nombreux personnel spé- 
cial et des frais considérables, le D"" Calmette a mis à profit la 
découverte de M. le D"" Roux, chef de service à l'Institut Pas- 
teur (2), concernant la propriété que possède la glycérine pure à 
30" Baume de conserver assez longtemps la virulence de moelles 
rabiques, et n'a besoin ainsi pour son approvisi)nneme:it d'émul- 
sion médullaire que de deux lapins tous les 12 jours Les moelles 
de ces lapins lui fournissent chacune 6 ou 7 tronçons qui, placés 
dans un flacon de glycérine stérihsée, sont conservés dans la gla- 
cière. De cette faeon, le D' Calmette a pu et pourra dans la suite 
largement subvenir à tous les besoins de la contrée et même des 
pays voisins, tels que l'Indoustan, l'Annam et le Tonkin. 

Il est incontestable que les conditions sont beauoup plus favo- 
rables en Egypte pour une installation de ce genre, qui n'exigerait 
que des dépenses relativement minimes, surtout si elle était ratta- 
chée à l'Ecole de Médecine du Caire. 

Donc, en résumé, la multiplication inquiétante i.]e<, cas de rage 
en Egypte, les difficultés et les périls d'un voyage en Europe pour 
les pers )nnes mordues, les facilités et le peu de frais qu'entraîne- 
raient l'installation et l'entretien d'un Institut de vaccination anti- 
rabique au Caire, me semblent militer en faveur de la prompte cré- 
;itiou d'un établissement de ce genre dans la capitale de l'Egypte, 
d')iit la clientèle purement gratuite pourrait s'étendre aux ou- 
trées avoisinant le pays nilotique. ()n pourrait annexer au service 

(0 l>' CAi.MKriK .V<>'"» Jrur la.r.iji'riilnit-C.'un-'. m aiiiule- d' I iii<liliil IM<t<?iir. '«lobro iswn 
(2) Uoux, Annales de llnatitut Ptuleur, février 1887- 



~ 28 — 

do vaccination anti-rabique un Institut de vaccination animale, 
ainsi qu'un laboratoire de recherches microbiologiques. 

Les bienfaits d'une pareille institution seraient inappréciables 
pour l'Egypte. On ne serait du moins plus exposé à voir se renou- 
veler le triste et écœurant spectacle des pauvres victi.nes de mor- 
sures produites par les animaux enragés, réduites à la pénible 
extrémité d'attendre, chez elles où à l'hôpital, pendant plusieurs 
semaines ou plusieurs mois, dans une inexprimable angoisse, une 
mort presque certaine, après des journées entières d'épouvantables 
souffrances. 

C'est parce que j'ai été moi-même en Egypte le témoin doulou- 
reux et impuissant de faits semblables, d^nt j'avais prédit le 
fatal dénouement plus d'un mois auparavant, que je me permets 
aujourd'hui d'indiquer du haut de cette tribune le seul moyen 
vraiment efficace d'en prévenir le renouvellement. 

M. LE D"" Abbate pacha, prenant la parole après M. Piot, déclare 
que S3n projet, quoique scientidquement exposé, u'est pas applica- 
ble à l'Egypte. Il soutient (on pouvait le deviner d'avance, s'agissant 
d'une question dont il s'est occupé depuis une trentaine d'années) 
que l'Egypte est, pour ainsi dire, réfractaire à la rage. 

Depuis les temps pharaoniques et historiques, on n'ajamais parlé 
de cette maladie, comme en Europe et partout ailleurs. Dans les 
monuments où, omme dans les hypogées de Beni-Hassan, sont 
représentés les animaux domestiques et où il est question de leurs 
maladies, rien ne figure en ce qui concerne les chiens. Les papyrus 
et les traditions cjptes n'en parlent pas davantage. Après les épo- 
ques grecque et romaine et depuis que l'Egypte a été visitée par 
desérudits jusques et y compris l'occupation de Bonaparte, dePros- 
per Alpin jusqu'à Larrey, Assalini, Savarise, de l'expédition fran- 
çaisc, aucun savant n'a signalé de cas de rage, et, au contraire, on 
a remarqué l'absence complète de manifestations rabiques dans la 
contrée égyptienne. 

Toutes ces rais his ont été développées par M. le D"" Abbate pacha 
dans différentes communications qu'il a faites à l'Institut égyptien, 
et spécialement dans son mémoire sur le sujet en question : De 
r'>{xipi''ude à la rage ches les chiens de rxice égyptienne. Uau- 
Lciii ;; /eut pas entrer dans la discussion théorique de la suscepti- 



— 20 — 

bilité, plus ou moins grande, à (Hre sujet à recevoir les microbes 
spéciaux, susceptibilité qu'on doit admettre plus favorable dans cer- 
taines conditions de race et de climat, comme cela est reconnu pour 
le choléra, la fièvre jaune, etc. ; il répète que cette réceptivité est 
très rare en Egypte et que ce n'est qu'après la fréquente et nom- 
breuse introduction des chiens européens qu'on a commencé à voir 
apparaître des cas de rage, naturellement communiquée par les 
chiens exotiques aux chiens indigènes. Les premiers cas de rage 
constatés ne se sont élevés qu'au nombre de quatre en dix ans. 

Quant à l'idée de créer au Caire un établissement spécial anti ra- 
bique, M. le docteur Abbate pacha n'y voit pas de nécessité abso- 
lue, vu la proximité d'établissements similaires en Italie, en Autriche 
et en France, très rapprochés par la facilité, la fréquence et la 
vitesse des communications de l'Egypte avec ces pays. Les quelques 
malades que pourraient fournir l'Arabie, les contrées de la mer 
Rouge et toute la Syrie, au lieu de venir à l'établissement du 
Caire, iraient directement ailleurs. 

Enfin M.Piot préconise la destruction des chiens dans les villages. 
M. leD"" Abbate pacha s'élève avec force et vivacité contre la bar- 
bare hécatombe qui, depuis trois ou quatre ans, se poursuit au 
Caire et à Alexandrie pour détruire la belle, douce et inoffensive 
race des chiens indigènes. Il proteste hautement centre ces mesures 
cijnicidci< p)ur ne pas dire inhui naines. 

M. PiOT, reprenant la parole dit : 

Pour répondre aux objections présentées par notre vice-président, 
le D"" Abbate pacha, mon perpétuel antagoniste sur cette question 
de la rage, je ne ferai que rééditer les arguments de mes notes 
de 1886 dont je vais donner un résumé succinct. 

J'ai souvent observé la rage sur les chiens indigènes ; mon hono- 
rable contradicteur veut bien reconnaître lui-même l'exactitude 
et la valeur des faits que j'ai avancés ; donc les chiens arabes ne 
jouissent pas de l'immunité absolue contre la rage. Il ne resterait 
alors à trancher que la question du plus ou du m )ins de réceptivité 
de cette race. Dos expériences d'inoculation directe p")urraient 
seules fournir une réponse satisfaisante, mais cela importe peu au 
débat actuel 

Je suis aussi fortement porté à croire que la rage a existé en 



— 30 — 

Egypte ainsi gue dans tout le nord de l'Afrique (1) pendant 
toute la période historique, et qu'elle n'est pas exclusivement 
d'importation européenne. La meilleure preuve m'en est fournie par 
l'existence dans la langue arabe du mot kalab et de ses dérivés 
(qui CDrrespond très exactement à notre mot rage), et qui lui-même 
dérive du mot fce/6 (chien). 

En arabe vulgaire, les mots sârane mas'oùr (enragé) expri- 
ment bien aussi la même idée. Or il est certain qu'à l'origine de 
la langue tous ces mjts ont dû représenter l'idée d'un fait assez 
ordinairement observé. 

D'autre part, dans tous les villages d'Egypte, les indigènes con- 
naissent à peu près t}us ce qu'eï-'t la rage et emploient ce mot dans 
son acception propre aussi bien qu'au figuré. Les bédouins du 
désert et nombre d'Arabes prétendent posséder un remède efficace 
contre cette maladie. Ils doivent donc l'avoir observée quelquefois 
et non la connaître seulement à titre de légende traditionnelle. Et 
cependant, dans tous ces milieux, on ne peut guère invoquer l'im- 
portation de la rage par des chiens européens ! 

S. E. F^KiiRY pAciiA déclare vouloir appuyer la thèse soutenue 
par M. le D' Abbate pacha. A cet effet, l'honorable pré}pinant 
signale la conviction générale, qui n'a pu naître que de l'observa- 
tion de faits certains conservés par la tradition, que l'absence de 
cas de rage en Egypte proviendrait de la liberté dans laquelle les 
chiens vivent en Orient oîi ils sont considérés n'appartenir à person- 
ne, nesont jamais enfermés, et ne peuvent jamais être privés de 
boisson ou d'autres besoins naturels, dont la suppression peut suffire 
à déterminer des accès de rage, 

M. PiOT répond à S. E. Fakliry pacha que, depuis les remar- 
quables découvertes de M. Pasteur dans le domaine de la rage, 
la nature infectieuse de cette maladie est exclusivement acceptée 
dans le monde savant. Quant aux influences banales considérées 
comme capables de la proviquer. pri^^ation de boisson, désirs géné- 
siques non satisfaits, etc., elles doiventêtre reléguées actuellement 
dans les légendes de la vieille médecine. . . à moins que la preuve 
do 'la génération spontanée des microbes soit donnée expérimenta- 
• -ni. 

(I) Voir à ce sujoL la brocliure du Dr lijrLlieraud : Elwle sur la raye en Air/cric (.\lger 1887) . 



— 31 — 

M. LE D' Abbate pacha, répliquant une dernière fois, s'exprime 
en ces termes : 

M. Piot considère comme injluences banales et /éyendes de bi 
vieille médecine, tout ce qui a été dit et observé jusqu'à la décou- 
verte de M. Pasteur.. Je proteste hautement ontre cette déclaration. 
Les grandes et concluantes expériences instituées vers la fin du 
siècle dernier par Brogiani et par Toffoli. expériences dont le monde 
savant fut saisi, ne peuvent pas être comprises, dédaigneusement, 
dans le cercle des banalités et des légendes, mais, au contraire, 
dans la catégorie des faits les plus importants de Texpérimentation. 
Les nouvelles découvertes n'infirmeront jamais les observations 
sérieuses des véritables et consciencieux pionniers de la science. 

La (liscussioii ayant été dcclaréc closo par M. le prési- 
dent, la parole est donnée à M. Grébautpour une présenta- 
tion d'ouvrages dont les auteurs Tont chargé de faire 
hommage à l'Institut. 

Au nom de MM. William \. Groff, M. Grébaut dépose 
cinq brochures, et au nom de M. Alexandre de Zogheb, 
une brochure, dont notre savant confrère cite les litres et 
indique les sujets comme suit : 

LETTIΠA ^L IIeVILLONT SUR LES NOMS DE JoSEPH ET DE J.iCOB 
EN ÉGYPTIEN. 

]\L Groff" démontre que dans les listes de Tluthmès III (xvm' dy- 
nastie), deux noms qui, pris pour des noms de villes de la Palestine, 
n'avaient pu être identifiés, sont ceux des tribus de Jaqob-el, et de 
Joseph-ol, où Aï représente le nom de Difeu au singulier. 

Jusquici les égyptologues, à défaut de documents égyptiens, 
s'appuyaient sur les récits bibliques pour placer vers la fin de la 
xix" dynastie les événements de l'Exode, après lesquels se seraient 
formées les tribus juives. Mais il ne faut pas perdre de vue f^"^ ' • 
historiens juifs faisaient remonter l'exode à la fin de la xvn" 

Les remarques de M. Groirofl'rent un intérêt considérab; •. 



— 32 — 

ÉTUDE SUR LE PRONOM DE LA PREMIÈRE PERSONNE DU SINGULIER 
EN ÉGYPTIEN. 

Cette étude est purement philologique. 

Notes diverses. — Ce mémoire comprend deux notes : 

I. Note sur le pronom en égyptien. — En quelques pages, 
M. Groff résume ses intéressantes remarques sur l'emploi et la 
valeur précise de deux formes pronominales, u et ku. 

I. Note sur Jaqob-el et Josep-el. — C'est le résumé des obser- 
vations philologiques auxquelles donne lieu l'identification admise 
de Jaqob-el et Josep el avec les anciens noms des tribus de Jacob et 
de Joseph. 

LE DÉCRET DE CaNOPE. 

Ce premier mémoire sur le décret de Canope forme l'introduction 
à la thèse soutenue par M. GrofF à l'Ecole du Louvre le 14 novem- 
bre 18S7. Il est réimprimé en tète de la publication suivante : 

LES DEUX VERSIONS DÉMOTIQUES DU DÉCRET DE CaNOPE. 
Textes, étude comparative, traduction. 

Le titre de cet ouvrage en donne une idée exacte. M. GrofF repro- 
duit les deux textes démotiques du décret de Canope, les traduit mot 
à mot. Cet utile ouvrage facilitera les premières études des per- 
sonnes malheureusement trop rares qui désirent aborder à l'étude 
du démotique. 

ÉTUDE SUR LE PAPYRUS d'OrBINEY. 

M. Groff publie une transcription en hiéroglj-phes d'un texte hiéra- 
tique très célèbre sous le nom de Conte des deux frères. Il y a 
ajouté un très utile vocabulaire de tous les mots employés dans le 
récit. 

l'Egypte ancienne, 

Aperçu sur s n histoire, ses mœurs et sa rehgion, 

ouvrage illustré de 61 dessins par M. Alex, de Zoglieb. 

Er. faveur des personnes qui désirent une première initiation à 
l'égyptologie, M. Alexandre de Zogheb a écrit, dans un style clair 



— 33 — 

et concis, ce livre court, mais riche en renseignements utiles. On 
}' trouve (les précis de l'histoire, de la géographie, de la mythologie, 
de la religion et des écritures. Enfin un chapitre de notes diverses 
sous forme de petit dictionnaire archéologique termine l'ouvrage. 
Les dessins donnent les figures des divinités et des principaux 
emblèmes. 

M. M'; PRÉsiDEisï prie M. Grcbaiit de transmettre aux 
donateurs les remercîments de l'Institut pour leurs ouvra- 
ges, et le remercie personnellement d'avoir accompagné la 
présentation de ces ouvrages de commentaires si clairs et 
si intéressants. 

L'Institut se forme en comité secret. 

A la suite d'une dernière lecture du règlement sur le 
port de la médaille-insigne, le règlement est définitive- 
ment adopté au scrutin secret, à l'unanimité des votants, 
dans les termes qui suivent : 



Règlement pour la médaille de l'Institut Egyptien. 



Article premier. 

L'Institut a délibéré la création d'une médaille c )mme signe dis- 
tinctif des cinquante membres résidants de l'Instilut Egyptien. 

Art. 2. 

Cette médaille, qui a été dessinée par le sociétaire M. Washington 
Abbate, a été approuvée par l'Institut. Elle a été frappée aux frais 
et par les soin^ de M. Gavillot, secrétaire perpétuel en exercice. 

Art. 3. 

Les membres résidants de l'Institut Egyptien pourront |. 
médaille dans les réceptions ou cérémonies oliicielles ; ils < 



— 34 — 

la porter lorsque l'Institut aura à intervenir en corps ou par 
délégation. 

Art. 4. 

Les membres de l'Institut pourront, à l'étranger, porter la mé- 
daille ou le ruban dislinctif, lorsqu'ils interviendront à des séances 
ou réunions de sîciétés scientifiques oîi des signes distinctifs seront 
portés par les sociétaires. 

Art. 5. 

Le ruban est moiré noir, bordé, de chaque côté, d'un liséré rouge 
avec une étoile en argent attaché à la médaille et la retient par 
une feuille de lotus également en argent. 

(Ce règlement délibéré et adopté dans la séance de l'Ins- 
titut Egyptien du 6 juin 1890, a été arrêté aux termes 
définitifs ci-dessus, après amendement, dans la séance 
du li mars 1892.) 

La séance est levée à 5 lieures 1 12. 



— 35 — 



LISTE 

OUVRAGES KI<:CUS PAU L'INSTITUT Kd^PTIl-lX 

PENDANT LE MOIS DE FEVRIER 1892 



EGYPTE 



Journal Officiel y du n» 17 au ii" 28. — Moinlouv du Caire, du n° 1049 nu 

11"' 1066. — Tclcgraphui:, du ii" 2519 au ii° 2544. — \'A</ricul(ure, ii° 32. 
CiéiiC'i'al Forestier Walker. — Carte c/e la Moi/cnne-lîfjy/ilc. 

AUSTRALIE 

Ferdinand von Mlf.i.i.f.u fliaron). — Iconot/raphie des plantes de l'Aus- 
tralie. 

ESPAGNE 

Association artistico-archéologique de Barckloni:. — Bulletin, 2inc an- 
iK'e, II» L'. 

Académie royale d'histoire. — liidlcdn, vol. 20, liv. 1. 

FRANCE 

Annales imlustrielles, 1er .scm. l.'<92, N"* 4, 5, 6, 7. 

Uibliuijraphic de la France, 1892. — .N"!! 5, 6, 7, 8. 

L'Echo l'olyijlottc, 2mc année, n" 3. 

Ecoles des langues orientales vivantes. — Histoire du Sulfan « njelal- 

ed-din Mankobirti . » 
Faculté des lkttrks de Poitikrs. — Bulletin, yAwx'xQv \9'd2. 
Feuille des jeunes n<ituralistes, \\° 25(1. 
Le Moniteur industriel, I9nit' année, 2, 9, 16 IV-viier 1892. 
Pharmacie centrale dk. France. — Journaux réunis, n»» 2, 3(I892|. 
Société d'encolragkment pour l'indlstrie nationale. — Bulletin 

décemlti-cî 1891, Janvier 1892; liésuniès, 22 janvier lsit2. 
Société de GÉodRAi-nir. dk Paris. — Comptes rendus, u''> 1, 2 (1892). 
Société dks inoénikirs civils. — Méniotres, décembre 1891. 

id. Annuaire 1892. 

id. Hésumès, 22 janvier cl 5 l'évn , .-> . . 



— 36 — 



ITALIE 

Académie des fisiocritici de Sienne. — Ac^es, série 4, vol. 3, suppl. nu 

fa se. 10. 
Académie dei Lincœi. — Actes, série 4, 2 pi. Sept, et octobre 1891.— Actes 

série 4. Comptes-rendus, 2ine sem. 1891, fasc. 12. 
Bibliothèque Victor-Emmanuel. — Bulletin, vol. 7, n° 13. 
Société de Géographie italienne. — Bulletin, série 4, vol. 5, fasc. 1. 

JAPON 

Observatoire de tokio. — Rapport 1890. 

MEXIQUE 

Bulletin de V agriculture, du commerce et de l'industrie. — Sept. 1891. 
Société scientifique alzxte. — Mémoires, vol 5, juillet-août 1891. 

PORTUGAL 

Société Carlos Ribeiro. — Revue, vol. 2, n°7. 

Société de géographie de Lisbonne. — Bulletin, \Ome série, n°s 1,2,3. 



SEANCE DU I'' AVRIL 1892 



Présidence de S. E. AiMiAiK l'.vcnA, vice-président. 



La séance est ouverte à 3 heures 3//i, 



Sont présents : 



TiL.EE. D' AniJATi: pacha ) 

r^. . T , \ vice-ijf'ésidenls 

(t|.:m;hal Larmkk pacha ) 

MM. Gavm.i.ot, secréldire (/énéral. 

Bah OIS, trésorier bibliothécaire. 

PiOT, secrétaire aujuiel. 

^y. AunATF;, 

BONOI.A Hi;v, 

Col. Cfiah.i.k-Long hkv. 

!)'■ CoC.MAllI), 
T. FiGARI, 

Grand hky, 
Ghkhaut, 
IlA>in;ro.N-L()N(i. 
D' Hassan paciia Maiimoid, 
W. Innks, 

SlCKKMlKHC.KH, 

Venthk iîi;\. 

Prof. SciiiAi'i'Aïu.i.i.i, membre rorifsijondanl 



niein lires résidants. 



— 38 — 

Assistent à la séance : MM. Cope-Wliitehoiise, Cramer, 
Desjardins et M'""" Desjardins, Farrenc, Gaillardot bey. 
W. N. Groff, D"^ Hebentanz et M'"'' Hebentanz, Hewalt, 
professeur Mayer-Eymar. de Morgan, Rennebaum et 
Willcocks. 

M. Gavillot, donne lecture des procès-verbaux des 
séances des 5 février et li mars 1892, qui sont approuvés. 

La correspondance comprend ; P une lettre de S. E. le 
D' Hassan pacba Mabmoud, transmettant sept exemplaires 
du Manuel de Pathologie Interne, en langue arabe,- dont il est 
l'auteur, et destinés l'un à la bibliothèque de l'Institut 
Egyptien, et les six autres pour être distribués à chacun 
des membres du bureau. Par la même lettre notre confrère 
déclare mettre un exemplaire du même ouvrage à la 
disposition de chacun des autres membres de l'Institut 
qui en ferait la demande. 

2° Une circulaire du comité exécutif du congrès des 
ingénieurs et des architectes de Palerme, annonçant que 
la date de l'ouverture de ce congrès est fixée aux 10-20 avril 
prochain , et les excursions dans les jours suivants : 3° un 
avis de V Académie 8m«/s/«s à Nancy contenant le programme 
du concours du prix Herpin à décerner en 1893, et indi- 
quant le 1'^' février 1893, comme dernier délai pour la 
remise des travaux destinés à ce concours, et 3° une lettre 
à M. R. Radau, sur La Fluctuation des latitudes terrestres, 
(lu vénérable et savant Antoine d'Abbadie, membre de 
l'Institut de France, membre honoraire de notre com- 
pagnie. 

M. Gavillot communique encore la liste des ouvrages 
reçus par la bibliothèque de l'Institut Égyptien pendant 



— so- 
ie mois de mars I8i»2, laquelle, selon l'usage, sera insércjo 
iii-r.rloist) à lu iiii de ce proers-vcrbal. 

M. i,i; l'iu'.siDi.M (loiiiic la ])arnl(' ;'i M. le iii'orrssciir 
Mayer-Kymard, pour la leelure de sa cuuniiuiiieatioii sui- 
r Oasis de Moéloh. 

(Voir annexe n" I). 

La communiealion de M. le professeur Mayer-I\vmard 
est aceueillie ])ar les a])plaHdissem(Mils uiiaiiinics de 
l'assistanee. 

M. M«; i'iu':sM)KM remercie chaleureusement l'auteur au 
nom de l'Institut tout entier, et lui adresse toutes ses 
IV'licitations })ersonnell(^s. Il fait remarquer, en outre, que 
la découverte réeento, à Minieli, dun gisement de s(d 
^emme, vient heureusement confirmer l'une des savantes 
observations rapportées par le conférencier. 

M. CoFi;-WinTi:noiiSF obtient la parole pour ajouter 
quelques reuiarcjues sur la cartographie du Ouadi 
Mouellah. 



Les caries ptolèinaïques, dit-il, d )niient au lac Mœri.s uue exten- 
sion longue et étroite^ vers le sud, et marquée, vers le n)rd-est, 
par une ville dont la latitude et la longitude sont également fixées 
par le texte. 

En 188:i, M. C.ope-Whitelionse avait indiqué la probabilité que 
les ruines, vues par IJel/oni, étaient celles de Dionijsias. 

En 188:}, le préDpinant a pénéti'é dans la vallée de Helmesn. Dans 
son expédition de i8Sr), ace >inpagné par M. Stadler, il a pu relever 
des observations sur le Ouadi-Mouellah, et faire la ligne de nivel- 
lements que M. le D' Schweini'urlh lui a empruntée pour sa carie. 

Eu 188G, partant de liariimcha, en face de Mayana, il a tracé 



— 40 — 

une ligne de nivellements au travers du massif entre la vallée du 
Nil et l'oasis. Ces observations, avec celles d'une ligne qui traverse 
la dépression à\i Ouadi-Bay an ^usqu au. Bahi'-Youssouf, 'près de 
Birtebat, se trouvent sur la carte, dressée par lui, dans les archives 
du Ministère des Travaux publics. 

En 1888, MM Liernur et Mac-Killop ont fait des nivellements 
qui se trouvent rapportés sur la grande carte dressée par le Gou- 
vernement pour servir aux études du projet du Réservoir Rayan , 

Pour terminer, M. Cope-Wliitehouse remercie M. le professeur 
Mayer-Eymard de ses renseignements, car il a un intérêt tout 
spécial dans Vouadi dont s'agit, non seulement parce qu'il joue un 
rôle prépondérant dans la question du lac Mœris, mais parce que, 
avec l'appui du gouvernement égyptien, il a fait des demandes pour 
en devenir le propriétaire. En 1888, il en a pris possession, accom- 
pagné par M. le major Brown en présence de Pagent du Gouverne- 
ment et de quelques cheikhs de bédouins. 



M. LE PRÉSIDENT fait observer à M. Cope-Whitehouse 
que M. le professeur Mayer s'est occupé spécialement de 
sa thèse géologique et n'a donné des indications topogra- 
pliiques qu'accessoirement. 

La parole est donnée ensuite à M. William N. Groff. 
pour la communication portée à l'ordre du jour: Etude 
archéologique sur la Malaria. 

(Voir annexe n. 2). 

La lecture de M. W. N. Groff est l'objet d'applaudisse- 
ments répétés.^ 

M. LE Président, remercie le jeune égyptologue améri- 
cain, et le félicite au nom de l'Institut, puis il prend place 
à la Tribune pour lire la communication suivante sur Le 
suicide de Cléopatre an point de vue médical. 

(Annexe N'' 3.) 



— 41 — 

La comiimnicalioM de S. I*]. Ahbatc pacha est accueillie 
jtar des applaiidisscmciUs rcpctcs. 

M. \ KMHi VA\ avaiil (|ii('l([iics jiKils a dire sur L'i;ji' ilr 
l'ancien temple d'Assouan, la parole lui est accordée. 
M. VEiNTHK BKY s'cxpriiuc Gii ces lermes : 



D'après les égjptologues le nom sacré d'Assof/an (antique Syène) 
en écriture hiéroglyphique serait : 

Khkht, la ville da niveau. 

Le déterminatif, ici, représenté par un niveau ou équerre de 
maçon avec son fd à plomb, peut bien avoir une relation avec 
quelque fait astronomique. On sait que les anciens faisaient passer 
vers la région d'Assouan, â la frontière de la Nubie, un «le leurs 
principaux parallèles, et tout le inonde connait, aussi, le passage 
(lu grand ouvrage do Makrisi où il est dit que l'on pouvait, à une 
certaine époque de l'année, observer le soleil, par r/'AoKion dans 
l'eau, au fond d'un puits. 

Or, au lieu de khlchf, la ville du niveau, rien n'empêche, ce me 
semble, de lire khkt, la ville du fil à plomb, de la perpendiculaire, 
de la verticale, et nous trouvons ainsi une relation entre la position 
géographique du temple de l'ancienne Syène et la donnée du point 
de départ du nouvel an, répondant, comme on sait, à la position du 
soleil au solstice d'été le jour «lu lever h<'diaque de Sirius-Is-is, S tthis 
dans le ciel, auquel le temple était onsacré. 

En effet, nous savons que le soleil, parvenu au solstice corres- 
pondant du Tropique du Cancer, peut passer au zénith sur fa 
verticale du lieu dont la latitu«le serait «igale à la déclinaison de 
l'astre, précisément au moment «lu solslice ; c'est ce qui doit vi)uloii' 
indiqu«?r le fil à plomb en question. Mais la latitude d'Assouan est 

actuellement de 24 7' 

et la déclinaison au solstice (ou obliquité de l'écliptique sur 
l'équateur) n'est plus aujourilliui (jue «le 23 27' 

Différence 40' 



— 42 — 

ce qui. à raison de 16 secondes par siècle, pour la diminution 
c:)nnue de cette obliquité (valeur extraite des tableaux publiés par 
Delaunaj'" dans son cours d'astronomie) nous fait remonter pour 
l'antiquité du monument découvert par Mariette, plus haut que 
l'âge de Ptolémées; nous trouvons, en effet, que 40 minutes multi- 
pliées par 60 secondes, et divisées par 46 secondes donnent 5217 ans. 
soit 5217 moins 1892 égale 3325 ans avant J.-C, en n^us servant 
de la table chronologique donnée par l'ancien empire, entre les 
IX°'* et X'"*' dynasties, dont les dates ne seraient pas certaines et 
qui seraient vides de monuments connus. 

Mais lu temple, construit, dit-on par un Ptolémée, a pu être 
édifié lui-même sur les ruines d'un temple de l'ancien empire ; le 
fait n'est pas rare, au contraire, et pourrait peut-être contribuer à 
rompre ce vide regrettable, à moins que les égyptologues ne me 
contredisent sur ce point. 

M. Grébaut, ainsi inlerpellé, répond : 

M. Ventre bey calcule que la construction première dn temple 
d'Assouan doit remonter à trente et un siècles avant l'ère chré- 
tienne. Cette date nous reporte aux temps de la XIII"'*^ dynastie, si 
nous nous en tenons aux chiffres de Manéthon, à l'époque des 
grandes pyramides, si nous suivons les systèmes chronologiques les 
plus en faveur, qui retranchent 1500 ans des mêmes chiffres. 

Dans l'un comme dans l'autre cas, on arrive à un résultat 
satisfaisant. Le temple d'Assouan appartient à la basse époque; mais 
on voit partout que les Ptolémées avaient relevé des sanctuaires 
déjà rebâtis sous lesXVIir"*et XIX'""' dynasties, et dont la fondation 
remontait beaucoup plus haut. C'est ce que nous avons constaté 
l'an dernier pour un petit temple élevé à Gebele'i'n. Depuis lontemps 
nnis avons remarqué, en cet endroit, des fragments provenant 
d'un temple ptolémaïque. En mars 1891, nous y avons retrouvé 
des pierres au nom d'un roi, Mentuhotep, de la XI"^ dynastie; les 
fouilles de cet été ont fait déouvrir de nouveaux fragments. Le 
temple de Louqsor, reconstruit sous la XVIH™" dynastie par 
Aménophis III, nous a donné quelques morceaux de la XII""" et de 
la XIII"* dynastie. Karnak, le grand sanctuaire du nouvel empire. 



— 43 — 

a encore quelques pierres de la XII"". A El Kab, aussi, oii les bases 
ODt été refaites par Ramsès II, qui a employé des pierres de la 
XyiH'"" dynastie, nous avons dédiuvert, en creusant sous les 
fondations, un fragment de la XII"" dynastie et un de la XIII'"". 

Les traces plus anciennes font défaut; les temples de l'ancien 
empire, à l'excepti )n du temple de Gizeli, ont péri. Pourtant, il est 
très probable que les XII'"" et Xlir"" dynasties avaient reconstruit 
sur l'emplacement des anciens sanctuaires. Le plan d'un temple 
ptolémaïque était attribué aux S/iesou-Hor, c'est-à-dire aux Egyi)- 
tiens d'avant Menés. Les ruines du temple de Memphis sont formées 
de pierres des XVIII'"" et XIX""^ dynasties: pourtant, sous les fonda- 
lions, nous avons découvert des monuments de la IV"" dynastie. 

Quel que soit le système chronologique qu'on adopte, le trente 
et unième siècle avant J.-C. appartient donc à une époque signalée 
par de grandes constructions. 

L'ordre du jour clani épuisé, la séance est levée à 5 
heures ci demie. 



Annexe N" 1 à la séance du V Avril. 



L'OASIS DE MOELEH 



LE Prof. Mayer-Eymard 



Messieurs, 

Bientôt arrivé, hélas ! au terme de mon nouveau séjour en 
Egj'^pte, je viens enfin i^ayer ma dette de reconnaissance pour la 
protection et l'appui dont j'ai joui durant mes excursions dans ce 
classique pays, en offrant à ses plus hauts représentants dans 
Tordre des sciences, un rapport d'intérêt général sur l'une des deux 
contrées peu connues que j'ai parcourues en dernier lieu. 

Gomme vous le savez. Messieurs, le sol du désert Libyque est, peu 
s'en faut, entièrement constitué par des roches appartenant à la 
division stratigraphique dite tertiaire inférieure ou éocène, division 
que, du reste, j'ai assez récemment élevée au rang de système, en la 
nommant système nummulitique ; cela, aussi bien à cause des 
nombreux étages et sous-étages qui la composent, qu'en raison de 
ses particularités paléontologiques, parmi lesquelles proémine celle 
de la présence, dans tous ces étages, du genr>3 de Foraminifères 
nommé Nummulites, ou mieux Nummulina : coquille en forme de 
monnaie. Or, des sept étages de ce système nummulitique, le 
Garumnien, de Leymerie, le Suessonicn, le Lo/idinien, le Pari- 
sien, le Bartonien, le Ligurien, de mon fait, et le Tongrien de 
d'Orbigny, — étages, soit dit en passant, dont un seul, le Ligurien, 
paraît à cette heure manquer à l'Egypte — c'est le Parisien, lui 
seul, qui affleure dans la contrée en question, exception faite, toute- 
f)is, du faîte des collines qui séparent le lac du Fayoum du plateiu 
du désert, preuve déjà de la puissance et do la grande extension 



— 45 — 

(10 cet étage en Egypte, vu l'Iiorizontalité des assises et le relief 
soiivoiit accentué du pays. Il devient dès lors nécessaire d'ab »rder, 
comme introduction h aotre étude, la constitution normale de 
l'étage parisien, en faisant du même coup ressortir et la netteté d»* 
ses nom'ireuses divisions et le fait, à un haut degré remarquable, 
de leur parfaite c )rrespondance dans des contrées aussi éloignées 
que le s )nt les environs du (laire et ceux de Paris. 

Grâce à la loi cosmique qui a présidé à la délimitation des étages, 
le Parisien, des sept étages nummultiques de beaucoup le plus 
répandu et le plus riche en fi)ssiles, est, lui aussi, formé par deux 
sous-étages, que, pour plus de brièveté, nous nommerons Parisien 1 
et Parisien IL Or, fait remarquable et dont l'explication ne nous 
est pas encore donnée, il se trouve qu'aussi bien dans le bassin de 
la Seine que dans celui du >\il, chacun de ces deux sous-étages se 
décompose en cinq sssi es, distinguées entre elles par des nuances 
de roche et de faune pre.>que touj)urs faciles à saisir. En effet, 
Messieurs, à la (jlauconie grossière (Parisien I, a) du bassin do 
Paris correspond à Mi;'rveille le ca'ciire silicieux. glauconieux lui 
aussi, de la base du Mokattam et des Pyramides de Gbizeh. Vis-à- 
vis ensuite du banc rempli de Nummalinci lœcif/ata (le Parisien 
I, b), répandu de Paris à IJruxelles, se dressent en Egypte les gros 
l)ancs du Niinuni(Una Gliisehensis et variétés. Au Parisien I, r. 
du bassin de Paris, plus riche en oursins que les autres assisses, 
correspond dès lors nécessairement la pierre blanche tendre, dite 
pierre à bâtir, du Mokattam etc,, particulièrement riche, elle aussi 
en Rchinides d'espèces variées. Viennent ensuite, comme Pari- 
sien I, d, les couc/tc^-i dites <fe D((nicry, développées et riches <mi 
(rastropodes en lvliam])agn'^, couches nettement représentées au 
Mokattam par les bancs blancs tout-à-coup siliceux, dans lequelles 
les mollusques ab>n(lent. Et le sous-étage se termine, d'un côté, en 
(^Ihampagne, par l'assise dite hanc royal {Parisien /, c), à peine 
distincte par sa cimentation et sa pauvreté des assises s>us-jacenles 
plus friables ; de l'autre, (;n Egypte, par des couches plus tendras, 
plus schisteuses, moins riches en fossiles, elles aussi et caractérisées 
vers le haut par de gr.)->.ses liges de plantes marines en forme de 
cornes, d'oii in nom de « II(crner-Schiclit(Mî » que leur a d )nné 
M. Schweinfurth. 



- 46 



Quoique, il faut lîien l'avouer, moins bien prononcée que chez la 
première série, la division du Parisien supérieur en cinq assises 
principales paraît, elle aussi, être, de part et d'autre, fondée dans 
la nature et le parallélisme de chacun de ces dépôts lu bassin fie 
Paris avec le numéro correspondant dans le bassin du Caire, chose 
dès lors difficile à nier. Voici donc quel semble être, à cette heure, 
la coordination de ces cinq sortes de sédiments du Parisien 
supérieur. 

Au sable marin rose de la Champagne (Boursault, Damery, 
Fleurj^ Hermonville. etc.), le Parisien II a correspond d'abord a 
souhait à la marne gjpseuse multicolore, à bancs de grès blanc 
rosâtre ou brun violet qui, au Mokattam, débute par la couche de 
terre ocracée appelée « Taflé ». De même ensuite que, dans le 
bassin de Paris, succèdent à ce premier dépôt, les marnes vertes, 
d'eau saumàtre et le calcaire d'eau douce dit de Provins, qui en est 
la prolongation {Parisien II b,) de même se place en Egypte, sur 
les marnes du Taflé, un gros banc plus solide, plus ou moins 
gréseux, caractérisé en maint endroit par l'abondance des Plica- 
tules et des Tarritelles qu'il renferme, toujours au moins par la 
richesse de sa faune. Tandis enore que les marnes vertes de Paris 
sont recouvertes par de nouvelles couches marines, le banc marin 
du bas de l'Aisne de M. Michelot, mon Parisien II, c, les couches 
à Plicatules d'Egypte sont, à leur tour, surmontées par de nouvelles 
marnes multiolores et gypseuses (marnes, soit dit en passant, dont 
l'imperméabilité a donné lieu à la source du Mokattam dite fon- 
taine de Moïse). De même, enfin, que dans le bassin de Paris, la 
seconde série du Parisien se termine par les caillasses (1) coquillières 
{le Parisien II, d) et les caillasses sans coquilles {le Parisien 
IL e), le Parisien d'Egypte compte, au-dessus des marnes supé- 
rieures, d'abord le calcaire gréseux brunâtre ou rosâtre des hauteurs 
du Mokattam, calcaire bondé de fossiles à la fontaine de Moïse et 
au centre du Duadi-el-Tih, comme, à ce que je présume, d'après les 
notices de M. Schweinfurth, dans les collines à l'ouest de Dimé du 
Qéroun, puis, au moins au Ouadi-el-Tih, sinon dans les collines de 
Dimé, des couches blanchâtres, marno-lerreuses, dans lesquelles se 

(1) Calcaire à i.oiici'Hions siliceuses. 



— 47 - 

trouvent iVninies, à côté do paquets de la belle coquille appelée 
Cai'oUa placuni forints, les grandes huîtres que j'ai nommées 
Outrai Fraas/', O. Ltoi/ifjstoni et Slanle}'!. 

A 1,1 fin de cette énuinération c )n)pai'ative, sans d )Ute un pru 
ai'ide [) uir le non-géaljgue, mais nécessiiire à la compréhension 
dos données stralif^raplii([ues qui vont suivre, je puis maintenant 
vous délasser, messieurs, en entrant tout droit en matii-re et cela 
d'abn'd au sujet de l'oasis de Moéleh. 

Tant que je sache, la petite oasis de Moéleh n'avait encore été 
visitée que par trois voyageurs, à savoir : par lielzoni, en 1S19 (:2), 
par W ilki/hson, en INIfl (8), et par Scliircinfartlt, en ifcGl»(t). 

Je ii(! cjnnais point les publications des deux premiers, mais je 
doute fort qu'elles contiennent des renseignements sur la Nature 
dans cette oasis. Quant à Schweinfurth, comme il s'occupe dans s; m 
mémoire, à propos de Moéleh. davantage d'archéologie et de bota- 
nique que du sol mrme de l'oasis, et qu'il n'a du reste passé que 
trois j )urs à peine là-bas, les renseignements qu'il donne ne s mt 
guère de portée pratiqae, d'autant moins que plusieurs sont inexacts, 
tels : l'emplacement des deux seules source i qu'il a vues, la tempé- 
rature de la so.irce du sud, la quantité (très exagérée) du bois à 
brûler, la hauteur des collines, etc. En revanche, S3n petit dessin 
de l'oasis rend assez bien la configuration de ce bas fond. 

L'oasis de Moéleh, au sud du Fayoum, mais dépendant, comme le 
bourg d'EI Faclin du « gouvern )rat » de Minieh, forme un rectangle 
preque régulier, dont l'axe principale court du nord-ni)rd-ouest au 
sud-sud-est et peut avoir quinze kilomètres de long, tandis que la 
largeur maximum de ce quasi-j)arallélogramme n'est guère que de 
.sept kilomètres. Distante, eu ligne droite, de s)ixaute kilomètres de 
Medinet-el-FayouiH et de trente kilomètres d'El Faclin, on y pénètre 
à dos d'animaux, au n >rd, par une déoupure large de deux kilo- 
mètres dirigée vers l'oasis de llajan et, au sud, soit par un col 
minusculi! sous les deux rapp )rls di; la lai'geur et de la hauteur. 



(2> BKI./IIM. Sarrntivc of tlie ohxrivationx ni\d reccit di-icovcnes ut Hpypt aiui .\ubia. I.on 
'1 1821. 

(.)) Doni la relaUmi fl>- voyante in'iv-l ;\ ifllo liciire iinomun' 

(i) Se iiNMiM-'i Hiii, Kn.if in (^(.^ ilri>rr.\>i'iii- ■■ ',•■'••■' ■••• / ..i,„r 

«"irlkwh fur EnlkiiMilr, ii.i. 21, iifrliii, issu . 



— 48 - 

soit par une plus large ouverture, à gauche, tandis que les coUiac 
abruptes qui l'encadrent au nord et à l'est offrent au piéton un assez 
grand nombre de passages, plus ou moins pénibles, il est vrai, et 
que le rebord ouest, un peu moins élevé, formé d'amas de sable ne 
laissant voir que sur deux points le sommet du roc qu'ils recou- 
vrent, n'est guère praticable qu'aux bètes sauvages. 

Gomme l'a parfaitement reconnu Schweinfurtli, le fond de Moéleli, 
élevé en moyenne de 40 mètres au-dessus de la Méditerranée et de 
10 mètres au-dessus de la plaine du JN il, à El Fachn, est à peu près 
plat, c'est-à-dire que les accidents du sol, sauf quelques pitons au 
sud, n'y varient que de peu de mètres de hauteur. Or, dans cette 
plaine, il j a quatre fonds à distinguer : d'abord, le fond humide et 
salifère, asse: étendu en long au nord-est, beaucoup moins à Pouest- 
sud-ouest et occupant environ un douzième de la superficie ; puis, 
le fond rocheux, de quatre à dix mètres moins bas, placé non loin 
et au sud du centre de l'oasis, long peut-être de quatre cents mètres 
et large de deux cent cinquante ; ensuite, le fond sablonneux, 
formé de petites buttes arbustifères, souvent séparées par des taupi- 
nières de sable et de petites ondulations mouvantes, fond s'étendant, 
au centre, du nord au sud, sur les deux tiers de la plaine et enfin, 
au sud, atteignant peu à peu la cote de 75 mètres au-dessus de la 
mer, le fond caillouteux, dit «hamada», souvent entrecoupé de parties 
sableuses et ne omprenant guère qu'un dixième do la superficie 
totale. En ajoutant à ces données celles qui concerne l'existence 
d'un piton-témoin entre le plan rocheux et la saline sud-ouest ; la 
présence, au sud, de deux longs rochers-témoins, semblables de loin 
à de grand temples antiques; l'existence, dans le nord-est de l'oasis 
d'une dune longue d'un kilomètre, séparant le terrain arbustifère 
d'un terrain humide et salin; enfin, le long du flanc est, de nom- 
breux pitons avancés, séparés par l'érosion de l'escarpement qu'ils 
précèdent, ainsi que de gros blocs tombés de cet escarpement, je 
crois, Messieurs, avoir tout dit sur la configuration de notre oasis. 
Cependant j'allais oublier de vous faire savoir, qu'en contradition 
avec Schweinfurth, qui estime à 130 mètres la hauteur de la partie 
la plus élevée des collines de Moéleh, je ne donne à cette légère 
proéminence dominant au nord les ruines d'un couvent, que 40 
mètres au-dessus de l'oasis, soit environ 80 mètres au-dessus de la 



— 49 — 

ni<;r (4 j'ar.' iVG ainsi à ne trouver que 35, 30 et i?5 mètres aux escar- 
pements qui se suivent vers le sud. Mes appréciations ne re|X)s<.Mit 
il est vrai que sur mon coup d'œil exercé, secondé par quelques 
mesurâmes partiels; mais je vais, Messieurs, vous dire lout-à-l'heure 
par quelles considérations sérieuses ces appréciations sont corro- 
jjorées. Du reste, j'ai mesuré au baromètres-anéroïde la liauteur de 
la falaise est un peu au sud du milieu de sa longueur, et j'ai trouvé, 
en haut, à 11 heures et quart, par 19 degrés et demi Réaumur, 74, 
5 degrés anéroïde, tandis que j'ai eu, un quai't d'heure auparavant, 
par 19 degrés Héaumur 7ô, 9, au pied de la falaise et, à liuit lieures 
du matin, par 15 degrés Réaumur, 76, 4. au fond rocheux de l'oasis. 
Or, je suis bien curieux d'apprendre si le résultat de ces données 
correspond à peu près h mes appréciations. 

Après vous avoir bien fait attendre, je le crains et je vous en 
demande pardon, Messieurs, me voici enfin arrivé au but principal 
de ma communication, à la description géologique de notre petite 
oasis. 

Comme je vous l'ai annoncé tout d'abord, la vallée close de 
Moéieh est complètement creusée dans des roches dépendant de 
l'étage parisien. Or il se trouve encore que ces roches n'appar- 
tiennent qu'au sous-étage inférieur ou Parisien I, voire même que 
ti'ois seules des cinq assises de celui-ci, la seconde, la troisième et la 
quatrième, ont livré la roche dont le sol de l'oasis et les collines 
environnantes sont constituées. Il est vrai qu'en vue de la position 
un peu élevée du Parisien I, b. au milieu de l'oasis, l'on peut 
présumer que le Parisien I, a, voire même si celui-ci est en partie 
enlevé, le Londinien II et justement aussi le Londinien I, si salifère, 
alUeurent sous les terrains meubles qui entourent cette bande de 
Parisien I, b; mais en géologie descriptive, l'inconnu voilé, quoique 
soupeonné être un tel, doit être considéré comme absent. 

Nous disons donc, messieurs, que le Parisien I, b, l'assise à 
h'ummulina Ghijsehensis abondantes, constitue, presqu'au centre 
de l'oasis, le sous-sol de Moéieh. La roche, d'une épaisseur visible 
de. trois, quatre et cinq mètres, de couleur gris venk^tre foncé, 
d'une dureté excessive et consistant en un calcaire siliceux, à grains 
tins de glauconie, est ici souvent tellement pétrie de NummuUiia 
LilUsehensis, que sa pâte en disparaît et que d'autres fossiles, 



— 50 - 

notamment les petites JVfUH/nv/ifies de l'assise, au Mokattam et 
aux grandes Pyramides, paraissent en être tout à fait exclues. 
Cependant je suis parvenu à trouver, aux environs de la source quj 
traverse cette assise, d'assez nombreux Pecten {Cornelia)corneus, 
Sow., espèce commune à presque tout l'Éocène et quelques moules 
de Lucfnes que je rapporte aux L. consobrina et Defrancei, 
Deshayes, du Londinien II, i, de Paris, et du Parisien de Paris et des 
Alpes. 

Si, Messieurs, la superposition immédiate du Parisien I, c à son 
prédécesseur ne paraît pas être visible à Moéleh, il n'en est pas 
moins certain que la puissante série de couches qui constitue au 
moins les trois quarts des falaises et rochers que nous connaissons, 
appartient à cette assise moyenne du Parisien inférieur. Et, d'abord, 
elle est elle-même couronnée par une roche toute nouvelle, facile 
ment reconnaissable par sa constitution pétrographique et par 
quelques fossiles, comme le représentant du Parisien I, d. Elle est, 
en secmd lieu, dans sa partie supérieure, particulièrement riche 
en fossiles, caractérisée par les mêmes espèces que le Parisien I, c 
du Mokattam, à savoir par VOsirea (Gryphœa) Gumbeli, commune 
de part et d'autre, par les Oursins nommés Eohinolampas a/ri- 
canus et Schuaster Mokattainensis, ainsi que par le bel écre- 
visse, qu'Ehrenberg a dédié au duc Paul de Wurihemberg. Or, 
Messieurs, si, par sa position et par certains de ses fossiles, cette 
assise principale des collines de Moéleh correspond évidemment à 
la pierre à bâtir du Mokattam et de la base des collines qui se suivent 
de là jusqu'à Béni-Souef^ elle s'en distingue, chose singuhère, à un 
bien haut degré, par sa constitution pétrographique, et, fait encore 
plus intéressant, par la quantité et la belle conservation des fossiles 
qu'elle renferme dans sa partie supérieure. En effet, au lieu d'être, 
comme d'ordinaire, une pierre calcaire blanche, le Parisien I, c 
de Moéleh consiste presqu'entièrement en des marnes de couleur 
généralement jaunâtre. Multicolores et gypseuses sur quatre 
mètres, à la base, ces marnes sont surmontées dun mètre d'argile 
schisteuse plus ou moins dure; puis elles deviennent de plus en 
plus jaunes, sur sept mètres, et sont divisées en haut, une ou deux 
fois par une c:>uche d'argile rouge, au milieu de laquelle réappa- 
raissent ici de nombreuses Nummulina Ghizehensis. Vient ensuite. 



— 51 - 

sur cinq mitres, mit! m.u'iK; jauiuiti'f* plus sableuse, pétrie de petites 
XuniinuUnes et l'assise se termine par un nièlro environ d'une 
marne jaune grisâtre, riche, sur certains points surtout, en Oslrca 
(iaiiiheli. Partout, du reste, cette dernière couche se montre très 
fournie do fossiles variés, d'une conservation- souvent parfaite, 
parmi lesquels dominent de beaucoup les bivalves de fond vaseux et 
rocheux, les J/uitrcs (dont plusieurs espèces nouvelles, de forme 
étonnante, les Peignes (le Pecteu Morlehensis, tout particulier), 
plusieurs espèces de Vulselles, entre autres la belle Vulselld chami- 
/o/'niis, etc., tandis que les Gast/'opodes, les Oursins et les Coraux 
se trouvent relégués au second et au troisième plan. 

Parmi les Gastropodes, il faut citer, avant tout, la coquille 
curieuse nommée Vêlâtes SchniidiUi, si ab )ndante, mais toujours 
à l'état de moule dans le Parisien I, a du Mokattain, puis le beau 
Ceritldiun fodicatuia, des Pyrénées et des Alpes, enfin de char- 
mantes petites espèces des genres Pleiirotoma, liorsonia. Fiisus, 
Nosiellaria, etc., etc. Or, Messieurs, comme cette couche fossilière 
se prolonge d'un bouta l'autre des falaises et des rochers de Moéleh, 
c'est-à-dire sur peut-être vingt kilomètres, vous voyez quel beau 
champ d'exploitation elle offre au collectionneur. Cependant et quoi 
qu'en dise M. Schweinfurth, si cette réunion de f )ssiles plus ou 
moins délachés est, en effet, admirable, elle est, il faut bien le dire, 
1 >in d'être le phénix des faunes du Parisien d'Egypte. En effet, elle 
est assez pauvre en espèces et je ne crois pas y avoir trouvé plus de 
cent de celle-ci dans cinq jours et demi de recherches. Or, qu'est 
cela en comparaison des faunes du Parisien I, a, du Mokattam et 
du Parisien I, d du Mokatlam, du Ocradi el Tih et des environs 
de llélouau, riches, elles, de plusieurs centaines d'espèces el dindi- 
vidus extrêmement abondants. Et s'il est vrai qu'ici les échantillons 
sont plus rarement d'une conservation satisfaisante, il y a encore 
la faune du Parisien II. b, du Birket-el-Qéroun. répandue, elle, sur 
plus de quarante kilomètres et brillant entre toutes par la variété 
des espèces, par le nombre des individus, non moins que par la 
conservation souvent parfaite de ces dernie/s. 

Au-dessus du banc fossilier du Parisien I, c, et par passage 
singulièrement brusque, viennent, à Moéleh, se placer quelques 
mètres, dix aux maximum il me semble, d'une roche toute nouvelle, 



— 52 — 

un calcaire blanc siliceux de constitution inégale et par la suite 
plus ou moins troueux et caverneux à sa surface. C'est ce calcaire 
qui, par sa résistance aux agents atmosphériques, couronne en 
falaise déchiquetée, toutes les hauteurs au nord et à l'est de l'oasis, 
et a fait naître les pitons isolés et les rochers escarpés semés sur les 
b.irds de celle-ci, comme c'est naturellement lui qui constitue le 
s3l du plateau qui sépare Moéleh de la vallée du Nil. Pauvre en 
fossiles, en apparence, grâce sans doute à sa dureté, ce Parisien 1 
d, de la contrée est ici surtout caractérisé par la présence de la 
grosse Lucina globulosa de Deshaies, espèce qui traverse, il est 
vrai presque toute la série tertiaire '^du Sessonien de Qarah près 
d'Assouan au Dertonien de Saubrigues, près de Bayonne) et se 
trouve en Egypte être particulièrement abondante dans le Londi- 
nien inférieur (I. b.) des environs d'Esneh, de Louqsor et de Gour- 
nah (comme si le vrai Parisien I. à. manquait ici) ; mais, à Moéleh, 
elle se distingue presque toujours par sa taille, moindre d'un tiers 
que dans le Londinien I, du double en revanche plus forte que dans 
le Parisien des environs du Caire. Avec cette Lucine remarquable 
et qui a reçu tour à tour les noms de L. œgyptiaca, L. pomum, 
L. thebaïca et L. VolderL, se trouve non rarement un gros Gas- 
tropode du genre Giso/'sia, type VOoula Daclosi de Deshayes et 
une Rostellcdre assez grande peut-être le R. Murchisoni : mais la 
roche fourmille quelquefois de petits fossiles empâtés et se montre 
presque partout riche en Bryozoaires du genre Eschara, peut-être 
VEschara Duvali, du Parisien I. c. de Vaugirard, sinon, mon 
E. Schweinfurthic. 

Maintenant, Messieurs^ que nous connaissons la constitution géo- 
logique de l'oasis de Moéleh, il nous reste là-bas à tâcher de 
résoudre une autre question du même ordre, à savoir celle non 
moins intéressante du mode de formation et de l'âge du fond de ce 
bassin. Yoici, Messieurs, en ce qui concerne le premier terme de la 
question, l'hypothèse qui me semble la plus vraisemblable, tandis 
que le second me paraît pour le moment impossible à fixer. Partant 
du fait, maintenant constaté, qu'au milieu du Londinien I s'étend 
sur une ligne oblique, ailant de Ouadi-Siout et de la contrée que 
dominent les hauts plateaux du Djebel-Mékeirieh et du Djebel- 
Kaulieh, au désert Libyque de Minieh^ un puissant dépôt de se] 



53 • 

gemme, je me figure qu'à une certaine époque de la période ter- 
tiairo supérieui-e ou mollassique, un courant souterrain aura telle- 
ment délayé et enlevé cette assise saline sous lo sol de Moéleli, qu'il 
s'en sera suivi un effondrement, avec ruptui'e longitudinale des 
couches superjK)sées. C»;la fait, jieut-étre sur la largeur de quelques 
cents mètres (largeur suffisante et au delà pour qu'une voûte de 
quarante mètres s'effondre), l'érosion depuis l'époque aquitanienne 
inférieure peut-être, puis un bras du Nil d'une époque quelconque 
de la période mollassique, puis encore le séjour de la mer saha- 
rienne dans l'oasis (mer dont je crois avoir trouvé des traces jusqu'à 
Minieh, à Siout et le grand ouadi de ce nom), auront tour à tour 
travaillé à d()nner à notre vallée la largeur qu'elle a maintenant, 
sans changer, tioia bene, beaucoup à la direction parallèle au Nil, 
à peu près, et à la longueur qu'elle nous offre. Quant a l'époque oii 
a pu avoir lieu ce petit cataclysme, elle est, je le répète, au moins 
pour le moment, impossibh; à fixer. Tout ce que l'on peut dire, c'est 
qu'elle doit nécossiirement t unber dans la périoilo mollassique, 
puisque la mer existait dans le voisinage (à l'ouest du Fayoum) à 
l'époque tongrienne inférieure, et qu'aux époques bartoniennes, le 
Nil ne faisait que ommencer son travail de creusement. D'un autre 
côté, en considération de la largeur de Moéleli, il faut bien donner 
aux agents atmosphériques le temps d'accomplir l'ouvrage dont 
cette largeur est le résultat. .Je placerai donc volontiers le moment 
de l'effondrement de Moéleli à une des ép>ques aquitannienne, 
langhienne ou, tout au plus tard, helvétienne, tout en repoussant 
fort la tentation de choisir. 



Annexe N° îi à la séance du 1*'' avril. 



ETUDE ARCHÉOLOGIOUE SUR LA MALARIA"' 



William Groff 



Parmi les épaves échappées au naufrage du monde antique, se 
trouve une page bien précieuse de la littérature des anciens Egyp- 
tiens ; la petite invocation, ou prière, à l'année qu'elle contient 
fournirait le thème d'une étude bien curieuse (2) 

année, mère des jours ! 
Fais apparaître des jours (et) des heures. . 
(A) Hathor, maîtresse de Dendérah (3) 
A l'année de ton cœur. 

(année), mère des moments (4) ! 

Fais apparaître des moments (sur la terre) (5) 

A Hathor, maîtresse de Dendérah. . . . 

A l'année de ton cœur. 

année, mère des saisons (6) ! 
Accorde (leur) renouvellement 
(A) Hathor, maîtresse de Dendérah, 

(1 ) Voir les pelites iHudes archéologiques de l'auteur, Alger 1891. 

(2) M. Makiettk, f)cndérali. — M. Lofùburea bien voulu me faire connailre ce morceau. 

(3) « Le temple de DendérLili fui commencé sous Ploiémée XIII, mais des traditions égyp- 
tiennes en faisaient remanier la fondation au temps des premières dynasties. » PiKiuiF.r. Dict. 
d archéologie, p. is?. On peut avoir des doutes quant à l'exactitude de la tradition. 

(/,) An, sccoiiile, minute; PiEREtEr, Vue. hiérogl., p. 33. 

(3) Le texte j.orle : « Fais apparaître des moments à Hathor, maîtresse de Dendérah, sur la 
terre, etc » ; pour le rythme et pour le sens il faudrait la correction. 
(6) Ken, temps, époque. 



— 65 — 

(Au) commencement des saisons, 
Comme le renouvellement de Ra 
Au commencement des saisons. 

année, mère de la saison des semailles! 

Accorde une saison de semailles bonne, 

A llathor, 

En sa saison, purifie des aat-u. 

Bien, point de trouble en elle, 

année, mère de la saison des moissons l 

Accorde que reçoive 

Hathor, maîtresse de Dendérali, 

Sa bonne saison de moissons (?) 

Une saison de moissons bonne. 

année, mère de la saison de l'inondation ! 

Accjrde une inondation (à) cette terre, 

A Hathor, 

Une sais m de riujndation qui lui apporte les aliments 

Tels qu'ils se comportent (7). 

année, mère de toute (chose) ! 
Accorde qu'arrivent toutes choses bonnes, 
A Hathor, 
(Et) qu'elles se renouvellent à jamais. 

année qui nourrit ! 

Sois non risse use 

(A) Hathor, maîtresse de Uendérah, 

Sur ton sein, en santé (et en) vie 

Comme Isis nourrissait s( n fils 

En sauté(?) (pour) le faire vivre. 

Après avoir demandé à l'année, « celle qui enfante toute (chose) », 

(7) llyiniic au Ai/ ; (i Apporleur de^ ollrandi^ (Ku). lo gr.iiid des approvisioiiiieiueiil:*, cn-aleur 
de luus les biun;)»; Guiey»se, Recueil de Iruiaux, tir. à part, p. 7, 8 ; Sali. II, pi. is, 1. 3, etc. 



— 56 — 

des jours, des heures et des moments, ce p;)ème passe aux saisons ; 
puis il est question de chacune des saisons; des semailles (/>er) ; 
des moissons {shemou), eX de l'inondation (sha); dans la saison 
qui suit celle de l'inondation, c'est-à-dire celle des semailles, on 
demande d'être protégé contre une maladie, Vaat, dont l'association 
avec une époque de l'année indiqu(;rait le retour périodique. 

Parmi les jours néfastes de l'année égyptienne, on disait, au pre- 
mier mois de la saison sha, vingt-cinquième jour : c< Ne sors pas. . . 
au moment de la tombée de la nuit ; ce jour-là la déesse Sekhet 
sort vers la montagne de l'Orient ». 

Il est dit au deuxième mois de la saison s/^a, quatrième jour : 
« Ne sors de ta maison sur aucun sentier (en) ce (jour), naissance 
quelconque en ce jour, (l'esprit malfaisant) Aaten{l) le tuerait en ce 
jour ». Au jour suivant on disait : « Ne sors de ta maison (sur) 
aucun sentier en ce jour, etc. ». Au troisième mois de la saison s/ia, 
vingtième jour : « S'il y a (une) naissance (en) ce (jour) (l'esprit 
malfaisant de 1') aat-u annuel la tuera. 

Au premier mois de la saison y:)e/', dix-neuvième jour ; « Pertur- 
bations atmosphériques au ciel en ce jour ; mêlés avec lui (les 
germes des) aat-u annuelles abondamment. . .» Au jour suivant on 
disait : « Garde-toi de te promener sur le sol (c'est-à-dire en dehors 
de la maison) au (après le) coucher du soleil » (2). 

De même que dans l'invocation à l'année, on trouve une épidémie, 
Vaat, associée avec la saison des semailles. Mais ce qui est bien dans 
l'esprit et les croyances de ces temps reculés, c'est la personnification 
du fléau, car, pensait-on, les maladies étaient souvent causées par 
des esprits malfaisants ; pour les éloigner on avait recours aux 
incantations, à la magie (3), c'était la déesse Sekhet, ou sa forme 
adoucie, Bast, que les Egyptiens conjuraient dans « sa saison de 
fléau ». 

Cette assimilation était aussi employée métaphoriquement : 

(1) Aalen, substantif, personnification de Vaat, formé par N suffixe. Cf. en hébreu les subs- 
tantifs en an ou ou. Cf. Preiswerk, Gramm. (A™» éd.) § 289. Al. — Pour la place occupée par 
le pronom, voy. mon Etude sur le pronom, lîev. Egypt. V, p. U8. 

<2> Sallier IV. 2, i. — /,, 3 s. — 8, 9. — 14, 9, 15, 1 s. Voy. Chabas, Le Calendrier des jours 
fastes et néfastes, etc. Cf. Maspero, lioin. et poés. p. 29 s., et Contes popul. p. LXIX s. 
(Cf. p. 101). Notons la très curieuse mention S;ill. IV. 17, 1 s. Cf. li, 7 s, etc. 

(3) Voy. PiERRcr, Dict. d'archéol. éyypt., p. 438, et cf. Maspero, Hist. anc. {4>"«éd.) p. 77. etc. 



- f)7 — 

« Ranosès II avait ftiilé aux piods la terre de Klieta, faisant le- 
monceaux (le cadavres, coinuie Sekhet, rôpandant la calamité a la 
suite des aaû-u>^(l). Il est dit d'Aménopliis (KII' dyn.), que a sa 
terreur poursuit les peuples étrangers, comme Sekhet une année 
(ou saison) (Vaêu » (2). Mais des textes bien plus anciens témoi- 
gnent (les ravages de ce fléau ; il est dit dans une pyramide royahî : 
u II soi't (se manifeste) au ciel ; sa bouche se manifeste par la flamme 
de la grande aé-t » ; et encore : « Ati grande du taureau », etc. (3). 

\,e mot ((t ou ffat signifie : V malheur, fléau; 2" impur; 3" champ, 
pâturage, jeune taureau ; T at, rosée (4). Emp|i>yé pour désigner 
une épidémie, ce mot pouvait recevoir comme déterrainatif : soit le 
paquet noué (sign. envelopper, embaumer, maladies); rinmme 
qui se frappe ; un double déterminatif, le bassin (sign. l'eau, le 
fleuve) et l'homme qui se frappe ; ou le lit (sign. repos, mort, 
maladie). 

En résumant les indications fournies par les textes, Vaat 
serait un fléau périodique personnifié par la déesse Sekhet, l'ardeur 
dévorante et funeste du soleil, et les Egyptiens cherchaient à en 
conjurer les atteintes par des moyens magiques. L'enfant né certains 
jours de la saison d<^, l'inondation était une victime désignée de l'esprit 
malfaisant, persjnnification de Vaat. L'épidémie était surt-jut ;i 
redouter la saison suivante, c'est-àslire celle des semailles ; les 
germes de la maladie étaient transmis par l'air, mais paraissent 
avoir été associés avec l'humidité (8). 

On serait djnc porté à croire que la maladie en question était 

(*) stèle d'ibsamiioul. — l.ij mol iici/ie;». ré|iuiulie la terreur. einiilo>é in ,i\,x iHui e>l linii 
significatif à cause «le neshen, phénomène rèleslt; reiloulal)Ie. Voy. Pikuret, Dici. hiérogl. p. 281. 

(3) Le papyr.:s dt; BiTlin, N" I. Voy. .Maspkho. Mtl d'archèol.. IH. p. 76. Cf. Contfi popiil., 
p. loi. L'alliisioii aux -. royiiitéâ de la leire » (cf. Gcn. 36, 31) do lut^me (juc le nom fautif (*) du 
roi seraient, pciil-élri', des inilices de la rédaction de ce papyrus vers la XI.V"" dyDastie(?). 
(Voy. MAsrBiin. Los prem. litr. des Afém. de Sinouhil, p. 2, el Conlea popuL, inlro<i., p. XXIU s.)- 
Notons l'expressiim : " 3fn mémoire (est) (cf. Ec.cl. », 3 cl Ksa. ifl, H) lintvi (/<•) snnctttairr (W\\\- 
jileî Ah, palais du roi, PiKitnKr, Vor. p. iv.) de loin In dicu-v ». Voy. Mél. J'urch. III. p. lan). 
On comprendrait celle expression en É;,'yplc, mais Sanehcl est supposé <Mro en Chanaan ; pciit- 
^tre s'agil-il d'une sorte de />«»i//if"'»H ou hflh-el. ((;f. pourtant OVii. 28.) l'eul-élre Ci-l-co une 
inadvertance du scrihe égyptien. 

(6) Voy. Recueil de travaux, vol . IV. 

(7) Voy. IMKHRRT, loc, hiérogl., p. ii. Cf. Ni. Cf. ata, p. ;ii 

(S) <;f. CiiviiAS, l.a peste, etc. Mélange.^ éii II jtt, (<;f. l'iKioiii. /'<■ ^ /m. /mm,, ■■rif f i>-. ) 
Cf. Ciuu,\s. f.e» pasteurs, p. H a. 



— 58 - 

causée par les émanations miasmatiques que le soleil tirait des 
eaux stagnantes, remplies de mati'^res végétales en décomposition, 
après le retrait des eaux de l'inondation. Vaat serait, alors, la 
maladie bien connue : la malaria (1). 

Tout nous porte à penser que ce fut à la suite des ravages de 
cette épidémie qu'eut lieu la chute de la première d^^nastie des 
anciens Egyptiens (2). Bien des siècles plus tard, l'armée de Senna- 
chérib fut, dit-on, détruite par les émanations miasmatiques du 
Delta. Hérodote et la Bible, chacuii. à sa façon, font mention de 
cette catastrophe (3). mais dans la partie de la Bible relative au 
séjour des Hébreux en Egypte, trjuve-t-on un écho positif des 
ravages de la maladie aat tant redoutée des Égyptiens? 

Il paraît que lorsque les légendes et traditions relatives lu séjour 
en Egypte furent mi>es par écrit, on ne fut pas d'accord ni sur le 
nombre, ni sur la nature de certains désastres qui eurent lieu, 
disait-on, en Egypte peu avant PExode. Les compilateurs du texte 
actuel de la Bible firent un recueil, en les mettant l'une après 
l'autre, de dix plaies (4). 

La cinquièine plaie fut, selon le texte actuel, une maladie, le 
dèbèr, traduit dans la version grecque, dite des Septante, (Exode 9, 3) 
par Tlianatos, mort, et dans la vulgate de saint Jérôme par/)es^is, 
peste (Cf. le targ'um chaldaïque). Cette traduction est conservée 
dans les lexiques de nos jours. 

M. Ghabas(5) a rapproché l'épidémie aat du dèbèr et, d'accord 
avec la traduction reçue pour ce dernier, rend Vaat égyptien par 

(1) Ainsi que le docteur Abbate pacha me l'a fait observer, de même, encore do nos jours, 
après le retrait des eaux de l'inondation, aux mois de septembre et d'octobre, la malaria, le 
(*• . Vs*" des fellahin, se déclare annuellement en Egypte. 

(2) Voy. Manéthon, éd. Unger, p. 79, 

(3) Hérodote, II. Mi. II Rois, 19, 33. 

{',) Pour les plaies d'Egypte, voy. Oii.lmann. ICxodus. p. 62 et suivantes. .Notons : On serait, par 
moments, presque tenté d'assimiler la sixième plaie à Vont égyptienne. — Selon une glose 
(F.xode IX. 31 s.), il semblerait que la septième plaie aurait eu lieu au printemps. Il est probable 
(|ue la saison per fut après l'inondation, au moment de la rédaction du poème, et Je papyrus est 
probablement de l'époque des Ramsès, vers l'époque du renouveilement de la période sothiaque. 
Si les plaies d'Egypte sont des phénomènes naturels, on s'attendrait à en trouver trace parmi les 
jours néfastes de l'année égyptienne. Cf. la curieuse mention Sallier. iv, pl.n. 1. 5 et 6, et la 
niHivième plaie (E.xode X, 21 s.). La' dixième plaie serait-elle un écho de la croyance exprimée 
par le papyrus relative à la naissance, ou plutôt la inorL des enfants? 

(5) Voy. Chabas, La pexle, etc., Mél. éfjyplol. 



— 59 — 

peste. Mais assurément cette maladie fut la malaria ; en était-il 
(le innrne quant au dc.hcrlf 

Au IX'"" chapitre de l'Exode (verset '.^), on lit : « Voici la main de 
Jéhovah (Yaho) sera ontre ton bétail un dèhèr très pesant ». Ici, 
le r/èôcV' est associé avec les animaux, cjmme Vati dins la pyra- 
mide royale. Un peu plus loin (verset 15), on lit : Car si j'avais 
étendu ma main, j'aurais frappé toi et ton peuple avec le '/èôé/' ; 
tu aurais été anéanti de (dessus) la terre ; ici le dèhèr est une 
épidémie. 

Dans le Deutéronome (XKVIII, 21) <>n lit : « Jéli tvah atta- 
chera à toi le dèhèr » ; au verset suivant cette maladie parait être 
décrite, malheureusement le texte hébreux ne semble pas être très 
claire, mais je crois qu'on peut traduire la diagno^e, à l'aide de la 
version grecque et de la vulgate de saint Jérôme, par dét- esse, 
Jîèore, frisson (?), chaleur, air corrompu {?ff). Les deux derniers 
mots dans le texte hébreu ont, selon le Dictionnaire, la signification 
de : l'un, dessèchement 'des végétaux); l'autre, la couleur jaune ou 
blême du visage. On peut avec probabilité y reconnaître la 
malaria (1). 

Selon la Bible, on avait prophéti.é les ravages du dèhèr{T). Ce 
fléau est personnifié (3) ; on croyait m'"'rae avoir vu l'ange extermi- 
nateur (4). 

Ecrire l'histoire de la malaria serait presque écrire celle de l'hu- 
manité. A l'époque préhistorique, la terre, très marécageuse, devait 
avoir été bien propice au\ émanations miasmatiques. Nous pouvons 
le constater ; dès une époque si éloignée que l'aurore de l'histoire 
s'y distingue à peine du crépuscule de la période préhistorique, jus- 
qu'à no.s jours, la malaria a exercé ses ravages. Chez les anciens 
Egyptiens ce fléau fut personnifié par la terrible déesse Sekhet. 

Mais où est-elle, aujourd'hui, ainsi que ses congénères, les 
divinités de l'Egypte, de la ('haldée, de la Grèce et de Rome? Le 
progrès de la rais)ii hurnaim^ les a anéanties. On raconte qu'Apollo- 



(0 Vo>'. l'Bi'PRu, D' l't •nalari'i (iMriS), p. oi s., p. 93 cl suiv.— Des passages lois que Ezéchiel 
\11, 1:1 cl XXMII. 27 ft'rairnl pcnhpr ;( l.i pcslo. 
(1) .I.T. XWIII. H. 
(1) Ihihaciii'. III, ;., cf. l's. \i.i, r.. 
(0 M. Samuel, n. v. l;i ol suiv., rf. i'« ciiion. «1, il «uiv. 



- 60 - 

nius de Tyane fit lapider le démon de la peste ; la science moderne, 
qui a transformé le terrible démon de la malaria en un microbe, 
saura aussi, espérons-le, l'anéantir à son tour. 



\niii'Ti' N'' 3 la séanci- du P"" iivril. 



LE SUIGIDK DE CLEOPATRp: 

AU POIN'I' DK VUK MÉDICAL 



PAR 

I.K Dr ABBATE PACIIA 



Plus OU m tins légendaire — plutôt plus que moins, le sujet s'y 
prêtant beaucoup — l'histoire nous a renseignés sufTisarninent sur 
la fille de Ptolémée Aulète, cette reine Clé jpàtre, la dernière des 
Lagides, dont les amours et les amants ont rehaussé la vie pleine 
de plaisirs, de faste et de malheurs. 

I.a femme, en Orient, n'est pas, à vrai dire, tout à fait charmante, 
mais, assurément, elle est séduisante. Cette légère nuance d'expres- 
sions que je me permets d'insinuer, s'explique, à mon idée, par la 
puissance qu'exerce l'une à l'esprit et à l'imagination, l'autre à 
l'emportement physique des impressions; l'une à l'esthétique idéal, 
l'autre au domaine matériel des sens. 

« d'est ainsi que Clé )pàtre devenait chaque jour l'éternel symlx)le 
de la faiblesse de l'homme devant la puissance de la femme. » 

C'est ainsi que la (ilé>pâtre des poètes, (hv-. légendes, des histo- 
l'iens, est la personnificati >n do la volupté séduisante de la femme 
orgueilleuse et altière, forte de sa beauté spéciale d'enchanteresse 
dangereuse. 

Cette force de séduction, puisée dans sa coquetterie grecque et 
égyptienn(î, lui fît cepen<lant complètement dél'iiut lorsque, visitée 
par Octave, le maître do la reine d'Alex.andrio, ollo chorchail à 
vaincre la froideur du conquérant omuKî elle avait captivé (iésar 
et asservi Antoine. A ses .soupirs, h ses pleurs, à ses gémissements, 
l'empereur romain ne répondait rien, et évitant même de la regar- 



y 



— 62 - 

der, il tenait les yeux fixés à terre. Glacée par l'impassibilité de cet 
homme qui, sans être aucunement ému de ses charmes, de ses tour- 
ments, de ses malheurs, discutait avec elle, l'enchanteresse, cimnie 
un magistrat instructeur avide de justice et de répression, Gléopàtre 
comprit qu'elle n'avait aucun intérêt, aucune pitié à espérer. La 
mort qu'elle avait souhaitée sur le tombeau d'Antoine, lui appa- 
raissait de nouveau C3mrae la suprême libératrice; elle répétait à 
cet instant de désespoir l'expression « où thriamveosi.jnai y> je ne 
servirai pas au triomphe d'Octave, au lieu de servir à une pompe 
fatale, dans cette Rome où elle avait passé les plus heureux jours 
de son bjnlieur, de son faste, de sa beauté. 

Dès lors, sa résolution fut arrêtée. Quelques jjurs après cette 
entrevue, vêtue de ses plus beaux atours, coiffée avec recherche, 
la couronne royale sur la tête, Gléopàtre prit place à la table d'un 
repas magnifique qu'elle avait ommmdé. Un paysan entra, por- 
tant un panier de figues. Gléopàtre prit le panier, fit porter à 
Octave une lett.-e qu'elle avait écrite le matin pour lui, et resta 
seule avec Iras et Ghadnion. Elle ouvrit le panier et écarta les 
fruits. Elle espérait être piquée à l'improviste, mais le reptile dor- 
mait. Le voilà donc, s'écria-t-elle, et elle se mit à l'exciter avec une 
épingle d'or. L'aspic la piqua au bras. 

Voilà ce que rac entent la légende et l'histoire sur sa mort qui 
eut lieu le 21 mes)ri, 15 août de l'an 30 avant J.-G. 

Mais ce point Je l'histoire est tant soit peu incertain ; dans ces 
tristes moments, personne ne pouvait être présent pour l'affirnier. 
en dehors de Ghadnion et d'Iras, ses femmes fidèles, mortes aussi 
en même temps que leur reine et maîtresse. 

Tous les grands historiens, tous les poètes de l'antiquité et des 
temps modernes, de Tite-Live, Suétone, Plutarque, Dion, Horace, 
jusqu'au Dante, à l'Arioste, Shakespeare, Alfieri, tous, plus ou 
moins, nous ont révélé le caractère étrange, cette puissance de 
charmes et de volonté qui dominaient .souverainement dans la 
figure de Gléopàtre. Le livre récent d'Henri Houssaye est la 
meilleure et la plus orrecte rédaction des livres antérieurs (1;. 

(1) X'eii déplaise A mon ;iini le professeur Bolli, d'Ale>i:aiidrie. Dans sa charmante communi- 
cd.\:utn{i\\\.c aVa i<onélé lie la jrnnrsiteilali^nnr, Cléoimlra nrlla Irmlisione romana, avec une 
verve cL une élépincc de plirascs. il s'clforcc de dcmnnirer les bonnes qnaiitùs morales de la 
fille des Lagidcs en renlouranl d'une auréole séduisante qui n'est pas absolument conforme à la 
tradition, mais qui est le propre d'un esprit chevaleresque et romantique. 



— 63 — 

TiHit en rvconn.ii.-isant aux pa^^es admirahles dt; Ilous-say»; le 
caractère de sérieux récits d'un liistorieu lidèle, je trouve inutile, 
pour le but que je vise spécialement, de relater tout ce qui se rap- 
porte aux causes qui ont amené (^léopàtre à se donner volon- 
tairement la inoi't. 

Je terminerai sur ce point de riiistoire par les mots sévères, mais 
assurément très justes, dont Henri Houssaye a terminé son livre en 
juin 1889: 

«... Elle (Clé)pàtre) vécut pjur l'amour, le faste et la superbe. 
Aussi, quand elle vit son amant tué, -a beauté flétrie, ses richesses 
perdues et sa cour.ni.ie brisée, trouva-t-elle devant la mort le mâle 
courage qui lui avait manqué pendant la vie. Non, Gléopàtre ne fut 
pas une grande reine. Sans sa liaison avec César et avec Antoine 
elle serait aussi oubliée qu'Arsinoë ou Bérénice. Si elle a une 
imm )rtelle renommée, c'< st qu'elle est l'héroïne du plus dramatique 
roman d'amour de l'antiquité. 5 



De qiioi et omment (Gléopàtre est-elle morte, ou, pour mieux 
dire, quel genre de mort la reine a-t-elle choisi p^ur échapper aux 
conséquences de sa t -rrible situation, désespérée de toutes res- 
sources? 

.le l'ai dit en passant, tout à l'heure, dans les lignes précédentes, 
voilà le point où l'histoire est tout à fait incertaine 

Il est presque aussi rare de rencontrer dans une «ouvre d'érudi- 
tion la couleur de la vérité, que la gaité dans le roman, ou le 
naturel dans la poésie. Le nombre des hommes qui. pensent, sentent 
et agissent est restreint. Bien peu vivent de la vie du présent : 
moins encore peuvent-ils vivre de la vie du passé. Et c'est cette 
cause qui fait que tout se répète dans l'histoire, sans trop se soucier, 
au f (ud, de la vérité. Tous ou le plus grand n >mbre, lorsqu'il s'agit 
d'esquiver les discussions trop délicates ou trop ardues, s'abritent 
derrière l'expression spirituelle de Platon qui, dans les embarras de 
la dialectique, répétait : « Ce sera joour une autre fois ». 

Mais la critique, comme tout ce qui lient ;i la vie intellectuelle cl 
morale, a passi'; de nos j uirs par de singulièfes i-("'V(oliilions. I/.>-prit 
C!'itique est devenu le iv^ssort, f)r(^si(ue le moteur unique, du monde 



— 64 — 

contemporain. II pénètre partout, il en\rahit tout; des sciences 
exactes, il passe à la religion comme à la philosophie ; il s'applique 
à rimpalpable et à l'inconnu, comme aux éléments les plus subal- 
ternes et les plus positifs ; il entre en maître dans l'histoire et il 
supplée presque à l'imagination défaillante. 

Habitués à 1 "observation et à la réflexion, h tout interroger, à tout 
scruter, à tout expliquer, nous nous demandons encore quel genre 
de mort s'est donné Gléopàtre pour se délivrer de tous les malheurs 
qui l'entouraient, genre de mort le moins atroce pour une femme, 
le plus sûr et le plus rapide en même temps. 

Il nous faut d'abord écarter la légende du panier de figues. Je ne 
parlerai pas de la difficulté, voire de l'impossibilité de pénétrer chez 
la reine captive, surveillée par des gardes et des hommes jouissant 
de la haute confiance de l'empereur romain; mais les aspics ne sont 
pas, spécialement à Alexandrie, très facile à trouver, à une 
demande et à un moment donnés. En admettant même que le 
désir de Gléopàtre aurait pu être satisfait, et les aspics introduits 
chez elle, elle se serait servie de ces reptiles hideux et horribles 
pour se faire piquer, en s'exposant à un insuccès possible, à des 
manœuvres et perte d'un temps qui n'était plus à elle, elle qui cher- 
chait le moyen d'agir avec toute certitude, le plus vite possible. 

La tradition, sur ce point, ajoute que la reine a irrité l'aspic avec 
une épingle d'or pour le stimuler à la mordre. 
■ C'est cette épingle qui entre en doute, chez Plutarque et Dion, 
comme une des causes de la mort par le poison que s'est inoculé 
Cléopâlre en se piquant au bras gauche. La reine portait dans sa 
chevelure, ainsi que toutes les femmes de l'époque, une épingle qui 
ne pouvait pas être suspecte aux gardes d'Octave, Proculeius et 
Gallus, qui avaient des ordres rigoureux. Dans la rainure de cette 
épingle, pouvait bien se trouver le poison des aspics qu'elle gardait 
toujours pour les suprêmes moments de la vie. On connaissait à 
Alexandrie que Gléopàtre avait assisté, avec une curiosité plus dou- 
loureuse encore que cruelle, à la mort de plusieurs condamnés 
qu'on tirait de la geôle pour essayer sur eux les effets des poisons 
Les expériences se répétaient souvent, car la reine ne pouvait 
trouver le poison qu'elle rêvait, le poison qui foudroie sans secousses 
et sans souffrances. Elle remarquait que les toxiques violents 
tuaient vite, mais avec une terrible agonie des patients. 



— 65 — 

Elle sa rappelait les faiiieuK jK)isons (le^- laiiri<M's di; IJythinie, 
dont elle avait asjiergé les roses dans le vin du conviv(f rl'Antoiiie, 
avant la bataille d'Actium, et dont la coupe fut vidée par un 
esclave qui en mourut en quelques instants Mais elle songea 
plutôt aux picjûres des serpents. Après <le nouveaux essais, elle 
avait reconnu que le venin d'une vipère, nommée aspic par les 
Grecs, ne causait ni convulsi)n, ni aucune sensation pénible, et 
amenait, par l'assoupissement de plus en plus profond, une mort 
douce, semblable au sommeil (Plutarque, Babisius). Elle s'était 
donc pourvue à temps de ce pjison, et il est bien naturel qu'elle 
pouvait bien le porter toujours dans une épingle creuse cachée ou 
non au milieu de sa magnifique chevelure. 

Quel soupçon pouvait-elle causer ainsi à la vigilance stricte qui 
l'entourait ? 

Toute difïiculté, toute impossibilité de trouver une vipère libéra- 
trice était ainsi écartée. La plus pr diable des deux versions est donc 
celle de la piqûre de l'épingle, et de l'inoculation du venin d'aspic 
qui s'y trouvait depuis quelques jours, ou plusieurs même, dans la 
rainure. 

Le célèbre Morgagni, dans s )n œuvre iinm jrtelle, en parlant lon- 
guement dans le livre IV, lettre LIX, des maladies produites par 
emp)isoQnement, discute, dans un chapitre spécial, avec Lancisi, 
archiàtre de Rome, sur la mort de Cléopâtre, et tout en s'ap- 
puyant sur la grande facilité de trouver en Egypte des vipères, se 
range à l'opinion de la mjriure p)5sible du serpent. Mais le grand 
savant, connaissant et suivant de près tous les récits de la tradition, 
et ne se faisant aucun doute sur la grande difficulté de trouver des 
vipères à tout moment, néglige d'approfondir la question; il lui 
suffit d'avoir expliqué, à son point do vue, d'après les expériences 
de Redi et de Fontana, que le poison des vipères est rapide et pour 
ainsi dire foudroyant. 

Du reste, la tradition du .serpent, et non de son venin dans 
l'épingle, a été en cours dans l'histoire. Octave adopta cette croyance 
populaire, et l'on vit à son triomphe à Rome une statue de Cléo- 
pâtre, le &ra.s <?/^^o/t/J ^/'w//' as/j/r. Ce mythe ()rienlal du serpent 
existe dans les plus vieilles traditions de l'Asie et de l'Egypte. 
L'iireus n'ornait-il pas le front des rois égyptiens ainsi qu'en 



— 66 - 

étciit surmonté le diadème de Gléopâtre ? L'esprit du temps, la 
croyance du peuple qui connaissait les expériences préalables de la 
reine sur les esclaves, avec les serpents, firent adopter une version 
sur sa mort, qui étonna le monde par sa rapidité comme par son 
dénouement imprévu. 

Réfléchissons un moment aux effets et aux phénomènes qui se 
présentent après la fine morsure ou piqûre du poison des vipères. 

Parmi les animaux les plus venimeux et les plus à craindre, est 
la Naja Naje. La Naja, Ara ou Urauj, ou Ureus, ou Aspic des 
anciens, est le Nascher des Arabes. Du temps de Galénus elle était 
employée à Alexandrie comme moyen de supplice pour les malfai- 
teurs. 

Elle se trouve dans toute l'Egypte, spécialement dans les champs, 
sur les rives du Nil. Les anciens psylles, les jongleurs égyptiens. 
gesticulatores catriensi, ainsi appelés par Forskal, ont été décrits 
depuis par Strabon et Prosper Alpin, comme les plus habiles a 
manier les vipères, à les rendre dociles et même cataleptiques par 
la pression qu'ils exercent sur la nuque, après en avoir préalable- 
ment arraché la dent contenant- le venin. Sur ce poison et sa 
manière d'agir, pour ceux qui s'intéressent à ce genre 
d'étude, je renvoie à la lecture du savant mémoire de Pancieri, 
professeur d'anatomie comparée à Naples, dont les expériences 
exécutées en Egypte sur la Naja, et auxquelles plusieurs fois j'ai 
eu l'intérêt d'assister, sont relatées consciencieusement et traitées 
en maître. De ces expériences il résulte que le poison de la vipère, 
recueilli de ses glandules dans un tube capillaire et même dans 
une cavité tubulaire quelconque, se maintient comme liquide géla- 
tineux pendant assez longtemps, même en laissant le tube ouvert, 
et que son action ne manquera pas d'être mortelle encore après 
trente jours. 

D'abord, avec du poison de la naja egijptiaca, les petits mammi- 
fères sont presque foudroyés. Les carnassiers, à cause de leur 
vigueur, offrent plus de résistance. Dans un gros chien, une goutte 
du poison provoque un malaise et des vomissements; avec trois 
gouttes, symptômes graves de prostration, respiration difficile, 
vomissements. Avec huit gouttes, c'est-à-dire le contenu de deux 
glandes d'une naja, le chien meurt au bout d'un quart d'heure. 



- 67 - 

Les expériences sur riiomme sont très rares. Bellen^'er et 
Fayrer, dans l'Inde, ont pu les suivre sur des individus mordus par 
cette espèce de serpent ; ils nous ont relaté des faits et des investi- 
gations très intéressants, tant au point de vue de l'expérience, 
comme aussi sur les faits anatomiques et la composition chimique 
de la naja. 

Par le poison de la naja, ainsi que l'a observé Bernard, dans ses 
célèbres expériences sur le curare, on constate toujours, de prime 
abord, la paralysie des membres et une augmentation considérable 
des pulsations du cœur, ce qui démontre que l'action mode" 
ratrice du nerf vague a cessé, et, simultanément, que les ganglions 
excitateurs intracardiaques sont stimulés. 

En second lieu, la paralysie se répand aux muscles respiratoires, 
et, alors, il y a cessation complète de la respiration. 

Il résulte de telles expériences que la mort par le poison de la 
vipère est rapide, sans souffrances appréciables, et que, parmi tous 
les exemples choisis, Gléopàtre a dû le préférer aux auti'es subs- 
tances qui étaient en cours. 

Quant à la tradition qui fait répéter aussi que Giéopâtre se servit 
du poison pendant le repas ou après un banquet succulent, il ne 
faut pas s'y arrêter davantage. Une seule chose nous sullit pour la 
repousser : on sait par les expériences, chose, du reste, qui était 
connue par les anciens et par les investigations scrupuleuses de 
Claude Bernard, que les poisons, spécialement celui de la vipère ou 
du curare, n'exercent pas une grande action sur les individus qui 
se sont nourris en abondance, tandis que, à jeun, leur effet est 
plus rapidement fatal et moins douloureux. 

Dans le suicide de Gléopàtre, nous devons admettre que les causes 
qui l'y déterminèrent n'étaient pas de nature à l'amuser par un 
repas plus ou moins succulent et à lui faire perdre son temps dans 
l'oubli d'elle-même. Elle était dans un état d'excitation mentale 
étrange, dégoûtée de la vie et de tout ce qui en fait la délectation. 

Iras, la fidèle, expira en même temps que sa maîtresse, et selon 
toute probabilité s'est piquée avec la nu''me ou une autre épingle 
qu'on tenait préparée. Ghadmion, selon la tradition, eut le temp.;, 
avant de mourir elle aussi, de dire un ou deux mots qui sont rap- 
portés par l'histoire. Quoique sceptique sur plusieurs points de 



— 68 - 

cette tradition, il me sera néanmoins facile d'admettre cette parti- 
cularité, qui semblerait à d'autres, et de prime abord, très invrai- 
semblable pour un mourant. 

Nous avons vu que la mort par le poison de la vipère n'est pas 
l'effet d'un trouble cérébral immédiat et primitif, mais, au con- 
traire, qu'il a lieu par le système ganglionnaire, et du côté thora- 
cique par l'arrêt de la respiration. Tout en s'affaissant sur elle- 
même, Ghadmion, dont les facultés, intellectuelles n'étaient pas 
encore éteintes, aurait pu dire aux survenants : « Voilà comment 
meurt une reine, issue de tant de rois ! » 



P. S. — Peu de jours après la lecture de cette communication à 
rinstitut, on me soumet un mémoire très rare, paraît-il, portant 
ce titre : 

PEINTURE GRECQUE ANCIENNE A L'ENCAUSTIQUE, SUR ARDOISE 

HEl'UKSENTAXT 

LA REINE GLÉOPATRE SE DONNANT LA MORT 

AU MOYEN DU SERPENT AFRICAIN LA NAJA 

Découverte en 1818 dans une cella du temple du dieu égyptien Sérapis. 

(Ruines de la villa de l'empereur Adrien, sous Tivoli, prooince de Rom*'.) 

Paris, iuipriinerie Jules Deloruie, 52, rue de Provence, 1889. 

Je donne expressément toutes ces indications pour ceux qui vou- 
draient s'intéresser à la partie artistique du sujet traité. 

D'après mon opinion, et je n'hésite pas un instant à la publier, le 
but visé par cette brochure n'aboutirait qu'à une fameuse mystifi- 
cation, à un humbug à l'américaine, qu'on me pardonne le mot, 
auquel ont contribué^ à leur insu sans doute, des hommes de mérite, 
voire même des savants éminents. 

L'illustre docteur R, Schoëner, dans plusieurs numéros de 
VAllgemeine Zeitung, en 1882, a développé sur ce sujet un asî^ez 
docte appendice. Tous se sont efforcés de rehausser la beauté et la 
rareté inappréciable de ce tableau, dont l'heureux posses.seur est le 
baron de Benneval, Français, grand amateur de choses d'art, et 
propriétaire d'une villa à Piano di Sorrento, près de Naples, oii les 
voyageurs sont gracieusement admis à l'admirer. 



— (39 — 

Au point (le vue critique, on est d'abord frappé, en regardant 
cette peinture, de la physionomie tout à fait raphaoiesque de la 
reine Gléopàtre, chose qui est en désac jrd avec la tradition, avec 
les origines de cette femme, le milieu dans lequel elle a vécu, et 
avec les médailles de l'époque PtolémaVqua. Le docteur Schoiiner 
môme ajoute quelque part : « Les truiis de cette grande cclébrité 
ne sont pas beaux; sans doute moins jolis qu'ils étaient en réalité, 
bien que nous sachions par PI utarque que sa bea uté n'était pas de pre- 
mier ordre et que ses attraits consistaient notamment dans l'union de 
formes pl( Usantes avec des qualités d'esprit. » Plutarque, du reste, 
ajoute que « la beauté de Gléopàtre n'avait rien de si incomparable 
qu'elle provoquât l'admiration ; mais, par le charme de sa physio- 
nomie, la grâce de toute sa personne, l'attrait de son intimité, 
Gléopàtre laissait un aiguillon dans l'àme». Gléopàtre n'avait pas la 
beauté idéale et pur<% elle avait la fascination, la suprême séduc- 
tion. — Voilà donc le vrai portrait. 

Sur l'iconographie de Glé )pàtre, je renvoie le lecteur à l'appen- 
dice IV du livre d'Henri Houssaye, oii sont consignés les meilleurs 
et les plus récents travaux sur le sujet, au point de vue de la plas- 
tique et de la numismatique se reportant aux images les plus 
authentiques de cette époque et contemporaines même. 

Je ne dirai rien de la chevelure, de l'étrange coiffure royale, des 
bijoux qui n'ont rien de cette époque, et encore moins d'une reine 
qui, bien que d'origine pt )lémaïque, était néanmoins très orientale 
et très égyptienne. 

Quant au reptile qui est sensé avoir mordu le sein de Gléopàtre, 
il est complètement fantaisiste et comme forme et comme couleur. 

J'ajouterai encore deux mots relativement h la focilité sans con- 
trôle qu'on rencontre souvent à répéter les mêmes erreurs chez 
les historiens, des romanciers plutôt, et certains hommes d'esprit. 

Alexandre Dumas père, dans son livre Sur les Serpents, oîi il y 
quelque érudition mêlée à beaucoup d'erreurs, s'exprime ainsi : 
« Un d'eux (les serpents du Delta) est connu pour la rapidité avec 
laquelle il donne la mort. Aujourd'hui on l'appelle la vipère des 
Pyranàde-<. On l'appelait alors Vaspic ». Vers la fin du livre on y 
lit : « M. Ferdinand de Lesseps me racontait hier que, parmi les 
hommes qui travaillent à l'istiime de Suez, deux ont été mordus par 
l'Aspic cornu, par la riper MleGléopàti-e. . . » 



- 70 — 

Les savants feront à ces contradictions et à ces confusions, la part 
qu'elles méritent. 

L'illustre auteur des Trois Mousquet ailles, ainsi que M. de 
Lesseps, n'était pas un naturaliste, un savant ; c'était un homme de 
cœur et d'esprit, pour lequel le laboratoire avait encore des secrets; 
mais ce qui a lieu de nous étonner, c'est que des hommes d'une 
réelle valeur scientifique aient traité avec la plus grande insou- 
ciance et la plus énorme légèreté des faits] qui ne doivent pas 
appartenir au domaine de l'imagination. 



— 7i — 



LISTK 



0UVKAC4ES RI-XjUS PAR L'INSTITUT EC4YPTIEN 

PENDANT LE MOIS DE MARS 1892 



EGYPTE 



Journal Officiel, «lu ii" 29 au ii° 42. 

Mo/iiteiirdu Cuire, du ii° 1,U6I au ii° 1,072. 

Telegruplioa, du ii° 2,545 au ii" 2,5TU (moins le ii'>2,57U). 

L'Agriculture, du ii° 33 au u" 38 (moins les ii°s 34 et 37). 

Héceil éyi/ptien, n"* 3 eL 4. 

Il Tclcscopio, nos 1 et 2. 

Cours de procédure, 2 vol. 

M. Ma.v dk Zooheb. — L'K(/ifpfe ancienne. 

S. E. LE Dr Hassan pvciia Mahmocd. — Manuel île pat/ioloi/ie interne. 

ALLEMAGNE 

ACADKMir. LÉopoLDiNK. — Vcr/tandluni/eu., vol. 50 et 56; Catalo'jue de la 
Bibiiot/ièque, iase. 3. 

AUTRICHE 

Uhskrvatoiki: mahitim-: pe Tuiesti:. — Rapport annuel do 1SS9. 

ESPAGNE 

\(AiiiMii n()v\i.i- m. i.'msKiiKi . - \()I. L'd, liv. 2 l'i ;■!, 

FRANCE 

Annales ludu.-Hnellea, 1892. ler scni.. livr. Sa 12. 

Biblio(jruplne de la France, 1892. n»* 9 à 12. 

Echo pnh/ijlotte, t8!)9, n°s 4 à 6. 

Facultk Diis Li.TiREs Dic PolTiKKs. — liiillctin, 1892. février. 

Feuille des jeunes naturalistes, n° 257; Catalogue de la Bibliotli. fasc U, 

Moniteur industriel, 18!<2. du n° 7 au n° 12. 

PHAHMACII. Cl.NTltAI.I. UK l RANCK. — Joumuu.V /('«rti.s', 11^45, 



60CIKTÉ d'kxcouragf.ment polh l'indlsdhii: xatioxale. — Résumés, 12,26 

lévrier, tl mars 1892. 
SociiiTÉ DE GÉOGRAPHIE DE Paris. — Coiii.ptes rciidus, 1892, n°s 3 à 5. 
Société de géographie de Tours. — Revue, février 1892. 
Société des ingénieurs civils. — Mémoires, janvier 1892; Résumés, 1892, 

19 février, 4 mars. 
M. Antoine d'Abadie. — La fluctuation des latitudes terrestres. 

ITALIE 

AcADÉ.MiE DES LiNCŒi. — CuDiptes vciulus ; Scieiiccs mathématiques, physi- 
ques et naturelles, sér. 5, vol. 1, fasc. 1 à 4; Sciences morales, hisioriques 
etphilolo'jiques, 2'"e part., Fouilles, sér. 4, vol 9, nov. 1891. 

Comité géologiule d'Italie. — Bulletin, vol. 22, n°s i ;\ 4. 

Société italienne de géographie. — Sér. IV, vol. V, fasc. 

MEXIQUE 

Société sciENTiFigUE Antonio Alzate. — Mémoires, vol. 5 fasc. 3 et 4. 

RUSSIE 

Société des naturalistes de Ku.\y. — Mémoir-es, vol. 10, liv. 3 et 4 ; Vol, 11, 

liv. 1 et 2. 
Société des naturalistes de la nouvelle Russie (Odessa). — Traoauv ; 

Section, mathémat., vol. 12, 1892; Section des sciences nat. vol. 16, p. 2. 

SUISSE 

Société de géographie de Genève. — Le Globe, S^ie sér., vol. 3, 11° 1. 



SEANCE IJU MAI KSλ2 



Présidence de S. 1']. AiiiiAiF. I'ACHa , n'cc-p/rsidcid. 



La séance est ouverte à li heures. 

Sont présents : 

D"" Abbate pacfia ) . 

r^r . r ■ ^ l'^ice-ureaidenls. 

Gémirai. Lahmkk pacha ) 

MM. Gavillot, secrélaùe général. 

PiOT, secrétaire annuel, 

SlCKENBERGER, ) , - -, , 

V membres resulanls. 
Ventre bey, ) 

MM. Le Grklm:, procureur général près les Tribunaux 
indigènes; Gope Winri:iiousE, W.alter Fœjibling, R. Four- 
tau, ingénieur des Chemins de fer égyptiens, et William 
Groff assistent à la séance. 

La lecture du procès-verbal de la séance d'avril est 
renvoyée à la réunion du mois de juin. 

M. le D' Abbate pacha présente les excuses de M. \V. 
Abbate, retenu chez lui pour cause de maladie. 

La correspondance comprend, en outre des publications 
périodiques reçues pendant le mois d'avril et dont la liste 
est imprimée à la suite de ce procès-verbal : 

1" Une lettre de M. Grébaut répondant ù l'a\ is (jui lui a 



— 74 - 

été demandé sur deux dictionnaires hiéroglyphiques, l'un 
publié à Bruxelles et l'autre à Turin : 

2" Une lettre de M. J. Fournier-Lefort, conservateur 
provisoire de la Bibliothèque Municipale d'Alexanrie, 
demandant les publications de l'Institut et les ouvrages en 
double dont on pourrait disposer au profit de la nouvelle 
Bibliothèque en formation à Alexandrie. 

3° Une lettre de S. E. le Ministre des Travaux publics 
transmettant un exemplaire de la carte de Minieh dressée 
par les ingénieurs de son Ministère et éditée par l'Impri- 
merie Nationale de Boulaq : 

4° Des circulaires et renseignements relatifs au Congrès 
des ingénieurs et architectes réuni récemment à Palerme. 

M. LE PRÉSIDENT déclarc qu'il sera tenu compte de l'avis 
de M. Grébaut; que la demande de M. J. Fournier-Lefort 
sera ultérieurement examinée par le Bureau de l'Institut 
et invite M. le secrétaire général à adresser des remercie- 
ments à S. E. Zéki pacha, pour l'exemplaire de la carte de 
Minieh, dont le Ministre a bien voulu disposer pour notre 
bibliothèque. 

M. Gavilloï, au nom de M. Grébaut, dépose sur le Bu- 
reau un exemplaire d'une publication extraite des anna- 
les de la Société d'archéologie de Bruxelles, et intitulée Le 
Sphijnx de Gizeli, et les travaux de M. Grébaut, par le. baron 
Hippolyte de Royer de Dour, dont M. Grébaut fait hom- 
mage à l'Institut. 

M. PiOT. — J'ai l'honneur de déposer sur le bureau de 
l'Institut, de la part de M. le D^ Calmette, médecin de 
première classe du corps de santé militaire des colonies, 



— 75 — 

directeur do. rinstitiit bactériologique de Saigon, deux 
brochures dont il est l'auteur et qu'il veut bien ofirir à la 
bibliothèque de notre Société. 

L'un des ouvrages a trait à t'onjanisalion et au fondionne- 
ment de r Institut de raccine animale créé à Sai(jon en IHOi. 

Dans cette notice, extraite des Archives de médecine navale 
et coloniale de France, l'auteur, qui fut chargé officiellement 
d'installer un Institut vaccinogène destiné à alimenter 
toute l'Indo-Cbine française, montre l'intc'îrèt considéra- 
ble qui s'attachait à la création d'un établissement de ce 
genre dans une contrée où les médecins du service colo- 
nial ne pratiquent annuellement pas moins de 120,000 
vaccinations, où le vaccin de bras à bras s'atténue rapi- 
dement et où les dangers de contamination de la syphilis 
et de la lèpre, deux maladies extrêmement communes en 
Gochinchine, sont loin d'être imaginaires. 

Grâce à son zèle, à son habileté et à la connaissance 
rapidement acquise des hommes et des choses d'Extrême- 
Orient, le D"" Calmette surmonta toutes les difficultés 
qu'une pareille innovation ne pouvait manquer de soule- 
ver. Actuellement, le service de vaccination est en pleine 
prospérité, non seulement en Gochinchine, mais encore 
au Tonkin, à Hong-Kong, à Batavia, à Manille et à Singa- 
pour, qui sont tributaires de l'établissement de Saigon. 

La proportion des vaccinés avec succès, dans ces diffé- 
rents centres, s'est élevée jusqu'à 97 *"/„. 

C'est, comme on le voit, un résultat dos plus encou- 
rageants et qui ne laisse, ainsi que le dit très justement 
l'auteur, que peu de progrès à réaliser. 

Je prie mes honorables collègues de l'Institut de vouloir 
bien se rappeler qu'à la séance de décembre dernier, 
j'avais demandé la création d'un établissement similaire 



— 76 — 

pour l'Egypte, où les conditions sont beaucoup plus favo- 
rables qu'en Gochinchine pour une institution de ce 
genre. Les admirables résultats obtenus parle D'"Galmette 
viennent donc fournir un excellent appoint aux raisons 
que j'invoquais en faveur de ma proposition. 

Le second travail dont l'auteur fait hommage à l'Ins- 
titut est déjà connu de notre Société, grâce aux nombreux 
emprunts que je me permis d'y faire en traitant devant 
vous dans notre séance de mars dernier, de la nécessité 
d'établir en Egypte un Institut de vaccination contre la 
rage. Ce travail a pour titre : Notes sur la rage en Indo- 
Chine et les vaccinations antirabiques pratiquées à Saigon du 
45 avril au 4^^ août 1894. 

L'auteur commence par établir dans son mémoire l'exis- 
tence de la rage dans l'Extrême-Orient et sa recrudescence 
inquiétante depuis ces dix dernières années. Je crois avoir 
démontré surabondamment que ces conclusions s'appli- 
quent également à toute l'Egypte. 

La dénomination de chiens- fous, par laquelle on désigne 
le chien atteint de rage, en Gochinchine, en Annam et au 
Tonkin correspond aussi très exactement à l'expression 
de Kelb sârane, Kelb maghnoûne que j'ai souvent entendu 
donner au chien enragé par les indigènes, en Egypte 

Dans ma dernière communication à l'Institut, j'ai 
rappelé par quelle simplicité de moyens M. le D'^ Galmettc 
avait réussi à établir à Saïgon un service de vaccination 
antirabique et l'efficacité absolue de la méthode Pasteur 
entre ses mains ; il ne me reste plus qu'à exprimer le vœu 
de voir, à bref délai, cette admirable méthode s'implanter 
en Egypte. Si, comme je me plais à le croire, ce résultai 
vient à être acquis dans ce pays, ce sera, sans doute, en 



— 77 - 

suivant les indications (jiio M. le D"^ Galmetto nous donne 
dans son remarquable travail. 

Je propose donc de déposer honorablement les deux 
brochures de M. le D' Calmetle dans nos archives, de le 
remercier de son aimable envoi et de l'inscrire sur la liste 
des candidats au titre de membre correspondant de notre 
Société. 

M. LE D*' AiJBVTE PACHA appuic ces conclusions qui sont 
acceptées à l'unanimité par l'Assemblée. 

La parole est ensuite donnée à M. Ventre bey pour sa 
communication intitulée Essai sur les Calendriers Egyptiens. 

(Voir annexe n° 1). 

M. LK Président remercie M. Ventre bey et lui demande 
s'il a une opinion sur la raison qui a fait mentionner aux 
éphémérides du calendrier copte l'époque de l'étiage de 
l'Euphrate et le Nehrouz Suitani, alors qu'on n'y trouve 
aucune mention relative au Tigre, et s'il pourrait expli- 
quer pour({uoi le calendrier arménien, sans parler ni 
de l'Euphrate ni du Tigre, mentionne l'époque de la 
Noda du Nil. 

M. Ventre bey répond qu'à son avis, le calendrier 
copte n'étant que d'une ancienneté fort relative, la men- 
tion de l'Euphrate et du Nehrouz Suitani peut être un 
reste des traditions laissées en Egypte par l'invasion 
persane, et en ce qui regarde le calendrier arménien, 
l'indication relatée à dû ètro augmentée avec beaucoup 
d'autres se rapi>ortant au lemi)s et aux mois, aux calen- 
driers égyptiens. 



— 78 — 

M. R. FouRTAu est invité ensuite, par M. le Président, à 
faire sa lecture sur Les minéraux de la région de Kosse'ir, et 
Les carrières de Syout. (Voir annexe n° 2.) 

Après les remerciements d'usage formulés par M. le 
Président au nom de l'Institut, M. Sickenberger présente 
les observations suivantes : 



Les échantillons de minéraux rapportés par la Commission d'études 
de la ligne Kéneh-Kosseir sont d'un intérêt tout spécial. M.Willcocks 
et moi avons pu constater, dans notre exploration géologique d'une 
partie de la Haute-Égjpte, que les débris des roches de la chaîne 
granito-syénique d'Assouan ne se trouvent dans la vallée du Nil, 
que sur l'étendue qu'atteint encore aujourd'hui la crue. Entre 
Gebel Ga'rah et Esneh, du côté ouest, il y a des débris de toute autre 
qualité. Jusqu'à une hauteur d'environ 30 mètres au-dessus du 
niveau de la crue, les galets ont le même caractère à l'ouest 
qu'à l'est et appartiennent à des roches identiques à ce les que la 
commission a constaté entre Kéueh et Kosseir, dont M. Fourtau 
nous a donné aujourd'hui la description petrographique, et qui 
correspondent aux échantillons recueillis dans le temps par 
M. Schweinfurth au Gebel Donhan. Gela prouve que la plaine 
sablonneuse, légèrement inclinée de l'est à l'ouest, qui s'étend aux 
deux côtés du Nil dans ces parages, existait déjà avant que le iSil 
n'eût franchi la barrière d'Assouan. Sur cette plaine descen- 
daient les débris de roches de la chaîne Cristalline qui longe la mer 
Rouge, vers l'ouest, mis en mouvement et transportés par l'eflet 
de rérosion. Ces galets n'étaient pas interceptés par le Nil dans 
leur marche vers le Sahara. On sait, depuis les recherches de 
Schweinfurth, de Zittel et d'autres, qu'il n'y a pas de dépôt de 
limon du Nil dans les oasis du nord. On n'en trouve pas non plus 
dans les oasis le plus au sud, Qourkom et Donngoul, comme 
M. Willcocks a pu le constater. Aussi ces dernières oasis, par 
lesquelles on avait présumé le déversement du Nil dans les oasis 
du nord, sont placées plus de 200 mètres au-dessus du niveau de 
la mer, tandis que la hauteur d'Assouan ne dépasse pas 100 mètres. 



— 79 — 

Donc, l'idée sérlaisante que lo Nil aurait passé à l'ouest de son 
cours actuel par la dépression des grandes oasis avant qu'il n'eut 
franchi les cataractes, est définitivement ii écarter. Il ne reste que 
la présomption qu'il s'est déversé, dans ce temps, à l'est vers la mer 
Rouge, à un point au sud d'Assouan ou de Wadî-lialfa, si on ne 
veut pas admettre l'hypothèse qu'il ae dirigeait de plus haut encore 
vers le lac Tchad. Cette dernière opinion trouve un appui dans la 
circonstance que la flore de cette partie du Soudan a un grand 
nombre d'espèces aquatiques identiques à des espèces de la région 
du haut Nil . 

Pour ces raisons phytéogéographiques, je suis obligé de me 
ranger du côté de cette opinion tant qu'on n'aura pas retrouvé des 
traces de l'ancien lit du Nil, se déversant vers la nier Rouge. 

Notre collègue M. Nicour, a confié les échantillons de miné- 
raux en question au musée d'histoire naturelle de l'Ecole de 
Médecine, où ils font une des belles parties de la collection réunis- 
sant de plus en plus les matériaux pour une future carte géologi- 
que du pays. 

A la suite d<*s intéressantes observa lions de M. Sicken- 
berger, M. Piol demande la parole pour la présentation 
d'une pièce paléontologique : 



Dans toutes les communications qui ont été faites à notre Société 
sur la géologie de l'Egypte, tant anciennes que récentes, une 
particularité m'a plus spécialement frappé, car elle touche à un 
point très intéressant de la paléontologie, c'est le silence absolu 
gardé par tous leurs auteurs sur l'existence des mammifères 
fossiles dans les couches géologiques du sol égyptien. Je suis 
heureux de pouvoir compléter cette lacune aujourd'hui en vous 
présentant la portion digitée fossile d'un membre de bisulque 
trouvée dans les carrièi'es de Dronka, près d'Assiout, au sujet 
desquelles M. Fourtau nous entretenait, il n'y a qu'un instant, et 
qui appartiennent aux assises du lerrain londonien. 

Ain.^i qu'il est ficile de s'en rendre compte, les parties consti- 
tuantes de ce débris sont très nettement uiarquées ; chacune des 



- 80 - 

phalanges, avec sa conformation bien caractéristique, ses saillies 
osseuses, les grande sésaraoïdes, l'extrémité inférieure de l'os méta- 
carpien qui vient s'articuler à la première phalange, permettent 
d'affirmer que cette pièce appartient à un mammifère dont le rang 
zoologique serait intermédiaire à ceux des caprins et des bovins. 
Or, d'après la classification adoptée par Gervais et Van Beneden, 
il n'y a guère que la tribu des antilopins qui remplisse ces condi- 
tions, et, par conséquent, le débris fossile que j'ai l'honneur de vous 
présenter appartient, selon toute probabilité, à une espèce d'anti- 
lope actuellement éteinte. 

J'attendrai pour formuler une conclusion plus positive d'avoir en 
ma possession d'autres éléments plus probants, que des recherches 
ultérieures viendront sans doute m'apporter. 

Cette pièce, que je crois unique, tout au moins en Egj^pte, sera 
déposée au musée de l'Ecole de Médecine de Kasr-el-Aïni. 



Quelques jours après cette présentation, j'ai eu la bonne fortune 
de voir à Alexandrie notre savant collègue M. Schweinfurth, au 
retour de sou voyage en Abjssinie. Il m'a affirmé que le musée de 
Berlin, notamment, possédait des débris fosssiles : crânes avec leurs 
chevilles cornées, membres, etc., provenant des environs d'Hélouan 
et reconnus pour des parties de squelette d'une espèce d'antil ipe. 
L'observation de l'éminent pi-ofesseur viendrait donc justifier les 
conclusions que j'ai tirées précédemment. 

L'Institut se forme ensuite en comité secret. 

Aux termes de l'article 5 des Statuts, il est décidé qu'il 
y a lieu de pourvoir au siège de membre résidant laissé 
vacant par le décès de M. le docteur E. Rossi bey. 

Les propositions de candidatures pourront être exami- 
nées en comité secret, à la prochaine séance, mais, confor- 
mément à la décision prise par les membres du bureau, le 
vote pour l'admission est renvoyé à la séance de la fin du 
mois de décembre prochain. 

La séance est levée à 5 heures oj k. 



Annexe N** 1 à la séance du Mai. 



ESS^A.1 



CALENDRIERS ÉGYPTIENS 



3WE. -VEITTRE bey 



Messieurs, 

Le travail que j'ai l'honneur de vous présenter aujourd'hui n'est, 
comme son titre l'indique du reste, qu'un simple essai, résultat de 
certaines recherches sur un sujet qui est loin de m'ètre familier. 

Je fais donc appel a votre indulgence et prie MM. les Egjptolo- 
gues de vouloir bien me pardonner les quelques incursions que je 
serai obligé de faire dans leur domaine. 

Dans une de mes précédentes communications, j'ai indiqué la 
marche suivie par les astronomes de l'Expédition française dans 
leur interprétation, rapide, des différents Zodiaques rencontrés 
dans les temples égyptiens, j'ai signalé l'hypothèse, admise par eux, 
de l'année égyptienne de 365 jours sans intercalation aucune, et 
l'application de cette année vague au calcul de la période Isia'/ue, 
Sothiaque ou Caniculaire, hypothèses et calculs ayant eu pour 
résultat de faire remonter l'âge de construction du grand Zodiaque 
du Péristyle de Dendérah, par exemple, à 2052 ans av. J.-C. (date 
reconnue depuis erronée, par .suite de la découverte de (^hanipol- 
lion, ce qui contribue à faire dire, toujours, que l'astronomie et les 
astronomes n'ont rendu aucun service à l'Egyptologie). 

J'ai rappelé en quoi consiste l'ère de Méno/>/irès : point de départ 
d'une période Isiaque, repérée au lever héliaque de Sirius sur 



— 82 — 

l'horizon de Memphis, et que les chronologistes font coïncider avec 
le 20 juillet Julien 1322 av. J.-C, et avec le l®"" jour de l'année 
égyptienne ou 1"^'' Tliot orrespondant à la position solsticiale du 
soleil ; mais l'année égyptienne est supposée, ici, de 365 jours 
seulement et la fin de la période tombe en l'an 138 après J.-C, ce 
qui donne bien les 1460 années pjur la durée totale de la période 
que les chronologistes évaluent ainsi, en admettant simplement un 
quart de jour de différence par année, pour le retour des mêmes 
coïncidences. 

J'ai montré l'année, ou plutôt le cyc^e du temps, de tout temps 
pour ainsi dire, divisé en 36 décades, présidées par 36 constellations 
dont ïSothis (Isis dans le ciel) était considérée comme la reine, 18 
constellations montantes, 18 constt>!lati )ns descendantes correspon- 
dant ainsi aux 360 décans divins du cycle connu, parcouru pnr le 
soleil dans son mouvement apparent ; d'oii, probablement, l'origine 
des divisions sexagésimales du cercle, du jour, de l'heure, etc., 
connues de toute antiquité, de celles du jour et de la nuit en usage 
chez les anciens Egyptiens (comme aujourd'hui dans tout l'Orient), 
et, aussi, la création d'un premier calendrier ainsi composé de 36 
décades ou 360 jours. La réunion des décans en 12 fois 3 décades ou 
30 jours constitua donc la division originaire en mois du calendrier 
égyptien ou almanach copte que nous connaissons, répondant aux 
12 signes du Zodiaque, aux 12 dieux dont parle Hérodote ; et à ces 
12 mois, on ne dût pas tarder d'ajouter quelques jours, sous forme 
àe petit mois supplémentaire consacré à certaines divinités ou à 
la célébration de certaines fêtes dont j'aurai à parler, jours absolu- 
ment nécessaires pour fermer le cycle du temps d'après la marche 
réelle du soleil. 

« L'époque du changement de l'année de 360 jours en l'année 
de 365 jours est si ancienne, dit M, Maspero dans son Histoire des 
peuples de V Orient, que nous ne saurions lui assigner aucune date 
et que les Egyptiens eux-mêmes l'avaient reportée jusque dans les 
temps mythiques antérieurs à l'avènement de Mena. » 

A ce sujet, permettez-moi aussi de transcrire, en l'accompagnant 
ici d'une remarque, ce passage du traité de Iside et Osiride attribué 
à Plutarque : « Rhéa (Nout; ayant eu an commerce secret avec 
Kronos (Seb), le soleil (Râ), qui s'en aperçut, prononça contre elle 



— 83 - 

un charme qui l'empêcha d'acconchtM- dans aucun m'»is et dans au- 
cune année ; mais Hermès (Thot) qui avait de lamour poar hi déesse, 
joua aux dés avec la Lune et lui ga^na la 6 »" partie de chaque jour, 
dont il forma 5 jours, qu'il ajouta aux 360 autres jours de l'année.» 

La déesse Nout personnifie la voûte céleste, elle est appelée la 
Mère des dieu r. Seb c'est le dieu Terre ; Thot a été indeutifié avec 
le dieu Lune, mais le dieu Thot pers ^unifie l'intelligence qui a pré- 
sidé à la création, st^rt aussi à s\Mid)oliser l'harmonie universelle. 

Sous ce nom de Thot rappelé par cette dernière qualification, et 
sous les jeux de mots perce l'origine de l'idée qui a présidé à cette 
rédaction : l'auteur a certainement voulu indiquer, pour le nombre 
à ajouter, le GO- des jours contenus dans 10 lunaisons ; 10 lunaison.'^ 
répondent aux 10 mois dont était composé le calendrier lunaire de.^ 
anciens Romains avant la réforme Namu. Cette circonstance ne 
permettrait-elle pas, incidemment, de faire découvrir le véritable 
auteur du fameux traité? Caché, dit-on, sous le pseudonyme 
de Plutarque : car je présume que Pjthagore a été le véritable 
auteur de la réforme Numa du premier calendrier, lunaire, des 
Romains (j'aurai à défendre cette thèse, en m'appuyant sur d'autres 
documents), et les qualificatifs de Thot ne paraissent-ils pas aussi 
trahir ici le nom du philosophe, auteur des théories sur l'organisa- 
tion et l'harmonie du monde ? 

Enfin, en relatant l'intercalation d'un 6' jour épagomène tous les 
4 ans, ordonnée par Ptolémée Evergète en l'an 239 av. J.-C. d'après 
le «Décret deCanope» (stèle découverte en 186G à San), je crois 
avoir démontré que la vraie valeur ou une valeur très approchée de 
l'année était connue sous la xxxiii" dynastie et que c'est bien l'ad- 
dition de ce 6* épagomène, imposée au calendrier copte s<jus Auguste, 
mais déjà depuis longtemps assayée par un Ptolémée, qui servit de 
base à la réforme julienne elle-même deux siècles plus tard, à 
l'époque oîi l'astronome égyptien Sosigène fut mandé d'Alexandrie 
pour prendre part ;i la réforme du calendrier romain. Mais, sous 
Auguste comme sous Jules César et s »us la dynastie ptolémaïque- 
grecque, c'est toujours la domination étrangère qui règne, et c'est 
plus haut, dans les antiques civilisations égyptiennes, qu'il nous 
faut remonter pour trouver, dans des archives réellement nationales 
s'il était possible, les éléments de ce que nous cherchons. 



— 84 — 

Nul doute que l'astrologie d'abord, l'astronomie ensuite^ na- 
quirent en Egypte (à l'encontre de ce que dit Voltaire, qui fait de 
l'astrologie la fille de l'astronomie, yz7/e très-Jolie d'une mère très- 
sage. — On m'opposera peut-être la Ghaldée comme berceau de la 
science des astres, science exacte et science occulte ; .... Je répon- 
drai plus loin à cette objection). Aucun pays, en effet, ne se prêtait 
mieux à l'établissement de la science des présages, par son climat, 
par la pureté de son ciel et par la concordance toujours heureuse 
des phases et crues nouvelles du Nil, source de toutes choses maté- 
rielles de la vie, avec certains faits astronomiques. Ces faits consis- 
taient, soit en des retours réguliers à des pnnts du ciel, toujours 
faciles à observer, de l'astre dont Osiris était devenu l'âme et re- 
naissant incessament sous forme d'Horus, soit en des déplacements 
réguliers aussi du soleil par rapport à d'autres astres qui, comme 
Sirius-Sothis-Isis, ont fait ensuite l'objet de cultes spéciaux, de céré- 
monies ou fêtes bien déterminées, revenant régulièrement à des 
époques fixées d'avance. 

L'origine des fêtes solonnelles de Sothis célébrées par les prêtres 
d'Isis devait, dit M. Maspero, remonter plus haut que les rois de la 
première dynastie, au temps des Shesou-Hor. 

De même que l'art grec, comme l'observe Lepsius, ne serait pas 
parvenu à un . i prompt développement si l'Egypte ne lui eût 
épargné le soin de poser les premiers jalons, de même, dirai-je, les 
sciences, l'astronomie en particulier, durent avoir leurs origines 
en Egj^pte, dans les collèges des prêtres ; et c'est là aussi que tous, 
les Grecs surtout, vinrent puiser les premières notions de ces 
sciences, secrètement, ainsi que nous l'apprend Hérodote. 

Du nombre était Pythagore, que je cite tout particulièrement, à 
cause de la provenance égyptienne de certain calendrier que 
j'attribue précisément à ce philosophe et dont j'aurai à m'occuper, 
dans une deuxième note faisant suite au présent Essai. 

On attribue à Hipparque, astronome grec, la découverte de la 
précession es équinoxes à la suite de ses observations, faites, 
pendant deux années (126 et 127 avant J.-C), à Rhodes. Hippar- 
que a pu être le premier qui ait fait connaître aux Grecs ce mou- 
vement rétrograde des points équinoxiaux (sans en donner toutefois 
la vraie cause) et qui en ait calculé une valeur assez approchée. 



— sa — 

Mais où flut-il trouver le relevé des observations de longues durées 
qui sont absolument nécessaires pour cette sorte do déteiTiiination, 
si ce n'est en Egypte? — « Il n'y a pas de pays, dit Diodore de 
Sicile, où les positions et les mouvements des astres aient été obser- 
vés avec plus d'exactitude qu'en Egypte. » 

Les observatoires de la Haute et de la Basse Egypte, à Dendérah, 
Théni, Memphis, Héliopolis, signalaient les positions des étoiles 
et dressaient chaque année des tables de leurs levers et de leurs 
couchers dont quelques débris sont arrivés jusqu'à nous (Maspero). 

Diodore ajoute que « ces observations étaient conservées dans 
les temples depuis un nombre incroyable d'années». 

Trouvera-t-on les registres où ces observations devaient être 
consignées? — Il y a eu des bibliothèques, comme le prouve le itre 
de gouverneur de la maison des livres que prend un haut 
fonctionnaire de la vi" dynastie dans une inscription mentionnée 
par Lepsius. — Faut-il croire que tout a été détruit? Outre les 
listes d'étoiles, les fragments d'observations, livres de médecine, etc., 
on a cependant découvert des textes très anciens relatifs au mou- 
vement des planètes et un traité d'arithmétique et de géométrie 
remontant à l'époque des Ramessides. — Mais poursuiv )ns.... On 
a dit aussi que le Zodiaque appartient aux Grecs : il a pu être 
ramené en Egypte plus ou moins moilifié d'après des idées grec- 
ques, mais son origine était égyptienne ; il sutïit pour s'en con- 
vaincre de se reporter aux dires mêmes du grec Hérodote (v* siècle 
avant J. C.) en ce qui concerne les 12 dieux ou Constellations 
Zodiacales qui auraient été connues de tout temps en Egypte, 
mais avec des appellations qui ont pu changer; et, en effet, le 
Taureau (probablement Apis), le Bélier (consacré à Ammon- 
Khnoum Chnouniis) ne nous sont-ils pas parvenus avec leurs 
cultes anciens spéciaux, variant suivant les époques, les localités, 
etc? — D'après Diodore, les Ghaldéens passeraient pour avoir aussi 
découvert le Zodiaque et une f >ule d'autres choses. On leur doit 
toutes les sottises de l'astrologie, ceci est certain. 

Je reviendrai sur cette question à une prochaine séance, où 
j'aurai à m'occuper des origines des calendriers, anciennement eu 
usage chez les Uomains, les Grecs, les Perses, et les Assyriens. 

En résumé, dans les arts coiuuie ea philosophie, dans his scieuces 



— 86 — 

en général et particulièrement en astronomie, les premières con- 
naissances sérieuses, acquises par les Grecs, transmises ensuite aux 
Romains, ont été empruntées aux antiques civilisations égyptiennes. 
Je compléterai ces conclusions lorsque j'aurai à discuter les origines 
égyptiennes des caler.driers des Assyriens et des Perses. — Abordons, 
aujourd'hui, la discussion du calendrier égyptien. 

Une séparation bien nette des dififérentes années^ qui ont pu être 
en usage chez les anciens Egj'ptiens, est chose impossible, dans l'état 
actuel de l'archéologie égyptienne. Il est toutefois permis de faire 
une distincti m entre l'année dite Civile (dans le sens que les 
modernes attribuent à ce mot) et l'année ou plutôt les années (\xie 
j'appelerai des Prêtres. 

L'année civile appliquée à certains usages importants de la vie, 
soit dans l'ordre civil, soit dans l'ordre religieux (puisque tout se 
rapportait au culte), a dû, antérieurement à toute domination, à 
toute influence étrangère, aux belles époques de la civilisation 
égyptienne, pour les motifs donnés et d'autres que je présenterai, 
être Jixe. Je m'explique : elle a du, par la force des choses, par la 
longue durée d'observations concomitantes, archives plus de vingt 
fois séculaires, être réglée astronomiquemeotpar le soleil et le Nil; 
et le nombre des années écoulées compté à partir de l'avènement de 
chaque Pharaon. — Mais, pour les besoins ordinaires de l'existence, 
pour les travaux journaliers de l'agriculture, une année commune, 
vague si vous voulez, de 365 jours, pouvait provisoirement suffire ; 
et les oscillations régulières d'un fleuve dont les moyennes d'obser- 
vations sont en concordance si parfaite avec le mouvement du 
soleil, cause de ces régularités, le Nil, en un mot, en était le 
Régulateur . 

Quant à l'année dite des Prêtres, elle a dû varier suivant les 
rites particuliers des villes ou nomes, et aussi suivant les époques 
astronomiques, ou plutôt astrologiques auxquelles le culte devait 
s'appliquer ou auxquelles il fallait qu'il se rapportât — ce qui 
explique peut-être pourquoi on ne trouve, dans les monuments 
égyptiens, que des catalogues de fêtes, des listes de levers d'étoiles 
et des dates publiques, se référant uniquement à Tannée du Pharaon 
régnant, ne rappelant, ainsi, aucune ère fixe. 

A) Telle fut l'année que j'appellerai C g nique, année sidérale 



- 87 - 

résultant, comme on sait, des retours successifs du soleil à la même 
étoile, plus longue que l'année tropique et particulièrement connue 
des prêtres d'Isis dans ses relations avec les levers de Sirius de la 
constellation du Grand-Chien, auxquels, vu leur importance dans 
jes mystères des temples, pouvait être repérée la date elle-même 
d'avènement du souverain régnant. C'est de cette année là qu'il est 
question dans le Décret de Canope dont je parlais plus haut. Or 
l'intercalalion, dans le calendrier i\e"6Qh yjwr^ cornmanémenl en 
usage, de 1 j )ur tou> les 4 ans ordonnée par Pt )lomée III Evergête I"*" 
(consacré par lui au culte des dieux Evergètes\ ne pouvait main- 
tenir la c )ncordance du calendrier avec la marche du soleil entre 
les Tropiques et ses retours à la même étoile ; par suite des diffé- 
rences entre l'année de 3G5 jours 25 et les valeurs respectives des 
deux années, sidérale et tropique, évaluées en mêmes jours solaires 
(l'une est de 365, 2563835 et l'autre de 365, 242264). C'est prohable- 
irient pour cette raison qu'elle fut abandonnée. On sait, en effet, 
qu'elle ne survécut pas aux Ptolomées. — Cette correction, imposée 
dans les usages civils aussi bien que dans les usages religieux des 
nouveaux prêtres de la Domination Ptolém.iïque-Grecque, cette 
correction, dis-je, dont le culte des dieux Evergètes avait eu à profi- 
ter et dont une valeur encore plus exacte était cependant connue des 
prêtres du vieux culte indigène, fut donc abandonnée vers la fin 
de cette dynastie ptolémaïque qui dura près de 3 siècles, par ceux là 
mêmes qui l'avaient adoptée dans l'exercice de leur religion plus 
ou moins dégénérée. De même que chez les Russes ou les Grecs de 
nos temps modernes, après avoir préféré être en désaccord avec le 
soleil que d'accord avec le pape, on finira bien par abandonner un 
calendrier, déjà en retard de 12 jours sur celui, plus exact, de 
Grégoire, vieux lui-même de trois siècles. 

B). Telle aura pu être aussi l'année tropique elle-même des 
prêtres (fixée par les retours successifs du soleil au même solstice 
d'été), dans sa correspondance avec les constellations zodiacales 
consacrées. Ainsi le culte du Taureau (ou Apis) pouvait se raj)- 
porter, à une certaine époque astronomique ou plutôt astrologique, 
à la limite de la constellation zodiacale de ce nom entre le Taureau 
et les Gémeaux, limite ou plutôt culte qui (parle calcul appliqué 
au point vernal dont la position était exactement entre le Bélier 



— 88 — 

et les Poissons en l'an 138 av. J.G.) aurait correspondu à la position 
équinoxiale du soleil au printemps d'il y a C332 ans, ce qui nous 
fait remonter aux temps les plus reculés. Et à ce culte astrologique 
a pu succéder un autre culte particulier répondant au Bélier, et 
qui dès lors aurait dû prendre origine, d'après les mêmes calculs 
basés sur la précession {>0"2) des équinoxes. à la fin de la cons- 
tellation du Taureau, c'est-à-dire il y a 4181 ans, différence : un 
signe ou 80°, à répartir sur une période, bien réelle, de 2151 ans. . . 
comme les prêtres ont pu l'entendre. 

Notez que ce n'est pas une simple hypothèse, gratuite, que je 
fais, car le culte du Bélier me paraît avoir remplacé ou tendu à 
remplacer, à partir d'une certaine époque, celui général du Tau- 
reau (à moins que les égyptologues ne me contredisent sur ce 
point). Le Bélier n'était-il pas consacré au dieu thébain Ammon? 
Voici, du reste, deux coïncidences assez curieuses : Refaisons le 
calcul en supposant le culte du Taureau ou Apis bien établi, dans 
la constellation même de ce nom, soit, pour bien fixer les idées, à 
10° des Gémeaux. Nous tombons, pour cette époque que je dis 
appartenir au culte du Taureau, sur l'an 3723 av. J.-C, v« dynastie 
Meraphite, d'après Mariette, à laquelle appartiennent les tombeaux 
de Sakara. Et pour le culte du Bélier, supposé également à 10° du 
précédent signe, sur l'an 1572 av. J.-C, c'est-à-dire précisément 
en pleine xviii* dynastie de la belle époque de Thèbes. La différence 
3723-1572 représente bien la période indiquée ci-dessus de 2151 
ans qui a pu séparer le plein exercice des deux cultes, ce qui con- 
corde aussi avec l'origine du culte d'Apis que Mariette fait remonter 
jusqu'à la ii'= dynastie. 

Quoi qu'il résulte de toutes ces concordances, si les traces 
matérielles de l'année civile égyptienne ont disparu, celles des 
prêtres ou des temples se retrouvent dans les monuments. Mal- 
heureusement ces monuments étant toujours érigés dans un 
but purement religieux, il est difficile d'en détacher aujourd'hui^ 
au point de vue chronologique, une idée astronomique nette, 
précise. Tout y est entremêlé de merveilleux, de représenta- 
tions symboliques plus ou moins allégoriques ou convention- 
nelles, que la sagacité, cependant étonnante, de nos égypto- 
logues ne parvient pas toujours à pénétrer. Ajoutons aussi que 



— 89 — 

les récits d'auteurs anciens, par leurs inventions ou interprétations, 
i;ontes ou liistoi'inttes absurdes recueillis sur place, transmis de 
pjfénération en génération d parvenus jusqu'à nous n'ont souvent 
rien éclairci, ont au contraire tout embrouillé. 

Mais les choses ne se passent pas beaucoup autrement dans nus 
siècles modernes : c'est ainsi que la littérature arabe et certains 
écrits du siècle nous relatent la légende, par exemple du mariage 
du Nil, de la jeune vierge Aroussa, que l'on précipitait dans le 
Nil à la date du 13 Bahona'i ou 7 juin Julien (voir Marcel, Ér/i/pte 
inodenie). Je ne trouve cependant à cette date dans la traduction 
Tissot de l'Almanach copte, prétendu ancien, que l'éphéméride : 
Réveil des passio/is sensuelles. Mais dans une étude particu- 
lière de l'auteur de celte traduction {La crue du Xt'l par Tissot, 
1869), Aroussa ne serait autre chose que le cône en terre qu'on 
laisse quelquefois dans les tranchées d'ouverture des canaux, comme 
dans bien d'autres travaux de terrassements en déblai pour mon- 
trer la profondeur de la fouille exécutée; et par une analogie gra- 
tuite, dans un style imagé, on confond l'Aroussaen question avec le 
mannequin de terre appelé Pope en russe, f/uille en allemand, 
oieiéle feiniiie eu anglais et léinoin en français, pour répondre à 
la même cérémonie du mariage du Nil, dit-on, cérémonie que je 
vois, dans tous les cas, transportée dans cette étude ou dans celle 
(18G7; du même auteur (accompagnant !a traduction de l'Almanach 
copte), au 17 Misré ou 10 août Julien ou au Ouafa-Allah, au 2/3 
environ de la crue, au lieu de se trouver à la date ci-dessus, bien 
antérieure, du 13 Bahonah. — On fait même un rapprochement 
entre les modernes fiancées égyptiennes, le mannequin de terre 
orné de fleurs et d'oripeaux et la statue d'Isis, rappel d'un lointain 
souvenir égy ptol.)gique. 

C'est ainsi, encore, que les écrivains du siècle d'^m/'Oi< Ebii el 
Aas (an 20 de l'hégire) relatant le remplacement de la victime hu- 
maine El Arousseh par une statue de terre, mentionnent les 
circonstances de la cérémonie du Sal'h vers l'année 641 de l'ère 
chrétienne, é|X)que oîi le fameux billet d'Omar, demandant au Dieu 
Très-Haut de donner la crue complète du Nil, fut jeté dans le 
fieuve. Cette date, correspondant soit au 14, soit au 15 septembre 
Julien, suivant le cycle intercalaire des Coptes, est désigné tantôt 



— 90 - 

sous le nom de I^ête de la Croix, tantôt sons celui <le niveau du 
Salib ou de suspension du Nil, ce qui voudrait dire la même 
chose ; elle n'en correspond pas moins aujourd'hui à une cérémonie, 
l'exaltation de la Croix, à .lérusalem^ s>us Héraclius, qui ne se fait 
plus que dans les Eglises, dans un bénitier, depuis, dit-on, que l'usage 
dangereux de jeter une croix dans le Nil pour la faire rapporter 
par des plongeurs a été supprimé lors de l'arrivée des Français en 
Egypte. 

Des auteurs nous décrivent et expliquent même \e phénomène du 
Nocta par des idées astronomiques iiocta-point (pour l'origine 
savante de son nom), par des idées de naissance, crue du fleuve 
nocta-goatte, rosée-germe, présage de bmne crue, idé^ de fermen- 
tation, de miséricorde et bénédiction divine, purification de mali- 
gnités phys'ques et morales ; la date exacte du phénomène serait 
fixée, suivant les uns au 11 Bahona, suivant les autres à la nuit de 
la Saint-Jean qui précède le 24 juin Grégorien, soit le 12 juin Julien 
ou 18 Bahona, ou encore, suivant d'autres, le jour de la fête de 
l'archange Saint-Michel (descendu sur terre {sic) tout exprès pour 
cela); des observateurs modernes fixent cette date au 17 juin Gré- 
gorien qui, en somme, ne fait que reproduire la date correspondante 
copte, 11 Bahona, donnée plus haut et des savants encore plus moder- 
nes, au moment où le s jleil quitte le point Nocta 26"* degré du 
signe des Gémaux pour entrer dans le 27"* ; les 30^ du signe moins 
26"^ = 4° : bref pour ne pas dire 4 jours avant le solstice du 21 juin 
ou le 17 juin (voir V Egypte depuis la conquête des Ai'abes tra- 
duction de Marcel; L'Egypte sous la domination f/unçaise par 
Ryme et Depuis (a donnnation de Méliémet Aly et, d'autre part, 
les Ephémérides arabes récents et la Relation d'un voyage fait en 
Egypte par le R. P. D. Vansleb, sous le ministère Colbert, relation 
imprimée par ordre du Roi en 1672-73). — C'est ce dernier auteur 
qui attribue, d'après ses propres observations et les théories d'autres 
auteurs qu'il discute, les causes des crues ou gonjtenient du Nil à 
des efiéts de rosée, de goutte qui tombe, de fermentations, etc., et 
de refoulement des eaux vers l'amont par la puissance des vents 
maëstraux régnants (hypothèse cependant déjà réfutée au temps 
d'Hérodote, par simple comparaison, naturellement, avec d'autres 
fleuves) et tenant pour cause tout à fait secjndaire (s«c) la chute 
des jjluios ou la fonte des neiges en Ethiopie,. 



— 91 — 

Si nous nous flattons, depuis deux siècles, de connaître les causes 
di inuuveiiitMil réj^uliiM- du Nil, qui ne peut l'é'^ulter que de causes 
c -lestes, mais (isl/-u/wfn('/iie.'i, au point même de prétendre en 
s.ivoir expliquer les perturbations, il faut aussi avouer que nos vieux 
Pharaons, qui ne connaissaient cependant pas les sources du Nil, 
en savaient au sujet de leur fleuve aussi long que nos récentes 
générations modernes. Les prêtres égyptiens, en effet, n'étaient 
|)as en peine, il y a 6000 ans, d'expliquer son origine: il descendait 
<liL ciel ; ils auraient pu ajouter, par les pluies équatoriales <ju plu- 
tôt par celles qu'ils savaient tomber au delà de la région, privée de 
pluies, qu'ils habitaient Mais, pour les dévots, ses eaux étaient 
produites par les larmes d'Isis et sortaient de deux montagnes 
terminées en pointes, Crofi et Mofl, situées entre Syène et Elé- 
phantine (c'est la cataracte; - l'explication est fournie à Hérodote 
l)ar un scribe ou ba^-servant, par le bedeau du temple de Sais). 

Dans la reproduction d'un almanach copte qui remonte, non pas 
aux premiers âges (je parle ici d'une traduction de cet almanach 
et me réserve du reste d'examiner plus loin ses titres réels à l'an- 
ciennetéi, mais au temps Grégorien 18G()-(J7, par M. Tissot, au milieu 
de la correspondance des dates Julio-Copto-Grégoriennes, de faits 
historiques, astronomiques, botaniques, agricoles, etc., mêlés de 
prescriptions d'hygiène, et, en dehors des fêtes et cérémonies vi- 
sées plus haut, nous remarquons des éphémérides telles que 
celles-ci ; 

Naou Rouj cl Sonltani, ou premier jour de l'année des rois (ap- 
pliqué, dit-on, aux Perses de l'époque pharaonique) qu'il ne fau- 
dra pas plus tard confondre avec le !•'' Tout (i'"" jour de Tannée 
égyptienne), ni avec le nouocl an du Turkestan Oriental qui 
arrive avec la inatiwation des fèves et précède L'éclosion des 
-epliles. 

La fève dont il est question ici n'est assurément pas celle décrite, 
si minutieusement par Hérodote (Nymphœa Nelumbo ou Nénufar 
iose)(jue les anciims. d'après Di()dore. appelaient l'ère d'Iùiypti' — 
et qui, d'après Larcher, aurait été de la part des prêtres l'objet 
d'une aversion si grande, partagée du reste par Hérodote lui-même 
ou Pythagtn'e, je ne me rappelle pas au juste, à moins que ce ne 
soit la fève ordinaire de niai'ais ; mais llérod'ite nous dit que les 



— 92 -. 

Egyptiens ne semaient jamais de fèves dans leurs terres, et s'il en 
venait, ils ne les mangeaient, ni crues, ni cuites (Le^ fleurs et les 
fruits du Nénufar rose se voient souvent sculptés dans les temples 
égyptiens). 

Etiage de lEuphrate avant invasion des moustiques et en 
même temps que éviter de cous faire saigner, sert, dit-on, à 
rappeler la onquète de la Mésopotamie il y a 3.500 ans; les autres 
phases du fleuve sont également indiquées. Celles du Tigre ne sont 
pas mentionnées. Cependant la domination des Thotraès s'excerçait 
bien jusqu'au Tigre? 

Culture générale en Syrie en même temps que les animaux 
maigrissent. Est-ce pour rappeler que cette province, aujourd'hui 
turque, a été sous la domination des Pharaons ou conquise, dans les 
temps modernes, par l'Egypte ? 

Premier jour de la quarantaine des Syriens après la multi- 
plication des puces, mais ici l'auteur voudrait simplement indiquer 
le commencement d'une première période de 40 jours sur les 90 de 
la saison. En saisira qui pourra le motif. 

Ouverture de la navigation sur la mer des Indes : le traduc- 
teur ajoute: du temps du grand canal qui reliait le Nil à la mer 
Rouge ou canal des deux mers. Cet éphéméride coïncide ave'i le 
lever matutinal de ^et i^ de la Balance et précède la mise-bas 
des bêles sauvages. Faut-il en déduire astronomiquement cette 
date mémorable? (car il s'agit, ici, bel et bien, de levers héliaques), 
et fixer ainsi la date exacte de l'ouverture des travaux, de l'achè- 
vement ou de la réparation du canal des deux mers, par nos prédé- 
cesseurs dans l'Isthme de Suez, soit sous Séti I, soit sous Uamsès II, 
soit S) us Nékao II, soit sous Darios I, tous princes, indigènes ou 
étranger, qui se s^nt occupés de cette noble entreprise, ou laisser ce 
soin aux traducteurs nouveaux de l'Almanach, dans les âges à 
venir, qui y confondront encore, un jour, l'œuvre de notre siècle? 

Enfin, à chaque pas, nous trouvons des levers et couchers d'étoiles 
dont il est impossible de vérifier ou faire concorder astronomique- 
ment les positions, et des Points de rencontre de deux saisoni< 
précédés ou suivis de Pontes d'Autruches, de mise-bas de Ju- 
ments, de Chamelles, de Reptiles, etc. etc., avec des Ruts, chez 
tous les animaux de la création successivement, y compris les 
hommes. 



- 93 — 

Ce calendrier copte serait clos par la formule suivante : 

Dieu en sait f)/as long que les hommes sur les indications 
qui précèdent ! ! ! 

En résumé : Les éphémériàes de cet Almanach, si l'on en «*carte 
les indications récentes que personne ne conteste et que l'on peut 
du reste renouveler chaque année d'après des publications connues, 
n'en appartiennent pas moins à un calendrier qui ne suii pas exacte- 
mont la marche du soleil ; il ne peut donc aujourd'hui fournir sur 
les époques éloif^nées auxquelles on veut faire remonter son origine, 
(\\\o dfs données fausses, déplacées ou c^)ntradictoires. 

T lut cela dit, transportons-nous par la pensée aux siècles à venir, 
qui seront certainement, comme le nôtre, chercheurs de documents 
chronologiques. Quels prodiges de sagacité et de pénétration ne 
faudra-t-il pas déployer pour mettre au jour une idée quelque peu 
nette, un fait réel, précis, d'après les élucubrations répandues, soit 
dans les écrits des auteurs ou historiens cités plus haut, soit dans 
ces éphémérides. dans ces prétendus restes des annales nati maies 
égyptiennes que l'on découvrira au fond de quelque bibliothèque? 

Quoiqu'il en s lit, l'almanach cipte, que nous connaissons tous en 
Egypte, et que je vise ici particulièrement, avec ses noms de mois, 
ses 12 mois de 30 jours chacun et le petit mois supplémentaire qui 
le termine, si nous en écartons les éphémérides signalées plus haut, 
est d'origine bien égyptienne. 

J'ajouterai ici quelqies mots à ce que j'ai déjà dit sur la formation 
de l'ancien calendrier égyptien. J'aurai aussi à discuter la question 
du sixième jour éparjoinene. 

Dans son Dictionnaire dWrcliéotogie égyptienne, M. Pierret 
donne les noms anciens des mois coptes avec leurs expressions 
hiéroglyphiques. La langue arabe a c )nservé ces noms avec 
quelques corruptions. 

On avait : 

La tétraménie de l'inondation. 
» de l'hiver. 
» de l'été. 

La première c )mprenait successivement les mois de : 

r//o^ (Tout); Paoplii {\^^h(i)\ Athijr '{kiowr); Clioiak (Kiakh). 

La deuxième : 



— 04 — 

Tijbi (Touba) ; Méchir (Amchir) ; Phamenot (Barmaat); Phar- 
mouti (Barmoude), 

La troisième : 

Pac/io/zs (Bâcha ms) ; Paynl (Bahona); Epi phi (Abib); Mésori 
(Misré). 

Enfin il y avait les jours épagoinènes que nous connaissons 
aujourd'hui sous le nom de Naci et dont il sera question tout-à- 
l'heure. 

Pour avoir une relation entre les mois et les sais)ns, j'ai d'abord 
cherché la signification, à ce point de vue, du nom ancien de 
chaque mois ; je n'ai rien pu trouver de ce côté-là (1). 

Raige, de l'ancien Institut d'Egypte, dans un grand et savanl 
mémoire sur Le Zodiaque nominal et primitif c/e.s anciens 
Égyptiens, mémoire que l'on peut consulter à la bibli )thèque de 
notre Institut égyptien, cherche, par un rapprochement présumé 
entre l'ancienne langue égyptienne et le phénicien et ses dialectes, 
à déduire la signification des noms des mois du calendrier copie 
par analogie avec certaines racines, telles que : Paop/ii (Babe) 
qui ne serait que le P>élier parce qnelaoji, en égyptien et en arabe, 
voudrait dire bélier ; Athyr (Atour) ou Thoor devait signifier 
taureau, etc. etc. De plus, la langue ayant la propriété de repré- 
senter quelquefois par le même mot un substantif et des adjectifs 
rendant les qualités ou les actions de ce substantit, l'auteur cité 
arrive, par exemple, du m it /ho/î à faire adjectivement celui qui 
appelle les troupeaux au pâturage; do Thoor Athar, pour dire 
labourer, etc. etc., un nom pris comme nom de mois pouvant 
exprimer à la fois le n im de l'animal et l'idée des travaux que cet 
animal devait exécuter durant le temps dont il était l'image. 

La marche des étymologies que je viens de citer me remémore 
celle donnée pour un mot bien connu en Egypte: à force d'éru- 
dition et après longues dissertations sur les analogies des anciens 
dialectes égyptiens avec ceux de la Palestine, le savant philologue 
Volney fait dériver Pyi'aniide des mots boui\ excavation, citerne, 
prison souterraine, et a mit, du mort ; d'oii la synthèse bour-a- 
"lit, caveau du mort, qu'il livre aux connaisseurs, et que le génie 

(1) V©ir autres nicmoircs de l'auleiir, insôrôs, rlepiiis, dans d'auln>s Ihitlriinx de l'hi^lilnt 
Egyptien, 



— 05 — 

(le In langue grecque a lait écrire rijozaU. Auj')urfi'hui, grâce 
h la déouverle de (Ihainpolli )n, non-; pouvons lire, les égypt)- 
logue.s lisent, dans le papjMHis géométrique de Londres, sur l'une 
des faces de la fi^ur..' dii la j)yraiuid<', le n )in de pif-c/n-iis. Une 
étymologie, (Micore |)l IIS curieuse, du mot Pyramide est celle qui 
fait dériver ie m )t de iiJVi;. fDin^ut, parce qu'on croyait au 
moyen âge que les pyramides étaient des greniers onslruits par le 
patriarche Joseph pour conserver le hié des années d'abondance 
— (tra liti )n due aux juifs). 

Pardonnez-moi cette petite digression. .. qui, cependant, trouve 
sa place ici. Nous devons laisser de côté ces étymologies plus ou 
moins savantes et plus ou moins forcées, très intéressantes assu- 
rément, mais qui le sont bien moins depuis la découverte des 
hiéroglyphes — et nous en tenir aux documents plus précis que 
nous fournit régypt)Iogie moderne. 

Les jours épagoiiiènes auraient été appelés chacun successi- 
vement : Jour (le la naissa/ice cVOsiris; d'Ai'oéris (Horus l'aîné) ; 
de 5^e<^ (Typh )n); d'Jsis; (\e Neplitis. Mais dans l'écriture démo- 
tique, ils seraient nommés simplement : Jo/t/'S de Fêtes. 

l)oil-on conclure de ces données que les anciens. Egj'^ptiens ne 
connaissaient que l'année cague de 365 jours et que l'addition d'un 
sixième épag omène n'avait jamais lieu? Je ne le pense pas — du 
moins il s'agit de nous entendre. 

Les jours c )nsacrés aux cinq divinités ci-dessus répondent bien 
à Tannée commune, onlinaire, mais le mode môme de désignation 
des jours épagomènes — désignation démotùiae, c'est-à-dire à 
l'usagc! du peuple — sous la rubrique, en bloc, Jours de Fêtes, 
sans indication (Il nmibre des jours, ne dénonce-t-il pas l'addition 
afê.aioirc, possible, d'un jour complémentaire h placer après les 
cinq ordinaires, fixes, qui précèdent immédiatement le nouvel an ? 
Que l'on me permette un rapprochement entre les anciens Egyp- 
tiens et les bons musulmans de nos t<;mps modernes. Il s'agit de la 
supput ition des temps dans la pratique ordinaire, dans son applica- 
ti )n la plus vulgaire. (^Jiez ceux-ci, pour connaître, |)ar exempl<>. 
soit l(^ ciumunicement, soit la (in du 1 uig jiM'ine qui précède immé- 
dint(^ment le jour d(î la (irande Fête (Id el Kébir), le peuple 
cd)seive. lui-même, un c )ucher de soleil en onjonction avec la 



- 96 — 

lune nouvelle ; chez ceux-là, c'est le lever héliaque de l'étoile 
Sirius qu'on attend pour célébrer la Grande Fête d'Isis ou le pre- 
mier jour de l'an nouveau, l"Thot, correspondant exactement ou 
non à la position solsticiale du soleil. —Dans les deux cas, est-il 
nécessaire d'une grande précision dans les observations qui fixent 
la date du jour de ces fêtes et la remise (ta point du calendrier ou 
la cjrrection, convenue, faite d'avance ou rectifiée après coup, peu 
importe, n'est-elle pas des plus faciles dans l'un et l'autre cas? — 
L'addition d'un sixième jour épagoniène pour rectifier les écarts, 
ramener les concordances du calendrier égyptien avec les astres 
observés, quand cela était nécessaire à la fin de Tannée, s'im- 
posait donc d'elle-même. Et, par 'e fait, tous étaient à même d'en 
faire vulgairement rapplicati)n, loj'sqail le fallait, à la veille du 
nouvel an, et le matin avant le lever du soleil, (but une certnne 
dépression, toute conve itionnelle du reste, au-dessous de l'horizin 
pour donner lieu, comme on sait, au lever héliaque de Sirius, 
permettait de voir vers l'aube le lever mitutinal antérieur de 
l'étoile attendue. 

Mais, de même que les grands khalifes delà religion de Maho- 
met se chargent d'annoncer de Gonstantinople ou d'autres capitales 
au monde musulman la date certaine de certaines fêtes, de même 
le soin d'annoncer officiellement, religieusement, de pré^llre les 
retours de l'astre d'Isis, en coïncidence avec le ren )uvellement de 
l'année, était dévolu aux grands-prêtres des cultes égyptiens de 
Memphis ou d'autres capitales. J'ajoute que c'était un privilège 
auquel ces prêtres devaient tenir absolument, d'où probablement 
l'origine de cette fameuse interiiction qui aurait fait Tobjet d'une 
prétendue Loi organique, d'après laquelle il était formellement 
défendu d'intercaler quoi que ce soit dans le calendrier, interdiction 
sur laquelle certains auteurs anciens, les clir.)nologistes,et le savant 
Fourrier lui-même, ont bâti l'hyp)thèse de l'année aniciue, vague 
égyptienne que, précisément, en ce moment, je discute. Mais j'ai 
d'autres arguments à présenter encore en faveur de ma thèse. 

Les égyptologues, en présentant les trois saisons ou tétramé- 
nies groupées comme je les indiquais tout-à-l'heure, lesquelles 
répondent successivement à Sclia pour la période de l'inondation ; 
à Pe/', pour celle des semailles, et à Schemou, pour celle des mois- 



— 97 — 

sons, nous montrftnt : Thot. par exemple, omme nfant lo promier 

mois fie la tôlraméiiie de Viiinndation ; CliuiiLk, le flcrnier. 

Tybi, le premier mois tl^a ,^e/nacllc> ;. ... Pliamiouti, le dernier. 

Pachons, le premier mois des moif^sotis ; Mésori, le dernier. 

Si cette correspondance n'est pas contestée (elle figure ainsi dans 
le dictionnaire de M. Pierret) en nous repartant au calendrier 
copte actuel, dont nous connaissons l'erreur séculaire sur la mar- 
che réelle du soleil et, par suite, sur In marche des travaux agrio'es 
nilotiques correspondants, nous nous convaincrons sans peino que 
depuis l'époque oii ces appellations étaient réellement appliquées 
jusqu'à l'époque actuelle, les mois respectifs se sont aoancés par 
rapport à la position vraie qu'ils auraient du conserver dans le 
Calendrier naturel du soleil. Kt ce déplacement repéré au 
solstice d'été, par exemple, c'est-à-dire au commencement de la 
crue du Nil (qui correspondait, d'après les appellations ci-dessus, au 
premier jour de l'an ou premier Thot, mais qui actuellement répjnd 
au 15 Bahona, soit bien la date copie actuelle au solstice du 21 
juin Grégorien) n'atteint pas moins de 80 jours. — On a, en effet, 
en remontant le calendrier : 

Epagomènes 5à6 jours 

Misré 30 » 

Abib 30 » 

Bahouma 15 » 



Total.... 80 jours 

Ce qui tend à prouver: 

1" La haute antiquité de ces dénominations. 

En remontant jusqu'au temps d'Auguste, 25 ans avant J. -G. — 
époque à laquelle l'année moyenne julienne de 365 jours '/^ a été 
officiellement adoptée dans le calendrier copte, soit à 1917 ans, 
nous trouvons, pour le déplacement de ce calendrier, compté depuis 
le temps d'Auguste jusqu'à l'époque actuelle : 

1917 X 0,00773G = 15 jours. 
(0,007736, représentant la différence entre l'annéojulienne 365 jours 
25 et l'année tropique 365 jours 242264). 



— 98 — 

Reste à trouver : 80 — 15 = 65 jours, que l'on ne peut supputer 
qu'en admettant plus de 365 jours, p)-ir l'année moyenne ad iptée, 
dans les temps antérieurs à Auguste; car il faut pour retrouver 
ces 65 jours, que l'on ait: 36"> -f- fraction > 865,242;.^64 ; ce qui 
tendrait ainsi à prouver : 

2" Que Tannée composée de plus de 365 jours était, non seulement 
onnue des anciens Ég'jptiens, mais qu'elle a dû être réellement 
appliquée, et bien avant les Ptolémées par conséquent, c'est-à-dire 
bien avant le Décret de Canope dont j'ai parlé, sauf, peut-être, 
pendant les temps de c infusion, de trouble, des dominations per- 
sanes. 

Il sernit peut-être téméraire de supposer que l'année de 365.25 
représente la moyenne générale praiiquéi? avant et après Auguste. 
Nous arriverions, en effet, au chiffre énorme de ^"-^-T^g — 1(J341 ans, 
s)it à l'an 8449 av. .J C pour l'époque oii le calendrier aurait suivi 
exactement l'ordre naturel des saisons... 

Le calcul d'Hérodote fait bien cependant remonter Menés ou la 
fondation de la monarchie égyptienne à 12356 ans avant nitre 
ère (???_ et l'institution elle-même des collèges des prêtres ne 
remonte-t-elle pas encore plus haut? 

Mais sans donner à cette question une importance exagérée qu'il 
ne m'appartient pas de discuter, et qui, du reste, me ferait sortir de 
mon sujet (je fais surtout adusi )n aux controverses plus ou moins 
intéressées, et plutôt religieuses, de certains auteurs soit anciens, 
soit modernes, sur l'origine du momie ou des civilisations), il est 
évident d'après ce qui précède; 

3° Que l'année simple de 360 j )urs n'a pas du exister sur les bords 
du Nil, si ce n'est tout à fait aux origines de la nation égyptienne, 
probablement à ces temps éloignés, préhistoriques où commencèrent 
à se former des collèges de prêtres, époque à laquelles nous avons 
reporté l'invention, l'idée première du zodiaque avec ses divisions 
sexagésimales. 

4° Que l'année moijenne, soit religieuse, soit civile, a du varier 
suivant les époques historiques égyptiennes, mais en restant toujours 
supérieure, en moyenne, à 365 JDurs, soit qu'elle fût fixée par le 
retour du soleil à la même étoile ('265,2.56...), soit qu'elle résultat 
du mouvement de révolution du soleil entre les points équinoxiaux 



— 09 — 

ou plutôt s )lsli{-,iniix (2il5,242. . ', (l(^s ;inci"iis lïi:.sii<Mit leur obso.r- 
valions an solstice) et cela, d'afji'ès les donné.îs, .ipprocliéfîs, du 
mouvement des astres, que les anciens pnHres, avons-nous dit, 
devaient certainement posséder. Je reviendrai sur cette question. 

Une objection peut m'iHre laile : 

Au lieu de compter le déplacement des mois dans le sens que j'ai 
supposé, p)urqnoi ne pas compt<;r le déplacement dans le sens 
opposé, en faiiiant l'année, non pas de 865 jours + fraction, mais 
de 3' ''5 jours sans intercalati jn aucune? — C'est l'application d<' 
l'année vaf/iic. 

Voyons donc à quoi onduirail cette hyp )thèse. 

Nous av )ns, dans ce cas, à compter, pour le déplaceirient dn 
calendrier airric »le en question, par rapp)rt à celui naturel dusolei'. 
en remontant la suite des temps depuis la réf )rme d'Auguste, n.)n 
plus sur 65 jours, mais sur une année entière moins 65 jours, S)ii 
300 jours, ce qui donne lieu aux concordances successives suivantes, 
en se servant d'abord des tables chr )nologiques de Mariette : 

La première c )nc )rdance, entre les deux calendriers, remonte 
à — - — = 1238 ans avant la réforme d'Auguste, c'est-à-d're au 
13" siècle av. J.-C, soit à la xx" dynastie [de Thèbes) caractérisée 
par les luttes des Ramsès avec les grands prêtres d'Ammon, 

La deuxième concordance remonte à 1238 -\ — — — = 2745 ans 
avant la réforme d'Auguste, soit au 28" siècle avant J.-C, c'est-à-dire 
à la xirr dynastie, qui a laissé peu de souvenirs. 

Enfin, la 3" concordance remonte à 2745 -\ ^^ = 4252 ans 

avant Auguste ou 43 siècles av. J.-C., qui répond à la dynastie 
Memphite, iv" dynastie, époque des tombeaux de Sakhara ou plutôt 
des gi'andes Pyramides. 

On conteste souvent l'exactitude des tables de Mariette 'dressées, 
comme on sait, sur les listes Manéthonienm^s d'après la rédaction 
transmise par l'Afi'icain). Suppi'imons si l'on veut, dans l'ordre 
chronologique de ces tables un certain nombre de dynasties pré- 
sumées simultanées, collatérales par MM. Lieblein et Lepsius, 
telles peuvent avoir été les ix* et x" dynasties héracléopo'itaines 
représentées par 204 années de durée, mais vérifiées par aucun 
monument, la xvi" des Pasteurs, soit 171 ans que nous supprimons 
sur 511 d'une période toute de ti'oubles, la xxir'dc Rubaslis(i70ans) 



— 100 — 

et la XXV' (Ethiopienne, 50 ans) qui comprennent des périorles de 
grandes luttes et de dominations étrangères partielles. 

En remontant à partir de la xxvii' dynastie, et déduisant ces 
chiffres, succe:<sivement cumulés, des dates elles-mêmes de Mariette, 
on arrive, p) r les conc )rdances cherchées plus haut, aux résultats 
ci-après : 

Pour la première concordance, la plus récente — 1263 av. J.-C — 
XIX* dynastie, helle époque de Thèbes où la civilisation est à son 
apogée. 

Pour la deuxième onordance, antérieure — 2770 av. J.-C — 
c'est l'époque qui précède immédiatement la xi® dynastie qui est 
une renaissince. 

Pour la troisième concordance, la p us ancienne, de nos évalua- 
tions, 4277 avant J. G., nous tombons en pleine première dynastie 
de la table de Mariette, ainsi modifiée. 

Enfin, si nous nous référons à la Chronologie de M.Chabas, le 13' 
siècle avant J. G. répond bien aussi à la dynastie des Séti et Ram- 
aès II; le 2^" répond à Papi 'viNlynastie d'Eléphantine) ; et le 43^ 
siècle à une époqae antérieure de 10 siècles à celle des grandes 
Pyramides, lesquelles appartiendraient au 33' siècle, toujours 
d'après M. Ghabas, ce qui nous reporte encore aux premières 
civilisations égyptiennes, aux temps de Mènes (40' siècle Ghabas). 

Quelque inscription ou quelque papyrus, connu ou à découvrir, 
ne permettrait-il pas d'élucider la question de ces concordances, qui 
serviraient, ainsi, à contrôler en même temps le système chrono- 
logique adopté ? 

Les égyptologues seuls pourraien nous répondre. 

Mais est-il admissible que pendant de si longs intervalles de 
temps, pendant les périodes plus de 15 fois sécu'aires qui séparent 
les [* ou iv% xnr' et xx' dynasties, et depuis ces anciennes dynasties 
jusqu'aux dominations perses ou grecques, on ait laissé un calen- 
drier, dans un pays essentiellement agricole et astrolojiquement 
religieux, faire ainsi plusieurs fois le tour des saisons ? 

Est-il possible que pendant ces triples époques, intermédiaires, 
de renaissance des arts et des sciences, pendant ces civilisations 
des XVIII' et xix' dynasties, des Toutmès, des Ramsès, portées à 
leur apogée, enfin pendant cette brillante et longue dynastie pto- 



— 101 — 

léinaïque (brillante sou-s les premiers Lagides) qui avait fait 
d'Alexandrie la c;'pitalc scientifique du m >nde, est-il possible qu on 
se s )il cjntenté d'un calendi'ier dont les éphéinérides des astres, 
du Nil et des travaux agricoles orrespjudants, u étaient plus en 
concordances avec les saisons et les fêtes ? 

Le texte même du Décret de Canopc, seul document écrit (que je 
sache) qui nous soit parvenu sur la question, texte que j'ai commenté 
plus haut (!t qui ne remonte malheureusement qu'à Ptolémée III 
Evergète, c'est-à-dire seulement à l'an 239 av. J.C. répond déjà : 
Non. 

Suivant Plutarque, ou le pseudo-Plutarque, il y aurait eu 3 jours 
au commencement d'Athjr consacrés au deuil de la décesse Isis, 
causé par la retraite du Nil. - La retraite du Nil, c'est la décrue 
du Nil, symbolysée parOsiris; on sait qu'Osiris est le divin symbole 
de toute mort, mort de l'homme et mort du soleil c'est-à-dire soit 
Si disparition à l'horizon, dans les ténèbres, soit sa descente dans la 
sphère d'hiver, à partir de l'équinoxe d'automne, lequel c /incide 
précisément avec la fin de la crue en Haute-Egypte, Or si le l*"' Athyr 
était repéré à ce point astronomique qui répond actuellement à 
notre 21 ou 22 septembre Grégorien^ ce serait entre le 1"" Athour 
ou 9 novembre actuel et le 21 ou 22 septembre, un déplacement de 
•18 à 49 jours sur le calendrier naturel du Soleil — et l'on arrive 
à des conclusions analogues aux précédentes, sauf la différence 
d'ancienneté des d )cum(!nts (1). 

Ainsi, de toutes façons, nous devons renoncer à l'hypothèse de 
l'année cwjne sei(/c en usage chez les anciens Egyptiens. 

Les chronologistes n'en continuent pas moins à dire que Vannée 
éfjyplienne est une année vague sans ère fixe, toujours composée 
de 365 jours sans intercalation aucune, et (jui, après avtùr été 
employée sous cette forme défectueuse depuis les temps historiques 
les phis reculés, a été abandonnée sous Auguste à partir de,... 

L'année vague est, par définition, une année qui n'est ni lunaire, 
ni solaire et nous avons vu qu'elle n'est pas applicable à l'ii^gypte^ 
dans ce pays essentiellement agricole qui réclame plus qu(! tout 

(0 '.'"S calendriers riri''porien el CkjjIu aclin'l, lompan^s, donnant bien, pour \v i*' Alliour 
ou 9 novniubri', IVpluVut'^ridi' : Pri'inii'rir uuil di' It'iifbres : mais pas plus le I" AUiour (|u<' la 
U novi;i:il)ri' ne corres|>ond à l'eiiuinuxe d'auluinne. 



- 102 — 

autre l'adaptation (Viine année solaire, vraie, à son calendrier; 
Et pai' le fait, les musiilitians de l'Egypte moderne ne sont-ils j^as 
f.n'césde suivre ralmanach copte ralnianacli grégorien inénie dans 
certaines administrations) pour les travaux agrico es tout enon- 
servant respectueuï-ement, bien entendu, leur calendrier lunaire, 
religieux? 

D'ailleur^i, au temps d'Auguste, c'est-à-dire après la bataille d'Ac- 
tium, la chute et le suicide de Gléopàtre, le complet effondrement 
de la dynastie des Ptolémées et l'anéantissement de toute nationalité 
égyptienne, on ne se préoccupe guère de la concordance du calen- 
drier avec les travaux agricoles et les affaifes du culte, (la fixation 
de l'année, telle qu'elle fût imposée par Auguste, dut porter une 
rude atteinte à tous les rites et à tous les exercices de la religi)n 
égyptienne). Il s'agissait, avant tout, de rendre l'année fixe comme 
celle des vainqueurs. A cette époque-là, l'écart avec le soled attei- 
gnait, avons-nous dit, 15 jours ; et les deux calendriers, Copte et 
Julien, marchèrent dès lors parallèlement. Ils continuent ainsi à 
marcher, toujours bien ensemble, jusqu'au moment (qui ne sera 
pas long à venir) oii tous deux, calendrier Julien et calendrier 
Copte ou égyptien i:oi~disaiit coi'rigé, devront être forcément, et 
avec bien juste raison, abandonnés complètement. (Les adminisira- 
tions gouvernementales égyptiennes ont déjà, officiellement, ad)pté 
le calendrier Grégorien,. 

Je me résume : 

L'ancien calendrier copte, c'est-à-dire le calenJrie:' civil, agri- 
cole des anciens Egyptiens, s'il est vrai qu'il ne rappelle aucune 
ère fixe, devait cependant lui-même être fixe ou plutôt devait être 
rendu tel, en prcctique usuelle, par les jyocédés particulière- 
ment simples que j'ai indiqués et même par la simple obsercation 
des crues du fleuve. Je vais plus loin: Ce mode, pratique, de 
rectification à la longue, c'est-à-dire durant les longues périodes de 
temps dont se compose l'Empire Pharaonique, devait en définitive, 
revenir à un mode de correction tout au moins aussi exact que celui 
imposé par les Romains, qui. au bout d'une durée correspondant 
seulement à une dynastie de trois siècles, par exemple, produit un 
retard de près de 2 jours et demi sur l'époque solaire vraie. (Il est 
bien entendu qu'il n'est question ici que du calendrier civil, agri- 



— lOS — 

cjle). Kl maintenant, c)iniiie conclusDn, si vous me pnsfz la 
({iie-lioii : où sont les cal(M:(Iri';rs relif^ieiix 'les anci<Mis (tivtres 
ég} ptiens? Je serais fort tenté de rép »ndi"e : Il ii'v en a pas. . f*as 
de calendrier, à proprement parler... iiiai> il y avait : un Ciel 
d'Egypte, un SU et de^i obsei'vateai's. 

(A siiiure). 



Annexe N" 2 à la séance da uiai. 



LES MINÉRAUX 

DE LA RÉGION KÉNEH-KOSSEIR 

ET 

LES CARRIERES DE SYOUT 

par R. FOURTAU 



Messieurs, 

In médian res, a dit Horace, comme s'il avait, il y a deux mille 
ans, prévu la difficile posture d'un candidat à l'Institut ou même 
d'un profane comme moi, que cette docte assemblée admettrait, à 
titre exceptionnel, à l'honneur de porter la parole, devant elle, 
en séance publique. 

Je m'autoriserais volontiers du précepte du charmant poète, qui 
a chanté la paresse et les choses aimables, à cette seule fin d'éviter 
recueil d'un exorde toujours redoutable pour un modeste disciple 
de la science, inapte à parer des agréments de la forme académique 
une communication aride que l'Institut a bien voulu accueillir avec 
une faveur trop bienveillante et trop flatteuse surtout. 

Je n'ai du moins — c'est là mon excuse ~ aucune prétention, 
Messieurs, et je m'estimerai très heureux, si en retour de l'attention 
encourageante que vous m'accordez aujourd'hui, je puis réussir à 
vous intéresser un instant par quelques notes rapides qui ouvriront 
peut-être le champ à d'autres observations plus précieuses pour la 
science, et assurément plus autorisées. 

Et maintenant, permettez-moi d'abréger cet exorde pi)ur déve- 
lopper les considérations d'ordre purement scientifique, qui fout 



— 106 - 

l'objet de ma communication à cette éminente assemblée, à la- 
quelle vous avez su, Messieurs, par vos travaux et vos découvertes, 
conserver un éclat digne de l'immortel renom de ses fondateurs, 
les Monge et les Berthollet. 

Cette communication, Messieurs, comprend deux parties bien 
distinctes : la première traite des minéraux de la région de Kéneh- 
Kosseir ; la seconde, de quelques fossiles tertiaires des carrières 
de Siout, Gastéropodes et Echinides. 



Les Minéraux de Kéneh-Kosseïr. 

ÉTUDE LITHOLOGIQUE. 

Les échantillons que j'ai eus sous la main ont été recueillis par 
M. Nicour, lors des études préliminaires de la ligne de Kéneh- 
K()sseïr, en décembre 1890 et janvier 1891. 

Je n'ai eu qu'à les déterminer et à les classer ; aussi n'entrerai-je 
point dans une étude approfondie de leur terrain d'origine, non que 
j'aie la pensée de proscrire ces considérations de l'histoire des 
roches, car il est très utile, indispensable même d'ajouter à la 
description d'une masse minérale des notions sur son gisement et 
des hypothèses sur son origine, mais des considérations pétro- 
graphiques doivent seules être invoquées pour définir une roche. 

Cette détermination faite, quelle classification devais-je adopter ? 
Telle est la première pensée qui vint s'offrir à mon esprit lorsque je 
fus chargé de ce travail. Devais-je, comme Vallerius de Born, 
Delaméthérie, Haiiy et Cordier, me baser exclusivement sur la 
composition minéralogique de ces roches, ou sur les caractères de 
structure, comme Linné, Mongez et Léonard, ou bien encore sur 
leurs caractères d'origine, comme Coquand ? J'hésitai, je l'avoue, 
car un caractère fondamental une fois choisi, il est bien difficile 
de le faire servir longtemps à des subdivisions successives. 

D'un autre côté, je ne pouvais guère adopter les classifications 
telles que celle de M. Stanislas Meunier basée sur les minéraux essen- 
tiels de la roche. Très utile, en effet, pour une grande collection, 
cette classification devenait à peu près impraticable pour une 



- 107 — 

collection aussi restreinte que l'était forcément celle de Kosséïr, où, 
sur les G7 groupes que c nnpr<!nil la classification de M. Stanislas 
Meunier, dix à peine étaient représentés. 

Je me suis donc décidé, malgré ses imperfections, pour la classi- 
fication qu'Elie de Beaumont professait à l'Ecole des Mines de Paris, 
et qui a été adoptée successivement par Rrongniart et d'Omalius, 
et, tout récemment, en 1880, par Leymerie dans son cours de litho- 
logie à la faculté des sciences de Toulouse. 

C'est donc en suivant l'ordre de cette classification que je vais 
parler des minéraux de la région de Kosséïr. 

1. Roches à hase d'orthose lamelleux. 

Cette classe est largement représentée dans la collection de Kos- 
séïr, les granités surtout. 

Le iiranite est une des roches les plus importantes dans la com- 
position du globe ; il constitue à lui seul dans les deux hémisphères 
des contrées d'une étendue considérable. En général, il forme l'axe 
lainéralogique des montagnes élevées ; mais il constitue aussi, 
(c'est le cas de la région de Ivosséir), des régions tourmentées et des 
protubérances centrales surgissant comme des îles au dessus des 
terrains qui enveloppent leur base. 

Parmi les variétés extrêmement nombreuses du granité je cite- 
rai comme appartenant h cette région, le granitc rose grenu, le 
granité porpliyroïde et le granité noir, où l'orthose est forte- 
ment colorée par le sesquioxyde de fer, laissant même par plaques 
des dépôts de ce sel. 

Les gneiss appartiennent à l'espèce appelée granitoïde, je ne les 
sépare pas d'ailleurs des granités car on caractériserait suffisamment 
le gneiss en disant que c'est un granité h la structure schisteuse et 
stratiforme. 

L'échantillon le plus remarquable est assurément une pcgniatite 
en décomposition. Sous l'influence d'agents athmosphériques, le 
feldspath s'est pour ainsi dire dédoublé : la potasse s'est séparée de 
l'alumine, avec la({uelle elle formait un silicate double. Cette 
décomp )sifion à donné naissance à une argile kaolinifèrf, qui est 
exploitée aujourtl'hui encore par les potiers de Kéneh. 



— 108 — 

Ces divers granités appartiennent sans conteste, à la période pri- 
mitive et ont servi de base à tous les terrains stratifiés de l'Egypte. 

Enfin un échantillon îS'ophitone vient former la transition des 
roches à base d'orthose lamelleux aux roches araphiboliques. Cette 
roche, formée de feldspath de pyroxène et degiauconite, est verdâtre, 
grenue et très tenace. Elle résulte toujours d'épanchements et 
constitue des enclaves transversales et des dykes, surtout dans les 
terrains primitifs, cumbriens et siluriens. Toutefois ces enclaves 
pourraient remonter plus haut dans les terrains sédimentaires 
anciens. 

2. Roches amphiholiques. 

Peu nombreuses dans la région de Kosseïr, elles ne sont repré- 
sentées que par deux espèces de diorite ; l'une verte, composée 
d'orthose et d'actinote et qui paraît provenir d'une brèche, l'autre 
noire et blanche composée d'albite et d'hornblende. La diorite verte 
se rapproche beaucoup de Vophite des Pyrénées qui n'est, d'ailleurs, 
qu'une diorite riche en amp ibole et contenant de l'épidote. 

3. Roches talqueuses et micacées. 

Ces roches paraissent former, de concert avec le granit, la ma- 
jeure partie de la région qui nous intéresse. 

Les talcschistes pliyUadiformes sont largement représentés, 
les micaschistes aussi ; ces derniers sont parfois en décomposition 
par suite de l'oxydation du protoxyde de fer qu'ils renferment en 
quantité variant de 6,50 à 1 7o- 

Je citerai aussi un échantillon de dolérine schistoîde, formée 
d'un mélange de feldspath et de talc, et, enfin, un stéachiste 
porphijroïde compacte qui se rapproche de la pierre ollaire. 

Il est inutile d'insister sur l'âge de ces roches : les micaschistes 
ont donné leur nom à l'un des plus puissants étages schisteux cris- 
tallins, et avec les gneiss, ils forment l'infrastructure du globe. 

4. Roches quart zeuses. 
Ici les échantillons sont de moindre importance: des quartz 



— 100 - 

chloriteax, hyalins ^m Jui/n's. qui tous paraissent provenir de 
géodes ; le^- silex sont légèrement ferrugineux. 

Avant d'aborder les autres groupes, et pour me conformer à 
l'esprit de la classification, je dois placer à côté de ces quatre pre- 
mières espèces de roches, les brèches et les conglomérats immédiats 
qui les accompagnent toujours. 

C'est donc ici la place de la brèche universelle d'Egypte ou 
brèchi' verte polygénique si abondante à Ouady-Hammaraat: cette 
brèche renferme des fragments de roches appartenant aux groupes 
précédents; elle est tellement connue que je crois inutile d'insister. 

Je rattacherai à ces brèches les conglomérats de Kosseïr qui 
forment le littoral de la mer Rouge à cet endroit. Les torrents 
formés par les pluies hivernales entraînent à la mer une quantité 
de fragments qui ont été reliés entre eux par les madrépores et les 
coraux, et ont donné naissance à une assise puissante qui se con- 
tinue de jour en jour. Ceiie formation récente est à considérer, car 
nous n )us trouvons ici en préseuce d'un mode qui n'a d'équivalents 
dans la série géologique, que certains bancs jurrassiques, tels que le 
Coral rag de l'Oolithe moyenne d'Angleterre et le Bathien de la 
grande Oolithe de Suisse. J'ai rattaché ces conglomérats aux brè- 
ches vertes ; car, s'ils en diffèrent par leur pâte corallene et récentes, 
ils possèdent les mêmes fragments empâtés. 

Enfin je citerai un poudingue porphyrique et quelques pou- 
dingues ([uartzeux et siliceux qui séparent ordinairement en 
Egypte les grès des assises granitiques et forment un intermédiaire 
obligé, que je crois d'origine métamorphique. 

5. Roches calcaires. 

Cette série est représentée par deux échantillons très intéres- 
sants. 

L'un d'ophicalce bréchijornie, qui remonte à l'époque des talc- 
schistes cristallins, et oîi l'ophicalce empâte des fragments de serpen- 
tine ; l'autre une niarnolithe qui paraît plutôt appartenir aux 
dernières couches sec mdaires, telles que le Cénoraanien, le Séno- 
uien et le Turonien, qu'aux premières formations tertiaires de 
l'eocène. {]ett(î marnolithe présente la comp )sition des pierres à 
chaux hydraulique. 



— 110 — 



6. Sels. 



La commissioa d'études a rapporté un échantilloa de sels assez 
fortement mélangés de silice. Ce sel est formé : 

1° De chlorures de calcium et de sodium en faible quantité. 

2° De carbonates de soude et de magnésie en faible quantité. 

3° De sulfate de soude et de magnésie en grande quantité. 

A cette classe je rattacherai l'eau du Bir-Beïdah qui contient en 
dissolution des sels similaires et en plus de Vacide sulfliydrique 
libre. 

L'âge géologique de ces sels ne peut être déterminé qu'après une 
étude du sol d'origine : peut-être appartiennent-ils à l'époque tria- 
sique et à l'étage salifère, peut-être aussi, aux couches tertiaires et 
quaternaires; mais l'eau du BirlJeidah semble indiquer une couche 
profonde, d'époque ancienne. 

7. Roches arénacécs. 

Les grès sont assez nombreux, et c'était à prévoir, car ils smt 
les résultats immédiats de la déc )mposition ou plutôt de la corrosion 
des terrains granitiques. Ils appartiennent aux conglomérats par 
leur mode de formation; mais le rôle impartant qu'ils jouent en 
géognosie, leur texture relativement assez dne et homogène et la 
nature assez variée des éléments qui !es constituent, ont engagé la 
majorité des minéralogistes à en former un ordre distinct. 

Ceux de la région de Kosseïr se rattachent aux genres arhose 
et psammite. Certaines de ces arkoses sont stratifiées par couches 
variant de 0", 01 à 0™, 10 de hauteur et séparées par de minces cou" 
ches de quartzite siliceuse, ce qui leur donne un aspect schisto'ide. 
Déplus, ils renferment une quantité considérable d'algues fossiles 
analogues aux characées, mais dont je n'ai pu encore déterminer 
exactement l'epèce. Ces arkoses et plusieurs psammites paraissent 
appartenir géologiquement aux grès bigarrés de l'époque triasique. 

ASc/^iS^es.— Les échantillons de schistes argileux se rapportent au 
type phyllade compacte ; ils se rapprochent beaucoup des schistes 
de Bretagne, et diffèrent de ceux de l'Anjou en ce qu'ils ne sont 



— 111 — 

point aettement fissiles coinmu l'ardoise d'Angers. Toutefois, ils 
doivent appartenir à la môme époque géologique. 

Enfin, quelques .sc/w'.s^fr'.s (xiUineiir peuvent être con.sidérés comme 
des schistes métam )rpliiques devenus brillants à la suite du déve- 
loppement d'une matière talco-micacées, oîi dominent, tantôt les 
éléments du talc, tantôt ceux, du mica. Ces schistes s )nt Irè's abon- 
dants au milieu des formations anciennes qui se rapprcciienl des 
centres d'éruption: ils passent souvent aux talcschistes sans jamais 
toutefois acquérir une onctuosité bien prononcée. — Leur âge est 
cependant difficile à déterminer au seul aspect de l'échantillon, et 
souvent ils remontent à une époque relativement récente. Ainsi, 
Cloquand a signalé les falaises de la Spezzia, au cap Cor vo, oîi l'on 
voit les diflerenles assises triasiques complètement modifiées : les 
calcaires sont devenus lalciféres {dfioUnj et les schistes argileux 
ont été transformés en schistes talqueux et en talcschistes. 

8. MincraLs. 

Sous cette détermination, j'ai réuni les quelques échantillons prc- 
.sentant des métaux en quantité utilisable : le fer est seul représenté 
et cela, sous deux formes. 

L'une est une ocre rouge tantôt compacte, tantôt pulvérulente, 
rappelant par sa composition l'ocre de Vis-Artois (Pas-de-Calais) 
avec un peu plus de fer, environ 12 "/o- 

L'autre est un grès arkose, appartenant sans nul doute à l'étage 
salifèrede l'époque triasiqueet contenant environ 50 "/„ de lirnonite 
soit 35 7o de fer pur. 

Tels sont, Messieurs, les produits minéraux delà région entre 
Keneh et Kosseir d'après les échantillons rapportés par la Commis- 
sion d'études. 

Au point de vue géologique, quelle conclusion pouvons-nous en 
tirer ? 

Nous nous trouvons ici en présence d'un des massifs qui ont 
émergé dès l'origine du globe et ont été successivement battus par 
les flots lies mers primaires, secondaires et tertiaires qui sont venues 
dépo.seï" surs(\s flancs leurs puissantes assises calcaires. Nous pou- 
vons donc attirmer. par le seul examen des minéraux pris dans leur 



— 112 — 

ensemble, que les granités de El-Rieh et de El-Seud sont les 
contemporains de ceux delà Bretagne et de l'Ecosse ; ils font partie 
de l'axe minéralogique des montagnes qui forment l'ossature de 
notre continent africain. 

Toute la région de l'Ouadj-Hammamat parait plus récente et 
présente des formations secondaires d'une certaine importance. 

Enfin, sur les horài de la mer Rouge, à Kosséïr, nous assistons 
à la naissance d'une nouvelle couche, qui sera plus tard la brèche 
corallienne de l'époque post-diluvienne. 

Au point de vue industriel, quel profit à en retirer ? 

La limonite des grès ferrugineux de rOuady Hammamat est par- 
faitement exploitable; elle contient plus de fer que les minerais 
oolithiques de Boulogne-sur-Mer ; mais, le défaut de ombustible 
arrêtera toute tentative de ce côté, tout au moins jusqu'à l'exploita- 
tion pratique du pétrole. Et pourtant elle a été exploitée non seule- 
ment comme fondant dans la métallurgie de l'argent, mais encore, 
à mon avis comme minerai pour fournir aux contemporains de 
Ramsès et de Séti le fer nécessaire à leurs industries. 

Les mines d'ocre rouge peuvent sans nul doute fournir à l'Egypte 
la quantité nécessaire à ses besoins. 

Mais c'est surtout au point, de vue du bâtiment que les carrières 
de cette région peuvent nous donner des matériaux précieux. Elles 
ont été, d'ailleurs, exploitées dès la plus haute antiquité. Les brè- 
ches vertes de l'Ouadj-Hammamat ont fourni en grande partie les 
matériaux des monuments de Thèbes et des autres cités de la 
Haute-Egypte. L'ophitone et l'ophicalce bréchifor.ne peuvent aussi 
être employées comme revêtements de luxe. 

Les grès et les poudingues quartzeux et siliceux qui les séparent 
du granit ont servi à faire de beaux revêtements creusés d'hiéro- 
glyphes, des monolithes et des statues colossales. Facilitons les 
moyens de transport et ils reviendront, comme autrefois, remplacer 
dans nos constructions et nos ouvrages d'art actuels les calcaires 
tertiaires qui se délittent avec tant de facilité, ce dont les monuments 
de l'avt arabe nous donnent un si déplorable exemple. 

Les marnolithes donneraient aussi une chaux hydraulique peu 
coûteuse pour les travaux de la Haute-Egypte. 
Et qui nous dit, Messieurs, que. lorsque les exploitations repren- 



— 113 — 

Hront l(;ui' cours, de nouvelles découvertes ne se feront pas ? Les 
couches gé ) logiques représentées par ces échantilljus recueillis 
pendant une tDp rapide étude, sont celles qui renferment les métaux 
les plus abondants. Aux talcschistes, se rattachent de nombreux 
filons argentifères et plombifères ; l'or et le platine s'y rencontrent 
parfois. Les micaschistes renferment des filons argentifères, auri- 
fères et stannifères. 

Aux terrains triasiques et à l'étage saiifère qui se tr )uve dans 
rOuadj-Hammamat, outre le sel gemme qui lui donne son nom, 
on rencontre parfois du gjpse, de la houille maigre pyriteuse et 
souvent de la galène, du blende, du cuivre carb'jnaté et de nom- 
breux minerais de fer. 

L'avenir nous apprendra ce qu'il y a de fondé dans nos espérances. 



Les Carrières de Syout. 

ÉTDDB PALÉONTOLOOIQUE 



Gastéropodes et Echinides. 

A la limite ouest du hod Zennar, après la nécropole deLycopolis, 
à quatre kilomètres environ d'Assiout, l'administration des chemins 
de fer a ouvert, dans le Gebel Drounka, des carrières destinées à 
fournir la pierre nécessaire aux travaux d'empierrement de la digue 
de la nouvelle ligne de Syout à Guirgueh. 

Le Gebel-Drounka appartient aux premières formations éocènes, 
comme d'ailleur? les chaînes libyques et arabiques depuis Esneh 
jusqu'à Minieh, où nous trouvons des couches plus récentes. Le 
Gebel-Drunka est du terrain londinien, dont il possède les deux 
étages. 

Les fossiles qu'il renferme sont nombreux; mais, dans mon court 
séjour à Assiout, je n'ai pu m'en procurer que fort peu, qui, heu- 
reusement, sont t out-' d'un intérêt particulier. 

Tout d'abjrd, je signalerai la pré.sence inaccoutumée du Ceri- 



— 114 — 

Iiium giganteum (Lam.) qui, déjà ommun dans le Suessonien, 
caractérise spécialement le premier banc de letage supérieur 
du calcaire grossier, l'étage à nummulites, voisin du miocène, 
c'est-à-dire appartenant à des horizons déjà bien sup<^rieurs et 
non représentés dans le Gebel-Drounka. 

Parmi les autres Gastér>p3des, je citerai une intéressante M/i^fC« 
acutissiina et quelques espèces en assez mauvais état appartenant 
aux genres Vola ta et Rostellaria. 

Les Echinides sont représentées par deux espèces : l'une est le 
Macropneustes crassns de Desor, et que M. de Loriol a suffisam- 
ment décrite pour que j'insiste; l'autre appartient à la famille des 
Conoclypeidœ, et je ne saurais trop attirer sur elle votre attention. 

De f )rme elliptique, renflée et légèrement allongée en arrière, 
cette espèce a la face supérieure conique. Les deux aires intérara- 
bulacraires antéropostérieures sont un peu plus renflées au sommet 
que les trois autres ; le pourtour est légèrement arrondi et non 
renflé : le sommet ambulacraire est un peu excentrique en avant. 
Les ambulacres intérieurs et l'ambulacre impair sont plus ourts 
que les deux autres ambulacres p)stérieurs, mais tous atteignent le 
pourtour, où ils se ferment. Les pjres internes sont petits et ronds, 
les pores externes très allongés. Le péristome, légèrement en 
avant, est entouré de cinq bourrelets assez accusés et à peu près 
égaux, séparés par des pseudo-phyllodes larges se continuant 
jusqu'au pourtour. Les plaques ambulacraires sont rectangulaires 
et ne portent qu'un seul pore situé sur la suture; d'abord ovale, ce 
pire devient rond en s'approchant du péristome. 

Le périprocte marginal entame même le bourrelet : il est ovale, 
allongé dans le sens de l'axe antéro-postérieur et acuminé en 
avant. 

Les tubercules de la face supérieure sont très apparents et assez 
écartés, surtout dans les plaques voisines du bord marginal. 

Cette espèce ressemble à la forme à base elliptique et peu fré- 
quente du Conoclypeus conoïdeus (Goldfdss), mais en difiere par 
son profil plus aplati qui rappelle celui de VEchiiiolampas afri- 
canus (Loriol). En outre, à la face inférieure le fasciole est bien 
plus développé que dans les autres Conoclypeus et forme un véri- 
table phyllode. Les zones interporifères sont aussi notablement 



— 115 - 

plus ptile.s relativement à la l.ir^'eur des /on«'> porifères et le 
péristome leud à devenir pentagonal. 

Elle diffère du Co/i.. Delanoiiei (Lori)l)ence qm; ses ambulacres 
se ferment au pourtour au lieu de se transformer en une série de 
pores extrêmement petits, simples et superposés. De plus, le sommet 
ambulacraire est excentrique en avant, au lieu de l'être en arrière. 

Le Co/i. Pyi-eiudcds (Cotteau) à la face inférieure moins plane, 
son pourtour est plus arrondi et plus renflé, ses bourrelets péris- 
tomaux moins accusés et son périprocte plus arrondi. 

Le Coll. Canipanœfonnis (Dames) a, C')mme l'indique son nom, 
une forme toute particulière et son bord est tranchant. 

WEchinolani/ias afi'icanns (Loriol), auquel cette espèce ressem- 
ble par sa face supérieure, sauf les ambulacres qui s )nt moins longs, 
endillère surtout par son périprocte transverse et ses phjllodes bien 
définis à pore gros évasés, et très dédoublés sur six rangées. 

Nous nous trouvons donc en présence d'une nouvelle espèce et 
j'ai l'honneur de vous proposer de l'appeler Phylloclypeus Gau- 
dryi du nom de l'éminent paléontologue français, dans les cours 
duquel j'ai puisé les quelques notions qui me permettent aujourd'hui 
de vous présenter ces modestes observations. 

Cette espèce est surtout remarquable en ce qu'elle appartient à 
un genre nouveau créé par M. de Loriol dans son inétressante 
monographie des Echiuides et qui n'était connue jusqu'aujourd'hui 
que dans le terrain crétacé. Cette nouvelle espèce ne serait donc 
que la continuation aux premières époques éocènes des Echinides de 
la craie et formerait la transition entre le PkyUoclypcas ocatas 

(Loriol C)noclypeus ovatus, d'Orbigny) de la craie et les 

Conoclypéidées tertiaires. 



— 116 — 

DES 

OUVRAGES REÇUS PAR L'INSTITUT ÉGYPTIEN 

PENDANT LE MOIS d'AVRIL 1892 



EGYPTE 



Journal Officiel, du n" 43 au n° 55. 

Moniteur du Caire, du n° 1,073 au n° 1,084. 

Telegraphos, du n° 2,567 au n° 2,592 (moins les numéros du 3, 6, 10, 15, 17, 

18, 24 et 25 avril). 
L'Agriculture, n°s 32, 39, 40 et 41. 
Le Réoeil égyptien, n° 5. 
Il Telescopio, n» 4. 

Ministère des Travaux publics. — Plan de Minieh. 
S. E. Yacoub pacha artin. — La prononciation moderne du copte dans la 

Haute-Ègiipte, par M. de Rochemonlaix. — La grande salle hypostijle de 

Karnak, par le même. 
M. NicouR. — Vues photographiques prises sur la ligne Kénch-Kosseir. 
M. Ahmed Zéki. — Notice sur Chéflk bey. 

AMÉRIQUE 

Université de Nebraska. — Agricultural experiment station. Bulletin n° 21 
Culture of tho sugar beet, Jifth annual report. 

ANGLETERRE 

Royal statistical society. — Journal, vol. 55, part. 5. 

FRANGE 

Annales industrielles, 1892, P'' sem. n°s 13, 15 et 16. 

Bibliographie de la France, 1892, nos 13 à 16. 

Faculté des lettres de Poitiers. — Bulletin, 1892, mars. 

Feuille des jeunes naturalistes, 11° 258. 

Moniteur industriel, 1892, du n" 12 au n° 16. 

Pharmacie centrale de france. — Journaux réunis. n° 6-7. 

Société acad. franco-hispano-portugai se de Toulouse.— A/muaîre (91-92) 



— 117 — 

SOCIl'.Tt; D'FNCOURAGEMENT POLH L'i.NDUSDRir: NATIONALE. — Butlctiii 1892 

lévrier, mars. — Résumés, 1892, 25 mars 8 nvril. 
Société des ingénieurs civils. — Mémnireu, février 1892. 

Résumés, 1892, 18 iiuu's, 1 avril. 
Société de <;éograpiiie de Paris. — Cttni[jff's-rcnilu.-< — 1892 ti"" 6-7. 
Société de géographie de Tours. — Rrrr/c, mars 1892. 
Reçue des licres et de hi Presse (Iji-mensuello) - ri"^ 4, 1892, avril. 
Notice sur l'élixir Godineau. 

ITALIE 

Académie des Lincœi. — Classe des sciences physiques. — Comptes rendus, 

lescm., 18'J2. 
Académie de Naples. — Classe des sciences physiques, etc. — Comptes 

rendus, janvier à mars 1892. 
Bibliothèque Victor-Emmanuel. Index alphabétique 1892. — Bulletin) 

février mars. 
Congrès des ingénieurs et des architectes a Palerme. — Circulaires et 

Mémoires. 
Société ai-ricaini, d'Italie. — Bulletin, 1891, juillet 1892— (janvier-février). 
Société italienne de géographie. — Bulletin 1892 (niai-s-avril). 

MEXIQUE 

Observatoire de Mexico. — Bulletin mensuel 1890, mars. — Bulletin du 
Commerce, de l'Agriculture et de l'Industrie, 1891 (octobre). 



SEANCE DU 3 JUIN 1892 



Présidence de S. E. Yacoub pacha Aktin. président. 



La séance est ouverte à ^i heures et demie. 
Sont présents : 






LL.EE. Yacoub pacha Artin, président. 
D"^ Abbate pacha 
Glnkuaf, Larmée pacha 
MM. PiOT, secrétaire, 
W. Abbate, 
Ali pacha Ibrahim, 
bonola bey, 
cogniard (d"^), 
Avocat Figari, 
Grand bey, 
Hassan pacha Mahmoud, 

ISMAIL PACHA EL FaLAKI, 

Saber bey Sabki, 

SiCKENBERGER (PuOl). 

Ventre bey. 



vice-présidents. 



membres résidants 



MM. le Comte d'Hulst, lu 1/ Hussein Off et M. Desjardins 
assistent à la séance. 

Le procès-verbal de la séance du J*^"" avril, donl il n'avait 
pu être donné lecture lors de la dernière réunion de l'Ins- 
titul, est lu et adopté. 



— 120 — 

Celui de la séance du 6 mai. qui est lu ensuite, donne 
lieu à l'observation suivante de M. le Président : 

— Comme Ministre de l'Instruction publique, je tiens 
à remercier notre collègue, M. Piot, du don important 
qu'il a bien voulu faire au musée de l'Ecole de Médecine 
de Kasr-El-Aïni, d'un fossile représentant ia partie digi- 
tée d'un ruminant, pièce qui a fait le sujet de sa commu- 
nication dans la dernière séance. Je désire que mention en 
soit faite au procès-verbal. 

Sous le bénéfice de cette observation, le procès-verbal 
est adopté. 

La correspondance écrite comprend : 

1° Une lettre de MM. Hachette et C'% libraires, à Paris, 
demandant l'échange du bulletin de l'Institut contre l'in- 
téressante publication Le Tour du Monde éditée par la mai- 
son Hachette et C'^ 

L'échange est accepté. 

2° Une lettre de M. le sous-secrétaire d'État au Minis- 
tère des Travaux publics annonçant l'envoi de deux 
exemplaires du rapport de la Commission technique 
internationale sur l'assainissement de la ville du Caire. 

Les deux rapports sont joints à la lettre. 

Des remerciements seront adressés au Ministère, de la 
part de l'Institut, au sujet de cet envoi gracieux. 

o'^ Une lettre de M. le Président de la Société de géogra- 
phie italienne invitant l'Institut à se faire représenter par 
un ou plusieurs délégués aux fêtes qui auront lieu à Gènes, 
en septembre 1892, en l'honneur de Christophe Colomb, à 
l'occasion du 4"^*^ centenaire de la découverte de l'Amérique. 

M. LE Président invite MM. les membres qni pourraient 
se trouver à cette- cérémonie de vouloir bien y assister à 



— m — 

liLrc de représentants de notre Société et charge le secré- 
taire de remercier M. le Président de la Société de Géogra- 
phie italienne de son ainial)le invitation. 

li^ Une l(;ttre-circnlairc de la Wisconsin Academy of Sciences, 
A/is and Lellcrs (Etats-Unis), demandant l'écliange du 
vol. VIll de ses publications avec celles de notre Société. 

Il sera statué ultérieurement sur cette proposition. 

Sur sa demande, la parole est donnée à M. Bonola bey 
qui donne lecture de la note suivante : 

L'année dernière, M. Antoine d'Abadie, de l'Institut de France, 
me priait de lui adresser quelques litres d'eau du Nil puisée au milieu 
du fleuve, le jour de la Noqtali. M. Jules Borelli avait déjà envoyé 
à l'illustre savant des échantillons d'eau du Xil puisée dans la cir- 
constance susmentionnée, mais l'analj'se de cette eau n'ayant 
donné aucun résultat, M. d'Abadie suppose qu'on n'y a pas apporté 
la diligence voulue. 

« Je suppose, m'écrit M. d'Abadie, que la Noqta (ou son eiïet de 
l'eau verte) est l'elFet d'un champignon flattant sur l'eau du Nil au 
début delà crue, M. Van Tieghem, mon confrère, spécialiste en la 
matière, médit qu'on n'avait pas encore asbcz étudié le phénijmène.» 

Je me suis empressé, le jour de la Noqtah, de puiser moi-même, 
au milieu du fleuve en face de Kasr-el-Doubara, c'est-à-dire avant 
de recevoir les déjections de Kasr-el-Nil et de Boulaq, deux litres 
d'eau et de les envoyer à l'illustre savant. J'avoue que ce jour-là 
je n'ai remarqué aucune coloration verte de Teau, ainsi que je n'ai 
pu jamais vérifier la coloration rouge. 

Mais le résultat de mon expéilition a été encore négatif. M. d'Aba- 
die m'écrit à la date du mai : 

(( Ci-joint est la courte lettre de mon confrère M. Van Tieghem. 
Il a reçu une eiu trop claire, ne peut se prononcer et attend qu'un 
micrograplie comme lui étudie au Caire la Noqta, quand ce 
phénomène est tout récent, car jusqu'ici la science est impuissante 
à le définir ». 

Voici l'analyse de l'eau qne j'ai envoyée à M. d'Abadie et que 
M. Van Tieghem a trouvée ii'op claire. 



L'analyse est de M. Van Tieghem même. 

« Eau très-limpide avec un léger dépôt grisâtre et granuleux au 
« fond de la bouteille. 

« Ce dépôt est formé en majeure partie de granules amorphes, 
« formant de petits tas opaques, mais on y trouve aussi quelques 
« carapaces silicieuses de diatomées, quelques cellules d'algues fila- 
« menteuses martes et réduites à leur membrane cellulosique; 
(( exceptionnellement j'ai vu une Pandorine et un Sunedyme. Aucun 
« organisme prédominant, ni vivant, ni mort auquel on puisse attri- 
« buer la coloration primitive de cette eau, à supposer qu'elle ait été 
« réellement colorée. 

« Certaines des cellules des Diatomées renferment encore quel- 
ques granules orangés : c'est là le seul indice ». 

Ces deux expériences d'eau envoyée à l'étranger n'ont donc pas 
réussi. 

Or puisque M. d'Abadie affirme que la science n'a pas, jusqu'à 
présent, étudié le problème, je crois que c'est là une belle occasion 
pour l'Institut. Le jour de la Noqta s'approche. Je propose donc 
que l'Institut charge une personne compétente d' étudier le phé- 
norne et mette à sa disposition les moyens nécessaires. 

L'Institut étant d'avis d'accepter cette proposition, M. le 
Président demande à M. Sickenberger de vouloir bien se 
charger de répondre aux desiderata formulés par M. d'Ab- 
badic et de faire insérer dans le procès-verbal de cette 
séance, une note indiquant les résultats obtenus. 

Voici la note de M. Sickenberger : 

Le phénomène dont parle M. d'Abadie m'est bien connu. Il ne 
prêtait rien d'extraordinaire d'autant plus que je ne la mettais 
pas en rapport étroit avec la Noqtah. Madame Tito hey Hékékian, la 
fille de notre regretté collègue Linant pacha, m'en a donné aujour- 
d'hui même, en faisant allusion à l'entrefilet paru dans VEgyptian 
Galette, l'explication en cours parmi les Egyptiens instruits et je 
me sers textuellement des paroles de M'°^ Tito bey. 

« Pendant la saison oîi il ne pleut pas dans la région du haut Nil 



— 1-23 — 

il se forme des mares croupissantes dont la surface se couvre de 
végétations. Par suite de la crue après les premières pluies torren- 
tielles, cette végétation est entraînée par le Nil et arrive au Caire, 
selon l'état des eaux, quelques jours avant ou après la No'itfih (la 
nuit du 17 au 18 juin). Elle forme des parties ou des flocons verts 
transportés par le Nil ». 

Vous le V )yez. messieurs, cette explication est parf dte et je ne 
puis rien ajouter, 

Ce ne sont pas d'ailleurs des champignons, ce sont des algues 
chlorophyllacé(3s unicellulaires et confervacées que je n'ai pas 
encore déterminées faute de temps. UEti'jlaena viridis y joue 
aussi un rôle, d'après les observations de M. Walter Innés. En tout 
cas, je ne manquerai pas, cette année, d'en faire une bonne récolte 
que je vous prierai de transmettre à M. d'Abadie pour que M. Van 
Tioghem lui-même en puisse faire l'étude. 

Jusqu'aujourd'hui, 14 juin, ces avant-coureurs de la crue n'ont 
pa." encore atteint le Caire. 



L'ordre du jour porte la connuuiiicalion de M. Neutre 
bey sur Vannée vcujue et quelques nombres nttjslérieux des anciens 
Équpliens. (Voir annexe n*" 1.) 

L'orateur est vivement applaudi et reçoit les félicitations 
de M. le Président, qui ajoute l'observation suivante : 

« — A propos de la division de l'année en périodes de 
/i mois, j'ai eu en nui possession un calendrier qui se fai- 
sait en Egypte sous forme de bande portant une lige de 
bois à chaque extrémité; ce calendrier s'enroulait sur lui- 
même de façon à indiquer la date exacte du Jour entre les 
deux tiges de bois ; un autre calendrier du même genre 
était divisé en trois parties égales correspondant chacune 
à une létraménie; l'une de ces parties était colorée en 
bl(ui, la S(H'ond(^ en vert et la troisième en jaune ». 

M. Veîstre dey ajoute quelques explications au sujet de 



— 124 — 

la mesure (metron) avec les morceaux de bois dont se ser- 
vaient les anciens Égyptiens et soutient qu'ils devaient 
avoir un point de repère pour assurer l'invariabilité rela- 
tive de leurs instruments de mesure. 

L'ordre du jour appelle la lecture d'une communication 
sur la Masrùe et le Masrhun, que M. le D'" Hussein Oif fait, 
tant en son nom personnel qu'au nom de M. Richmond, 
chimiste au Laboratoire khédivial du Caire. 

Voir annexe n° 2. 

M. LE PRÉSIDENT adrcssc à M. le D"" Hussein Off les remer- 
ciements d'usage pour son remarquable travail; il donne 
ensuite lecture d'un mémoire sur Quelques monnaies en argent 
frappées à Om Durman (Soudan égyptien). 

Voir annexe n° 3. 

A la suite de cette lecture, des explications au sujet du 
cours de ces monnaies au Soudan sont échangées entre 
LL. EE. Yacoub pacha Artin et D"^ Abbate pacha, puis 
l'Institut se forme en comité secret. 

Il est donné lecture de deux lettres de candidature au 
siège de membre résidant, vacant par la mort de M. le 
D' Elle Rossi bey. 

La première est de M. le Prof. H. Lusena, dont la candi- 
dature est appuyée par S. E. Yacoub Artin pacha et M. Bo- 
nola bey: la seconde est de AI. William Groff, présenté par 
MM. Ventre bey et Aristide Gavillot. 

D'après une décision prise antérieurement par le bureau, 
il ne sera procédé au scrutin qu'à la fin de l'année courante. 

La séance est levée à 5 heures trois quarts. 



Annexe N" 1 à la séance du ;< Juin. 



ESS-A.I 



CALENDHIERS EGYPTIENS 



DE L ANNKE VAGUK ET DE OUEI.QUES NOMHUES MYSTERIEUX 
DES ANC^E^S ÉGYPTIENS 

PAR 

F. VENTRE bey. 

— r<2-^*^i>*■ — 



... Si, quelque jour, un liomrae cloué de ta- 
lent réunit aux connaissances astronomiques 
l'érudition de l'antiquité, que l'on en sépare 
trop, cet homme apprendra à son siècle bien des 
choses que la vanité du notre ne soupçonne pas. 

VOLSEV. 

( llc.Hii'iihrs iiuKvrlIc.i sur l'Iiistiiiri' mirieiinci 

11 est regrettable, surtout en 1 état actuel de rarchéologie égyp- 
tienne, que cette idée, de l'un des hommes les plus érudits du siècle 
dernier, trouve si peu d'échos. 

Messieurs, 

Les quelques notes dont je vais vous donner lecture, font suite à 
l'Essai sur les Calendriers ényptiens qui vous a été communiqué 
dans noire séance du mois dernier, et dont je résume ici la princi- 
pale conclusion : 

L'ancien calendrier copte, c'est-à-dire le calendrier civil, agricole, 
des anciens Eg3-ptiens, s'il ne rappelle aucune ère fixe, pouvait 
cependant lui-même être fixe, ou rtre rendu tel, pratiquement, par 
les procédés particulièrement simples que j'ai indiqués, et mt^ine par 
la seule observation des crues du fleuve, car j'ai montré que cette 



— 126 — 

façon de fermer le cycle de l'année égyptienne, à la longue, valait 
bien le système de correction julienne imposé par la conquête 
romaine. 

Ces quelques pages qu'il me reste à vous lire, sont, en partie, 
relatives aux travaux bien connus de l'astronome Biot sur l'année 
vague et le calendrier des anciens Egyptiens. 

M. Biot, dans tous ses mémoires, suppose que l'année égyptienne, 
jusqu'à la conquête Romaine, a toujours été vague, c'est-à-dire 
composée de 365 jours sans intercalation, et même de 360 jours 
seulement. Cette hypothèse, comme vous voyez, n'est pas du tout 
celle que j'ai admise ou, plutôt, qui résulte de mes raisonnements, 
or ce sont précisément les conséquences de cette hypothèse que 
je me propose d'examiner ici. Je me propose aussi de passer en 
revue comme curiosités pouvant peut-être vous intéresser, quelques 
nombres et combinaisons de nombres mystérieux attribués aux 
anciens Égyptiens, et que j'ai essayé de rattacher au calendrier. Je 
ne pense pas que ce travail ait été fait, du moins sous la forme que 
j'indique. 

Je commence par l'examen des travaux de Biot. 

Tous les égyptologues connaissent les résultats des recherches 
de Biot. 

Quelles que soient les discussions et les critiques auxquelles ont 
donné lieu ces recherches, car les conclusions de ce savant sont loin 
d'avoir été confirmées par les récentes découvertes, les travaux de 
Biot resteront toujours des modèles de sagacité pénétrante, modèles 
comme science et talent déployés, comme efforts extraordinaires 
développés. Mais si les résultats ont été contredits archéologique- 
ment, ce n'est pas une raison pour répéter comme on le fait encore 
aujourd'hui que l'astronomie et les astronomes ne rendent aucun 
service à l'égyptologie. 

Il convient en effet de se reporter aux époques de 1830 à 1853, 
oïl Biot entreprenait ses recherches ( j'écarte les dernières recher- 
ches, plus astrononomiques qu'archéologiques sur la grande Pyra- 
mide, qui datent de 1853, d'après les relevés que Mariette lui 
communiquait) : l'illustre Ghampollion avait fait et publié sa grande 
découverte, découverte complétée ensuite par celle de Rougé. 

Le déchiffrement des hiéroglyphes se continuait ; mais les docu- 



— l.?7 — 

ments communiqués à M, Biot, quoique déjà nombreux, n'étaient 
cepenJant pas complètement déterminés, ni assez étudiés dans leurs 
détails, pour qu'il ait pu fixer d'une fa;;ou précise le cadre scienti- 
fique de ses reîherclies. 

Ainsi, par exemple (voir tomes 1 et II de ces Recherches), M. Biot 
fait partir la période nominale d'Inondation du neuvième mois de 
Tanné vague, et conclut que le premier jour du mois de Thot sui- 
vant a dû arriver 125 jours après le solstice ; s'il l'avait fait partir 
du l*"" Thot comme premier jour, solsticial, du premier mois cor- 
respondant au vrai début de la crue et de la saison S /ta de 
l'inondation, ainsi que cela me paraît devoir être admis aujourd'hui 
(voir les calculs dans ma note du 6 mai dernier), la plupart de ses 
calculs et toutes ses conclusions auraient été bouleversés. 

Dans la longue discussion à laquelle sont soumis les tableaux 
astronomiques comparés d'Edfou et du Ramesséum, il chercbe, 
mais vainement (car c'est à force d'artifices qu'il cache sa défaite) 
à produire des cjncordances. soit en imaginant des jours et des 
nuits de 11 et 13 heures, concluant, en passant, que les Egyptiens 
du temps de Rarasès II savaient distinguer les heures éqnino- 
xiales des heures temporaires^, soit en se servant d'un cycle 
astronomique particulier de 30 ans qu'il croit avoir découvert dans 
le texte de la pierre de Rosette ; or nous savons pertinemment 
aujourd'hui, d'après les récents travaux des égyptologues, que le 
tableau d'Edfou est de l'époque ptolémaVque-grecque, c'est-à-dire 
que le temple <jai se voit h Edfou est, par rapport à celui de 
Rarasès, de construction récente. S'il est vrai que, sous les Pto- 
lémées, on avait seulement pour but de reproduire des sculptures 
consacrées par un usage constant et par des anciennes traditions, 
dont il est impossible, du reste, de connaître l'origine exacte, on 
peut bien supposer aussi, qu'à cette époque où le culte était plus ou 
moins dégénéré, ces sculptures étaient souvent reproduites par 
^'ouvrier, avec beaucoup d'habileté assurément, mais d'une façon 
plus ou moins fidèle, au point môme de sacrifier l'exactitude du 
dessin, du nombre ou de la dispo^ition des parties, à la symétrie, 
à l'ornementation ou au goût du jour; et, par conséquent, aucun 
rapport réellement astr )nomique, rigoureusement exact, n'est à 
tirer de la discussion comparée des deux tableaux on question. 



— 138 — 

Enfin, à l'égard du fameux cycle de 30 ans, les égyptologues sont 
d'accord aujourd'hui, grâce au décret de Ganope, découvert en 1866, 
pour ne voir dans ce prétendu cycle que des panégyries, fêtes dites 
populaires, d'après le décret, pour célébrer le 30""^ anniversaire 
de l'avènement du souverain, àesjubilés, en un mot, et non des 
cycles. 

Dans ces sortes de recherches, surtout lorsqu'elles sont appli- 
quées à la chronologie tirée de l'inspection des monuments, des 
représentations, soit agricoles, soit astronomiques qui y figurent 
plus ou moins grossières ou conventionnelles, un but constant 
parait poursuivi ; celui d'arriver, par des combinaisons de nom- 
bres, au moyen de périodes naturelles ou agricoles, ou de périodes 
basées sur les lois de la mécanique céleste, c'est-à-dire sur les don- 
nées exactes de l'astronomie moderne, à faire coïncider, après un 
nombre plus ou moins considérable d'unités de temps, des retours 
successifs d'astres avec les retours de certaines époques prises, soit 
dans l'ordre des saisons, soit dans celui des phases du Nil ou dans 
l'état physique correspondant du sol. 

Mais Biot admettait comme ses prédécesseurs, les savants de 
l'expédition d'Egypte, l'hypothèse de l'année vague de trois cent 
soixante-cinq jours et même de trois cent soixante-jours, comme 
ayant été seule en usage chez les anciens Egyptiens. 

La lecture des long mémoires de Biot m'a suggéré quelques idées 
que je vais vous soumettre. 

Biot pense que l'année égyptienne, antérieurement à la xviii™* 
dynastie, devait être composée de trois cent soixante-jours, parce que 
Syncelle (auteur bysantin de huitième siècle ap. J.-G.) affirme que 
ce n'est qu'à la fin de la xvii'"'' dynastie que cette année devint 
de trois cent soixante-cinq jours. Il a de la peine à concevoir que les 
anciens Egj^ptiens aient pu conserver si longtemps une forme 
d'année pareille, et cependant il l'adopte pour ses raisonnements. 
11 cherche à expliquer le fait en disant que cette forme, d'après 
Géminus (70 ans av. J.-G.) avait un avantage spécial, qai était de 
sanctifier également toutes les saisons en y amenant successive- 
ment toutes les fêtes religieuses attachées aux diversjours de l'année 
mobile; mais d'après la tradition, les témoignages écrits des auteurs 
classiques les plus anciens, on ne saurait attribuer le constant usage 



— 120 - 

fies cette année à une ignorance grossière de l'année solaire vérita- 
ble ; de son côté, Géminus, invoqué préclMément ici par Biot, atteste 
lui-même que les Egyptiens observaient constamment les solstices, 
dont la connaissance leur était en effet nécesaire p jur trouver d;ins 
l'année vague le premier commencement de la crue du Nil — (Voà 
il résulte [claireinent qu'ils pouvaient rectifier au besoin leur 
calendrier agricole, et à la longue, comme je l'ai expliqué et tiens 
à le répéter, réaliser une correction assurément plus exacte que 
celle résultant de l'intercalation julienne. 

On sait que les dates égyptiennes sculptées sur les monuments 
ou rapportées par les historiens les plus anciens, sont c )mptées à 
partir du commencement du règne de chaque roi; mais on sait 
aussi que le c )mmencement lui même du règne était fixé d'après 
certaines règles religieuses au 1" Tliot qui précédait l'inauguration 
de chaque roi, d'où il résulte que les événements, faits historiques, 
etc. tels qu'ils nous sont parvenus par les inscriptions des monuments 
et par les écrits des historiens, s'ils ne se rattachent pas à une même 
ère fixe, étaient cependant, sous un même règne, tous repérés à 
une même date fixe, le V Thot, d'un certain calendrier reli- 
gieux, inconnu : et ce calendrier d'un peuple astrologiquement 
religieux, pourquoi ne serait-il pas celui naturel, lui-mùme-du 
ciel ? Le V Tliot serait donc Vobseroution même du lecer hélia- 
que de Syrius (Sothis) de Vannée sidérale considérée, observa- 
tion, je le repète, toujours fiicile en Egypte, et que les prêtres 
devaient noter scrupuleusement pour être enregistrée dans les 
archives des temples et être repérée chaque fois à celle du passage 
du Soleil au solstice, en relation elle-même avec la crue du Nil. 

Chez les Egyptiens, Tannés de l'avènement appartenait donc tout 
entière au prince qui succédait (c'est l'opposé de ce qui a lieu chez 
les anciens Chinois, où, paraît-il. Tannée commencée était attribuée 
tout entière au prince qui l'avait ouverte). Suivant Mariette, les 
années du Pharaon régnant partaient tantôt du c )mmenceinent de 
Tannée pendant laquelle mourait le roi précédent, tantôt du jour des 
cérémonies du couronnement, sans attache fixe apparente. Mais ici et 
là, comme dans bien d'autres choses en Egj'pte, dans ce pij's extra- 
ordinaire où tout paraît avoir été régi par des règles immuables, mais 
conventionnelles (exemple: l'architecture, la statuaire, la danse. 



— 130 — 

la musique etc.), il pourrait n'y avoir qu'une simple convention dont 
les termes nous sont inconnus ; on n'a jamais trouvé les registres 
primitifs où ces dates devaient être consignées ; mais qai peut certi- 
fier aujourd'hui que les prêtres égyptiens n'en conservaient pas eux- 
mêmes les vrais repères dans les sanctuaires de leurs temples ? 

Ne nous attardons pas à de vaines discussions et revenons à 
Tannée égyptienne. 

Elle est, dans son expression la plus simple, de trois cent soixante 
jours, les jours épagomènes cinq ou six ou en nombre autre, écartés. 
J'ai développé mes conjectures au sujet de l'usage pratique qui de- 
vait être fait de ces jours supplémentaires accumulés précisément à 
la fin de l'année vague pour compléter, soit l'année solaire avant 
chaque nouveau solstice d'été, soit l'année sidérale avant chaque 
lever héliaque de l'étoile d'Isis. — Je poursuis mon idée : trois cent 
soixante est un multiple de 3, 4 et 5 ; or je remarque que 
dans cette notation de l'année solaire, d'abord, se décomposant 
agricolement en 5 tétraménies, l'inondation (Sha), les semailles 
(Per), la récolte (Shemou), formées de quatre mois chacune, entrent 
les facteurs 5, 4, et celui 5 dans la forme décadaire qu'avait le 
mois lui-même. Il en est de même de l'année religieuse, sidérale, 
déterminée par les retours réguliers du soleil vers la même étoile 
Sot/lis, après ses passages successifs devant les trente-six constella- 
tions comprenant douze dieux ou déesses (renfermant les facteurs 3 
et 4) et qui présidaient aux 36 décades ou 360 décans divins (renfer- 
mant le facteur 5) dont cetl,e étoile était la reine. 

Je remarque aussi que les nombres 3, 4 et 5 peuvent être tirés 
de la formule générale des nombres harmoniques due, ou plutôt 
attribuée à Pythagore, et qui est 

2m y^ 3« y^ ^p 

dans laquelle on fera successivement m^^o, /i=:o et/) = l; ni^=o, 
p =: o et n =:!; 71 = o, p = o et m =2. 

On connaît, d'autre part, le fameux théorème de Pythagore et son 
application au triangle rectangle dont les côtés sont respectivement 

3, 4 et 5. 

32 j^ 42 _ 50 

c'est-à-dire que tout triangle dont les côtés sont respectivement 3, 4 
et 5 est un triangle rectangle, C'est le Triangle mystérieux, uni- 



- 131 — 

que, parfait, représentant la Nature universelle chez les anciens 
Égyptiens : les côtés i et S, d'après Plutarque, représentaient 
respectivement les principes, mâlo et femelle, et l'hypotliénuse, 5, 
reflet résultant, le fi'uil créé. Le premier nombre pair 2, qui est la 
racine parfaite de 1, et le premier nombre impair parfait 3, s'ajou- 
tant, forment aussi .5. Enfin le carré de l'hypotliénuse, 5 X 5 = 25, 
donne aussi, si je ne m'abuse, un nombre égal à celui des années 
exactes de la vie de chaque Apis, qui portait du reste toujours sur 
son front, d'après ce que l'on assure du moins, une tache blanche 
trianijulaii e (ce nombre 2.") était, dit-on, aussi égal à celui des 
lettres de l'alphabet égyptien). 

Le Triangle parfait égyptien est donc la représentation géomé- 
trique du mythe d'Osiris et Isis, ne formant qu'un avec Horus, et 
constituant la principale Triade égyptienne, celle, la plus connue, 
de Lsis-Osiris-Horus, qui fait l'objet du traité de Isicle et Osiride, 
attribué à Plutarque; pour nous, qui nous occupons de calendriers, 
c'est : Sirius (Sothis-Lsi-;), le Soleil (Rà-Osiris) et son perpétuel 
renouvellement ou retour sous f)rrae d'IIorus. 

Je dis que c'est la Triade principale, et la Triade par excellence, 
puisque les égyptologues modernes nous montrent dans la réunion 
unitaire du dieu mâle, de la déesse mère et du dieu enfant, le dieu 
suprême régnant sous plusieurs noms, tels que Ammon à Thèbes, 
Ptah à Memphis, Chnouphis à Eléphantine, et qu'ils s'accordent 
d'autre part pour nous présenter Os iris comme dieu universel 
régnant, ou plutôt recevant un culte égal dans toute l'Egypte, et 
Rà, qui est le nom du Soleil, manifestation matérielle du dieu suprê- 
me Osiris, comme étant la manifestation la plus éclatante de la 
divinité, organisatrice du monde. 

C'est aussi la triade la plus simple, puisque ces mêmes égyptolo- 
gues relatent ces triades combinées avec des triades nouvelles 
pour donner lieu à des triades doubles, triples etc., etc., celles-ci 
formant, por exemple, des neuvaines (Maspkro) et les neuvaiues se 
doublant et se triplant à leur tour. Mais le Triangle reste parfait et 
un; car vous remarquerez que rien n'est changé dans sa forme 
géométrique abstraite, ni dans ses propriétés relatées plus haut, 
lorsqu'on passe des nombres 3, 4 et 5, valeurs pi-imordiales des trois 
côtés, aux valeurs respectivement doubles, triples etc., de chacun 
de ces nombres ou côtés. 



— 132 — 

En analysant les propriétés, purement mathématiques, de cette 
simple et fameuse représentation graphique, appliquée à la religion 
égyptienne, telle qu'elle nous est connue aujourd'hui, et qui, abs- 
traitement, reste simple, une, immuable, malgré son extension aux 
triades complexes, je ne puis m'empècher de songer à l'Hymne à 
Ammon et à la belle et savante interprétation qui en à été donnée; 
il y aurait, en effet, un curieux rapprochement à faire entre cet'e 
représentation géométrique et la concepLion réellement égyptienne 
et pure de la divinité, que M. Grébaut a su si bien exposer. 

Les égyptologues m'apprennent aussi que le nom hiéroglyphique 
de l'astre Sothis consacré à Isis, était Sepet, qui veut dire aussi 
triangle. Le déterminatif partiel est ici un triangle isocèle qui par 
la perpendiculaire abaissée du sommet sur la base, ou sa hauteur, 
se dédouble en deuxtria/igles rectangles égaux, lesquels superpo- 
sés pe:ivent n'en faire qu'un; et l'idéogramme, fixant le sens stel- 
laire du mot, est une étoile. J'ajouterai que les branches sont au 
nombre de 5 ; que chaque angle de l'étoile égyptienne gravée sur 
les monuments, d'après les relevés des dessinateurs de l'Expédition 
française, vaut 12^, d'où la somme 60. Or 12 est le multiple simple, 
à la fois, de 3 et 4. Enfin le produit des nombres ci-dessus, 3X4X 5 
provenant, soit de l'étoile, sait du t?nangle égyptien, donne CO, la 
somme des angles de l'étoile ; et la somme des angles du triaug'e 
vaut 180^ = 3 fois 60, ou 3 fois (3 X 4 X 5) ; mais 3 est le nombre 
parfait par excellence; tout est donc plus que parfait. 

Dans le savant et très curieux mémoire de Jomard sur le Système 
métrique des anciens Egyptiens (tome I des mémoires du grand 
ouvrage de V E xpêdition d'Egypte), il est question de ces fameux 
facteurs ; mais il s'agit là surtout des nombres 4 et 5, ou plutôt de 
leur rapport, que Jomard est frappé de rencantrer exactement dans 
la grande Pyramide ; la base de la face de la Pyramide supposée 
encore recouverte de son revêtement et sa hauteur oblique, ou 
apothème de la face, seraient, en effet, dans le rapport de 230°\902 
à 184'",722 ou •-. 

4 

Partant de cette idée que les anciens Egyptiens voulaient ainsi 
conserver le principe de leurs mesures dans un monument inalté- 
rable où les mesures nationales pourraient être facilement et en 
tout temps vérifiées, il arrive a établir tout un système de mesures 



- IXi — 

égyptiennes, et à trouver des vérifications de ce rapport ainsi que 
de ceux des nombres 3, 4 et 5 dans divers autres iiiunuinents, soit 
en prenant ces nombres soit en les iiiultipUant simplemt;nt, deux à 
deux, trois à trois, quatre à quatre, etc. Le nombre 6, dit Jomard, 
est un diviseur ommun des rapports du système métrique égyptien, 
dont les nombres sont divisibles par G ou 10, dont le produit est GO, 
ou bien ils en sont des puissances. 

Ce produit 00 est aussi le nombre que nous avons trouvé plus haut 
dans le ti'iangle égyptien, aussi bien que dans l'étoile égyptienne ; 
les nombres G et 10 sont aussi des diviseurs de l'année de 360 
jours, composée elle-même, comme nous l'avons dit, de 36 déca- 
des, ou 6 X 6 X 10 ou 36 X iO décans divins, dont Isis-Sothis 
était la reine; 3G se fjnne aussi par l'addition des quatre premiers 
nombres pairs à laquelle on cijoute les quatre premiers nombres 
impairs. « Le nombre 36, dit Plutarque, en parlant des théories 
« pythagoriciennes, était sacré; on prùtait serment sur ce nom- 
« bre ». 

L'énumér.Uion des théories de Pythagore dont les doctrines ont 
été empruntées aux Egyptiens, doit trouver sa place plus loin. 

Je tiens seulement h montrer ici par ces curieux exemples de 
rapports, décompositions, comparaisons et rapprochements dénom- 
bres, dans quelle voie fausse on se trouve engagé par le jeu exagéré 
de ces combinaisons de nombres, et quelles conséquences, peu 
justifiées, peuvent résulter de l'interprétation outrée de ces combi- 
naisons appliquées aux coïncidences ou simples concordances que 
l'on cherche à obtenir. — C'est un peu ce qui a eu lieu pour Biot 
dans son travail sur Le Caleiidrici' Égyptien, et avant lui pour 
Jomard, dans son mémoire sur Les Mesures Êgi/ptic/ines. 

Mais m est allé plus loin. Voici dans le même ordre d'idées quel- 
ques résultats à citer comme exemples très curieux d'exagération 
dans les combinaisons et l'interprétation des nombres : 

Suivant les relevés de tel ou tel opérateur cherchant à déterminer 
exactement les dimensions de la grande Pyramide, dans son état 
primitif et en outre du rapport^ particulièrement signalé par Jomard 
et que j'ai relaté plus haut, on est arrivé à trouver dans ce monu- 
ment les éléments de la mesure de l'arc du méridien, de la distance 
de la Terre au Soleil, du rapport du poids de la Pyramiile à celui de 



— 134 — 

la Terre, du rapport de la circonférence au diamètre, d'une soit- 
disante solution du problème fameux de la duplication du cube, etc. 

Ce serait ici l'occasion de montrer par quel artifice, basé sur les 
mêmes procédés, c'est-à-dire par un simple jeu de combinaisons de 
nombres, on peut arriver à interpréter une inscription latine, fort 
connue dans le midi de la France, restée jusqu'ici intraduisible; je 
veux parler de l'inscription gravée en belles lettres augustales sur 
la tour restée inachevée de la cathédrale de Rodez, en Rouergue, 
monument, ou plutôt inscription datant l'e la fin du xv"® siècle, et 
où il est question des Pyramides d'Egypte. Mais cela m'écarterait 
aujourd'hui par trop de mon sujet. Je reviens donc aux curiosités 
se rattachant plus particulièrement à mon sujet. 

Platon trouve entre les nombre mystérieux 3, 4, 5 et 6 qui se 
suivent en partant du premier nombre 3 impair parfait^ la relation 

33 J_ 43 ^ 53 := 63 

et en déduit une période réglant les mariages et les naissances (d'oîi 
le nom de nombre nuptial qui lui a été donné), et aussi la grande 
année au bout de laquelle le Soleil, la Lune, les Planètes repren- 
draient les mêmes positions relatives dans le Ciel. 

Un jour, Pythagore, passant devant un atelier de forgeron, 
remarque que les sons des marteaux formaient la quarte, la quinte 
et l'octave. Il s'empressa de peser les trois marteaux, et des rapports 
de leurs poids, il déduit des nombres, au moyen desquels il crée, de 
toute pièce, une théorie mathématique sur l'harmonie des sons. 

Mais Pythagore et Platon sont allés plus loin encore dans leurs 
théories de la Musique Céleste, tirées des mystères égyptiens. 

On dit, en effet, qu'en prenant deux tétracordes disjoints pour 
estimer la valeur des tons^ d'après les poids tendants, et trouver 
une relation entre les distances des planètes et les intervalles de 
l'échelle diatonique, des nombres auraient été obtenus, qui, pris au 
carré et divisés par 4, auraient donné la suite 4, 6, 9, 16, qui eux- 
mêmes sont à peu près dans les rapports des distances réelles du 
Soleil à Mercure, Vénus, la Terre et Mars. 

Et ce passage de la Bible où il est dit que le temple de Salomon 
avait la forme d'un hémisphère, son diamètre étant de six coudées, 
et sa circonférence, le triple de ce nombre, n'a-t-il pas été relevé 
aussi, commenté, fouillé, tourné, retourné par d'infatigables cher- 



— I3r, — 

cheiirs ? De ce texie bien simple et de composition manifestement 
erronée, auraient-ils voulu déduire que le fjimeux rapport de la 
circonférence au diunièti'c, et le non moins fameux problème de la 
quadrature du cercle auraient été connus des anciens Hébreux?... 

Mais voici une combinaison de nombres tout aussi curieuse que 
celle des Pythagoriciens, analogue à celle que je viens de relater, et 
plus heureuse, ou plutôt utile dans ses résultats, car elle peut 
servir à établir l'origine de la semaine : soit la Terre au centre du 
Monde, et les Planètes et le Soleil évoluant autour, c )mme le sup- 
posaient les anciens. Les astres se présentent dans l'ordre suivant : 
(1) Lune; (2) Mercure; (3) Yénus; (4) Soleil; (5) Mars; (G) Jupiter ; 
(7 ou 0) Saturne. Or si l'on multiplie le rang de l'astre par 2 et que 
l'on divise le produit par 7, le reste de la division indique le rang et 
par suite le jour de la semaine auquel l'astre donne son nom; le 
dimanche, ou Sunda\-, correspondant, comme <)n sait, au Soleil et 
représentant le premier jour (Naliar el Aliad); le Lundi correspon- 
dant h la Lune et représentant le deuxième jour, et ainsi de suite; 
le Mardi à Mars, le Mercredi à Mercure, etc. 

Enfin en vuilà as-ez de ces combinaisons. 

Et pour me résumer sur l'objet principal de cette note, je poserai 
les conclusions suivantes : 

1" En ce qui concerne Vorinuie de l'année vague, prinntlce 
des anciens Égyptiens 

Comme chez tous le peuples primitifs, Tannée égyptienne aux 
temps les plus reculés, dut d'ab)rd être lunaire, c'est-à-dire réglée 
sur les différentes phases de la Lune ; ce qui s'explique aisément par 
la facilité même que nous avons d'observer ces phases et d'en 
multiplier les observations. 

INlais on reconnaît, ce me semble, les traces de cette origine 
lunaire dans la notation hiéroglyphique particulière aux mois de 
chaque t ''traménie ; le mot mois est en effet indiqué par un signe qui 
rappelle le croissant lunaire, el le rang du mois, dans la tétraménie, 
est désigné tantôt par un seul croissant pour désigner le premier 
mois, et plusieurs superp)sés jusqu'à quatre, pour répondre succes- 
sivement aux trois autres mois suivants, tantôt par l'unique crois- 
sant avec signes ordinaux allant d'un jusqu'à quatre. 

Il est diflicile de fixer l'époque à laquelle cette année primitive a 



— 130 — 

été transformée en année solaire, ou plutôt luni-solaire, l'année 
vague que nous connaissons possédant, en effet, un peu de cette 
dernière forme (je dois reprendre cette question dans un essai que 
j'aurai à vous présenter sur les origines égyptiennes de certains 
calendriers;. 

Quoiqu'il en sait, la provenance bien égyptienne du système 
sexagésimal de division du cercle, qui ne peut avoir d'autre base 
que celle de l'année solaire elle-même dont la division grossière en 
jours reproduit à peu près celle du cercle, d^it indubitablement se 
confondre avec l'origine du plus ancien calendrier du monde. 

L'année, soit solaire, soit sidérale, notée par les anciens prêtres 
du vieux culte égyptien, devait alors être observée et relevée par 
de bien simples procédés de géométrie pure, au moyen, nous disent 
les plus anciens auteurs classiques, de la spJière armillalre, qui a 
servi aussi aux observations d'autres peuples primitifs, et c'est sur 
ce que nous appelons aujourd'hui l'armille à^arinilla (bracelet) sur 
l'anneau à'anmdus-aiinus ou (année), que devaient naturellement 
être marquées, pour servir de base à la mesure des temps astrono- 
miques à comparer, les divisions décimo-sexagésimales, répondant, 
dans le Ciel, au système astrologique du culte pratiqué, et qui se 
prêtaient si bien aux combinaisons mystérieuses dont je vous ai 
parlé. 

Il a donc très bien pu se faire qu'il ne fut pas question, tout 
d'abDrd, du tableau (ou almanach) exact du nombre de jours de 
l'année (la valeur du jour n'était pas, évidemment, celle à huit 
décimales exactes que l'astronomie lui assigne aujourd'hui), et que 
la notion, un jour, fût pour les besoins du culte remplacée par 
celle un degré d'arc, sans fraction. On comprend dès lors que l'on 
ait pu se C3ntenter, à ces époques primitives, d'un calendrier de 
SGO Jours réT^:>ndsLnt g rosso-modo au^ 360 degrés de la révolution 
annuelle du Soleil, lequel, à son tour, ne dût pas tarder à être aban- 
donné. 

2" En ce qui concerne les conséquences des applications de 
Vannée vague, prinùlive, à la chronologie éggptienne. 

L'année vague de 360 jours, avec ses divisions décimales et sexa- 
gésimales, ses diviseurs nombreux, 2, 3, 4, 5, 6, 8, 9, 10 etc., etc., 
employée comme unité de mesure du temps dans les calculs compa- 



- 13/ — 

ratifs de certaines époques, plus ou moins écartées, fie la chronologie 
égyptienne, et auxquelles cette sjrte d'année depuis longtemps 
abandonnée peut ne pas se rapporter, représenlo une unité de 
comparaison très commode il est vr.ii, mais dont l'application en 
deçà de certaine limite, ou époque plus ou moins inonnue, ne peut 
conduire qu'à des résultats tout à fait incertains ou inexacts. 

Cette sorte d'année peut, en effet, servir de commune mesure à 
une foule de cycles, c'est à-dire de périodes de temps composées 
d'années, soit agricoles, soit astronomiques, lunaires, solaires, sidé- 
rales : tous cycles, le plus suivent purement théoriques et que, 
cependant, avec la meilleure f)i du monde, on croit quelquefois 
découvrir réellement, s)it dans des écrits de rédaction pi us ou moins 
altérée, soit dans des tableaux et inscriptions souvent grossièrement 
sculptés, ou repr()duits plus ou moins fidèlement par l'ouvrier, et le 
tout plus ou moins bien interprété. 

Enfin, en ce <iui concerne le calendrier proprement dit. 

Les anciens Egyptiens ont cjnnu la vraie valeur de l'année, soit 
solaire, soit sidérale. Et la connaissant, il n'y a pas de raison pour 
supposer qu'ils n'en aient jamais fait usage. C'est du moins ce qui 
résulte nettement des raisonnements, analyses de documents, dis- 
cussions et conclusions partielles qui font l'objet de cette note et de 
celle qui l'a précédée. 

Ils connaissaient aussi la révolution synodique de la Lune, dont 
une notion exacte leur était nécessaire pour fixer d'avance les 
retours successifs des nouvelles et pleines lunes. (La lune Aah, 
représentée sous la figure de Khons enfant, qui est l'Horus de la 
triade Ihébaine, est, en effet, dans les textes en perpétuelle relation 
avec les idées de renaissance et de renouvellement) : d'après la 
forme même donnée à l'année solaire, la période au bout de laquelle 
les deux années lunaire et solaire revenaient aux mêmes con- 
cordances, devait aussi être cjnnue des anciens Egyptiens, bien 
avant la prétendue déouverte du cycle d'or, attribuée à Méton. — 
J'examinerai cette question dans le cmrs d'un Essai sur lesorùji- 
nes égyptiennes de (/uelqiies anciens calendriers solaires et 
lu/u-solaires, qu'il me reste à vous présenter, et que j'ai, vu la 
température, réservé pour une séance ultérieure, ne voulant pas 
trop user aujourd'hui de votre bienveillante attention. 

(A suiv.rc). 



Annexe N" 2 à la séance du 8 Juin 1892, 



LA MASIUTE ET LE MASRIUM 



Le Docteur HUSSEIN OFF 



Dans la séance du 21 avril de cette année, h Société chimique de 
Londres reçut lecture d'an mémoire fait par d^ux chimistes du 
Laboratoire Khédivial, MM. H. D. Richmond et le D'' Hussein Off, 
cmcernant l'analj^se d'un minerai rapporté de la Haute-Egjpte par 
S. E. Johnson pacha, lors de ses explorations minéralogiques entre- 
prises entre les provinces d'Assiout et d'Assouan; et la découverte 
d'un nouvel élément chimique faisant l'objet de cette communi- 
cation. 

Parmi les nombreux échantillons rapportés par Johnson pacha 
dont la plup:irt étaient des oxydes et silicates de fer et certains 
minerais de cuivre et de manganèse, existait un alun fibreux d'une 
couleur blanche, léy;èrement rosée et qu'un examen qualitatif rapide 
amena les auteurs à considérer comme alun de manganèse. 

Cette substance fut mise à part afin d'être examinée soigneuse- 
ment, semblant présenter déjà un certain iatérèt scientifique, 
altendu que l'on ne trouve nulles traces de son existence et de sa 
description dans les publications et ouvrages faits sur la minéralo- 
gie et la géologie du sol égyptien. 

Cet alun ne se rapporte nullement, comme composition, à ceux 
déjà connus, car, en prenant la liste des composés minéralogiques du 
cobalt, du manganèse et des aluns, nous ne trouvons nullement la 
nomenclature d'un composé semblable. 

Pendant le cours de leurs recherches, les auteurs s'aperçurent 
que dans ces aluns, existait un corps — outre le manganèse et le 
1er — qui donnait un précipité noir par le sulfure d'ammonium et 



— i;50 — 

qui, en même temps, se précipitait par l'acide sulfliydriquc; on 
liqueur acétique, caractérisation faite de ce sulfure on trouve que 
c'était du sulfure de cjbalt. 

L'existence de ce métal en Egypte paraît assez curieuse, et l'on 
voit qu'une élude approfondie de cet alun est digue d'intérêt surtnit 
en perspective de l'exploitation industrielle du cobalt. 

Les recherchos cliimiques et l'analyse quantitative établissent que 
ces échantillons d'alun sont des sulfates doubles appartenant à la 
classe des aluns fibreux et dont voici la composition pour cent. 

Humidité 40,35 

^Matières ins )lubles 2,61 

Alumine. 10,62 

Oxyde ferriquo 1,63 

Oxyde inc jnnu 0,20 

Oxyde manganeux 2,56 

Oxyde cobalteux 8,02 

Oxyde ferreux 4,23 

Acide sulfurique 36,78 

Total 100,00 

Fer total calculé en Fe^O^ =: 6,33. 

Ce sulfate double qui fait r()bjet de cette communication devait 
dès lors avoir un nom minéralof?ique et on le nomma Miisritc en 
l'honneur du pays dans lequel il avait été découvert. 

La formule chimique de l'alun masrite est la suivante : formule 
vérifiée par le dosage et par les chiffres calculés pour la formule 
indiquée, il en résulte un contrôle assez exact pour établir avec 
précision l'équation suivante donnant la formule et composition de 
la masrite. 

(Al, Fe)'0^ (Ms, Mn, Go, Fe,)0^ ' 80^2011-0 

On trouvera à la fin de cette communication le tableau quantitatif 
des résultats trouvés calculés, ainsi que les molécules et les chiffres 
d'aciiie sulfurique nécessaires. 

Le dosa;4"e de riiumiditô et l'étal dans lequel se trouve le ïev ne 
sont pas des plus exacts en raison des dillicultés que présentent ces 



— 140 — 

dosages dans cet alun ; en effet, l'eau n'est pas complètement chassée 
à une température de 200- centigrades et, à ce degré, le minerai perd 
de son acide salfurique et s'oxyde à une température un peu plus 
élevée, mais nous croyons que les résultats obtenus sont assez d'ac- 
cord avec les chiffres calculés et qui sont : 

Humidité : dosée = 40,39; calculée = 41,37; différence =0,98 

Quant à la quantité du cobalt, elle varie selon les échantillons, les 
quantités trouvées se balancent entre 3,63 et 1,02, aussi la curiosité 
de MM. Richm)nd et Off fut-elle mise en éveil pour rechercher 
si ce métal était connu des anciens Egyptiens et employé par eux à 
la fabrication de la couleur bleue inimitable, sur leurs monuments, 
céramiques, etc. 

Les recherches faites sur quelques échantillons dus à l'obligeance 
de M. Grébaut ont démontré que ces couleurs ne contiennent pas 
de cobalt, mais qu'elles sont teintés par des composés de silicates de 
cuivre et de fer. 

La Masrîte est intéressante principalement parce qu'elle contient 
une substance dont nous ne pouvons identifier jusqu'ici les proprié- 
tés avec celles des corps déjà connus, et que nous avons nommée 
Masriu/n du nom arabe Masr. D'après les résultats obtenus et les 
caractères chimiques bien arrêtés ainsi que les chiffres que nous 
donnons ci-après, on se croit autorisé à considérer le Masrium 
comme un nouveau métal. 

Le Masrium fut dérouvert de la far-on suivante : une assez 
grande quantité de masrite ayant été dissoute dans l'eau, la solution 
obtenue fut précipitée par l'acide sulfhydrique en liqueur acétique. 
Il se déposa alors un précipité blanc grisâtre suivi d'un autre préci- 
pité noir, le premier fut recueilli, lavé et additionné d'acide chlor- 
hydrique qui ne fut pas dissous. 

Ce précipité fut traité alors par l'eau régale à chaud et la solution 
obtenue et filtrée laissa déposer par le refroidissement, du sulfate 
de chaux provenant de quelques impuretés du minerai. La liqueur 
claire fut précipitée par Fammoniaque en excès, le précipité obtenu, 
lavé, fut redissous dans un léger excès d'acide sulfurique et les sul- 
fates cristallisés deux f )is à 50 Vq dans l'alcool donnèrent un sulfate 
blanc qui fut diss)ut dans l'eau et précipité ensuite par un excès 
de soude caustique dans laquelle une forte quantité du précipité obte- 
nu se trouva dissous, la portion insoluble se composait d'oxyde de fer. 



— 141 - 

La solution alcaline fat reprécipitée par une solution «le chlorhy- 
drate d'ammoniaque et le précipité obtenu bien lavé, dissous dans 
de l'acide chlorhydrique fut ti-aité de nouveau par le même procédé 
afin d'éliminer les dernières tnices de fer, et le précipité obtenu fut 
dissous de nouveau dans de l'acide et la solution amenée à réaction 
tout à fait neutre. 

Pour se convaincre que l'on n'était pas en présence de l'alumine, 
il a été pris trois portions de notre solution qui furent précipitées : 

A par l'ammoniaque, 

B par le phosphate de soude ammoniacal, 

C par l'azotate d'argent, 

On obtint alors les poids suivants de précipités : 

A = 0,17G mgm, 

B = 0,235 == 0,059 de P- 0' (acide phosphorique), 

C ~ 0,351 = 0,0851 de chlore = 0,057 d'acide phosphorique. 

Ces chiffres démontrent de suite que l'on n'est nullement en pré- 
sence de Tahimine, mais d'un corps dont l'équivalent est beaucoup 
plus élevé; car 0,176 d'alumine n'exigerait que 0,123 de chlore ce 
qui démontre que son équivalent est plus faible. 

Ce pjint établi et se basant sur ces caractères chimiques déjà 
obtenus, la solution chlorhydrique fut additionnée par l'oxalate 
d'ammoniaque et donna 0,17G de i)récipitt^, qui fut desséché à 130^ 
pendant douze heures et qui laissa 0,103 d'oxyde en le calcinant en 
rouge, soit 58,5 7o- 

Ces propriétés distinguent nettement ce corps d'avec ceux du 
groupe des aluminides. 

Le restant de la solution fut c )nverli en oxalate et ensuite en 
oxyde par la calcination. 

Crt oxyde fut redissous dans l'acide chlorhydrique et en précipi- 
tant Li s!>Iution obtenue par l'oxalate d'ammoniaque, elle ne donna 
aucun précipité dans le filtrat. 

Cet oxalate fut desséché à 130^ et son analyse nous donna les 
résultats suivants. 

A O-rf 2015 (lo luxalulc doniienl 0,115 d'oxyde j;ris au roii^o = (»,li:< li'' M.n!.- 
B » 1895 » » 0,0529 d'acide oxalique par lUrngi'. 

C » 2125 » » 0,05H6 » » 

D » 2965 » 1 0, IG8 d'oxyde gris au rouyc. 



— 142 — 

lO,l37d'oxvclG gris. 
E Ogr 2405 de l'oxalale donnent j ^^ ^^^^55 "^.^^^ 

F » 2695 d'oxalale laissent 0,154 d'oxyde un peu gris au rouge et 0,0825 d'eau. 
G » 6510 » » 0,360 d'oxyde blanc au rouge et 0,208 d'eau. 

Ces résultats donnent le pourcentage suivant : 

0.\yde masrique gris = 57.1 — 57.0 — 57.0 — 57.1 

De la moyenne de ces chiffres on calcule que l'équivalent de 
l'oxyde de raasrium est de (122) et l'équivalent du métal de 114. 

D'un autre côté si le métal est dévalent cela donne un poids ato- 
mique de 228. 

La loi périodique de Mendelscheef et Newland prédit entre autres 
un élément ayant un poids atomique de 225 se trouvant précisément 
dans le groupe de la famil'e des glucinium, calcium, strontium et 
baryum car dans beaucoup de ses propriétés, le Masrium ressemble 
au glycinium, et son oxalate présente une certaine analogie avec 
l'oxalate de chaux, mais vu l'état actuel des recherches entreprises 
nous nous bornons à signaler ses propriétés et nous terminerons par 
les propriétés chimiques de ce corps. 

L'oxyde de Masrium après calcination augmente de poids sensi- 
blement en l'exposant à l'atmosphère et il est complètement soluble 
dans l'acide chlorhydrique. Le poids de l'oxyde ne diminue pas en 
le chauffant dans un courant d'hydrogène mais l'oxyde, ainsi que 
l'oxalate devient un peu foncé. 

Les essais en vue d'obtenir le Masrium à l'état métalliqne ont 
donné jusqu'à présent des résultats négatifs malgré les tentatives de 
réduction du chlorure avec le sodium ou l'électrolyse d'une solution 
alcaline de tartrate. 

La solution du chlorure en l'évaporant à sec, forme une masse 
nacreuse n'adhérant pas à la capsule et s'humectant difficilement 
avec l'eau, dans laquelle il est complètement soluble, même après 
une lente calcination. 

Le sulfate et l'azotate sont les seuls sels préparés jusqu'ici par les 
auteurs et spécialement étudiés. 

Ces deux sels cristallisent facilement dans l'alcool à 50 Vo» 6t par 
ce moj^en, on peut les séparer facilement du sulfate de fer. 

Une solution de chlorure masrique en liqueur acide concentrée à 
chaud donne, avec une trace de chlorure de cobalt, une coloration 



— 143 - 

vert pomme très curieuse et disparaissant en étendant la solution 
avec de l'eau. Ce fait peut aider à l'explication du métal ./• de Ivriiss 
et Sclimidt dont ils déclarent l'existence dans les minerais de cjbalt 
et de nickel. 

Le cdialt obtenu de la masrite quoique soigneusement purifié, ne 
donne jamais une colorali )n bleue nette, en solution fortement 
chlorhydrique, les préparations les plus pures donnèrent toujours 
une teinte verdàtre. 

Gi-ontre h tableau des réactions chimiques des sels de Masrium. 



Pour clore cette communication, sans abuser, Messieurs, plus 
longtemps de vos instants, nous terminerons en vous annonçant que 
la découverte de ce minerai a été trouvée assez digne d'intérêt pour 
avoir été publiée dans divers journaux scientifiques d'Europe et les 
auteurs se proposent de publier prochainement une brochure sur 
les propriétés physique, chimique et spectroscopique de ce nouveau 
métal. 



Tabloau quantitatif do l'analyso cliiiiiiiiuo d'un ahm liibiTUx d'I'jiyptc nonimt' Masrite 
(AI. Fer' 0' (Ms Mn. Co Fo) 0. tSiP 1^0 ll-0. Motal nouveau « Masrium » Msz=: 1 1 1 



liLK.MKNI'S nosÉs 


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14-1 



Tableau des réactions chimiques des Masriuni. 



Acide siilfhydrique, on soUilion elilorhydrique ou iieutt-e : rien. 

» » azotique : nréciinté blanc grisàlro deve- 

nanl cvlaliiioux apivs; pon ilo U'inp?;, in^johible dans l'acide acétique mais 
solulile dans l'acide chloi'hyiirique : quelquefois il est complètement blanc. 

Sulfure d'ammonium et de sodium : iiréi'ii>ité blanc gélatineux insolu- 
ble dans un excès. 

Carbouate d'ammoniaque et de soude : précipité blanc insoluble dans 
un exi-ès même à chaud. 

Soude caustique : précipité blanc solulile dons un excès. 
Ammoniaque : » » insoluble » 

Ferro-cynanure de potassium : préripité lilanc insolultlo dans un ex(\'s; 
sohilile dans la liqueur-niére. 

Ferri-cynanure : rien ; diiTiM-ence d'avec les sels de zinc. 

Chromate de potasse : précipité jaune insoluble dans un excès; soluble 

d.uis sa dissoluiiou saline. 

Oxalate d'ammoniaque : précipité blanc insoluble dans un excès; soluble 
dans >a dissolution s.aline. 

Cynauure de potassium : précipité blanc insoluble dans un excès. 

Tartrate de potasse et de soude : précipité blanc solulile dans un excès 
no précipi'ani |«as par l'anumunaque. 

Sulfate de potasse : produit un précipité dans une solution chaude (c'est 
un précipité blanc gélatineux et le liltrale ne ci-istallise pas après l'avoir 
chautlé à lébuUilion), et ce précii>ité examiné au microscope ne montre 
ni cubes ni octaèdres, mais seulement des aiguilles. 
N.-B. — L'oxyde calcine avec de l'azotate de cobalt donne une coloration 
bleue très faible. 

Tannin : rien. 

lodure de potassium : rien. 

Succinate d'ammoniaque : précipité blanc gélatineux ins. dans un excès 



AnKK ^' 5 a Id >ejai>' au •> jua u>'-'z. 



NOTICE 

OILLOIES MONNAIES EN AKUENT 

FRAPPEES A OMME DIRMAN 

S E. Y ARTIN pacha 



Dans hi së.vace d.i 4 novembre ISST. j*ai eu l'honneur de v >us lire 
un mémoire sur quelques m >:in:iie$ lî.i Mahli Mohammel Ahmed 
du S.^udan. 

Plus tard, dans la séance du 3 mii ISSO jai prec>enîè une nouvelle 
pièca de monnaie en arirent frappée à Omme Dirman 

C^mme je n'avais fait que présenter cette pièee inlère-ssanle sms 
la décrire et que depuis cette séance j*ai eu la bonne f >rtune de me 
procuivr deux autres pièces de monnaie divisi«>nnairi»s en argent de 
même provenance, j'ai pensé qu'il vous serait a::réaMe ^l'en avoir 
la description consignét» dans notre bulletin. 

Je disais dans mon mémoire de 1SS7. que le Mah li prétendait 
réunir en sa pers«.nine à la fois la puissance spirituelle et la puis- 
sance temp^^ivlle comme unique représentant du iloïrme «le la 
ivlgion et du suprême pouvoir siicerilotal ainsi que de Punilè de 
l'empire séculier. Tout ct*la. ajoulai-je. me parait f »rl clair et 
irréfutable puisque son suca^sseur AKlallah, à la mort du Mah li, a 
pris. Siins hésiter, le titre de Khalife. 

Je trvnive la a">ntîrmalion de cotte opinion dans un livre que le 
major F. H. Winj^ale, vient de publier à Londi"*s (chez l'èiiiteur 
Macmillan v's: Co. I80l\ sjus le litrv^ de MafHÙ'ism ami Egypfùin 
Sudan. — Bei/nj an account qf the rise and progtvss of Mafh- 



— 140 — 

cUisni and of subséquent eoents in tUe Soudan tothe présent 
time. 

Ce volume de plus de GOO pages, qu'accompagaent 30 cartes et 
plans, est rempli des plus intéressants détails sur les origines et les 
progrès du Mahdisme. 

Outre l'histoire générale du Soudan depuis 1879, l'auteur suit pas 
à pas rhist)ire de chacune des provinces qui forment le Soudan 
égyptien; tant le Soudan proprement dit ou Nubie que le Soudan 
équatorial, le Kordofan, le Darfour etc. 

Ce qui rend C9 livre utile et même inappréciable comme livre de 
référence sur le Soudan et son histoire moderne, c'est qu'entre les 
détails les plus circonstanciés sur l'histoire et la géographie, l'auteur 
y a consigné une grande partie de documents, tels que lettres, 
proclamations, ordres, etc., émanant du Mahdi lui-même, de son 
successeur ou de ses émirs, etc. 

L'étude de cet ouvrage et des documents qui l'accompagnent m'a 
confirmé^ comme je le disais plus haut, dans l'idée que je m'étais 
faite du caractère de la révolte prèchée par le Mahdi. 

En effet, dès l'origine, il cherche à soulever le peuple contre les 
Turcs, c'est-a-dire contre les Egyptiens qui occupent le pouvoir et 
qui représentent pour lui et ses adhérents l'élément étranger et 
ennemi. Il excite ses partisans à réfuser obéissance au Gouverne- 
ment et à prendre les armes contre lui : il leur promet la conquête 
pour un temps très prochain, de l'Ejypte, de Constantinople et de 
la Mekke qui sont pour lui le monde tout entier. 

Il défend de croire qu'un autre que lui soit le maître ici-bas soit, 
au temporel, soit au spirituel. 

C'est un fait constant que dans toute révolution contre un pouvoir 
établi ou une religion dominante, les aspirations du chef qui crée et 
conduit le mouvement se molifîent et s'élargissent au fur et à 
mesure de ses succès et de la consolidation de son pouvoir; c'est 
ainsi que les horizons des idées et de l'ambition du Mahdi se sont 
élargis et ont grandi avec ses succès. 

En 1880, le Mahdi n'était encore qu'un simple chef d'école 
entouré de quelques disciples qu'il enseignait dans l'île d'Abba, à 
150 milles au sud de Rhartoum. 

Ses doctrines subversives indisposèrent les ulémas de Khartoum 



— 117 — 

et sa n'iputation croissante inriuiiHa le gouverneur g«^'néral Réouf 
pacha qui envoya Séoud pacha avec quelques troupes â bord d'un 
bateau à vapeur avec mission d'amener h Khartoum Mohamed 
Ahmed. 

Le maître, aidé de ses disciples, infli^^ea ii AbouSéoud une défaite 
sanglante, ce qui lui donna l'occasion de proclamer devant ses 
partisans sa mission divine. 

Ne se trouvant plus en sûreté dans l'île d'Abba, qui n'était pas 
d'ailleurs un milieu favorable à la propagande qu'il avait commen- 
cée, il se retira dans les montagnes de Nuba, à Gédir, sous la i)ro- 
tection du roi nègre Tag-Allah, 

Depuis cette première victoire, le Mahdi n'a plus rencontré nulle 
part de résistance sérieuse; partout la victoire a couronné ses efforts 
jusqu'au jour d*^ la prise de Khartoum en 1885. 

A partir (le ce moment sps prétentions et son ambition n'()at plus 
connu de bornes. Tout lui appartient par droit divin, tout lui est 
permis par la volonté de Dieu. On ne doit hommage et obéissance 
qu'à lui et à ses ordres. 

Il ne se contente plus d'enseigner le Coran et de le commenter 
simplement, il édite des chapitres en entier nouveaux et les com- 
mente lui même. Il veut que ses paroles verbales ou écrites aient la 
même valeur légale et canonique que les hadisses du Prophète. 

En un mot, il est le maître absolu, le prophète des derniers jours, 
qui a pour mission de soumettre tous les hommes à ses lois: il est la 
source de la paix et de la justice dans ce monde et dans l'autre. 

Tant de succès et la soumission de tant de peuples le confirmaient 
dans l'idée de sa mission divine aussi bien à ses propres yeux qu'aux 
yeux de ses partisans et même de ses ennemis. 

C'est parvenu à ce moment suprême le succès inespéré, que dans 
l'orgueil de ses victoires, il conçut l'idée d'affirmer sa souveraineté 
de droit divin par la frappe d'une monnaie en son nom. 

En edet, les premières monnaies du Mahd portent la date de 1302, 
année qui commence le 9 octobre 1881 et finit le 27 septembre 1885, 
c'est-à-dire après la prise de Khartoum en janvier 1885. 

Le Mahdi m")urut dans la plénitude de sa gloire, le 8 Ramadan 
1302, 22 juin 1885; Abdullah El Taaichi, comme vous le savez, lui 
succéda immédiatement en prenant le titre de Khalife. 



— 148 — 

Il paraîtrait que le successeur du Malidi, à l'origiae de son règne 
n'a pas continué à frapper monnaie. Soit qu'il rencontrât des diffi- 
cultés techniques ou autres dans rémission d'une quantité de 
numéraire suffisante pour les besoins de son empire, soit que les 
dépenses de frappe lui parussent trop considérables, ou pour toute 
autre raison, il paraîl certain qu'il a renoncé au débat de son pouvoir 
à battre monnaie. Les pièces qui me sont parvenues portent la date 
de 1304, ce qui nous reporte à deux années après la mort du Mahdi ; 
il est vrai que nous ne pouvons pas conclure de ce fait seul et d'une 
manière certaine qu'il n'a pas frappé monnaie en arrivait au pou- 
voir, mais la proclamation produite à la page 599 du livre du major 
Wingate, ordonnant le cours forcé de toutes les monnaies, quelle 
que soit leur provenance, paraît confirmer ce fait avec certitude. 

Permettez-moi de donner lecture de cette proclamation telle que 
la djnne le major R. F. Wingate. Voici la traduction de ce docu- 
ment : 

« Au nom de Dieu, etc. 

« De la part du Khalife du Mahdi. 

« A tous ses bienaimés en Dieu, spécialement aux marchands, 
commerçants et autres. 
« Mes frères : 

« Il n'est pas au delà de la compréhension de l'homme intelligent 
« que ce bas monde a ses hommes et que le monde futur a aussi les 
« siens. Car le Prophète a dit : Les hommes de ce bas monde ne 
« ressemblent pas aux hommes du monde à venir. 

« Les vrais croyants sont ceux qui préfèrent le monde futur et 
« s'y préparent en faisant le bien et en suivant l'exemple des dis- 
« ciples du Propliète ; en supportant avec patience les misères de 
« cette vie. Mais les hommes voués au monde d'ici-bas passeiit leur 
« temps à amasser des richesses, ils ne supportent pas patiemment 
« les épreuves de l'affliction. Ils sont entièrement voués aux plaisirs 
« éphémères. 

« Vous savez bien que ceux qui possèdent les biens temporels 
« sont privés des biens du monde m.eilleur qui est à venir ; et l'on 
« dirait d'un voile qui serait entre eux et le monde futur. 

« Ces hommes, comme vous le pensez, se trompent eux-mêmes; 
« car tous les plaisirs et toute joie viennent de Dieu seul ; et ceux 



-- 14'.) - 

« qui cherclient du plaisir lior.s de lui ne seront jamais satisfaits. Le 
« Mahdi vous a toujours ainsi prêché en vous tenant en garde 
« contre les embûches de ce l)as monde, ses plaisirs et sesrichessss. 

« Réfugiez-vous donc en Dieu, mes frères. 

« Vous savez fort bien qiio j'imame l']l Mahdi a souvent promul- 
« gué sa volonté poui- vi)us ordonner d'accepter dins toutes vos 
« transactions t )utes les espèces de monnaies. Il vous a ordonné de 
« n'en refuser aucune espèce; il v)us a môme fiit connaître plu- 
« sieurs paraboles à ce sujet. Moi-même j'en ai fait autant. 

(' J'entends cependant toujours qu'il y a parmi vous des discus- 
« si)ns sur cette questi)n, et je constate que nos ordres ne sont pas 
« obéis. Vousontinuez à refuser des monnaies courantes ou à vous 
« quereller sur l'acceptation ou le refus de ces monnaies. 

« Sachez que cette pratique est cause d'un grand scandale parmi 
« les vrais musulmans. 

« Par conséquent j£ fais paraître encore une fois cette proclama- 
« tion à l'effet de vous engager à cesser une fois pour toutes de 
« ])nreîlles discussions oncernant les pièces de monnaie de toute 
« provenance savoir : les thalaris de toutes les espèces, même s'ils 
« sont frustes; également les livres en or et les piastres en argent 
« qu'elles soient kabbasha, sikigendi ou égyptiennes, et que ces 
« monnaies soient frustes ou non. 

« Toute pièce de monnaie doit avoir cours dans v )s transactions, 
« et la valeur nominale de chaque pièce sera invariable et toujours 
« la même, que la pièce soit fruste ou non. 

« Si, il l'avenir, quelqu'un refuse d'accepter une monnaie fruste, 
« même si cette monniie n'était qu'une pièc3 de la valeur d'une 
« piastre, il sera puni par la conliscation de toute sa fortune pour 
« avoir désobéi aux. ordres présents et à ceux édictés par nos pro- 
« clamations précédentes sur cette matière. 

« Ceci est également obligatoire : à l'avenir 4 dra'a de Daramur 
« seront vendus pour un quart de thalari dans tout le Soudan. 

« Gardez-vous de désobéir à nos ordres, de crainte d'attirer sur 
« vous des punitions très sévères. » 

Cette proclamation, pas plus que les précédentes, n'apaisa, s'en- 
tend, les querelles dont parle le Khalife, et le « scandale parmi les 
musulmans » n'a fait que devenir de plus eu plus grand, D'un autre 



— 1?.0 — 

côté, les punitions édictées étant dès l'origine inapplicables, à cause 
de leur sévérité excessive, et n'ayant probablement jamais pu être 
appliquées ; et par-dessus tout la perte que subissait le Beit El Mal 
en recevant à sa valeur nominale de la monnaie dépréciée dans le 
commerce et qu'il ne pouvait refuser sans la déprécier encore 
davantage ; toutes ces raisons, et d'autres que nous ne connaissons 
pas, décidèrent le Khalife à battre monnaie comme son préléceseur. 
Ce sont précisément ces monnaies frappées au nom du successeur 
du Mahdi que je me propose de décrire. Pour faire suite au mé- 
moire qui se trouve dans notre bulletin de 1887, je donnerai le n" 4 
à la première de ces pièces. 

Pièce N° 4. 

Cette pièce de monnaie en argent est à peu près du type du Med- 
jidieh ottoman en argent, valant 20 piastres turques. 

Diamètre 0"\0365 

Épaisseur 0"",022 

Poids 23^"' 09 

Sur l'avers, au centre du toughra de la même forme que le tou- 
ghra ottoman accompagné d'une branche de laurier en fleur dans 
le genre des fleurs héraldiques des pièces en argent ottomanes. 
L'inscription dans le toughra p)rte simplement 4>:«^ accepté. 

Ce mot ne peut se rapporter qu'à la pièce elle-même pour lui 
donner un cours forcé. 
Au-dessous du toughra il y a 

o 5">* 
^^ année 
Vous vous rappelez que sur les pièces du Malidi (n"* 2 et 3 Bul- 
letin de V Institut Égyptien, 1887) se trouvait aussi gravé le 
chiffre 5. Ce chiffre marquait le nombre d'années écoulées en l'année 
1302, depuis la première manifestation de sa mission providentielle, 
c'est-à-dire depuis sa fuite de Pile d'Abba, de laquelle le Mahdi a 
daté son Hidjra ou ère du Mahdi, en opposition à l'ère du Prophète. 
Faut-il voir là l'abandon de l'ère du Mahdi, et un retour à celle 
du Prophète sous la pression de l'opinion publique imbue des idées 
traditionnelles musulmanes? Je suis tenté de le croire. Pourquoi 
alors reproduire ce chiffre? Ne serait-ce pas sous l'influence de 



— 151 — 

quelque idée cabalistique attachant une propriété heureuse au 
chiffre 5? Ou plutôt pour donner satisfaction aux partisans sincères 
du Mahdi et du Mahdisme qui sont sans doute très nombreux aussi? 
Je crois, que sans nous risquer, nous pouvous adopter également 
cette seconde hypothèse. 
Sur le revers au centre : 

1 \ 

Jrappé ^j^ 
à J 

Omme Birman oUj^» 

1304 ir-t 

L'année 1304 correspond aux années 1886-1887. Le chiffre 1 
placé au dessus de «^y-^ indiquerait normalement la première année 
du règne du Khalife. Cependant, en 1304, nous sommes à la seconde 
année de son règne après la mort du Mahdi. Nous croyons, quant 
à nous, que ce chiffre 1 indique la première année oii le Khalife a 
ordonné de frapper monnaie. 

Nous pouvons donc, dans ce cas, et vu cette particularité, affir- 
mer que le Khalife n'aurait frappé monnaie ni en 1302 ni en 1303, 
comme nous l'avons fait remarquer plus haut. 

Je dois en outre faire ici une remarque qui me paraît très impor- 
tante. Pour les raisons que nous avons données plus haut, il me 
parait établi que le Khalife ne se souciait pas de faire frapper 
monnaie; mais, même après, quand il s'est décidé à le faire, il me 
semble que s'il l'a fait, ce n'a été, pour ainsi dire que malgré lui, 
car ni son nom, ni ses titres ne figurent sur aucune partie de ses 
pièces. Ne pourrions-nous pas voir là encore un sacrifice de ses 
prétendues prérogatives à l'opinion publique, vu les idées reçues 
dans le monde musulman et partagées par une grande majorité de 
ses sujets^^soudaniens en ce qui regarde la frappe des monnaies, ce 
sacrifice, si c'est un sacrifice et non une tendance politique h se 
débarrasser du Mahdisme, s'allirme ici par la frappe d'une monnaie 
impersonnelle, si je puis m'exprimer ainsi. 

Les ornements sur les bords de la pièce, tant à l'avers qu'au 
revers rappellent le style des Medjidiehs ottomans en argent; on 
pourra s'en faire une idée en jetant les yeux sur la planche ci-jointe : 



- 152 — 

Pièce N° 5. 

Diamètre 0'",027 

Épaisseur 0'",002 

Poids lg%8 

Avers, au centre : Toughra et fleur de laurier comme au n* 4. 

Dans le toughra : 

Accepté Jjt"^ 

Au dessous : 

année ^^ 
Revers au centre : 

4 i 

frappée ^j^ 

à j 

Omme Birman 'ûUjy' 

1S04 ir-t 

Toutes ces inscriptions, sont comme vous le voyez, identiques aux 
inscriptions du n° 4, sauf qu'à l'avers, le chiffre 5 sur ^-' est rem- 
placé par le chiffre 4 et au revers le chiffre 1 sur «iV^ est également 
remplacé par le chiffre 4. 

Je ne saurai donner aucune explication à ces irrégularités, sauf 
les hypothèses que j'ai avancées plus haut. 

Les ornements autour de la pièce à l'avers et au revers sont les 
mêmes qu'au n" 4 naturellement en plus petit. 

Pièce N*' 6. 

Diamètre 0'",024 

Épaisseur 0",001 

Poids b^\l 

Toutes les inscriptions et les ornements à l'avers et au revers sont 
identiques aux inscriptions et aux ornements du n° 5. 



S' A. 




X .. 



z''^'"'^^"'--: 




\ ' C. 



Vi. 



li^^k^ m^" 





— i:.:{ 



LISTE 



OUVRAGES REÇUS PAR L'INSTITUT EGYPTIEN 

PENDANT LE MOIS DE MAI 1892 



EGYPTE 



Journal Officiel, du n» 56 au n° 67. 
Moniteur du Caire, du ii° 1,085 au n° 1,097. 
Telegrophos, du n° 2,596 au ii° 2,618. 
L'Afjriculture, nos 20, 38, 39. 
Le Réceil égi/pticn, n° 6. 
Il Telescopio, n» 5. 

MiNi.sTKRE DES Travau.v PUBLICS. — Rapport de la commission internatio- 
nale d'assainissement du Caire. 

AUTRICHE 

Académie des sciences de Vienne. — Classe de mathématiques et d'histoire 
naturelle : 

Mémoires in-4o vol. 58. 

Procès- verbaux iii-8o, l""» série, vol. K'O, liv. 1 à 7. 

— 2n>e série A vol. 100, liv. 1 à 7. 

— id. B id. id. 

— 3°>« id. id. id. 
Classe de philosophie et d'histoire : 

Mémoires iii-4° vol. 40. 
Procès-verliaux iii-S», vol. 124, 125. 
Table des volumes 111 à 120. 
Almanacli pour 1891. 
Musée d'histoire n.\turelle de \ienne. Annales, vol. n"s3, 4. 

BELGIQUE 

Le Sphinx de Gi^eh et les travaux de M. Grèbaut, par M. le baron Hyppo- 
lite de Rojer de Doui-. 

ESPAGNE 

Académie royale d'Histoire dk Mxorid. — Vol. 20, liv. 4. 
Association ARTisTico-ARCHÉOLooiyrE de Barcelone. — Mai 1892. 



— 154 — 

FRANCE 

Envoi du Ministère de l'Instruction publique et des Beaux-Arts : 

Académie de Maçon. — Annales, 2me série, vol. 8. 

Académie des Sciences, Arts, et Belles-Lettrs de Caen. - Mémoires, 1891. 
Académie de Sciences et Belles-lettres de Montpellier : 
Mémoires. — Sciences, vol. 11, liv. 2. 

— Médecine, vol. 6, liv. 2. 

— Lettres, vol. 9, liv. 12. 

École des Hautes-Études. — Bulletin de sciences mathématiques, 2'ne série 
vol. 15, sept, à décemb. 1891 ; vol. 16, janv. 1892. 

RÉUNION des sociétés DES BEAUX- A RTS DES DÉPARTEMENTS — ¥ SCSSIOO, 1891. 

Société archéologique du midi de la France. — Bulletin, série in-8°, liv 8. 
Société des sciences naturelles et mathématiques de Cherbourg. — Mé- 
moires, 3™e série, vol. 7. 
Société d'antropologie de Paris. — Bulletin, 4me série, vol. 2, fasc. 3. 
Musée Guimet. — Revue de l'Histoire des religions, vol. 24, fasc. 2. 
Recueil de trcwaux relatifs à la philologie et à l'archéologie égyptiennes et 

assyriennes, vol. 14, fasc. 12, 
J. BouRGOiN. — Précis de l'Art Arabe, liv. 21, 22, 23, 24. 
G. Maspero. — La carrière administrative des hauts fonctionnaires égyp- 
tiens (études égyptiennes). 
Augustin Cauchy. — Œuvres complètes, l""* série, voi. 7. 
Société archéologique de la province de Constantine.— Recueil, vol. 26. 
Annales industrielles, 1892, 1er sem., nos 17, à 21. 

Bibliographie de la France, table alphabétique de 1891-1892, n» 17 à 21. 
Faculté des lettres de Poitiers. — Bulletin, 1892, avril. 
Feuille des jeunes naturalistes, n° 259. 
Moniteur industriel, n°s 16 à 20. 

Pharmacie centrale de France. — Journaux réunis, n° 8-9. 
Revue des livres et de la Presse, 1892, n° 5. 
Société d'encouragement pour l'indusdrie nationale. — Bulletin 1892, 

avril. Résumés, 1892, avril. 
Société de géographie de Paris. — Comptes rendus, 1892, n» 8. 
Société des ingénieurs civils. — Mémoires, mars, 1892; Résumés, 1892, 

avril 22, mai 6. 
Dr Alb. Galmette. — Note sur la rage en Indo-Chine. — Organisation et 

fonctionnement de l'Institut de vaccine animale à Saigon. 
E. Legrand. — Cc/it dix lettres grecques de François Filelfe (Envoi de l'é- 
cole des langues orientales vivantes). 

ITALIE 

Académie des Lincei. — Sciences morales et historiques, 4^^ série in-4'', 
vol. 9, part. 2, décemb. 1891 et table 5ine série in-8°, vol. 1, fasc. 1-2; 
Sciences physiques et mathématiques, S^e série in-4°, vol. 1, fasc. 6 à 8. 

B1B10THÉQUE centrale de Rome. — Bulletin, 1892, avril. 



— 155 - 

Institut cAnTOGRAPHiQtiE italien. — Carlnadc la Sicile : provinces de Cnm- 
pobasso, lîcllune, Cascrle et carie des chemins de fer italiens; avril 1891. 
J. Randone. — Graphique des importations en Egypte, 1884 à 1889. 

MEXIQUE 

Observatoire de PaEBU — Résumés journaliers, 1891, sept, à déc, 1892 
janvier. 

PORTUGAL 

Société de Géographie de Lisbo.nne. — Bulletin, lO"* série, n" 4-5. 



SEANCE DU k NOVEMBRE 1892 



Présidence de S. E. Yacoub pacha Aniiy, présùleul. 



La séance est ouverte à 3 heures trois quarts. 
Sont présents : 



membres résidants . 



LL.EE. Yacoub pacha Artin, président. 
D"" Abbate pacha, vice-président 
M. J.-B. PiOT, secrétaire, 
LL.EE. D' Hassan pacha Mah., \ 

ISMAIL PACHA EL FaLAKI, 
D' ISSA FACHA HaMDI, 

D' Osman bey Ghaleb, 
Saber bey Sabri, 

MM. BONOI.A BEY, 

D"^ Dacorogna bey, 
d^ fouquet, 
Grand bey, 

HÉLOUIS, 
SiCKENBERGER, 

Ventre bey, / 

MM. LE COMTE d'Hulst et W. Groff assistent également à 
la séance. 

Le procès-verhal de la séance de juin est lu par le secré- 
taire annuel et adopté. 

La correspondance imprimée comprend, en outre des 



— 158 — 

journaux et revues périodiques un grand nombre d'ouvra- 
ges remarquables venus de toutes les parties du monde : 
la liste en est publiée à la fin du bulletin. 

La correspondance manuscrite contient : 

1° Des accusés de réception des bulletins de l'Institut 
par : 

La Société des Ingénieurs civils. — 3'"*-' série n° 2. 

MM. Ferand Giraud. — 3"^^ série n° 2. 

V American philosophical Society. — 3"'^ sér. n° 3, fasc. 1-2. 

Le Bureau of Paihohxjy, Washington. — 3""^ s. n° 3, f. 1-2. 

La Geolog. and natural Imlory survey, Canada. — 3™*^ série 
n°3, fasc. 1-2. 

Le Meteorological Service of Canada. — 3"^'' série n° 3, f. 1-2. 

La Numismatic and anliquarian Society of Philadelphia. — 3"'" 
série n° 3 fasc. 1-2. 

La ^Vagner free Institufe of Sciences. — 3"'*^ série n° 3, f. 1-2. 

La Sociedad scienlifica Antonio Alzate, Mexico. — 3"''' s. n° 3, 
fasc. 1-2. 

La Meleoroloyical Observatory, Tokio (Japon). — 3""^ s. n° 3, 
n° 1-2. 

La direction générale de Statistique (La Plata). — 3'"^ s. 
n° 3, fasc. 1-2. 

L'Académie de Législation de Toulouse. — 3'"'' sér. n° 3, 
fas. 1-2. 

2*^ Du Ministère des Travaux publics : 

Une lettre annonçant l'envoi de deux exemplaires, l'un 
en arabe, l'autre en anglais, du rapport de M. le lieutenant- 
colonel Ross, sur la distribution des eaux, etc., dans la 
Haute-Egypte, avec un atlas à l'appui. 

3° Du même Ministère : une lettre par laquelle il an- 
nonce l'envoi de la carte de la ville de Louqsor qui a été 



- 159 — 

dressée par les ingénieurs du Ministère cl éditée pari' Im- 
primerie Nationale de Boulaq. 

fï" De i\I. le Directeur de la Presse au Ministère de l'In- 
térieur demandant le service du Uulleiin de l'Institut. 

ry De M. E. Cartailhac, l'un des directeurs de la Revue 
d' Anthropologie et d' Ethnographie de Paris, annonçant l'envoi 
d'un ouvrage, tiré à ses frais et en petit nombre, sur Les 
Monuments primitifs des Iles Baléares. L'auteur aime à rappe- 
ler dans cette lettre les excellentes et amicales relations 
qu'il s'est jjIu à entretenir avec plusieurs de nos collègues 
dont la plupart sont aujourd'hui décédés. 

Vf De la Société des Sciences naturelles de Graz annon- 
çant l'envoi de ses Mémoires, année 1891. 

7° De l'Institut oriental de Naples, annonçant l'envoi du 
premier volume de la collection de cet Institut, contenant 
Fm (jrai)imaire Indoustano^ du Prof. Tagliabue, et demandant 
l'écliange du service du Bulletin de notre Société. 

8° De la Smithsonian Institution, de Londres, annonçant 
l'envoi de deux caisses d'ouvrages publiés par ses soins. 

9" Du Bureau des échanges internationaux du Gouver- 
nement (les Nouvelles-Galles du Sud, informant l'Institut 
de l'envoi du premier volume des Souvenirs historiques des 
Nouvelles-Galles du Sud. 

10" De M. Borelli bey, par laquelle il fait hommage à 
l'Institut d'un exemplaire de la première partie de la Létjis- 
lation Eipjptienne, que l'auteur vient de publier. 

1 1'' De M. le Directeur général de la Municipalité d'A- 
lexandrie, demandant à l'Institut de vouloir bien contri- 
buer au développement de la bibliothèque municipale 
d'Alexandrie par le don d'ouvrages dont notre bibliothè- 
que pourrait se dessaisir. 

12° Du Comité organisateur du Congrès botanique 



— 160 — 

international de Gênes, demandant à notre Société de se 
faire représenter officiellement a ce congrès. 

13° De M. Gavillot, secrétaire général de notre Société, 
par laquelle il prie l'Institut, en raison d'affaires privées 
qui le retiennent en France, d'accepter sa démission de 
secrétaire général et de membre résident. 

1 4° De la Société des amis des Sciences et Arts, de Roche- 
cliouart (Haute-Vienne) demandant l'échange des publi- 
cations. 

Des remerciements seront adressés aux généreux dona- 
teurs, parle Secrétaire de l'Institut ; le service du Bulletin 
sera fait à la direction de la Presse; les ouvrages dont 
l'Institut peut disposer seront envoyés à la Bibliothèque 
Municipale d'Alexandrie ; avis sera donné à M. Gavillot 
que sa double démission est acceptée, avec mention des 
regrets unanimes que sa détermination cause à tous ses 
collègues; l'échange du Bulletin contre celui de la Société 
des Amis des Sciences et Arts de Rochechouart (Haute- 
Vienne) n'est pas approuvé. 

M. LE Président fait hommage à l'Institut d'un ouvrage 
de Malus, officier attaché à l'expédition de Bonaparte en 
Egypte. Ce livre est un recueil de notes prises au cours des 
événements dont l'auteur était le témoin et quelquefois 
l'acteur. On comprend dans ces conditions quel intérêt 
doit présenter un tel récit. 

M. LE Président présente en outre le premier fascicule 
d'un ouvrage de M. Chauvin, donnant le détail bibliogra- 
phique de tous les ouvrages arabes parus depuis 1810 
jusqu'à nos jours; c'est la suite du remarquable travail de 
Schurer, qui a rendu de si grands services aux savants 
raabisants. 



- 161 — 

Sur la proposition (1<; M. le Président, Tlnstilut décide 
de souscrire pour un exemplaire à ce travail. 

L'ordre du jour appelle la communication de M. William 
G roff intitulée : Elude arcliéolof/iqite sur le Nil. 

Voir annexe n"* 1. 

M. LK Prksidf.nt remercie vivement l'auteur du sujet de 
la brillante étude qu'il vient de lire et qu'ont souligné les 
applaudissements unanimes de l'assistance. Il ajoute l'ob- 
servation suivante : 

« — Le jeu sur la valeur numérique des lettres a existé 
et existe encore parmi les littérateurs arabes. Ainsi chaque 
pièce de vers se termine en général par un demi-vers ou 
un vers complet dont la somme des valeurs numériques 
des lettres donne Tannée où la pièce a été faite. Évidem- 
ment cette pratique nous vient des pythagoriciens. 

ce A l'époque grecque en Egypte, cette pratique a pu 
être d'un usage constant, et celte coïncidence du Aei/os, 
équivalant à 365 a dû frapper quelque lettré précieux de 
l'époque. Comme d'ailleurs Tannée était réglée pour le 
commun par le Nil, le public pythagoricien a pu voir là 
une coïncidence divine ». 

M. Ventre bey présente à la suite de la communication 
de M. Groff et des remarques de S. E. Artin pacha, les ob- 
servations suivantes : 

« — 11 résulte, nettement, de Tinléressant et savant 
travail de M. Groff, sur les origines du mot Nil, que le 
nom profane, populaire du Nil était chez les anciens Égyp- 
tiens, et bien avant Tépoque ptoh'maïque-grecque, Atour 
ou Aour, qui signilie aussi fleuve ou, du moins, dont le 
déterminatif, en écriture hiéroglyphique, implique Tidée 



— 162 — 

de couler, monder d'où fleuve, inondation] ce nom ancien, 
du fleuve égyptien, se reconnaissant dans sa désignation 
biblique, à l'époque de Moïse ou des Pasteurs, et dans 
l'expression sémitique Nâôr, fleuve. 

« Or, dans le Méroglypbe A-four, A est bref; et le troi- 
sième mois de la première saison ou tétraménie Scha cor- 
respondant à la crue du fleuve, est Atyr ou Atour. 

« Nous savons aussi que le premier mois de cette 
tétraménie est Thot dont le commencement répondait à 
l'ouverture de la saison de la crue, correspondant elle- 
même, comme point initial, dans le calendrier solaire, 
naturel, au solstice d'été, soit actuellement notre 21 juin 
Grégorien. Le premier Atyr ou Atour répon lait donc à ce 
que nous appelons aujourd'hui, dans le calendrier Grégo- 
rien, le 20 août ; c'est, comme on sait, l'époque de l'ouver- 
ture des grands canaux d'inondation. Et le mois à'Afour 
répond bien aussi au mois de l'inondation ; c'était bien, en 
un mot, le mois du Nil, tirant son nom du nom même du 
fleuve égyptien . 

« Enfin, on a tort d'écrire en arabe {j_}-^) Retour, avec le 
A, et les étymologies Hathordu nom de la déesse égyptienne, 
et Taur, Attar taureau laboureur, labourage, etc., discu- 
tées ici-même, à cet Institut, depuis Raige, tombent ainsi. 

M. SicKENBERGER. « — G'cst l'indigo qui porte aux Indes 
depuis les temps les plus reculés le nom de Nil, comme 
chez les Persans et chez les Arabes. On donne aussi ce 
nom à la couleur même de l'indigo, couleur bleu foncé 
changeant en cuivrée et ensuite à d'autres choses don- 
nées de cette couleur. Par exemple, une semence, dont 
l'emploi en médecine se perd dans l'obscurité des temps, 
s'appelle au bengal, nil koulmi; en persan, toulami-nil ; 



— 16:i — 

en arabe, Imb-en-ml. La semence de couleur indigo, parve- 
nue à sa couleur Lrun cuivré, devient bleu foncé sous les 
rayons du soleil. 

« Le fleuve du Nil porto cliez les Arabes en général le 
nom de h.ihi., mer, au temps de la crue où ses flots rouge 
cuivré i)ar le limon, prennent, touchés par les rayons du 
soleil, sous certains angles, des reflets magnifiques bleu 
indigo. 

« — Ne serait-il pas à admellre que les Persans, trou- 
vant à ce fleuve leur couleur familière, l'auront simple- 
ment nommé : le /Icurr de couleur iiulnjo — le Nil — et que 
ce nom se soit propagé aux Grecs et aux autres peuples ? 

(( J'ai traité ce sujet à l'occasion d'une publication inti- 
tulée : Kalah danah und llaba Nil. - Chemikcr Zciluiuj n"2() ». 

M. PioT rappelle qu'actuellement, dans la langue égyp- 
tienne vulgaire, les mots J naiel^ inonder, J^i^' lanil, col- 
matage, etc., dérivés de J-' /»/, expriment bien aussi la 
même idée, en précisant davantage le sens du mot appli- 
qué au fleuve au moment de l'inondation. 

La discussion étant close, la parole est donnée à S. 1*]. le 
D"" Abbate pacha pour la lecture de sa note qui a pour litre : 
SoWcdalion de mesures hygiéniques dans iiidérèt sanitaire cgyp- 
(ien. Voir annexe n" 2. 

A la suite de cette communication rinstilut se forme en 
comité secret. 

Le nombre des membres présents étant insuffisant, 
l'élection d'un membre résidant est renvoyée à la prochai- 
ne séance. 

Le Comiti'; déclare vacantes les trois places de MM. le 
colonel ScottMoncriefl', Amici bey, qui ont quitté l'Egypte 



— 164 — 

sans esprit de retour, et de M. Gavillot, dont la démission 
est acceptée avec les regrets unanimes de l'Assemblée. 

M. PioT, secrétaire annuel, remplira les fonctions de 
secrétaire général jusqu'au renouvellement annuel du 
bureau. 

La séance est levée à 5 heures et demie. 



Annexe X" 1 à la s(*anoe dn 4 novembre 1892. 



LE zsriL* 

ÉTUDE ARCHÉOLOGIQUE 



PAR 

TVILLIAM GROFF 



Les anciens Égyptiens disaient à propos de l'origine du Nil : 
« n'est pas connu son lieu ; (on) ne trouve pas (ses) retraites au 
moyen des écrits magiques (1) ». 

Ces sources du Nil furent inconnues des anciens; tandis que 
l'Institut Egyptien s'intéresse à la solution de ce problème, qui a 
embarassé des savants depuis bien des siècles, peut-être ne sera-t-il 
pas sans intérêt à faire une étude, en quelque sorte corrélative, 
ayant pour but de rechercher le prototype et d'écrire l'histoire du 
mot qui a donné naissance aux noms employés dans nos langues 
modernes pour désigner le fleuve dont l'Egypte est le don. 

On est assez généralement d'accord ; les noms usités dans les lan- 
gues européennes pour désigner le fleuve, le Nil, ne sont que des 
variantes et se rattachent par filiation au nom employé par les tex- 
tes grecs : Xéilos, lequel serait lui-même la transcription du sémi- 
tique tKC (II- (nàrn cf. ^t" etc.), fleuve (2). Pourtant des objections 
bien graves s'opposent à la dernière hypothèse ; admettons que le 
mot Néclos puisse correspondre à une transcription du nàulr, la 

(•j J'csp«>re que les mois Iransrrils en lettres latines seront reconnaissables. Pour la transcrip- 
tion de l'hébreu : voyez par exemple Prkiswbbk, Gramm. Je transcris l'aleph tantôt par a tan- 
tôt ' , hé par h ou "- . tel et lao par I, «ïn ' ' , plé toujours par p, et samek, sin ou shin par *. 

(I) Papyrus, sallier II, 18, 8. Anast. VII, 9. 2 s. Voy. Guieysse, Hymne au Nil. Recueil de Tra- 
vaux, cf. PiERRET, Dictionnaire d'archéologie égyptienne au mot Nil. 

(S) Je ne discute pas le mot nahal à cause du '.het. 



— 1C6 — 

terminaison 05 étant ajoutée, admettons même que les Sémites, en 
parlant leur langue entre eux, aient employé le mot nâ^âr comme 
nom commun, on ne voit aucune cause qui aurait engagé les Grecs 
à adopter ce mot comme nom propre du fleuve d'Egypte; au con- 
traire, il serait bien plus naturel de supposer qu'ils auraient choisi 
soit un mot de leur langue, ou bien, mieux encore, ils auraient 
adopté une désignation populaire des Egyptiens. 

Les textes des anciens Egyptiens font connaître plusieurs noms 
par lesquels on désignait le fleuve; Bâpi fut le nom sacré; iuma, 
hébreu, yàm « mer », était employé dans la langue littéraire, {aûiU 
atur) (1) servait comme désignation topographique ou plutôt hydro- 
graphique, aal-aul fut le nom populaire et iuoul, la forme vul- 
gaire (2). 

Le nom atul-atiu\ dont le sens verbal parait avoir été «couler» (3), 
se trouve usité dis les plus hautes époques, il est loisible de supposer 
qu'il fut apparenté au nom populaire, aal=aul, avec lequel on peut 
considérer iuoul identique ou plutôt une forme vulgaire. 

Tâchons d'écrire l'histjire de la forme populaire ou vulgaire du 
nom du fleuve, le Nil ; à le tracer, siècle par siècle chez les Egyp- 
tiens, et à rendre compte de ^ses migrations chez les peuples étran- 
gers. 

Dans un papyrus contenant des instructions sur : Toat ce qu'a 
produit Ptah et (qa') a inscrit Tliot (4) sorte de généalogie du 
Ciel et de la Terre (5), la première place de la partie hydrographi- 
que est occupée par aal, « fleuve »; on peut supposer que le nom 
suivant, iuoul «rivière», en est un dérivé; en tout cas, ces mots 

(1) Je ne disculerai pas ici la queslion des permutations continuelles entre L et R. Je crois 
qu'une élude à ce sujet au point de vue médicale serait intéressant. Notons toutefois que la 
race sémitique (de même que, d'aprôs les textes, seml)lerait-il, les anciens Égyptiens), semble dis- 
tinguer diincilement entre L et R prononcé surtout (?) par une personne d'une autre race. Peut- 
être, cette question se rattachait-elle à celle des couleurs. Je crois avoir remarqué que les Kabyles 
de l'Algérie, et, peut-être, les nègres du Soudan, semblent mieux distinguer entre les sons L et R 
que les Arabes. 

(2) Voy. PiERRET, Dict. d'archéol. éyypt. au mot Nil ; cf. Voc. hiérogl. — Je ne discuterai pas 
dans cette étude les divers noms employés dans la Bible, etc., comme nom du fleuve d'Egypte. 

(3) Voy. Chabas, Voyage, p. 59 et 292. Cf. Pierret, Voc. hiérogl., 57, cf. j^ « couler par tor- 
rents » el »f^ « neuve ». 

(4) Voy. Maspero, Manuel de hiérarchie égypi. Journal asiatique ISSS, t. XI, p. 2'dO s., voyez 
surtout p. 254 et 2. 

(b) Cf. La Genèse, H, a, V, I etc. 



— 167 — 

paraissent ôtre représentés en démotique par ial-il\ en copte l'un 
est conservé sous la forme AAR ili) lERO {T), l'autre par EIOOR 
(r) cf. lARO et lARÔ {M) (1). 

Comme nom propre du fleuve, le Nil, les peuples d'Asie emplo- 
yaient assez généralement, en transcription par allitération, la 
forme populaire, arihaiil {af(r-aur) ou plutôt iaoul (in ou f) des 
anciens Egyptiens (2). 

Selon la lîible, un Pharaon, à l'époque des rois pasteurs, rêva 
qu'il «se tenait sur le bord dujleuve » {dl-si'pat hay'or) (3;. Ici, 
il est forcément question du Nil, ou d'un de ses embranchements ; 
de même (Exode, 7, 20), oîi il est dit : « et furent changées toutes 
c( les eaux qui (furent) dans le Jleuve {haij'or) en sang ». Le 
singulier et le pluriel de ce mot semblaient avoir été, en quelque 
sorte synonymes, car, référant à ce miracle, le psaume 78,44, por- 
te : « et il changea en sang leic/'s rivières » (ijc'orélièm), encore, 
il est\lit (Esaie, 7, 18) que « Yah) appelera les mouches (4) qui 
(sont) à l'extrémité des fleuves d'Egypte » (ije'oré mirrâyiin). 

Assurbanipal raconte : « Lorsque Téarco apprit l'approche de 
mon expé lition, il abandonna Thèbes, sa capitale, et franchit le 
fleuve du Nil ». Le mot la-ra'^u du texte cunéifjrme correspon- 
drait à une transcription de iuoul-àa, {iuour-àa) « la grande riviè- 
re » le Nil (5). 

Darius dit, selon le texte persan de la stèle de Chalouf : « J'ai 
ordonné de creuser un canal à partir du fleuve nommé le Nil, qui 

Mj Vuir ('. lioiniANT, Fragments lUuthmouriqucs, dans les Hcmuires île l Inslitnt Egyptien, I. Il, 
p. 59-1 cit., et l'EVHOs, Le,r. p. *o. 

(2) Pculélrc uioiil {iiionr) n'esl qu'une forme vulgaire de anl-aiil; en loulcas, iuoul iionun sem- 
ble correspondre plus exactement h la forme similijue que aal-anl etc. Quoique ce nom fui 
employé pour di^siguer le -Nil, on le trouve dans la Bible là où il est nullement question de ce 
llt'uve, ce qui donnerait lieu de croire que les Si<mileâ auraient assimilé le nom propre du fleuve, 
usité chez les Égyptiens, à un nom sémitique, ou bien le mot employé pir les Égyptiens, est uo 
emprunt, comme, par exemple, luimt, héb. yitm a mer » Bnrkabulu, transcrit au pluriel du 
sémitique fleA-^rd, « réservoir, piscine » cf. ^ Bar, \\vb, Bc er, ai.^^ fait par les Égyptiens 
aux Sémites ; mais il est probable, d'après les exemples, que oe mot fut d'abord emprunté par 
les Sémites aux Ég3ptiens comme nom propre du Nil, puis, fut employé comme un mol sémiti- 
que (cf. Gksemls II. W. U. p. 3H). Vi>y. Uelîtzscu, Uo lag das Parodies? p. 31î. cf. Maspero, 
Du genre epinlotaire, p. 9 cl p. *6 n. 

(3; Gen. Al, n. 

(l) Liller. « Siiïek'ra Yalio à la mouche » etc. 

(j) OrrBRT, Les rapports de l'Egypte et de l'Aisijrie, p. 68, 83, 100. 



— 168 — 

coule en Egypte », etc. Le nom que porte ici le texte est p-i-r-a-v ; 
il se décompose en p article égyptien, masculin singulier, ir 
correspondrait au démotique il-ir « rivière » et av, probablement, 
de même que dans l'inscription assyrienne ^u, est l'équivalent de 
l'adjectif égyptien âa «grand» pirav serait donc la transcription de 
p-il-âa(pir-âa), «la grande rivière », le Nil (1). L'article égyptien 
traité ici comme faisant partie du mot (2) est un fait d'ailleurs assez 
connu; notons, comme exemples, avec l'article masculin singulier : 
iuma-im « mer » ; copte pioni (T) ; arabe r^-\ « Le Fayoum » (3); 
avec l'article féminin singulier : mer, l'inondation du Nil, en copte, 
mêré', arabe, v;;-^ « la saison de la crue du Nil » (4) ; le mot msha, 
« crocodile » de l'ancienne langue est transcrit en arabe c^=, avec 
l'article féminin et en assyrien nam-su /la, avec l'article égyptien 
du pluriel na (5). 

Enfin dans le stèle d'Alexandre il est question de « tous les em- 
branchements du fleuve {aul-aur) qui vont à la mer (6) ». 

En l'an ix de Ptolémée Evergète P^ (238 avant notre ère) fut 
promulgué le décret de Ganope, selon lequel « il y avait une fois 
une crue du fleuve [potamos) insuffisante ». La version hiérogly- 
phique dit : « Or, voici, arriva une année de Nil {Hâp) insuffisante, 
en leur temps ». Le démotique porte : puisque fut une eau (signe de 
l'eau) petite sous eux » (7). Dans un passage analogue du décret de 
Memphis il est dit « le Nil (NEILOS) (8) ayant fait une grande crue 

(\) Voy. Oppert, Les rapports de l'Egypte et de l'Assyrie, p. 100, 123 s. et Recueil de travaux, 
f. IX, p. i3\ s., surtout la p. 133 et note. Peut-être peut-on discuter s'il ne faut pas lire le signe, 
que porte le texte persan, L au lieu de R, (dans l'écriture persane les deux signes L el R ont une 
certaine ressemblance) ; le signe que porte le texte persan resemblerait au la babylonien, avec le 
trait qui le précède supprimé. Voy. IIalévy, Xote sur l'origine de l'écriture perse. Journal asiati- 
que, t. VI (1885) p. 480 s. 

(2) Notons en hébreu le mot ye 'or déterminé par l'article, et cf. Paur, le iSil. Pierret, Vocabu- 
laire p. 145. 

(3) Voy. Pierret, Dict. d'arch. égypt., p. 66, et Peyron, Lex. p. 38. 

(4) De là le verbe ^^ « passer la saison du Nil >■. Voy. Kabas, Mémoires de l'Institut Égyptien, 
t. I, p. 19. 

(5) Voy. Oppert, Les rapports de l'Egypte et de l'Assyrie, p. 10 (cf. p. 9?). • 

(6) Voy. Maspero, Uist. anc. p. 623 s. et la stèle d'Alexandre au Musée de Ghizeh, n» 283 du cat. 
(") Pour Le Décret de Canope voy. Miller, Journ. des savants ; avril, 1883; texte grec et trad . 

Pierret, Le Décret trilingue de Canope, texte hiérogl., traduction etc. Revillout, Chrestomathie 
démotique p. 125 s., textes démotique et grec, traduction. Groff, Les deux version* démotiques du 
Décret de Canope, textes, trad . commentaires. 
(8) Toti te Néilou. 



— IfiO — 

dans la viii"" année de Ptolemée-Epiphane (198 avant notre ère), 
inondant les plaines, le roi l'a contenu, en beaucoup de lieux, en 
fortifiant l'embranchement des fleuves [potamoi) (1) ». Le texte 
démotique dit qu'il « endigua les embranchements du fleuve {ne- 
ial-ii)... Il amena troupes, fantassins et cavalerie, au lieu des 
embranchements du fleuve [ne-ial-u) nommés... à cause des (inon- 
dations) de l'eau (sig. de l'eau) qui étaient grandes, en l'an viii (2) ». 

A l'époque ptolémaïque fut faite une traduction grecque du Pen- 
tateuque; l'hébreu ije'oi\ dans le passage précité de la Genèse, est 
rendu par potanios\ la version copte rétablit, si)us la forme iarOy 
l'équivalent d'un nom populaire des anciens Egyptiens. 

Dans le roman démotique de Setna (une composition de la fin des 
Ptolémées ou commencement de l'époque Romaine), il est question 
d'un écrit magique (.3), au moyen duquel « on pouvait charmer le 
Ciel, la Terre, l'abîme, les montagnes, les mers (ne-im-u) ». Cet 
ouvrage fut « au milieu de la mer de Coptos {n-p-ini-fi-Kebt). 
Arrivé au lieu, Ptahneferka fit descendre des ouvriers dans lejlcu- 
ve {e-p-im), puis il y avait une agitation fluviale [ua-ns-n-H) (4). 
Ayant obtenu l'écrit on se mit en route ; un peu au nord de Coptos, 
Merhu se jeta au fleuve (e-p-il) (5) ». 

Aux passages précités on trouve les deux mots im, dérivés de 
l'ancien iurna (sémitique), yâm «mer» et <7, rivière ou fleuve. Il est 
difficile de savoir si, dans le premier exemple, il s'agit des mers dans 
l'acception moderne du mot, ou bien, s'il ne faudrait pas plutôt 
considérer ne-im-u comme une variante do,ne-il-u, « les rivières » ; 
car le fleuve, les embranchements du fleuve et ses dépendances, 
doivent être mentionnés. Il est facile de comprendre comment une 

(1) Ta alomata ton polamùn. 

(2) Pour Le Décret de Mempltis, voy. Lktronnk, Inscription grecque de Rosette ; loxle grec et Ira- 
duclion. Retillout, Chreslomathie démotique, p. i s. Textes di'molique el grec, traduction, cf. 
Baillkt, Le Décret de }femphis et les inscriptions de Rosette et de Damanhour. 

(3) Le texte dt^motique porte gôma, copte, gMme, gôm, « liber ». Le mol franç.iis « livre» si- 
gnifiant des feuilles reli(5es un volume formé d'une réunion de cahiers écrits ou imprimés, rend 
assez mal, ou plutôt ne correspond pas à l'Égyptien gôôme (cf. héb. sépèr) qui signifie un ou>Tage 
quelconque écrit sur parchemin ou papyrus et conservé, souvent, sous la forme d'un rouleau. 
J'emploie, ici, faute de mieux, le terme vague « écrit ». 

(^} « Fut une agitation sur le fleuve» Revili.oit, Selna, p. *3. 

(5) Rf.villolt, Le Honuin de Selna : élude philologique et critique avec traduction mot à mol du 
texte démolique; Paris. 



— 170 — 

synonymie s est établie entre le m:ttim, lit. « mer» et ial, il rivière 
ou plutôt ial-u, ne-ial-u, rivière ou les rivières. Pendant l'inon- 
dation, le Nil, surtout dans le Delta, ressemble à une mer, qui, 
après le retrait des eaux, se transforme en des rivières, lesquelles se 
réunissent de nouveau à la prochaine inondation (1). Le même mot 
{vet-ur) signifiait le Nil, la mer ou un grand lac. 

En égyptien, une classe de verbes est composée d'un verbe et 
d'un substantif; par exemple, avec le verbe i'/', prendre; ti-moït, 
lit, « prendre chemin » signifie « conduire, tirer (faire sortir) » etc. (2). 
Cette forme du verbe pouvant devenir un substantif, le mot ial, il, 
offre un exemple intéressant. Dans l'inscription deSiaritu il est dit : 
e-pe-ti-ial-n-ise litt. « pour le prendre rivière d'Isis », c'est-à-dire 
pour le voyage d'Isis (3). 

Enfin, dans la langue copte, le démotique écrit au moyen des 
lettres grecques, on trouve des dérivés des noms populaires des an- 
ciennes langues. 

L'arabe, de nos jours, emploie comme équivalent de l'ancien sé- 
mitique, yàin, hiéroglyphique iuma, le mot^^ tandis que J^ est là 
transcription d'un dérivé du Néilos (4). 

Ainsi nous constatons que chez les anciens Egyptiens le nom 
populaire de leur fleuve fut aal-aal ou iuoul; d'où les dérivés 
démotique et copte, ce nom fut emprunté par les peuples orientaux 
comme nom propre du Nil ; il doit en avoir été de même, également 
chez les occidentaux, mais qui, semblerait-il adoptèrent la forme 
ne-il-u; le démotique ial-il.SiW. pluriel précédé de l'article pluriel 
na ou 7ie, qu'ils transcrivirent, en y ajoutant la terminaison sigma 
par NÉILOS. 

Mais il ne faut pas perdre de vue une très ancienne et curieuse 
théorie, selon laquelle le mot Néilos serait un nom fabriqué, ou, 
« 

. (1) Cf. 1© passage curieux d"Esaïe, xi, 13. Cf. Hérodote, "11, 17 et Maspero, Hist. p. 7. 

(2) Brccscii, Gramm. démot. § 268 et s. Stern, Gramm. copte, p. 3tG. Petron, Lex. p. 108. 

(3) Voy. Revillout. Rev. EgyptoL, VI, p. ne et planche I. 

(4) UJ Neil obtention, don, faveur ; d'où les mots : Ui Nil, fleuve de l'Egj'pte, considéré 
comme un don du ciel, et -4-^ '"'« indigo, fourni par le -\i/ bleu. Belkassem ben Sedira, Cours 
pratique de langue arabe, p. 196 (Alger. 1891). H nous semble bien peu probable que le mot 
arabe ait donné naissance au nom grec, c'est bien plutôt le nom grec, ou, mieux, un dérivé, qui 
aura servi comme prototype au mot arabe. Quant à Jf atteindre, obtenir, Jji don, etc. et Ui cf. 
ce qui précède. Le Nil qualifié « voie du ciel descendant » cf. Guibvsse, Hymne au Nil p. 2. 3, et 4. 

cf. HERODOTE, II, 28. 



— 171 — 

pour mieux dire, artificiel. Pour rendro compte do cette liypotir-so 
il faudrait faire une digression. 

L'antiquité nous a légué un nombre, plus c:)nsidérable pcut-Atre 
qu'on ne le soupçonne, de mots artificiels ; par exemple, I/(/h:<io.^ 
est, probablement, une transcription fictive d'un nom par lequel 
les Grecs auraient supposé les Egyptiens dans leur langue, auraient 
désigné les rois pasteurs. A part des noms f>rmés par de fausses 
lectures, comme Misjihragniouihosis, nom de Tbotmès lu en reje- 
tant le nom de la divinité à la fin, ou la variante Alispliragmoutlw- 
sis, fausse lecture du signe nies (1) qui aurait pu être suggéré par 
une synonymie entre les mots aloa et >i/es « enfant », à part égale- 
ment récriture dite secrète; choisissons comme exemple de mots 
artificiels, deux qui se trouvent dans le texte hébreu de la Bible, au 
livre de Jérémie (2), où il est question du roi de sésak et les 
habitants de léb </dmdij; rejetons les voyelles dites massorétiques, 
et il reste .s, s, k et /, b, 7, m , y. Il y a longtemps qu'on a reconnu 
que ces mots furent formés par un jeu de lettres de l'alphabet, on 
avait écrit onze, des vingt-deux lettres de l'alphabet, puis, en sens 
inverse, les onze autres ainsi : 

kythzvhdg'ba 

Imns f ^ pçqrst 
puis on échangeait chacune des lettres employées pour écrire le 
nom réel, contre la lettre qui se trouvait en face ; ainsi fut f>rmé 
le nom artificiel, pour retourner le n )m primitif on n'avait qu'à 
refaire l'opération : ainsi, du mot s, n, A', la lettre .s- corresponderait 
à 6, et /c à /, on aurait B, B, L, c'est-à-dire Babylone, par le même 
procédé l, b, q, m, ij, deviendrait K, S, D, I, M (Ghaldée) (3). C'est 
bien dans l'esprit de ce temps là. Le peuple aurait entendu parler 
le prophète d'un roi, étrange, de sésak, iWin peuple, inconnu, léb-ga- 
mâ'j. La populace aurait dû en être bien préoccupée ; les lettrés se 
seraient mis à rechercher la significati )n de ces mots bizarres, et 
auraient trouvé qu'il s'agissait de rien moins qu'un roi de Babylone, 
du peuple de la Ghaldée (4). 

(1) Peul-6tie atirait-on lu le signe mes, nii et Is complt5menl phontîliqiie aurait fu- lu comme 
un signe inildpemlanl, d'où nlii. 

(2) JÉRÉMIE, 23, 26-51, 1 cf. 51, 41. 

(3) Voy. Uenan, LErdésiaste, p. 3 à 15. 

(A) Cf. L'ApiH-dlyiiiif de 67. Jean, xiii, l.s. lexle groc. cf. Hena^, Vie de Jesuit, MC etl. p. iSs s. 



— 172 — 

Le mot Neilos est-il également un nom artificiel ? Autrefois 
d'aucuns le pensaient. En Egypte le retour périodique de l'inonda- 
tion, sur laquelle dépendait soit la prospérité, soit la misère du pays 
coincidait à peu près, avec le lever héliaque de Tétoile Sirius, qui 
indiquait le commencement de l'année naturelle ou agricole, ainsi 
fut suggéré, si non imposé, aux Egyptiens l'année de 365 jours, qui 
répondait, approximativement, au retour annuel des phénomènes 
naturels, alors que de même que l'Egypte elle-même, l'année devait 
son origine au fleuve. 

Il est bien singulier qu'en donnant à chacune des lettres du mot 
Néilos sa valeur numérique, la somme totale soit 365 ; juste le 
nombre des jours de l'année. Ainsi : N = 50, E = 5, I = 10, L = 30, 
= 70, S = 200, total : 365. Il est évident que c'était non pas le 
mot Néilos qui aurait indiqué les 365 jours de l'année, mais 
l'inverse; il doit avoir été des 365 jours de l'année qu'on aurait fait 
le nom. Faisons le calcul en sens inverse, pour la commodité de 
l'exposition employons les chiffres arabes : le chiffre 365 est composé 
de trois signes numériques 3, 6 et 5; additionnons les 3 -|- 6 4-5 = 14. 
La quatorzième lettre de l'alphabet, ou des signes numériques, est 
N (1), ayant la valeur numérique de 50; retenons cette somme re- 
présentant autant de jours de l'année, de la somme totale, ainsi 
365 — 50 = 315, le premier chiffre à droite du résultat est 5, qui 
serait représenté par E. On aurait NE, retenons cette somme, comme 
auparavant, autant de jours utilisés. Ainsi, 315 — 5 =310; pre- 
nons le chiffre à droite 10, qui serait représenté par I, on aurait 
NEI, retenons le 10, ainsi: 310 — 10 = 300; prenons maintenant 
le 30, qui serait L, on aNEIL; retenons le 30, ainsi, 300—30=270; 
prenons le 70 qui serait 0, on a NEILO ; retenons 70, ainsi, 270 
— 70 = 200 qui serait écrit par le lettre-chiffre S, on aurait alors 



(1) Des lettres employées pour écrire la langue grecque sont d'origine phénicienne et, de même 
que chez les Sémites, sont employées chez les Grecs comme chiffres numériques. L'alphabet grec, 
tout en laissant tomber une des lettres (la sixième) la remplaçait au point de vue numérique, con- 
servant ainsi les lettres-chiffres chacune à sa vraie place dont N occupe la quatorzième, avec la 
valeur de 30, de même que dans l'alphabet primitif. Voy. par ex. Maspero, Hist. anc, p. 746 et 
"47. Preiswerk, Qramm. hébr. § 2, (cf. tableau à la fin). Stern, Koptische Grammalik § 277 ; voy. 
planche à la fin. Je n'ai pas besoin de faire remarquer que les lettres-chiffres employées pour le 
grec à 90 et lOO etc., ne s'accordent plus avec les lettres-chiffres sémitiques, sauf lOOO, etc. Bien 
entendu, le calcul relatif au mot Nil est d'après la valeur grecque des lettres-chiffres. 



— 173 — 

NKILOS, lo nom usitô par les textes grecs, comme nom propre «lu 
fleuve le Nil. 

Alors la règle suivie pour former ce mot aurait été des plus 
simples, pour faire du nombre 365, jours de l'année, un mot composé 
(le six lelti'cs, (jui serait le nom propre du lieuve, identifié avec 
l'année; on aurait d'abjrd additionné (3-f G — 5=1 14) le résultat 
(14 aurait indiqué la lettre N ; on aurait retenu sa valeur numéri- 
(jue (50) de la somme prim'tive {3G5 — 50 = 315), puis du résultat 
(315) on aurait choisi le chiffre à droite (5) qui aurait indiqué la 
lettre ayant cette valeur (E); on aurait retenu sa valeur, de la 
sjmme totale (315 — 5 = 310). Le ch ffre suivant (10) aurait indiqué 
la lettre I, on aurait retenu sa valeur numérique de la somme 
t)tale (310 — 10 - 200); on aurait répété l'opération autant de fois, 
ainsi que nous l'avons vu, jusqu'à ce qu'on aurait eu pour résultat 
le mot XÉILOS (1). 

Dans l'exposition qui précède, nous avons employé des chifTres 
arabes ; mais à l'époque de la domination grecque en Egypte, on se 
serait servi, comme signes numériques, des lettres grecques. Cette 
remarque permetterait de simplifier encore les calculs qui précè- 
dent. Il faudrait, d'ab)rd, supposer le nombre trois cent soixante 
cinq écrit en grec, en toutes lettres, on aurait écarté les désinences 
ko.'^ioi et konta\ restait les nombres trois, six et cinq. Pour ne pas 
répéter ce qui se trouve développé précédemment, ajoutons seule- 
ment que là où, selon la règle, on aurait dû prendre un seul chiffre, 
on se serait servi en grec d'une seule lettre ; ainsi : 50 aurait été 
remplacé par N ; 10 par I ; 30'par L ; 70 par ; et 1-00 par S. Mais 
il faudrait supposer lambda ayant tantôt la valeur de trois cents 
tantôt de trente. Dans le premier cas, on peut supposer cette lettre 
munie d'une marque, d'après un systèmo de notation, qui lui aurait 
donné dix fois la valeur de trente ; peut-être fut-il une assonance 

(1) Ufeunioiis uinsi dans un labloau co calcul. U' nombre 3«3, additionnons les chiffres 3. ti et 
5 = U. iiidi(|uanl la lellre N valeur luinu'rique 

303 — 30 = 313, 
313— 3 = 310. 
310— 10 = 300. 
300 — 30 = 270, 
2:0 — 70 = 200, 



,.30 


N 


5 


E 


10 


I 


30 


L 


70 





200 


S 


3U3 


3u: 



— 174 — 

avec le nom égyptien ne-il-ii ; or y avait-il encore d'autres causes 
qui auraient engagé les Grecs à choisir cette lettre (1). Mais une 
autre difficulté s'oppose à l'hypothèse qui voudrait que le mot Néilos 
fut un nom fictif, ce nom serait, dans ce cas, une fabrication des 
savants, tandis qu'au contraire, quoique ce ne soit pas absolument 
sur, le mot Néilos parait bien avoir été une désignation populaire 
du fleuve. 

Une règle élémentaire de critique est qu'an fait ne peut se passer 
que d'une seule manière; comment donc admettre le njm Néilos : 
1" une transcription du sémitique na-ar ; 2" une transcription de 
l'égyptien ne-ial-ti ou ne-il-ii, et 3" un nom artificiel formé du 
chiffre trois cent soixante-cinq ? 

Il est facile à concevoir qu'un fidt peut être le résultat de plusieurs 
causes : ainsi il est possible que les Grecs entendaient les Sémites, 
en parlant du fleuve, prononcer le mot na' an, assurément les Grecs 
apprirent des Egyptiens que les branches du fleuve qui traversent 
le Delta furent nommées ne-ial-u, ne-il-u, mais il est bien difficile 
à croire fortuite et d'écarter complètement l'étrange équivalance 
entre la somme totale de la valeur numérique des lettres du mot 
Néilos et le nombre de jours qui formaient l'année égyptienne. 

Tâchons maintenant de résumer cette étude et d'écrire l'histoire 
du nom du fleuve d'Egypte, le Nil. 

Les premières civilisations ou groupements d'hommes, semblaient 
avoir eu lieu aux bjrds des grands cours d'eau. Une lutte du fleuve 
contre le désert avait créé l'Egypte. Quel fat le nom que les habi- 
tants autochtones de ^a vallée du Nil donnaient au fleuve ? Nous 
l'ignorons; peut-être, p)urtant, a-t-il été conservé par les textes 
égyptiens (2). 

(1) En grec, après avoir obtciivi N, ainsi que nous l'avons vu, 31 j serait (lambda ayant d'abord 
la valeur de 300 puis de 30 ; j'espère revenir sur cette question de même que sur le signe pour six) 
représenté par LIE, prenons ces lettres de droite à gauche, on obtient EIL; 270, serait SO : prenons 
la lettre à droite 0, reste S ; résultat, NEILOS. Notons qu'une forme ÎSILOS, sans E, donnerait 
comme valeur totale 300, c'est-à-dire moins les 3 jours épagomèncs. L'umicron serait changé en 
i', peut-être, par la vogue des voyelles ou, peut-être, une prononciation plus pure celle du plu- 
riel égyptien u, (cf. Ne-il-u) d'où la forme latine Nihi.i, sans la terminaison us, on aurait Ml. 

(2) On reconnaît dans les anciens Égyptiens une race d'origine asiatique et que la grammaire de 
leur langue fut sémitique, mais, sans doute, bien de mots des anciens habitants du pays passaient 
dans leur vocabulaire. Un nom propre comme celui d'un lleuve aurait Jù être conservé par des 
divers peuples pendani bien des siècles. Cf. les noms des lieu vos dans l'A mi'riqup du Nord, etc. 



— 17-, - 

Parmi les n uns du fleuve usités dans les plus anciens m )numents 
fut atal-atui\ apparenté, probablement, avec la forme dialectale ou 
populaire aal auJ, qui doit avoir donné naissance à cuoul, forme 
vulgaire, d>nt le sens plus précis parait av)ir été « rivière », et d'oii 
le démotiquo t'a/ ou il et les dérivés coptes. Le nom populaire ou 
vulgaire des anciens égyptiens fut assez généralement adopté par 
les peuples d'Asie comme nom propre du fleuve le Nil. Les Grecs, 
dès leur arrivée dans le Delta (et ce fut par le Delta, d'abord, 
qu'ils (iront la cjnnaisbancc de l'Egypte), auraient appris des 
Egyptiens (ju'une des brandies du fleuve fut nommse iai-il, et que 
toutes les branches, tantôt plusieurs, tantôt réunies par 1 inonda- 
tion furent nommées ial-u ou il-a, « rivières », ou iie-ial-u, ne-il-ii 
« les rivières » Getîe dernière désignation aurait été adoptée par les 
Grecs dans le language c »uraut. On peut supp)ser que, lorsque les 
Grecs fixaient par écrit l'aulograiilie de ce nom, ils choisissaient des 
lettres de l'alphabet, de sorte que la s )!nme totale des lettres, prises 
suivant leur valeur numérique, égalait celle des jours de l'année, 
inséparablement associée avec le fleuve (1). 

Au fur et à mesure que les Grecs avançaient vers le sud, ils con- 
servaient le même nom qu'ils employaient dans le Delta. Sous la 
domination Romaine la même désignation fut adoptée sous la forme 
Nilas f^). Grâce aux Grecs et aux Romains, l'Europe fit la connais- 
sance de l'Egypte. Le nom propre du fleuve employé par eux, passa, 
à peine modifié, dans les diverses langues européennes et, au moyen 
d'eux, fut répandu dans le monde entier. 

(I) On bii'ii, encore, on peut siipposor qu'on furniail ilii nombre, trois cenl soixanle-cinq, sui- 
vant la nu'llunle (jiie nous venons de voir, un mot NEIl-OS (qui >orait dérivt' de Tégyplien Sè-il-u, 
la lerininaison sigmn étant ajout(.«}, qui correspondait et au nom usité dans la langue populaire, 
et la somme totale de ses lettres égalerait le nombre des jours de l'anntV. Je ne discuterai pas 
une hypothèse selon laquelle le mot NEII-OS serait formi- du ««'.ar, avec la terminaison oa, arran- 
gée de façon à ce que la valeur numérique des lettres i-galerait le nombn^ des jours de Tannée. 

12) " Silus... Ileuvc d'Élhiopie, de la Nubie cl de l'Egypte, et .\ilnM, (r/c) canal, fosse, par où 
l'on délourne l'eau d'une rivière» Dii't. cf. l'hébreu iji- 'orini. r.f. ,lon, ••s, 10. Le copte, Pbvriin, 
l.r.r. p. .ui et l.r. Ikrrel ilc Mrmii'>is. 



Annfixe N" 2 à la scancfi du 4 Novombre I}{il2. 



SOLLICITATION 
DE MESURES HYGIÉNKjlE: 

DANS L'INTLIIKI' SAMTAIKE KGVI'TIIA 

l'Ail 

Le D' ABBATE pacha. 



L'KgypIe, grâce à la sollicitude des bienfaisants rayons du soleil, 
est heureusement à l'abri de plusieurs dangers naturels et locaux, 
particulièrement de ceux qui, ailleurs, menacent les populations 
industrielles. On dirait même en observant cette nonchalance habi- 
tuelle dans l'allure des choses, qu'on fait tout exprès passer sous nos 
yeux les objets les plus infects et les plus dangereux afin de nous 
convaincre de la bonté de ce beau climat, voire même de sa puis- 
sance antiseptique. 

Il y a quelques années, j'ai développé dans cette enceinte, en 
diderentes communications, (voir: Le Caire, questions hygiéni- 
<luoA. — m fièvre nilotica autiunnalis. — Le commerce des 
chijjoris) plusieurs causes pei*sistantes d'insalubrité, et spécialement 
celles qui se prêtent avec plus de rigueur et de facilité à être déra- 
cinées pour toujours. 

C'est pour justifier ce que j'avais dit, que je crois nécessaire 
d'attirer encore l'attention du service de santé sur ce point et 
solliciter, une f )is pour toutes, la solution de la question spéciale et 
non encore ré.solue des chillons. 

Cependant, je dois le déclarer. la Direction des Services sanitaires, 
après la lecture du journal le liospliorc, oii se trouvaient relatées 
les observations faites précéflemment à llnstilut, sur les chiffons, 
m'a d )nné gracieusement les explications nécessaires pour expliquer 



— 178 — 

les entraves à la solution de cet important sujet. Mais je croirais 
aussi réellement manquer à un dévoir que d'attendre encore ces 
prévoyances et ces mesures de nécessité absolue sans revenir à 
la charge. 

Il y a des règlements d'urgence que les pouvoirs publics doivent 
se hâter de faire établir d'une manière définitive Ainsi dans ces 
derniers temps de chaleur, c'était écœurant de rencontrer des char- 
rettes, des chameaux, des baudets, chargés dimmenses fardeaux de 
chiffons, tous à découvert, entassés^ iétides, horribles à l'œil et à 
l'odorat, se promener nonchalamment en passant le grand pont de 
Kasr-el-Nil, sur les boulevards, à droite et à gauche^ partout enfin, 
du matin au soir. 

Je ne répéterai pas ce que j'ai d'abord dit dans mes publications 
précitées, et je n'entrerai pas dans tous les détails qui se rapportent 
à la question des chiffons; j'ajouterai cependant que ces foyers am- 
bulants seront évidemment un danger permanent pour la capitale 
et pour toutes les villes et villages de l'Egypte, jusqu'à ce que 
l'emmagasinage de? chiffons et leur transport, soient définitivement 
réglés soit par voie terrestre, soit par voie fluviale. 

Nous sommes ici protégés contre des effets nuisibles d'une quan- 
tité de causes et de dangers qui existent d'une manière fixe et 
immuable à l'étranger, quoique là-bas on s'efforce de les faire dis- 
paraître ou d'en neutraliser les effets funestes par les applications 
rigoureuses de la science et le concours des autorités municipales 
et gouvernementales. 

Combien d'effets nuisibles et malfaisants ont été conjurés par la 
vigilance et la prévoyance qui existent partout en dehors de cet 
innocent pays ! 

En jetant un coup d'œil rapide sur ce qui se passe en Europe, en 
Amérique, dans tous les pays de grandes ou de petites industries, 
on est surpris de remarquer, au point de vue hygiénique, l'immense 
catégorie de causes nuisibles aux ouvriers et aux populations envi- 
ronnantes et qui concourent, comme foyers impurs et stables, à 
vicier l'air ambiant. 

Rappelons-nous pour un instant ce qui se passe dans les pays 
manufacturiers, dans les pays ouvriers en général. 

L'exercice des industries est une des causes variables, et quelque- 



— 170 — 

fois des plus intenses, pour souiller l'atmosphère sur une surface 
plus ou moins étendue. 

Ces matières diverses, élaborées dans les usines, communiquent à 
l'air soit des molécules pulvérulentes en suspension, soit des émana- 
tions. Bien que ces souillures se produisent d'une manière plus 
certaine et plus énergique dans l'intérieur des établissements, en 
raison des fjyers ou l'air est plus ou moins diflicilement renouvelé, 
néanmoins elles se propagent dans l'air extérieur des établisse- 
ments, et par ce fait elles peuvent être même transportées par les 
vents à une assez grande distance des usines. II n'est pas possible 
que les habitants d'un grand centre industriel restent indifférents 
à la fumée, aux poussières, aux exhalaisons des différentes matières 
qui y sont traitées : toutes ces molécules se répandent sur un rayon 
étendu, à raison de l'importance de l'industrie, des méthodes de 
travail adoptées, des substances employées et des conditions topo- 
graphiques des usines. 

La fabrication de l'acide sulfurique, par exemple, épanche dans 
l'air une grande quantité d'acide sulfureux et de vapeurs nitriques, 
dont les effets sont rendus évidents et incontestables par i'atrophie 
complète ou l'absence de toute végétation. 

Et ce ne sont point les plantes et les arbres qui en sont seuls 
affectés, mais aussi les oiseaux, les insectes, les volatiles de basse- 
cour qui s'éloignent complètement de ces endroits, en souffrent et 
en meurent. Dans cette catégorie d'émanations industrielles il 
faut comprendre, outre celles d'acide sulfureux et nitreux, d'autres 
qui sont produites par les fonderies de fer et de cuivre, par les 
fabriques de savon et plus encore par les fabriques de soude, qui, à 
elles seules, déversent dans l'atmosphère des torrents d'acide 
chlorhydrique, et menacent continuellement la vie des hommes, des 
animaux et des végétaux. 

Les industries de matière animale, telles que les usines de plu- 
mes, de pelleteries, de crins, de tissus de laine et de soie, d'os, 
d'ongles, d'ivoire, les abattoirs, et le travail de ses produits, 
l'albumine et la Hbrine, le noir animal, la graisse et les suifs, la 
purification des huiles animales, les tanneries, les fabriques d'ammo- 
niaque, de phosphore, de poudrette ou engrais, et de tant d'autres 
que je puis (oublier momentanénient, sont autant de causes nuisibles 



— 180 — 

à la santé des ouvriers comme aussi aux localités où s'exercent ces 
industries. Il faut classer aussi dans cette énumération les émana- 
tions des fabriques de substances végétales ou minérales ; ainsi 
pour ne rappeler que les plus importantes d'entre elles : les usines 
d'alcool, les distilleries des eï^sences et de sulfate de quinine, les 
raffineries de sucre, les féculerîes, les brasseries, les teintureries ; 
et d'un autre côté, les verreries, les fabriques de porcelaine, de 
sulfure de carbone, d'acide arsénieux, de plomb, de zinc, de 
mercure, d'antimoine, de chrome, des cyanures en général, etc. 
etc. Tous ces produits industriels attaquent ceux qui y sont emplo- 
yés et vicient l'air ambiant des établissements indiqués. 

En parlant tout à l'heure des changements vicieux de l'atmosphère 
produits par les molécules de poussièves et les émanations des usines 
industrielles et qui n'existent pas ici, ou sont bornés à quelques- 
unes de minime importance, je n'entends comprendre aucunement, 
les autres causes naturelles qui rendent l'air anormal, soit par 
défaut ou par surabondance de ses éléments constitutifs, soit par 
l'innombrable catégorie de microbes qui s'y propagent de la terre 
et de l'eau. Ne visant maintenant que quelques spécialités de causes 
morbides, je n'ai pas dit un mot, car c'eût été déplacé, des produits 
de la fermentation putride, des émanations des égouts, des cime- 
tières, et de toutes les origines des souillures de l'atmosphère, ces 
causes étant identiques et égales partout. Je me suis borné à indi- 
quer seulement celles de ces causes qui n'existent pas ici, et dont, 
par la nature et les habitudes du pays, nous sommes garantis et 
parfaitement à l'abri de leurs influences. 

J'ai cru de mon devoir de rappeler au contraire ces causes persis- 
tantes, fatales à l'hygiène et faciles à déraciner et d'attirer l'atten- 
tion d'une manière spéciale sur le commerce toujours très dangereux 
des chiffons, s'il n'est pas effectué avec toutes les précautions 
possibles. 

Certes, dans les temps passés, il était difficile de pouvoir obtenir 
l'appui du Gouvernement pour toutes les mesures hygiéniques, que 
de fortes dépenses et d'anciens accords internationaux empêchaient 
de régulariser complètement par des lois sanitaires. Maintenant le 
système financier qui est en pleine vigueur et prospérité, d'accord 
avec la puissance législative des tribunaux, se prête suffisamment à 



— 181 — 

la réalisation facile de t)us les projets d'utilité publique. Les Servi- 
ces sanitaires sont abondamment pourvus du coté budgétaire, et le 
Gouvernement lui allo'je des sommes qui s'augmentent chaque 
année à la seule demande et, sans contestation, de subsides 
éventuels. 

De ces quelques lignes, qui n'ont pas d'autre prétention que celle 
de l'opportunité et de l'urgence du moment, tout en rappelant 
rapidement les données scientifiques qui s'y rapportent, il résulte 
clairement, et nous en avons la conviction profonde, que l'Egypte, 
région éminemment saine par sa nature e*, par son climat, si ello 
était mise en éveil par un puissant et constant vouloir, bon gré 
mal gré, en incu]([uaiit dans son insouciante mais douce population 
les mesures hygiéniques appropriées, cette Egypte, j'aime à le 
répéter, deviendrait un des plus beaux et des plus salubres pays 
du monde. 



— 18ï 



LISTE 

DES 

OUVRAGES REÇUS PAR L'INSTITUT ÉGYPTIEN 

DU V JUIN AU l*"' NOVEMBRE 



EGYPTE 



Journal Officiel, du n" OS au ii° 127. 

Moniteur' du Caire, du 11° 1,085 au 11° 1,157. 

Le Tcleyrapltos. 

L'Ar/ricultarc, du 11° 2 au 11° 18 (manque le 11° 6). 

Sociî.TK DE GÉOGRAPHIE DU C.MRE — bulletin, 3iae série, n° 9. 

MixiSTÈRE DES TRAVAUX PUBLICS. — Ra])port du lieutenant-colonel Ross 
sur le service des eaux. — Plan de la tille de Luxor. 

O. BoRELLi BEY, — LcL législation égyptienne annotée, i''9 parlie. 

Abdallah Siuwvi.K.- -Essai sur la province romaine d'Egypte. — Do la com- 
pétence des tribunaux mixtes. 

ALLEMAGNE 

Académie Léopoldim.. — Xirhcindlungen, Vol. 55, 56. 

BOTAXISCHEN VEREIXER IX I.AXDSHUT, 1890-91, Vol. 12 

ANGLETERRE 

Société royale de st.\tistique de Loxdres. —Journal, vol 55, fas. 2, p, 3. 

AUSTRALIE. 

Barox Ferd. de jMueller. — Scénographie des plantes de l'Australie. 
9 dizain. — Historical records of Xcw South Wales ; vol. l, fas. 2. 

AUTRICHE 

Académie des Karpathes. — Annccles, 1892, 2 liv. 

Mélanges d'histoire naturelle de Stciermend , av. 1891. 

ZooL BOT. gesellichaft IN WiEX, — Vcrhandlungcn , vol. 42, liv. 1 — 2. 

Institut de météorologie de Vienne, Année 1890. 

Dei Natur. historischen hof MUSEUM. — Annales ; vol. 7, n»» 1, 'i. 



— 183 



CANADA 

Dora mm (:i rctdtij'ft à l'miificiitiun de ritciirc. 

l'ontrihiition to Cniindian inirro-intlcntiUtlotnj, ji. 4 ( envoi do I.i <;li;iml)re 

(Ifs (•(jinimiiics (J'()ll;i\v;i ). 

ESPAGNE 

AcADKMir. DE i.'HisToinF.. — Biillcfi/i, vol. 20, liv. 5-0. 

Association Amisrico-AHCHiioi.ooiyri". ur- lUncixoM: ; juin à od., in'c ùrJi- 
linii (In |ii(i:ji;iiiiiii(' <Iii 9""' i-oiiLirs iiilcrii.'ilioii.ii des ;iiii('?riciiiiistes. 

FRANCE 

Aiuialrs iiir/iislriclh's, 18'J2 ; l'"- scm, ii'^ 22 .'i 2G ; 2""* sciii, 1 ;'i l(j (ni.iii«nic 

liv. 12 >. 
Facultk dks lettres de Poitiers. — Bulletin, 1892, mai-juin. 
Feuille i/cs jeu/ws naturalistes, n° 2(J0 n 204. — Calnloi-uo de la hililiollu-- 

que n° 15. 
Journal général de l'imprimerie et de la librairie, 1S92. n" 22 à 42. — T.iMo 

syslémaliquo de 1891. 
Moniteur industriel, n'^^ 21 à 42. 

Pharmacie centrale de France. — Journaux réunis, n"' 10-19. 
Rerue des lirrcs et de lu presse, 1892, n° 6. 
Reçue générale des seiences pures et appliquées, .3me nnnéc, 1892, n"" 0, 8, 14, 

15, 18. 
Nourelles ;jéof/rap/iitjues, 2™c aiinoo, n° I, janv. Ib92. 
Société d'étides scientifiol'Es de Paris.— Bulletin, 1891. 
Société d'encouragement pour l'indusdrie nationale. — Bulletin 1812, 

mai ù .sept. — Résumés, 13, 27 mai ; 10, 24 juin ; S, 22 juillet 1892. 
Société de céographie de Paris. —Bulletin 1831, 4'ne iiim. ; i8<j2, le"" liim. 

2n»e Irini. — Coniptes rendus, 1892, n» 9, 6, U. 
.Société de Géographie de Tours. — Recueil, 1892 ; avril, mai, juin, juillet. 
Société des ingénieurs civils. — Mémoires, 1892, avril, mai; Résuméa^ 

20 mai ; 3, 17 juin ; 8, 22 juillet ; 5 aofit ; 7 octobre 1892. 
Le Bassin houillcr du Dotiet:: (don de M. liriill, auteur). 
Les monuments pi imitij's des Baléares (don de Carlailliac) auteur. 

ITALIE 

Académie des Lincei.— Comptes re/tdus, 5<^^ série, vol. ', 8, 0. 12 du 1er sin. 

fasc. 1 à 6, 2mo sein. 
.Xcadémie des Lincei. — Notice des/ouilles, janvier à avi'il. 

— Sciences morales, .série 5, vol. 1, fase. 3 à 7. 

— Compte rendu de la séance solennelle du 5 juin, 

1892. 

— Mémoires sciences, morales^ sôrio 4, vol. 6, j». 1, 

vol. 7 j). 1, vol. 8 I». 1. 

— Mémoires Sciences p/iysitptes, série 4, vo.. 6. 
At;ADi MM. UE Naples. — Comptf< midn^ -«'li'- 2. Vol. (;, f;is. \, 5, 6. 



— vu — 

AcADÉMiK DU Fisio-CRiTici DE SiEXXE. — Acics, sôric 4, vol. 4, fas. 1 ô 8. 
Académie de médecine de Rome. — Bulletin, année 17, fas. 6,7; année 18, 

fas. 1. 
DiBioTHÉQUE CENTRALE DE HoME. — Bulletin dcs oticrarjes modernes ctixin- 

gers, vol. 7 u° 17 à 21. 
Société africaine d'talie. — Bulletin, 11""^ année, fas. 3, 4, 5, 6. 
Société de géocraphie Italienne. — Bulletin, 3r"e série, vol. 5, l'as. 5 à 7. 
Camillle Tagliabue. — Gvaniniairc Indoustane et Urdù, 
D>' Schwfinfurth. — Les plantes utiles de l'Éritlivée. 

— Flore de V Arabie méridionale. 

— Barberja, nouccau genre d'urticèes. 

— Note sur la culture en Egypte. 

E. Schiaparelli. — Une tombe égy[jticnnc inédite de la 6™e dynastie. 
Uassegna delle scienze geologiche in iTALix.— Règlement de la première 
exposition géographique italienne. 2^^ année, la.s. 1, 2, Ire série 1892. 

MEXIQUE 

Société scientifique Antonio Al.zktk.— Mémoires, vol. 5, G, 7, 8, 9, 10, U, 12. 
Observatoire de Mexico. — l^e année n° 4, oct. 1831. — Bulletin nte/isuel, 

mars 18C0. 
Observ.\toire de Puebla — Résumés journaliers, 1891, sept, à déc, 1892 

janvier à mai. 
Bulletin de Vagricidture, des mines et de l'industrie, l'e année année, 

n»5à 11. 

PORTUGAL 

Société de Géographie de Lisbonne. — Bulletin, 10">e série, n° 6. 

SUISSE 

Société de Géographie de Genève. — Le y/o^^t", 5'ic série, vol. 3. — Bulle- 
tin n» 2. — Mémoires /18;i2. 

ETATS-UNIS 

The world's congress auxiliary of the loorld's columbian exposition. 
Numismatic and antiquarian SOCIETY OF Philadelphia. — Procès-verbaux 
1890-1891. 



SEANCE DU 2 DECEMBRE \H\)2 



Présidence de S. E. Yacoub pacha Artin, président. 



La séance est ouverte à 3 heures. 
Sont présents : 



LL.EE. Yacoub pacfia Artin, présidcnl . 

W Abbate pacha / . 

^. r , r ' vtce-présidents . 

General Larmee pacha ) 

MM. PiOT, secrétaire^ 

W. Abbate, 

bonola bey, 

Bouriant, 

d*^ cogmard, 

Avocat Figari, 

d"^ fouquet, 

Franz pacha, 

Grand bey, 

Herz, 

Peltier bey, 

Sickenbergeh, 

Ventre bey, / 



membres résidanls. 



MM. LE BARON DE RujHTHOFEN, coiiimissaire allemand à la 
Caisse de la Dette publique, le D' N'ollers, le D*^ (Jhote, le 
D' Kogozinski, assistent également à la séance. 

Le procès- verbal de la dernèrie séance est lu et approuvé. 



-r- 186 — 

La correspondance comprend, en outre des journaux des 
revues et des recueils périodiques dont la liste est établie 
à la fin du présent procès-verbal : 

1° Une lettre du Ministère des Travaux publics annon- 
çant lenvoi d'an exemplaire du Rapport sur les Irrigations 
de 189'l. par M. le colonel Ross, ex-inspecteur général des 
irrigations. 

2° Une circulaire delà Société philosophique américaine 
de Philadelphie, invitant l'Institut Égyptien à se faire re- 
présenter aux fêtes de la célébration du 150"'^ anniversaire 
de sa fondation, qui auront lieu du 22 au 26 mai 1893. 

Enfin deux exemplaires imprimés d'une circulaire au 
sujet du Congrès sur l'Afrique, qui doit se tenir à Chicago 
en 1893, par Frédéric Peny Noble. 

L'Institut décide que des remerciements seront adressés 
au Ministère des Travaux publics pour son gracieux envoi; 
les membres de notre Société qui se trouveraient à Chicago 
au moment des fêtes de la Société philosophique améri- 
caine sont autorisés à y représenter l'Institut Egyptien. 

S. E. LE D^ Abbate PAciiA, au nom de M. le D' B. Apos- 
lolidis, d'Alexandrie, fait hommage à l'Institut d'un 
ouvrage sur Les rapports entre le grec alexandrin, le grec ancien 
et le grec moderne. En dehors de l'intérêt linguistique 
de ce mémoire on y trouve des données historiques très- 
importantes qui tendraient à prouver que les Macédoniens 
étaient Illyriens ou Daimates et non d'origine grecque. 
Ce ne serait que plus tard, que les Hellènes se seraient 
assimilés aux Macédoniens. 

Une lettre de remerciements sera adressée au savant 
donateur el son mémoire sera déposé honorablement dans 
les archives de notre Société. 



- 187 - 

L'ordre (lu jour uppollo la communication do M. \o- Prof. 
Sickcnbergcr sur une Heconnaismucc [aile te lonfj de la rôle 
t'ijUptienne de la I\h'diterrani'c poulaiil h'^ )iiois d'aoùl ri dr Rcploni- 
bre 189^. (Voir annexe n" 1.) 

M. LE PRÉSIDENT donuc cnsulto la parole à M. le D"" Vollers 
pour la lecture du rapport sur Le /A'""' Congrès des On'enla- 
lisles tenu à Londres en 181)2 . (Voir annexe n'^ 2.) 

Au sujet de cette communication, de brèves observations 
sont échangées entre LL. EE. Yacoub pacha Artin, le 
1)'" Abbate pacha et M. le D' Vollers; puis iM. le Président 
adresse, au nom de l'Institut, les remerciemenls d'usage 
au savant conférencier. 

L'ordre du jour étant épuisé, l'instilut se forme en co- 
mité secret. 

M. LE Président donne lecture de deux lettres de candi- 
dature aux places de membres titulaires déclarées vacantes 
dans la séance précédente. 

La première est de M. de Morgan, directeur du Service 
des Musées et des Fouilles, à Guizeh. 

M. LE Président, qui, de concert avec M. le D'" Fouquet et 
S. E. le D' Abbate pacha, appuie la candidature de M. de 
Morgan, rappelle sommairement les hauts titres qui re- 
commandent le postulant aux suffrages de l'Institut. 

La deuxième lettre est de M. Garstin, le sous-secrétaire 
d'État au Ministère des Travaux publics ; sa candidature 
est patronnée par M. le Président et M. Grand bey. 

Enfin, M. Piot propose ù l'Institut, au nom de S. E. le 
D"" Abbate pacha, de M. l'avocat Figari et au sien, la can- 



— .188 — 

didature de M. Gavillot, notre ancien secrétaire général, 
à la place de membre honoraire. 

Ces élections auront lieu dans la prochaine séance, en 
conformité du règlement. 

Il est procédé ensuite au scrutin pour l'élection de deux 
membres résidants et d'un membre correspondant. 

MM. William Groff et M. Ugo Lusena sont élus membres 
résidants, et M. le D' Calmette, directeur de l'Institut bac- 
tériologique de Saigon, membre correspondant. 

La séance est levée à 5 heures. 



Annexe N" 1 à la soance du 2 décembre 1892. 



EXPOSE SOMMAIRE 

d'inf. 

REflMI^S\Nf'E FAITE LE LONf. DE LA mi EGYPTIENNE DE LA MEDITERRANEE 

PENDANT LES MOIS D'AOUT ET DE SEPTEMBRE 1892 

PAR 

Le Prof. E. SICKENBERGER 



C'est grâce à l'initiative de notre Président que j'ai été chargé par 
S. E. le Ministre de l'InstructiDn publique de faire une reconnais- 
sance au point de vue géologique et botanique de la région s'étendant 
du cap Marabout, à l'ouest d'Alexandrie, jusqu'aux frontières de la 
Palestine. La région en question, bien explorée d'ailleurs, pendant 
d'autres saisons, n'ajamais été explorée durant ces deux mois d'août 
et de septembre, qui permettent de mieux établir quelles sont les 
plantes qui résistent le mieux à la chaleur sur un terrain chargé de 
sel. 

Parti le 7 août et revenu le 8 octobre, j'ai pu, durant mon explo- 
ration, faire beaucoup d'observations et recueillir des matériaux si 
riches que je suis obligé de me borner ici à un compte rendu abrégé 
me réservant d'exposer certains détails dans des publications ulté- 
rieures. 

Je ne m'étendrai donc que sur les sujets suivants : 
I. Le Ouadi Natroun. 
IL Les salines de la Basse-Egypte. 

III. Quelques observations sur le lac Menzaleh. 

IV. L'ensablement des canaux de la Basse-Egypte et spéciale- 
ment du canal de Suez et un moyen d'y remédier. 

V. Les plantes qui résistent le mieux à la salure combinée à la 
chaleur et la culture estivale des terrains salés. 



— 190 



I. ~ Le Ouadi Natroun. 

Le directeur général de l'Administration du sel, M. A. H. Hooker 
m'avait invité à visiter le Ouadi Natroun pour y étudier quelques 
questions qui intéressaient l'Administration. L'étude du Ouadi ne 
m'écartant pas trop du cadre de mon programme, je m'y suis rendu 
directement. Les questions susmentionnées ayant été l'objet d'un 
rapport aux autorités respectives, je ne traiterai ici que des cir- 
constances rentrant dans le domaine de la science proprement dite. 

On croyait jusqu'à présent que l'infiltration du Nil, en passant 
par des couches contenant du chlorure de sodium et du carbonate 
de calcium, se chargeait, par la décomposition réciproque de ces ma- 
tières, de carbonate de sodium qui se condensait dans les réservoirs 
naturels que l'on appelle les lacs de Natroun. Dans le voisinage de 
ces lacs, le bord de la vallée est formé de collines de sable et on ne 
remarque pas de rochers arrivant à fleur de terre. Près du lac 
El, Melotik seulement, au milieu de la vallée, se trouve un témoin 
travaillé par l'érosion qui montre des couches alternantes de calcai- 
re, d'argile et de grès, le tout couvert d'un bonnet de cimentati^n 
récente. On ne rencontre pas de fossiles, de sorte qu'on ne peut en 
déterminer l'étage géologique. Dans l'argile se trouvent beaucoup 
de cristaux de chlorure de sodium et de gypse ; circonstance d'ac- 
cord avec l'opinim jusqu'à présent adoptée sur la formation du 
natron. En examinant alors les sources jaillissantes au bord des lacs 
et qui devraient apporter le carbonate de sodium en dissolution, on 
est étonné de remarquer qu'elles n'ont aucune réaction alcaline à 
leur sortie. Elles ont la réaction neutre et une saveur franchement 
amère et salée. L'analyse préalable constata la présence de sulfate 
et de chlorure de sodium. Ces sources sont pleines de végétation 
d'algues, d'une confervacée verte et puis d'une oscillaire. Environ un 
ou deux mètres après leur sortie, ces sources commencent à déga- 
ger de l'hydrogène sulfuré. Quelques pas plus loin, on remarque 
que la confervacée verte se perd et l'on voit apparaître une coloration 
rouge et ensuite noire, couleur qui est aussi celle du dépôt au fond 
des sources, l'eau devient alors légèrement alcaline et l'alcalescence 
augmente en même temps que le dépôt noir. Cette substance est du 



- 191 — 

sulfure de fer. Si l'on fait un trou dans ce limon noir, de grosses 
bulles d'acide carbonique se dégagent, ainsi que dans le limin 
rouge, qui n'est autre que le débris de la confervacée verte. On y 
trouve, de même que dans le limon noir, une grande quantité d'un 
micrococcus. Ce limon noir enlevé et mêlé à de l'eau commence à 
fermenter en dégageant de l'acide carbonique, tandis que la quan- 
tité de micrococcus augmente encore. Il est donc à présumer que 
l'eau d'infiltration du Nil se charge de sulfate de sodium en traver- 
sant les couches qui contiennent du sel, du carbonate de sodium et 
du gypse, et que ce sulfate de sodium est réduit, par le besoin 
d'oxygène de la confervacée, en sulfure qui ensuite est transformé 
en sesqui-cnrbonate par l'acide carbonique produit parla végétation 
du micrococcus. Le soufre se dégage combiné à l'hydrogène. Les 
lacs ne sont que les vases d'évapornti.m. Ainsi se confirme l'opinion 
avancée en premier lieu par M. llooker — en vue de la réaction 
neutre des sources qui nourrissent les lacs — que la formation du 
carbonate de sodium au Ouadi Natroun est due à de petits organis- 
mes parallèles à la fermentation. 

La partie purement chimique se rattachant h ces observations a 
été publiée dans ia Cliemiker Zeitung, n" 88 à 90, de l'année cou- 
rante. 

Quant à la végétation la plus remarquable au Ouadi Natroun, 
c'est une large bande d'une typha (masse d'eau), appelée par les 
bédouins berdi ^^j, entourant les lacs et poussant partout dans le 
Ouadi où il y a quelque humidité. Cette typha et la halfa d'Hgypte, 
eraqi'ostis ajanosuroides, poussent même dans le limon et dans 
lesablc qui ontient jusqu'il 70 7o de sesqui-carb)nale de sodium, 
pirceque ce lim )n ainsi que la ouche de natron hors des lacs 
atteint à peine une profondeur de di.x. centimètres, au-dessous des 
sources même seulement de trois à cinq centimètres. Le dépôt de 
sulfure de fer forme un obstacle infranchissable par sa densité au 
carbonate de sodium. Ainsi les racines ne sont pis atteintes par 
l'alcali, tandis que les chaumes de ces deux plantes ne souffrent pas 
de son influen.e. 

Cett»^ ttjpJid est une espèce jus(|u*;i présent non observée en 
Egypte, que je considère comme identique h la tuplm ladjolia 
(Linné), dont cependant Figari hey indique l'existence probable 



— 192 — 

dans le Delta, sans préciser de localité. On la trouve en telle quan- 
tité qu'elle pourrait bien fournir la matière combustible pour ali- 
menter une grande industrie. De plus, on peut la couper au moins 
six fois par an et l'effet ne serait autre que d'en augmenter la 
quantité. Les racines s'entrecroisent davantage. Comme on ne 
trouve pas d'eau douce proprement dite au Ouadi et la saison 
étant défavorable je n'ai trouvé que peu d'autres plantes, dont voici 
le classement d'après leur abondance relative. Il n'y a pas de cul- 
ture sauf quelques cucurbitacées autour des habitations et quelques 
dattiers près des couvents. 

Typha latifolia, Linné. 

Eragrostis cyanosuroides, Kth. 

Artemisia monosperma, Del. 

Nitraria retusa, Asoh. 

Tamarix mannifera, Ehrenb. 

Suaeda vermiculata^ Forsk. 

Phœnix dactylifera, Linné (en apparence spontanée). 

Dactylus o^cinalis, Vill. 

Phragmites communis isiaca, Del. 

Hyoscyamus muticus, Linné. 

Sporobolus spicatus, Kth. 

Scirpus maritimus arabicas, Ahh. a Buch. 

Samolus Valerandi, Linné. 

Helosciadium nodiflorum, Koch. 

Panicum paspaloides, Iq. 

Sonchus mcuùtimus aquatilis, Boiss. 

Je n'ai pas trouvé d'êtres vivants dans les lacs, ainsi que très peu 
d'oiseaux dans l'entourage : une sterna et un martin pêcheur qui 
étaient probablement attirés de loin par l'aspect riant de ces lacs. 
La mouche « Debbeh » Tabanus albifacies, si redoutée dans 
d'autres parties de l'Egj^pte abonde dans le Ouadi, mais on ne la 
craint pas, et les bédouins disent que cette mouche n'est dangereuse 
que dans le Delta, dont les habitants voisins envoient leurs cha- 
meaux pendant deux mois dans le Ouadi pour être préservés de la 
maladie sévissant alors chez eux. Cette observation confirme l'opi- 
nion de notre collègue, M. Piot, que la maladie dite delà « mouche » 
n'a rien à faire avec la mouche même. 



Annexe N' 2 à la séance da 2 décembre 1802. 



LE IX"' CONGRES INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

TENU A LONDRES DU 5 AU 12 SEPTEMBRE 1892 



PAR 

Le Docteur K. VOLLERS 



C'est en 1873 que la Société d'Ethnographie de Paris conçut le 
projet de convoquer les réunions périodiques internationales con- 
sacrées aux études orientales et américaines. Cette Société sentait 
que pour s'acquitter dignement de la tâche multiple qu'elle avait à 
remplir, il lui fallait nouer des relations étroites et suivies avec les 
savants voués aux: recherches sur l'Orient. Les orientalistes, de leur 
côté, divisés jusque là en plusieurs branches qu'aucun lien interna- 
tional ne réunissait en faisceau, accueillirent avec plaisir l'occa- 
sion qui leur était offerte de se connaître et de se rapprocher, de 
sorte que le succès de leur première réunion à Paris en 1873 dépassa 
toutes les espérances. 

Les meml)res souscripteurs de ce congrès furent au nombre de 
mille ; parmi leurs noms figuraient ceux de S. A. Ismaïl pacha et 
d'une vingtaine déjeunes Egyptiens, dont la plupart faisaient leurs 
études à Paris. Quarante-quatre sociétés savantes, dix-sept biblio- 
thèques et musées et huit écoles avaient souscrit de leur côté. 

Le Gouvernement égyptien était représenté à ce congrès par 
M. Frédéric Barrot, et la Société de Géographie y avait délégué 
M. G. Schweinfurth. 

L'année suivante eut lieu à Londres le second congrès des orien- 
talistes; l'Egypte y avait délégué M. Henri Brugsch bey, l'illustre 
égyptologue. Le plein succès de cette réunion fut atlirmé en ces 
termes par M. .1. Oppert, \o savant assiriologuo : « If to tho Paris 
Gongress belonged the merit of inaugurating the great meetings 



— 194 ~ 

of Oriental Scholars, to that of London belongs the honour of 
"ûaving Consolidated the undertaking and of assuring its continued 
existence ». 

L'orientalisme avait prouvé dès lors qu'il ne devait plus être mené 
en lisière par la Société d'Ethnographie ; il s'était montré majeur 
et indépendant. 

Depuis cette époque le congrès international des orientalistes s'est 
réuni successivement à S' Pétersbourg en 1876, à Florence en 1878, 
à Berlin en 1881, à Leyde en 1883, à Vienne en 1886, à Stockholm 
en 1889, et une seconde fois à Londres en 1892. 

Avant de parler en détail de ces congrès, je crois utile de retracer 
ici les époques qu'ont traversées les études orientales durant les 
derniers siècles, savoir : l'époque polémique et apologétique^ l'époque 
biblique, et Tépoque de la libre critique, qui est celle où nous 
sommes. Il convient de faire observer à ce propos que le terme 
même de « langues orientales » n'a jamais eu un sens bien déter- 
miné ; que la signification de ce terme s'est modifiée et étendue 
dans le cours des siècles. 

C'est dans les contrées riveraines du bassin occidental de la Médi- 
terranée qu'il faut chercher, au moyen âge, l'origine des études 
orientales. C'est là, en effet, que les chrétiens, les musulmans et les 
juifs se trouvèrent rapprochés par des relations commerciales d'où 
prirent bientôt naissance des relations littéraires. 

On sait que l'empereur d'Allemagne Frédéric II soutint des 
disputes avec des savants musulmans, et qu'un philosophe arabe lui 
dédia un traité dont il était l'auteur (1). Avant cela déjà, un chérif 
du XII* siècle avait composé un traité de géographie pour un roi 
normand de Sicile (2). Ray mon Lulle apprit l'arabe en vue de 
convertir les musulmans et de réfuter la philosophie d'Averroës. 
Un prêtrfi espagnol composa vers l'an 1500 un dictionnaire du 
dialecte Hispano-arabe et grenadin (3). 

Les précieux ouvrages médicaux des Arabes, imprégnés de l'esprit 
hellénique furent traduits à diverses époques par des médecins juifs 

(i) Abd el-llakkibn Sab'in, mort en 608 (1271). 

(2) Al Idrïsi mort en 560 H 165) : son ouvrage est connu parmi les Arabes comme livre de ftRoger» 
c'est-à-dire de Roger II ()097-l 154). 

(3) Pedro de Alcala. 



— 195 — 

et par d'autres gens instruits; enfin un théologien juif flu x* siècle 
signala la parenté de l'arabe et de l'hébreu résultant de l'étude des 
racines (1). 

La révolution générale des esprits provoquée par la découverte 
du Nouveau-Monde, par la renaissance des beaux-arts et ''es belles- 
lettres en Italie et par l'émancipation religieuse en Allemagne, ne 
tarda pas à entraîner après elle une profonde réforme des études 
orientales, c'est-à-dire arabes et hébraïques. 

Les deux grands partis divisant la chrétienté ont l'un et l'autre 
le mérite d'avoir contribué à développer ces études. En rejetant la 
tradition papale et en remontant aux sources bibliques, le protes- 
tantisme devait s'attacher avec un zèle extrême à l'exégèse de l'An- 
cien Testament dans son texte hébreu ; or ce travail hérissé de 
difficultés ne pouvait se faire d'une manière sérieuse qu'à l'aiie de 
l'arabe. Aussi voyons-nous au xvii" et au xviii* siècle une suite de 
sémilologues remarquables se produire en Hollande en Allemagne 
et en Angleterre, tels que : Erpen, Gool, Hiob Ludolf, Usher, 
Lightfoot, Pococke, Castle, Hyde, Brian Walton, Schultens, 
Michaelis, Eichhorn, etc- 

La papauté de son côté a noué le premier lien pacifique entre 
l'esprit de l'Orient et celui de l'Occident en f()ndant le Collegium 
Maronitaruni, où de jeunes Libanais enseignèrent l'arabe en 
apprenant eux-mêmes le latin et l'italien. Le système grammatical 
de cette école a prévalu en EuDpe jusqu'au milieu de notre siècle. 

L'extension de la domination des Anglais aux Indes a frayé la 
voie à la troisième phase des études orientales, c'est-à-dire à l'époque 
de la critique scientifique appliquée à ces études. Cette époque est 
marquée par l'initiation do l'Europe à la philologie indienne ; par 
la création de la linguistique comparée et par l'application à cette 
branche des sciences du ])rincipe de la libre recherche. 

C'est à l'expédition française en Egypte et à l'avènement dans 
cette contrée de la dynastie régnante que l'égyptologie doit sa 
naissance et la philo'ogio arabe des progrès extraordina'ires. 

L'on pmit dire que presque chaque décndo de nitre siècle a été 
signalée dans le domaine de la philologie orientale par do nouve'les 
découvertes, qui, tout en élargissant nos connaissances, renversent 

(*) Yéhoudah ben Koreich. 



- 196 — 

des idées admises depuis longtemps et modifient profondément nos 
vues générales sur ce sujet. 

C'est ainsi que nous admettons maintenant l'existence de plusieurs 
grandes branches de langues orientales, savoir : les langues sémi- 
tiques, aryennes (ou indo-européennes), africaines (hamitique, 
égyptienne), de l'Asie septentrionale, de l'Extrême Orient, enfin 
les langues océaniennes. II va sans dire que C3s diverses branches 
de langues n'ont pas toutes la même importance aux yeux de la 
science. L'égyptologie, d'une part, les langues sémitiques et aryen- 
nes, d'autre part, offriront pour longtemps encore le champ le plus 
vaste et le plus intéressant aux recherches des savants. En effet la 
philologie sémitique nous permet de saisir les fils qui rattachent les 
origines de l'Europe aux civilisations des peuples de race sémitique, 
tandis que la philologie aryenne nous fait entrevoir certains traits 
de l'enfance des nations européennes, auxquels les peuples comme les 
indiT idus aiment à se reporter comme à leurs plus chers souvenirs. 

La marche suivie par les congrès des orientalistes énumérés plus 
haut, vient à l'appui de ce que nous venons de dire. Au congrès de 
Paris (1873) les recherches concernant le Japon primèrent toutes 
les autres ; la sémitologie se trouva reléguée au second rang ; les 
communications touchant les études arabes notamment se barnèrent 
à une petite notice de M. Sédillot fils, sur la table hakémite. Au 
premier congrès de Londres, l'égyptologie et l'indologie eurent 
beaucoup d'importance, mais l'arabe fit complètement défaut. 

Ce ne fut qu'à S^ Pétersbourg (1876) et aux réunions suivantes 
des congrès que les diverses branches de l'orientalisme occupèrent 
la place qui revient à chacune d'elles, et que l'arabe, entre autres, 
se releva de plus en plus. La numismatique, l'histoire, la théologie 
musulmane furent sérieusement traitées au congrès de S' Péters- 
bourg, et M. de Goeje y lut la première notice qui ait été faite sur 
la chronique arabe d'Al Yacoubi (m® siècle de l'Hégire), imprimée 
plus tard par les soins de M. Houtsma (Hollandais). 

A Florence (1878) on discuta sur la théologie, la philosophie, la 
géographie des Arabes. M. Hommel, suivant les traces de M. von 
Kremer, soutint au nom de l'assyriologie la thèse d'après laquelle 
l'Arabie ne serait pas la patrie des Sémites. M. Krehl exposa pour 
la première fois l'ensemble des preuves qui militent contre la tradi- 



- 197 — 

tion de l'incendie de la Bibliothèque d'Alexandrie par ordre du 
Khalife Omar. 

Au congrès de Berlin (1881) les sections égyptienne et arabe 
reçurent des ominunication.s du plus lia ut intérêt M. Masperj 
donna lecture d'un premier rapport sommaire sur la trouvaille de 
Deir-el-Bahari près de Thèbes ; M. Spitta prouva que la version 
arabe de la géographie de Ptolémée, dont il avait acquis le manuscrit 
unique en 1878, au Caire, contenait le plus ancien système géogra- 
phique connu des Arabes, et que cette version était faite avec une 
exactitude et une clarté fort appréciable même pour l'interprétation 
du texte grec. 

M. Naville présenta au congrès deux volumes manuscrits de son 
édition du Livre des Morts travail sur lequel M. Lepsius avait 
appelé l'attention des égyptologues à Londres en 1873. 

A Leyde (1883) M. Land donna communication de ses premières 
recherches sur la musique arabe, dont il a donné la suite cette 
année-ci à Londres. Feu M. A. Mueller releva le côté littéraire de 
l'histoire des naturalistes arabes par Ibn Abi Osreibia, imprimée par 
ses soins au Caire. M. Hommel exposa la nécessité d'une édition de 
la Gamhara, recueil poétique arabe du if siècle, sans dissimuler les 
difficultés d'une pareille entreprise (la Bibliothèque Khédiviale pos- 
sède un manuscrit de ce recueil). 

La section arabe du congrès de Vienne (1886) fut des plus fertiles 
en travaux. M. von Kremer présenta ses excellentes études sur le 
budget de l'empire des Abbassides. M. Snouck Ilurgronje, à peine 
de retour d'une excursion périlleuse à la Mecque, mit en lumière le 
dialecte du Hedjaz par une belle collection de proverbes. M. Hommel 
fit connaître le plus ancien texte arabe de Barlaam et Joasaph, 
livre de morale d'origine indienne qui, passant de langue en langue 
a parcouru le cycle entier des diverses littératures du moyen âge. 

L'Egypte, qui n'avait pas pris part aux congrès des orientalistes 
depuis sa seconde réunion à Londres en 1874, envoya à Vienne en 
1880 une délégation composée de cinq membres, et cette première 
rencontre des savants arabes avec les arabisants d'Europe ne 
manqua pas de produire la meilleure impression sur les uns et les 
autres. Les recherches consciencieuses de M. llefni eilendi Nassif 
sur la dialectologie arabe furent jugées dignes d'être publiées par 
les soins du Congrès. 



— 198 — 

Des délégués égyptiens se sont également rendus aux congrès de 
Stockholm (1889) et de Londres (1892) et., sans être optimiste, Ton 
doit reconnaître que ces rencontres répétées ont déjà produit de fort 
heureux résultats. En effet, les savants orientaux ont commencé à 
se défaire de quelques-uns de leurs préjugés, et les savants euro- 
péens acquièrent de plus en plus une juste appréciation de la haute 
valeur de l'érudition musulmane. 

Il faut que les Européens finissent par reconnaître que là solution 
des grands problèmes que nous offrent l'islamisme et la philologie 
arabe ne peut se faire d'une façon satisfaisante sans une connais- 
sance approfondie des idées, des opinions et des mœurs actuelles des 
Arabes. Si les Arabes de leur côté, consentaient à associer à leur 
solide érudition une certaine dose du criticisme européen, ils ne 
tarderaient pas certainement à obtenir des résultats inespérés dans 
les sciences qui sont de leur domaine particulier. 

Parmi les nombreux travaux relatifs à la poésie arabe, à l'arabe 
parlé et à l'histoire de l'Orient, qui ont signalé le congrès de Stock- 
holm, je me borne à mentionner ici l'étude littéraire de M. de Goeje 
(Leyde) sur le rapport qui existe entre le récit arabe des voyages 
de Sindbad le marin et la légende chrétienne de S* Brandan, 

Après avoir rapidement passé en revue les précédents congrès, il 
me reste à rendre compte de la dernière réunion des orientalistes 
qui vient d'avoir lieu à Londres. 

Vu le mauvais état de santé de Sir Henry Greswick Rawlinson, 
l'illustre diplomate et déchiffreur des caractères cunéiformes, la 
présidence du Congrès fut dévolue à M. Max Millier, l'éminent 
indianiste, si renommé également pour ses ingénieuses recherches 
sur les traditions et contes populaires (folklore) des diverses races. 

Ne pouvant résumer le discours d'ouverture aussi brillant 
qu'érudit par lequel M. le Président inaugura les travaux du 
Congrès, nous nous bornons à en citer la définition fort juste qui 
s'y trouve du titre d'orientaliste. 

« What we chiefly want are Oriental Scholars, that is to say, 
men who bave proved themselves able to hand their own spade, 
and who hâve worked in the sweat of their brow in disinterring 
the treasures of Oriental littérature. We do not wish to exclude 
raere levers of Eastern littérature, nor travellers, or dragomans, or 



— 199 — 

even intelligent couriei's ; tliey are ail welcoine : but, when \vo 
speak of Oriental Scholars, we mean men wlio liave shown that 
they are able at least to publisli texts which bave never been 
published before, anrl to translate texts wbicb bave never been 
translated befare. Of sucli I am glad lo say we bave lost bardly 
auy (1) ». 

Bien que la convocation ait eu lieu un peu tard, et en dépit du 
choléra qui avait envahi ou menacé d'envahir tous les grands ports 
du nord de l'Europe, ce Congrès, ainsi que le constate M. Max 
Millier, a brillamment réussi, tant par le nombre des membres qui 
y ont pris part que par rapport à l'importance des matières qu'on 
y a traitées. 

Le Gouvernement égyptien avait délégué à cette assemblée le 
Cheikh Mohammed Ràched pour représenter l'Université d'El 
Azhar, M. Ahmed Zéki, pour représenter l'instruction moderne, et 
le D' K. Yollers, pour représenter, la Bibliothèque Khédiviale. 

La spécialisation qui caractérise les progrès des lettres et des 
sciences modernes s'est manifestée à ce Congrès par le grand 
nombre des sections entre lesquelles ses membres se sont répartis. 
Les sections étaient en moyenne au nombre de cinq lors des précé- 
dents Congrès ; à celui de Londres on a reconnu la nécessité d'élever 
leur nombre à onze, savoir : 

1° Section indienne, présidée par Sir Raymond "West. 

2° Section aryenne ou de philologie comparée concernant les na- 
tions indo-européennes, présidée par le prof. Cowell (Cambridge). 

3" Section assyro-baby Ionienne, présidée par le Rév. prof. Sayce 
(Oxford). 

4° Section arabe et de philologie sémitique générale, présidée par 
le prof. W. Robertson Smith (Cambridge). 

5° Section persane et turque présidée par le major général Sir 
Frédéric Goldsraid, bien connu par sa mission en Perse en 1870. 

6" Section de l'Asie Centrale et de l'Extrême Orient présidée par 
Sir Thomas Wade. 

7" Section africaine (égyptienne) présidée par M. le prof. Le 
Page Renouf. 

(l) AilJri'ss delivered at the oprniiig of thr 9lh liitirnalional Congiesx ofOrieiilalmls lieU in 
London, Sopt. 5, 1802, page 0. 



— 200 — 

8" Section océanienne, présidée par Sir A. Gordon. 

9" Section d'anthropologie, présidée par le D"" E. B. Tylor. 
10" Section de géographie, présidée par le très honorable Sir El- 
phinstone Grant Duff. 

11'' Section archaïque, consacrée aux relations qui ont existé entre 
l'Orient et la Grèce primitive, présidée par le très honorable W. E. 
Gladstone. 

On a objecté à cette division en sections qu'elle a poussé trop loin 
la spécialisatiDn. Cette objection n'est fondée qu'en partie; on aurait 
pu par exemple réunir les sections d'anthropologie et de géographie 
et joindre la section archaïque à celle consacrée aux études sémiti- 
ques. Quant aux autres sections la spécialisation était imposée par 
la force des choses. Existe-t-il en effet un savant en état de présider 
d'une manière sérieuse aux discussions concernant toutes les bran- 
ches des lettres indiennes et de diriger en même temps les débats 
touchant le vaste domaine de la philologie aryenne comparée? Ou 
bien, quel serait l'érudit capable de donner un avis également 
éclairé et compétent sur les inscriptions cunéiformes, sur l'exégèse 
de l'Ancien Testament, et sur les questions infinies concernant l'isla- 
misme et la philologie arabe ? 

Vu la grande masse de matériaux dont le Congrès a eu à s'occu- 
per (propositions, hypothèses, thèses prouvées, motions, notices), je 
me bornerai à relever quelques détails se rapportant aux travaux 
pouvant intéresser l'Egypte d'une façon quelconque. Ces travaux 
appartiennent aux sections d'égyptologie, d'études assyro-baby Io- 
niennes, et d'études sémitiques et notamment arabes. 

Dans la section égyptienne M. Flinders Pétrie, l'archéologue bien 
connu, a fait un rapport sur ses fouilles les plus récentes. Quant 
aux résultats des travaux exécutés par lui dans le cours des dix 
dernières années, il les avait consignés dans un ouvrage publié 
quelques mois avant l'ouverture du Congrès (1). 

M. Ersman de Berlin, s'était proposé d'exposer les résultats philo- 
logiques de l'étude des textes des pyramides, mais malheureuse- 
ment l'épidémie l'a empêché de se rendre à Londres. M. Mahaffy, 
le savant déchiffreur des papyrus grecs trouvés par M. Flinders 

(1) Ten years diggingin Egypt, 1892, London. 



— 201 — 

Pétrie a présenté les résultats de ses pénibles recherches par rapport 
à l'histoire de l'Egypte. Le major Wingatc de rarmée égyptienne 
a lu un résumé des dernières recherches sur la récente explosion 
de l'idée du mahdisme au Soudan. (1). 

Plusieurs questions ayant un rapport plus ou moins direct ii 
l'Egypte ont été discutées par la section assyro-babylonienne. 
M. Hommel (de Munich) a développé les raisons qui, d'après lui, 
militent en faveur de l'origine babylonienne de la civilisation 
pharaonique. Je suis davis qu'il n'a pas toujours montré la circons- 
pection indispensable quand il s'agit de résoudre des questions si 
délicates. M. Krall (de Vienne) a fait un nouvel examen des 
inscriptions étrusques qui se trouvent sur la momie conservée 
depuis 1859 au musée d'Agram (Croatie), On sait que ce texte étrus- 
que est le plus long qui existe ; il comprend environ 200 lignes et 
1200 mots. 

MM. Boscaven et Tyler ont abordé la question des Hittites^ si 
intéressante au double point de vue de l'archéologie et de la linguis- 
tique. Nous serions entraîné trop loin si nous ne faisions même 
qu'énumérer toutes les hypothèses concernant cette nation remar- 
quable et encore si peu connue, bien qu'elle fut en contact immédiat 
avec les Israélites et les Egj^ptiens. Pour ma part, je ne puis que 
partager l'opinion qui rattache les Hittites à la hranche phrygo- 
cappadocienne des peuples de l'Asie ^lineure. 

Je viens de dire que la section sémitique était présidée par M. W. 
Robertson Smith, professeur à l'Université de Cambridge, et je 
n'hésite pas à déclarer que cette tâche délicate n'aurait pas pu être 
mieux remplie par aucun autre savant. 

Comme philologue, M. Robertson Smith, continuant la tradition 
inaugurée en Angleterre par feu M. William Wright, se distingue 
par une vaste érudition et par la méthode comparée unie à une 
grande prudence. Comme d'autres sémitistes, M, R. Smith a lait 
son début littéraire dans le domaine de l'Ancien Testament ; puis il 
a appliqué l'excellente méthode critique qui lui est propre à l'anti- 
quitû arabe (préislamique). 

Deux séjours en Egypte, en 1879 et en 1890-91, et une excursion 

(1) Malidiim and the Egypii'in Sutulun ih'U. Ti'n innr-i ■■,n,iifii,i m ilir M.iluh < r,tiin> fiom ili.- 
MSS. of Ohrwalder, 1892. 



ono 

à Taïf (Hedjaz) en 1880, où il a joui de l'hospitalité du Ghérif des 
Lieux Saints, l'ont intimement familiarisé avec l'Orient moderne et 
la vie des bédouins. 

Toujours à la recherche de nouvelles voies, M. R. Smith a décou- 
vert, en suivant les traces de l'ethnographie comparée, un état de 
matriarchat parmi les anciens Arabes (1). Depuis cinq ans il a 
entrepris la tâche difficile de reconstituer, à l'aide de la méthode 
comparative, les idées religieuses des Sémites (2). 

Quant aux conférences qui ont eu lieu à la section sémite, je vais 
passer en revue : 

a) La philologie arabe et ses branches accessoires ; 

b) La littérature arabe; 

c) La langue arabe moderne. 

La paléographie arabe a été représentée par un excellent travail 
de M. Karabacek, le maître consommé de ce domaine important 
mais trop négligé. Ce savant venait précisément de faire paraître, 
en l'honneur du progrès, le premier volume du catalogue raisonné 
de la collection de papyrus que le musée de Vienne doit à la muni- 
ficence de S. A. L l'archiduc Rainier, le protecteur éclairé et géné- 
reux des sciences, des lettres et des arts en Autriche. 

Ce volume contient la description détaillée des papyrus égyptiens, 
grecs et arabes de cette collection. Vous n'ignorez pas. Messieurs, 
que M. Karabacek et ses savants collaborateurs avaient dépouillé 
cette collection en tous sens avant la publication de ce catalogue; 
leur recueil intitulé Mittheilungen, comprenant cinq forts volumes 
est un monument permanent de la philologie orientale autrichienne. 
Ces travaux seront suivis et achevés par un corpus paléographique. 

Espérons que l'infatigable conservateur de ce trésor littéraire 
unique au monde, pourra terminer le travail entrepris et qu'il nous 
gratifiera un jour d'un manuel de paléographie arabe qui comble- 
rait les vœux de nombreux arabisants. 

Une dame anglaise, Mrs. Lewis, avait profité d'un séjour au cou- 
vent du mont Sina'ï pour photographier quelques manuscrits arabo- 
chrétiens de la bibliothèque de ce monastère. M. Karabacek, en 

(i) Kinship ami mnrriofie in carly Arabia, 1885. 

(2) Lectures on lliû religion of Sémites, vol. 1. Tlic fundamenUtl vislilulions. Le second volume 
traitera des fêles religieuses. 



- 203 — 

examinant ces belles planch(!s, a acquis la conviction, basre sur des 
raisons paléographiquos, que les manuscrits qu'elles reproduisent 
doivent appartenir au m" siècle de l'hégire. Je ne puis que me 
ranger à la même opinion, car les manuscrits du m' et du iv" 
siècle conservés à la Bibliothèque khédiviale me donnent une base 
d'appréciation sur ce sujet. Ces planches se rangent ainsi à côté des 
fragments bibliques rapportés à Leipzig par M. Tischendorf en ISf):} 
et commentés par M. Fleischor. 

Des pièces de ce genre offrent un intérêt à la fois paléographique 
et linguistique, parceque les chrétiens en se servant de la langue 
arabe ne se sont pas donné la peine d'(^l)server rigoureusement les 
règles des grammairiens puristes et que, par conséquent, leur style 
nous fournit des éléments suffisants pour fixer quelques jalons sur 
la voie des évolutions qu'a parcourues la langue arabe. 

Le D"" Vollers (Caire) a examiné le système phonétique de la 
langue arabe classique, d'après les règles posées par Sibaweih, 
auteur de la première grammaire arabe détaillée, ainsi que par Ibn 
Yaïch, commentateur éclairé de Zamakhchary et par AbouIIaiyau 
compilateur originaire d'Andalousie et mort au Caire. M. Wallin 
(Helsingfors) avait déjà posé les principes fondamentaux de la pho- 
nétique arabe vers l'an 1(S50; plus tard, MM. Czermak et von 
Briicke, physiologistes autrichiens ont beaucoup fait pour éclaircir 
cette question, surt()ut pour les gutturales. 

M. Lepsius, dans le bilan dressé par lui en 1S61, avait éclairci 
beaucoup de d('tails non appréciés jusqu'à présent. Depuis ce temps 
on avait malheureusement abandonné cette branche de recherches 
malgré la révolution qui s'est accomplie durant cette période dans 
le domaine de la philologie générale. 

M. Vollers est d'avis que les doux systèmes connus des grammai- 
riens arabes remontent aux systèmes indiens. Les différences que 
fait reconnaître l'examen de la valeur des sons classiques de la 
langue arabe aux époques antérieures et des sons classiques adoptés 
par les savants actuels, nous démontrent d'une manière indubitable 
qu'il y eut une rupture de la tradition philologique, ou, en d'autres 
termes, que la philologie classique a fini par transiger sur certains 
points avec la langue parb-e. Cette transaction a eu lieu, vraisem- 
blablement au vu" siècle de l'Hégire, lorsque l'Egypte fut devenue 



• — 204 — 

le centre des études grammaticales, en absorbant les écoles syrienne 
et espagnole. 

La littérature arabe a été traitée au Congrès de Londres par 
quatre savants, dont deux égyptiens et deux, européens. M. le 
cheikh Mohamed Râ-hed (d'El-Azhar au Caire) a eu l'heureuse idée 
de recueillir un joli lot de divers morceaux en langue vulgaire. En 
dehors du haut intérêt linguistique qui s'attache à ces productions 
naïves du génie populaire, les adeptes de la folkloi^e peuvent en 
faire leur profit. Sous ce rapport, les textes recueillis par mon 
savant confrère se rangent dignement à côté de ceux publiés par 
MM. Spitta, Yacoub Artin pacha, Dulac, Loret, etc., pour l'Egypte 
moderne, et par M. Maspero, pour l'Egypte pharaonique. Je profite 
de cette occasion pour relever l'appréciation impartiale que feu 
M. G. Charmes a faite de ce genre de littérature populaire égyp- 
tienne (1). 

M. Ahmed effendi Zéki (traducteur au Conseil des Ministres) a 
appelé l'attention des arabisants sur plusieurs anciens manuscrits 
appartenant en partie à la Bibliothèque khédiviale et en partie à la 
magnifique collection de S. E. Suleiman pacha Abaza. 

Ce jeune et infatigable travailleur ne tardera pas, sans doute, à 
s'acquitter des engagements qu'il a pris vis-à-vis du Congrès par 
rapport à ces manuscrits, qui ont certainement une valeur extrême. 

M. Goldziher (Bude-Pest), qui a gagné ses éperons de philologue 
arabe à Berlin, à Leyde et à El Azhar, au Caire, a publié dans ces 
dernières années toute une série de recherches sur la théologie 
musulmane (tradition, hérésies, dogmatique, etc). C'est en vue du 
Congrès que ce savant a tracé le tableau du mouvement hérétique 
qui eut lieu à Pépoque du Khalife Abbasside El Mahdi (158-169 de 
l'Hégire). 

Saleh Ibn Abdal Kaddouss fut le poëte de cette secte (les Zendi- 
kites). M. de Rosen, de S' Pétersbourg, a, de son côté, mis en 
lumière un fait des plus intéressants, touchant la secte des 
Zendikites, savoir l'influence qu'ont eu sur elle les doctrines boud- 
dhistes (2). 

M. Hirschfeld (Ramsgate, England) prépare depuis plusieurs 

(1) G. Charmes, L'Egypte, 1890. 

(2) Zapiski de la Société oricnlalc russe, vi, 1892, p. 339. 



— 205 ~ 

années la pul)lication du Divan de Hassan Ibn Thàbit, compagnon 
du Prophète, mort vers le milieu du i" siècle de l'hégire. Cet 
important recueil n'a été imprimé jusqu'à présent qu'une seule fois, 
à Tunis (en 1281 de l'Hégire), mais cette édition est devenue rare et 
ne répond pas aux exigences de la critique moderne. 

M, Hirschfeld a présenté au Congrès les prolégomènes de son 
édition; on d )it regretter qu'il ne puisse se servir du beau travail 
que ï). E. feu Abdallah paciia Fikri a présenté au Congrès de Stock- 
holm en 1889. Le Gouvernement Egyptien rendrait un service 
signalé aux arabisants de tous les paj's en chargeant l'Imprimerie 
Nationale de la publication du commentaire suv Hassan Ibn Thabit, 
que feu Abdallah picha Fikri a malheureusement lai-.-^é inachevé. 

J'ai ré.servé pour la fin la onférence du colonel G. A. Plunkett 
R. E. (auparavant de l'armée égyptienne) sur les méthodes de 
l'enseignement de la langue arabe, et cela en raison de la grande 
importance pratique de cette question. 

Le colonel Plunkett a conclu son discours en proposant à la sec- 
tion arabe qu'elle voulût bien exposer au Gouvernement de S. M. la 
Reine la nécessité de la création, au Caire, d'une école spéciale, oii 
des professeurs indigènes enseigneraient l'arabe aux officiers bri- 
tanniques. Une discussion animée a suivi cette conférence ; le major 
général Sir Francis Grenfell a pris le premier la parole pour appu- 
yer la motion du colonel Plunkett. Il signale les difficultés résultant 
de l'ignorance de la langue du pays, qu'il a rencontrées en Egypte 
en sa qualité de Sirdàr, et la chaleur de son discours n'a pas manqué 
de faire une vive impression sur son auditoire. 

M. Uobertson Smith, président de la section a pris la parole 
après le général. Tout en reconnaissant qu'il serait utile de formu- 
ler certaines propositions ou de faire certaines démarches relatives 
à cette question, il a regretté de ne pouvoir approuver la création 
d'une semblable école au Caire, son avis étant qu'il serait préféra- 
ble qu'elle fût établie en Angleterre et que l'arabe y fut enseigné 
par des anglais à l'aide d'un bon manuel composé d'après la méthode 
grammaticale européenne. 

Malgré cette divergence d'opinion, on est tombé d'accord sur 
l'opportunité de la création d'une semblable école et la section a 
résolu d'adresser un mém )ire dans ce sens au Gouvernement. 



— 206 — 

Ce n'est pas du reste la première fois que cette question a été soule- 
vée dans ces dernières années, et surtout depuis la fondation de 
l'école des langues orientales de Berlin en 1887, on n'a cessé de 
réclamer pour l'Angleterre un établissement de ce genre, établis- 
sement que TAutriclie, la France et la Russie possèdent depuis 
longtemps. Il peut paraître étrange, en effet, que l'Empire Britan- 
nique qui compte cinquante millions de musulmans parmi ses sujets 
c'est-à-dire plus qu'en ont la Turquie et la Russie ensemble, ne 
possède pas d'école spécialement consacrée à l'enseignement des 
diverses langues orientales qui se parlent dans la vaste étendue de 
ses domaines, depuis Gibraltar jusqu'à Hong-Kong, et depuis le 
Cap de Bonne Espérance jusqu'aux confins du Thibet. 

Sans méconnaître la gravité de ce fait je suis d'avis que la nation 
anglaise, chez laquelle prévaut partout et toujours avec le plus 
grand succès le principe du self-lielp et du seLf-governinent , peut 
se passer d'une pareille école plus facilement que la plupart des 
autres nations occidentales. En Angleterre l'initiative et l'énergie 
des individus valent plus que la routine des écoles ; la preuve en 
est dans le grand nombre de fonctionnaires appartenant à l'excel- 
lent s^a^^ du service des Indes, qui se vouent spontanément avec 
plus ou moins d'enthousiasme à l'étude des langues musulmanes et 
qui n'ont pas lieu d'appréhender d'être mis en comparaison avec les 
jeunes gens sortant des écoles des langues orientales de Paris ou de 
Vienne. 

L'école de Berlin est encore trop jeune pour avoir pu donner des 
résultats ; quant à l'Institut de St. Pétersbourg, il est fondé sur une 
base excellente et parfaitement adapté aux aspirations diplomati- 
ques, commerciales et militaires de l'Empire Russe. Si l'on voulait 
donc créer une école orientale en Angleterre, il faudrait, paraît-il, 
prendre pour modèle l'Institut de S' Pétersbourg, ou l'analogie 
frappante qui existe sous beaucoup de rapports entre les tendances 
et les besoins de l'Empire des Tsars. Il s'entend que l'on ne devrait 
pas se borner dans un pareil établissement à l'enseignement de la 
seule langue arabe, ni en confier la direction au premier venu. 

Contrôlée par le Foreign Office et Ylnclian Office, cette école 
devrait être le centre intellectuel du service colonial. Le plus grand 
soin devrait être apporté au choix scrupuleux du personnel ensei- 



— 207 — 

gnant et du comité de surveillance de l'école et il va sans dire qu'il 
ne sulHrait pas d'une décision ministérielle ou d'un décret royal 
pour créer un pareil institut, si les capacités qu'exigerait s<:>n fonc- 
tionnement faisaient défaut. 

Dans sa dernière séance la section sémitique a pris une résolution 
portant qu'il sera composé, par voie de coopération internationale, 
un dictionnaire des connaissanses utiles dans le domaine de l'isla- 
misme. Après une brève discussion, on a fini par choisir un comité 
provisoire, présidé par M. R. Smith, chargé de désigner les collabo- 
rateurs pour chaque spécialité et de résoudre les questions prélimi- 
naires ; le dictionnaire sera publié en anglais. 

J'espère que le tableau que je viens de tracer, tout imparfait qu'il 
soit, suffit pour donner une idée de la variété et de la haute impor- 
tance des questions traitées par le dernier Congrès ; on n'ignore pas 
toutef )is qu'aucune assemblée passagère ne peut donner une image 
exacte de tous les travaux et de toutes les tendances du mouvement, 
c'est pourquoi je crois devoir compléter cette esquisse par quelques 
indications sur l'état actuel des études sémitiques. 

Deux grands événements, l'un politique, l'autre littéraire, ont 
donné naissance à la phase nouvelle dans laquelle sont entrées les 
études sémitiques dans notre siècle. 

Par suite de l'expédition française et de l'établissement de la 
dynastie régnante, l'Egypte a renoué les relations politiques et 
commerciales qui l'unissaient au temps des Mamlouks Bordjites avec 
les contrées méditerranéennes et qui avaient été rompues par diver- 
ses vicissitudes. Ce nouvel état de choses a puissamment encouragé 
les savants orientalistes à entreprendre des recherches et des 
travaux qui autrefois leur auraient été impossibles. .Tesuis convaincu 
que M. de Sacy, chorège de ces études au commencement de notre 
siècle, n'aurait pas accompli ce qu'il a fait et n'aurait pas acquis la 
célébrité dont jouit son nom, sans le concours direct ou indirect que 
lui ont prêté les deux faits historiques que je viens de citer et dont 
il sut tirer le meilleur parti. Les Quatremère, les Reinaud, les 
Gaussin de Perceval, pour ne citer que ceux qui ne sont plus, mar- 
chèrent sur ses traces et surent conserver dans tout son éclat la 
gloire acquise pai- lui à la science française. 

Sur ces entrefaites, l'Allemagne et la Hollande avaient commencé 



— 208 — 

une révolution dans le domaine des lettres hébraïques et de l'anti- 
quité sémitique, en appliquant aux Saintes Ecritures la critique 
littéraire née à l'époque rationaliste succédant à la réforme reli- 
gieuse du XVI'' siècle. Les Fleischer Kosegarten, Ewald, Ahlwardt, 
ne tardèrent pas à s'emparer des conquêtes faites à Paris dans le 
domaine de la philologie arabe, et de les transporter à Gottingue, à 
Leipsick, à Greifswalde, et c'est grâce à la réunion de ce double 
courant intellectuel que la Hollande et l'Allemagne sont parvenues à 
dépasser la France dans les études orientales depuis une génération. 

L'Italie et la Russie s'approprièrent à leur tour, à Pai-is et à 
Leipsick, les acquisitions de la science moderne en ce qui regarde 
l'Orient. A présent ces deux pays marchent indépendants dans cette 
voie ; elles possèdent chacune, depuis 1887, un journal spécial et 
ces deux publications ne le ce lent en rien aux anciens journaux 
traitant des études orientales paraissant à Paris, à Londres et à 
Leipsick. 

L'Angleterre a plus emprunté à la Hollande et à l'Allemagne qu'à 
la France. Le centre des études musulmanes dans ce pays est à 
Cambridge, tandis qu'Oxford se consacre surtout à l'exploration du 
domaine indien (du sanscrit). 

La renaissance des études orientales en Autriche et en Hongrie se 
rapporte en grande partie à feu M. von Kremer, qui unissait à une 
méthode exacte une profonde connaissance de l'Orient moderne. Les 
nations Scandinaves, la Suisse et la Belgique n'ont jamais cessé, 
depuis l'origine de ce mouvement, d'y contribuer par des travaux 
estimables. 

L'Espagne, longtemps assoupie, s'est enfin réveillée et prend sa 
part dans des recherches qui l'intéressent de plus près que toute 
autre nation d'Occident. 

Il faut estimer comme de meilleur augure ce fait que la Turquie, 
l'Egypte, la Perse, sont entrées à leur tour dans l'arène de ces 
nobles luttes scientifiques, en participant aux congrès internatio- 
naux des orientalistes. Il n'est pas douteux que les avantages de 
cette participation de TOrient lui-même aux recherches et aux tra- 
vaux qui le concernent ne manqueront pas de s'accentuer de plus 
en plus. 

Le comité du dernier congrès a reçu deux invitations relatives à 



— 209 — 

prochaine réunion qui doit avoir lieu. L'une de ces invitations la 
venait de Boukarest (Roumanie), l'autre de Genève (Suisse\ Le 
comité international constitué pour trancher cette question délicate 
s'est décidé pour la ville de Genève comme lieu do réunion du di- 
xième congrès des orientalistes fixé pour l'année 1891. 

Espérons que cette cité si helle et si hospitalière, dont l'université 
vient de rendre hommage aux lettres musulmanes par la création 
d'une chaire d'arahe, attirera en grand nombre les orientalistes de 
l'Occident et de l'Orient, leur donnant ainsi l'occasion de nouer des 
relations amicales et confraternelles; c'est par là surtout, par 
l'échange et le rapprochement des idées et des sentiments, que sera 
atteint le but de l'institution du congrès international périodique 
des orientalistes. 



— 210 — 
LISTE 

DES 

OUVRAGES REÇUS PAR L'INSTITUT ÉGYPTIEN 

DU 1"" AU 30 NOVEMBRE 



EGYPTE 



Journal Officiel, du n<» 128 au n» 140. 

Moniteur du Caire, du n° 1158 au n° 1168. 

Le Telegraphos, du 31 octobre au 29 novembre. 

L'Agriculture, du no 19 au n° 21. 

Barois. — 5me Coucjrès international de navigation intérieure, Paris, 1892. 

— Des réservoirs d'eau dans les Indes anglaises. 

Ministère des Travaux publics. — Rapport sur le service des Irrigations 
en 1891. 

CANADA 

Meteorological service of THE DOMixio.xs OF CANADA. — Report 1888. 
Geological survey DEPARTMENT. — Report, 1888-89. 

ESPAGNE 

Académie royale de l'Histoire de Madrid. — 1 Bulletin, oct. nov. 1892. 
Association artistico-archéologique de Barcelone. — Bulletin, nov. 1892. 

ITALIE 

Académie des Lincei. — Comptes rendus in-8°, S»» série, vol, 1, fasc. 8-9. 

— Sciences physiques, série 5, vol. 1, 2^9 sem. fas. 7-8 

— Actes, série 4. Sciences morales, partie 2, mai- 

juin 1892.! 
Bibliothèque centrale de Rome. — Vol. 7, n° 22, oct. 1892. 
Société africaine d'Italie. — Bulletin, juillet à octobre 1892. 

MEXIQUE 

Observatoire de Mexico. — Bulletin mensuel, avril, 1890. 
Société scientifique Antonio Alzate. — Mémoires, vol. 6, n° 12. 



— 211 — 



RUSSIE 



Koptische apokryphc apostelacten, 1 cl 2. — SaUUlische bibcl fragmente, 1 
et 2. Offert par l'auteur, D"" O. do Lcmm du musée asiatique de l'acadômic 
impériale des sciences de St.-Pétershourt'. 

ETATS-UNIS 

Geological survey. — Tcnlh annunl report, 1888-89. 

Gi:oGii.\PiiiCAL AXD GEOLOGICAL suuvEY. — Contribution to norlh amcrican 

cthiioloi/i/, vol () et 11. 
American i'hilosoimiicai, society of Phii.adf.limiia. — List of surcioing 

incnibcrs, jauuary 18!)2. Proccedin/js, n° 136-137. 
Smithsonian iNSTiTUTio.N. — Rcjiort 1889-90. 

— Bureau of lit/toloyi/. 

— Catal. of preldstoric icords by Cyrus Thomas. 

— Omaha and pon/:a letters by James Oweii 

Dorrey. 

— Biblio'jrap/iif of thc Algon^juian languagc, by 

James Constantine Gilling. 
Minnesota academy of natural sciences. — Bulletin, 1887-89. 

FRANGE 

Acadkmie de LiioiSLATiON DE TOULOUSE. — RccucU, 1891-92. 
Académie de Stanislas. — Mémoires, 1891. 

Nouvelles arc/tires des missions scientiflfjues et littéraires, vol. 1, 1891. 
Ecole des Hautes-Etudes. — Bulletin des sciences mathématiques, 1891, 

tab. 1892, lévrier à septembre. 
— Sciences pliilologiques, fasc. 1891. 

Enquêtes et documents relatifs à L'enseignement supérieur, n° 45-46. 
Mémoires publiés par les membres de la Mission archéologique française 

du Caire sous la direction de M. lîourianl, vol. 6, fasc. 2 ; vol. 7, fasc. 3 ; 

vol. 8, 1er fns. ; vol. 9, fasc. l*""; vol. 10 le partie. 
Musée Guimet. — Reçue de l'Histoire des religions, vol. 25, fasc. 1-2. 

— Annales in-4°, vol. 19, 20, 21; in «", vol. 1. 

— Introduction au catalogue. 

Recueil de travaux relatifs à ta philologie et à l'archéologie égyptiennes et 

assgricnnes, direclion de M. Masporo, vol. 12, liv. 3-4. 
Société u'antropologie de Paris. — Mémoires, vol. 4, las. 3. 

— Bulletin, vol. 2, fa.s(\ 4; vol. 3. fas. 1-2. 

— Catalogue de la bibliotltéque. 
Société archéolcgique du midi de la France. — Bulletin, série in-8, liv. 9. 
.Société académique de Nantes. — Annalcii, 1891, 2'nesem. 

Société bourguignonni-: de géographie et d'histoire. — Mémoires, vol. 8. 
Société de lettres, sciences et arts de Bar-le-Duc— Mémoires, s. 3 v. 1. 
Société des sciences physiques et natur. de Bordeaux. — Mém. s. 4, v. 2. 

Observations pluviométriques de juin 1890 à mai 1691. 
Annales industrielles, 1892; 2«»' sem, n° 12 à 21. 



— 212 ^ 

Moniteur industriel, 1892, n°s 43 à 46. 

Journal général de l'imprimerie et de la librairie, 1892, n° 43 à 47. 

Faculté des lettres de Poitiers. — Bulletin mensuel, 1892, sepl.-oct. 

Feuille des jeunes naturalistes, 11° 255. 

Pharmacie centrale de frange. — Journaux réunis. 1892, n° 20-21. 

Société d'encouragement pour l'industrie nationale. — Résumés, 1892, 

28 octobre. 
Société de Géographie de Tours. — Reoue, 1892, oct.-nov. 
Société des ingénieurs civils. — Mémoires, 1892, août; Résumés, 1892, 

21 oct, 4nov. 
A. Rhoné. — L'Agenda de Malus. (Don de l'auteur.) 
Bibliographie des ouvrages arabes, par Victor Chauvin, Impart. 



SEANCE DU ;30 DECEMBI{i<: 1892 



Présidence de S. E. Yacoub pacha AiiT]îi, président. 



La séance est ouverte à 2 heures et demie. 



Sont présents 



LL.EE. Yacoub pacha Artin, président 
D^ Abbate pacha 

GÉNÉRAL LaRMÉE PACHA 

MM. Barois, bibliothécaire-trésorier 
PiOT, secrétaire annuel. 
LL. EE. Fakhry PACHA, \ 

D' Hassan pacha Mah., 

ISMAIL PACHA EL FaLAKI, 
D"^ ISSA PACHA HajIDI, 

Franz pacha, 
MM. W. Abbate, 

D*^ Dacorogna bey, 
D"^ FouguET, 
Gallois bey, 
Gay-Lussac, 
W. Groff, 

HÉLOUIS, 

Herz, 

LUSENA, 

NiCOUR, / 



vice-présidents. 



membres résidants. 



— 214 — 

MM. D^ Osman bey Ghaleb, \ 
Peltier bey, / 

A. M. PiÉTRi. > membres résidants. 

SiCKENBERGER, l 

Ventre bey, J 

M. PiOT, remplissant provisoirement les fonctions de 
secrétaire général, donne lecture du procès-verbal de la 
dernière séance, qui est lu et adopté sans observations. 

M. Ventre bey a la parole pour une communication qui 
a pour titre : Essai sur les noms du fleuve égyptien et sur Véty- 
mologie du mot Nil, et dans laquelle notre collègue tend à 
prouver que le mot Nil est bien d'origine égyptienne. 
Tandis que M. W. Groff fait provenir le mot NeÏÏos de 
l'ancien égyptien en passant par Tbébreu et par le démo- 
tique, M. Ventre bey lui donne aussi la même origine, 
mais en passant par l'arabe proprement dit. Sa communi- 
cation paraîtra d'ailleurs in extenso dans le bulletin. (Voir 
annexe n° 1.) 

A la suite de cette lecture, quelques courtes observa- 
tions sont échangées à propos de l'étymologie du mot rouï 
entre M. le Président et l'orateur, puis entre ce derniei; et 
M. W. Groff, qui fait remarquer que le mot Nefer avait 
perdu Vr final à l'époque grecque et que Vf corrrespon- 
drait difficilement à ^^ ((^) arabe, et la parole est donnée à 
S. E. le D'' Abbate paclia pour présenter à l'Institut des 
pièces anatomiques et des photographies que notre vice-' 
président offre généreusement au musée de l'Ecole de 
médecine de Kasr-el-Aïni. 

Ces pièces, recueillies en Egypte, soit dans le service 
d'hôpital, qui fut confié pendant quelque temps au dona- 



— 215 ~ 

leur, soil dans sa clientèle privée, offrent un très réel 
intérêt au point de vu»; de l'histoire et de la géographie 
médicales. Elles comprennent : 

1° Un bocal contenant le dernier cerveau de nègre qui 
a servi aux études du 1)^ Abbale pacha pour un mémoire 
sur Le cerveau et rorbiledes Heures. 

2" Deux i)hotographies de ce cerveau et quatre autres de 
cerveaux différents. 

3'' Les photographies d'un opéré à.'éléphantiasis, avant et 
après l'opération. 

l\:' Une pointe de yatagan, extraite du coude u'uh indi- 
vidu blessé par cet instrument et amputé du bras par suite 
de la blessure. 

5° Deux fragments d'os frontal nécrosé chez une syphi- 
litique. 

G" Une tète de fémur après la crémation. 

7*^ Morceaux de poumons d'agneau injectés au phénate 
de soude (voir son mémoire de 188/i). 

8-1 1" Calculs vésicaux et trois petits calculs uréthraux. 

12" Photographie d'un sarcome de la cuisse sur un homme 
opéré avec succès en 188A par le D"^ Abbate. 

Au nom du Ministère de l'Instruction publique et de 
l'Ecole de médecine, M. le Président remercie vivement 
M. le l)"" Abbate pacha pour le précieux concours qu'il 
veut bien apporter à la constitution du musée de l'École 
de médecine. 

Le Secrétaire est chargé d'aviser officiellement le ilirec- 
teur de l'École de Médecine de faire prendre consignation 
de ces objets et de les faire transporter à leur destination. 

M. LE Président donne la parole à M. Barois pour la 



— . 216 — 

lecture de son mémoire sur V humidité relative de V atmosphère 
dans les villes du Caire, d'Alexandrie, de Port-Saïd, d'Ismaïlia et 
de Suez. (Voir annexe n° 2.) 

M. LE Président remercie l'orateur pour son intéressant 
mémoire, qui vient si utilement compléter la série des 
recherclies météorologiques entreprises par notre collègue 
sur le climat de l'Egypte. 

L'ordre du jour étant épuisé, l'Institut se forme en 
comité secret et renvoie à la prochaine séance la lecture de 
la correspondance reçue pendant le mois de décembre. 

M. Barois, trésorier, a la parole pour la lecture du rap- 
port sur le budget de l'Institut pour l'année 1892. 
Voir annexe n° 3. 

M. LE Président est heureux de faire remarquer l'impor- 
tance de l'excédant en caisse pour l'exercice écoulé, malgré 
les frais considérables entraînés par la reliure des nom- 
breux volumes de la bibliothèque, œuvre qui s'imposait 
d'urgence et qui pourra dorénavant être facilement menée 
à bien . 

Sur la proposition de M. le Président, le rapport de 
M. Barois est approuvé à l'unanimité et des remerciements 
sont votés par acclamation à son auteur pour son excel- 
lente gestion. 

Il est procédé aux élections poar les deux places de 
membre résidant déclarées vacantes dans la séance précé- 
dente. 

MM. DE Morgan, directeur des musées et du service des 
fouilles, à Ghizeh, et W. E. Garstin, sous-secrétaire 



— 217 - 

d'État au Ministère des Travaux i)uhlics, ayant obtenu la 
majorité absolue des suffrages, sont élus membres rési- 
dants. 

Le scrutin est ouvert ensuite pour l'élection des membres 
du bureau et du comité de publication. 

Sur 25 votants, sont élus au premier tour de scrutin : 

Président : S. E. Yacoub Artin pacha, par 15 voix. 

Vice-président .• S. E. le D"" Abbate paceia, par 19 voix. 

Trésorier-bibliothécaire : M. Barois, par 20 voix. 

Membres du comité de publication : MM. Ventre bey, par 
21 voix, LE D' Osman bey Giialeb, par 18 voix. 

Un second tour de scrutin a été nécessaire pour l'élec- 
tion du deuxième vice-président, du secrétaire général, 
du secrétaire annuel et du troisième membre du comité 
de publication, aucun des candidats n'ayant réuni la 
majorité absolue des suffrages exigée pour la validité de 
l'élection. 

Le deuxième tour de scrutin ayant donné cbaque fois 
un résultat définitif, ont été élus : 

Deuxième rice-président : le général Larmée pacha, par 
13 voix. 

Secrétaire (jénéral : M. Piot, par 15 voix. 

Secrétaire annuel .M. W. Abbate, par 20 voix. 

Troisième membre du comité de publication : M. Peltier bey, 
par 12 voix. 

En conséquence, le bureau de l'Institut égyptien est 
composé pour Tannée 1893 comme suit : 

Président : 
S. E. Yacoub Artin pacha. 

Vice-Présidents : 
LL. EE. LE [y Abbate pacha, général Larmée pacha. 



— 218 — 

Trésorier-Bibliothécaire : 
M. Barois. 

Secrétaire général : 

M. PlOT. 

Secrétaire annuel : 
M. W. Abbate. 

Membres du Comité de publication : 
MM. Ventre bey, D'^ Osman bey Ghaleb, Peltier bey. 

Tous les membres du bureau sont élus pour l'année 
courante, à l'exception de M. Piot. secrétaire général, dont 
les fonctions durent 5 ans. 

L'élection pour une place de membre honoraire est ren- 
voyée à la prochaine séance. 

La séance est levée à 5 heures 1/2. 



Annexe NM à la séance da 30 dt^rembre 1802 



ESSAI 



LES NOMS DU FLEUVE EGYPTIEN 

LK NOM DE l'un DES MOIS DU CALENDRIKR COPTE 

ET 

l'ÉTYMOF.OGIE du mot NIL 

PAR 

F. VENTRE bey. 



Il résulte de l'intéressant et savant mémoire présenté par M. Grofl 
à notre Institut, que le nom profane du Nil était chez les anciens 
Égj^ptiens, et bien avant l'époque ptolémaïque-grecque, atour ou 
aour, qui signifie « fleuve » ou, du moins, dont le déterminatif, en 
écriture hiéroglyphique, implique l'idée de « eau, couler, inonder» 
d'où « fleuve, inondation », et que ce nom se reconnaît dans la dési- 
gnation biblique du fleuve, yanr, tjôr, à l'époque de Moïse ou des 
pasteurs. Tel est le point de départ que nous fournit le travail de 
M. Grofl. 

Or, dans l'hiéroglyphe n'^^ ^^^ {atour) ou (| *^ î^!^ aour), 

«est bref; et le troisième mois de la première tétraménie ou saison 
sfia, de l'inondation est atijr ou atour. 

Nous savons aussi que le premier mois de cette tétraménie est 
T/iot, dont le commencement répondait à l'ouverture de la saison, 
de la crue, correspondant elle-m<"'me, comme point initial dans le 
calendrier solaire naturel, au solstice (rété, soii actuellement notre 
21 juin grégorien. 

Le V Atyr ou Atour répondait donc à ce que nous appelions 
aujourd'hui, dans le calendrier grégorien, le 20 août; c'est, comme 



— 220 — 

on sait, l'époque de l'ouverture des grands canaux d'inondation. Et 
le mois d'Atour répond b'en ainsi à l'époque du remplissage des 
bassins; c'était bien, en un mot, le mois du Ml ou de V inondation 
tirant son nom du nom même du fleuve égyptien. Njus pensons 
aussi qu'on a tort d'écrire en arabe j^'^ {hatour) avec le *>. Et les 
étjmologies hator, du nom de la déesse égyptienne, thoiu\ attar 
c'est-à-dire « taureau, laboureur » pour « labourer, labourage » 
termes répondant, soi-disant aux travaux agricoles du mois, etc., 
Toutes ces étymologies discutées ici-même à cet Institut depuis Raige, 
tendent ainsi à tomber définitivement (1). Telles sont les conclusions 
que nous tirons de cette première analyse. 

En faisant, à la séance de novembre dernier, les remarques ci- 
dessus, nous nous sommes abstenu de toute dissertation sur l'origine 
du mot Nil-Neïlos, que M. GrofFtire de l'égyptien ancien, atour- 
aoui\ on le faisant passer par le copte, l'hébreu, le démotique, 
iaro, iaoi\ iôr etc. na ijelou. Mais nayelou est un pluriel. Quoi- 
qu'il en soit, c'est aux philologues de profession à juger si la marche 
de l'étymologie donnée par notre érudit collègue est bien conforme 
aux principes de la science. Mais, sur la signification particulière et 
connue des mots d'origine sémitique, mots arabes modernes et mots 
égyptiens entre lesquels on peut établir un rapprochement et qui 
ont donné lieu déjà à quelques observations, il nous est permis 
encore de raisonner, et quant à l'étymologie proprement dite du 
mot Nil, nous pensons que nous pourrons, sans grande érudition, à 
grand renfjrt de dictionnaires, simplement arriver à nous enten- 
dre. — Et d'abord, quels sont les noms, anciens, du fleuve égyptien? 

Si l'on cherche dans les vocabulaires hiéroglyphiques les mots 
auxquels on a donné la signification soit Nil, soit « fleuve », soit 
« inondation » (par les eaux du Nil), on trouve un nombre très 
grand de synonymes ou d'expressions plus ou moins équivalentes 
(il y a plus de 30 groupes hiéroglyphiques pour « inondation » ), 
expressions qui ont pu rendre l'idée soit de « fleuve, cours d'eau, 
sens « couler » ou de « arrosage », sens « répandre, verser, épan- 
cher » de l'eau, irriguer artificiellement, directement ou par canaux 
soit de « inonder, submerger » par débordement direct du fleuve, 
ou par canaux soit aussi de « inondation » en général ; toutes 

(l) Voir notre Essai sur les calendriers égyptiens. — Bulletin de l'Institut. 1892. 



— 221 — 

expressions ou idées répondant plus ou moins exactement au texte 
que l'on a voulu interpréter. En d'autres termes, quelque immenses 
que S)ient les progrès accomplis par l'épigraphie, la science de 
l'archéologie égyptienne n'est pas sutlisemment avancée pour déter- 
miner, dans chaque cas, le sens précis du mot déchiffré. 

C'est ainsi que, outre le mot/ic?/)ou liàpi, nom sacré du c fleuve » 
le mot aour ou atour, nom populaire du Nil et les qualificatifs 
jiem-ànkli ou our neni-ànckli, c'est-à-dire « revivant, grand, 
renouvelant la vie » etc. (nous verrons plus loin qu'il y a un autre 
nom qualificatif qui a pu, aussi bien, désigner le fleuve égyptien), 
on tnnive une multitude de noms tels que : asc/ier ou aciiel, em- 
ployés pour Nil aussi bien que pour « fleuve »; notons, en passant, 
la transcription r ou /, différence d'articulati )n fréquente > remarque 
très importante à retenir, particulièrement ici); ioama appliqué 
pour désigner à la ibis la « mer, le fleuve et le Nil », c'est proba- 
blement notre Dahr-Nil (nous y reviendrons); âadjour ou aarltour 
soit, probablement, à « grand, noble » (1) atour et (iadjoui\ qui 
voudrait dire « mer, grand lac, Nil et fleuve » et forme trois groupe?, 
chacun avec son déterminatif un peu différent, ou, du moins, qu'il 
convient, ce nous semble, de ne pas confondre {mou - déterminatif 
général « eau »; mr - celui plutôt de « étendue d'eau limitée «, et 
les deux combinés); vient ensuite shen, nom attribué au Nil à l'épo- 
que de l'inondation, mais son idéogramme m/*, interprété ainsi qu'il 
vient d'être dit, et le rappr()chement avec s/ienour, désignation de 
la mer limitée au grand cercle d'eau, contour Q shen de l'horizon, 
nous semblent indiquer plutôt l'inondation de certaines parties res- 
treintes de la vallée du Nil; le même mot, du reste, peut désigner, 
jiaraît-il, et le bassin et les terres marécageuses du i"" nome de la 
Basse-Egypte, de même que, par exemple, atr et atour-met\ 
même idéogramme, peuvent indiquer, le premier, le nom local du 
fleuve ou port de Thèbes; le deuxième, les bassins du vi" nome de la 
Haute-Egypte et du xx!*" de la Basso-Égypte, et les marécages du 
du XI" nome de la Haute-Kgypte. 

Mais, tandis que nous constatons le sens restreint, tur (2), dans ces 

(1) Le mol '^ ida) devant lequel se trouve b lettre (<Jt veut ilire a i^lre grand », el 

celte lettre sert à ennoblir à magnifier. Ldbbt. 

(2) Le signe mrest aussi le symbole de l'amour. 



— 222 — 

mots absolument comme dans maas étendue d'eau, dans shaoua- 
dem canal, dans djouakou canal ou golfe, het canal pour l'inonda- 
tion aussi bien que pour l'arrosage, oaai eau courante de l'inon- 
dation, mahschouit canal sur lequel on peut naviguer, /)aA?/«e/i et 
pakhenen ou. pakhenenou, bassin du ii* nome de la Haute-Egypte 
et canal entre Tlièbes et Hermonthis tout, ici, répondant à des idées 
d'étendue bien limitée ou plus ou moins resserrée, dont le détermi- 
natif 7nr est bien l'image, nous constatons, au contraire, que 
l'hiéroglyphe paour, abréviation, probablement, de pa, article 
masculin le et aour que nous connaisson déjà bien, que gou dési- 
gnation particulière du Nil à Edfou, atour-âa « grand Nil » et, 
enfin, le mot mou « eau » lui-même, mâiou la « mer » en général, 
comme aussi ouau^ qui sert à désigner l'eau de l'inondation, de la 
crue du Nil, meh, mt, nennou, sont tous accompagnés du déter- 
minatif, et unique idéogramme : « eau ». 

Nous n'avons pas la prétention d'avoir épuisé la liste de tous les 
noms ou désignations diverses du fleuve égyptien. Le dictionnaire 
que nous possédons, le vocabulaire hiéroglyphique de M. Pierret 
n'en donne pas d'autres. Mais la rapide analyse du relevé ci-dessus 
suffit pour justifier le sens que nous avons imputé au mot atour. 

Nous reviendrons du reste sur cette question. Nous aurons aussi 
occasion d'analyser quelques groupes hiéroglyphiques du mot 
« inondation », touchant particulièrement notre sujet. 

Nous avons dit que le mot ancien atoui\ qui servait à désigner 
populairement le Nil (nous ne disons pas « fleuve »), devait servir 
aussi à la désignation vulgaire du mois pendant lequel se manifestait 
l'inondation. Ce n'est pas là une simple conjecture fondée sur une 
similitude de sons, une unique ressemblance de mots : 

Un mois du nom d'atour existe encore aujourd'hui dans le calen- 
drier des coptes, et ce « mois », repéré sur le calendrier naturel du 
soleil à sa vraie place par rapport au solstice d'été, qui coïncidait 
autrefois avec le 1" Thot, répond précisément à l'époque du fonc- 
tionnement des grands canaux d'inondation pour le remplissage des 
bassins soumis au régime du Nil. Nous n'avons pas à revenir sur 
cette question dernière, que nous avons examinée ailleurs avec 
quelques détails (1). 

( 1) Voir notre Eaù sur ks calendriers égyptiens. Bulletin de l'Institut, <892. 



— 223 — 

Il est vrai qu'en égyptien, en égyptien surtout, un seul mot peut 
rendre deux idées tout à fait différentes, mais ce n'est certes pas le 
cas ici. Il n'y a pas, du reste, à chercher à faire des vérifications 
directes, par la raison bien simple, que des noms spéciaux de mijis, 
en caractères hiéroglyphiques, phonétiques, n'ont été trouvés nulle 
part. 

Les manuels de langue égyptienne (voir l'excellent manuel de 
M. Loret, édi. Leroux, Paris) nous disent en effet, que pour désigner 
les mois, on se contentait d'accompagner le nom hiéroglyphique de 
la saison d'un signe (il rappelle l'origine lunaire des mois) composé 
de croissants, en nombre correspondant au rang du mois dans la 
saison, ou d'un seul croissant avec le nombre cardinal placé au- 
dessus, répondant à ce rang. 

Ainsi, dans l'hiéroglyphe ,,| Mb du nom du mois dont nous 

nous occupons ici, on ne peut lire que : « troisième mois de la saison 
ou période, slia-it, de l'inondation », des noms plus spéciaux ne se 
rencontrant pas dans les inscriptions hiéroglyphiques. Mais les 
noms coptes des mois ne sont que la reproduction par l'écriture 
copte des mêmes mots égyptiens en usage dans la langue parlée. 
Le nom atour s'écrivait en copte (caractères coptes ou grecs) : 
(A.-&OJp) (aOiop) atour que l'on transcrit aussi athyr, 1'// étant mis, 
comme on sait, pour ii ou ou, et le tli pour (thêta). Prenons un 
autre mois (1) cité par les Grecs : 'faiAevtoO (phame/iot/t) s'écrit en 
copte, dialecte memphite, comme en grec, sans altération aucune. 
C'est, en effet, dans la Basse-Egypte que les relations, entre Egyp- 
tiens et Grecs étaient le plus intimes. Mais en dialecte thébain, ce 
nom de mois s'écrivait TW^XX^XT en lettres greco-coptes cor- 
respondant exactement aux lettres arabes ^V/ (brmhat), le ^ 
(bé) arabe remplaçant naturellement le - (pi). 

Il n'y a rien là qui doive nous élonner, d'après ce que nous savons 
de l'origine dite sémitique, c'est-à-dire asiatique, et de la race, et de 
la langue des anciens Egyptiens, et de la pureté relative de 
l'idiome thébain par rapport à l'arabe; surtout si l'on admet la 
théorie (2) suivant laquelle le cœur de la race sémitique ayant été 

(I) Voir l'arliclc lie M. Kevili.oi't, roprodiiil par M. Pierrel dans soa Uiclionnajrc d archéologie 
éggplienne, p. 154 au mol « copte ». 
(ï) Voir Maspero, Histoire ancietute des peuple» de lOrienl, p. 13. 



— 224 — 

l'Arabie, une branche de cette race primitive aurait passé le détroit 
de Bab-el-Mandeb, aurait parcouru la Nubie pour aller s'établir, 
avec sa langue proto-type, tout d'abord dans la Haute-Egypte, 
laquelle de tout temps, moins visitée par les étrangers, a dû par 
conséquent conserver un dialecte plus pur. 

Mais la lettre sémitique {he) existe aussi bien en écriture gréco- 
copte qu'en arabe; or, si elle s'était trouvée originairement dans le 
nom du mois atour, une transcription greco-opte, de ce nom en 
aurait certainement tenu compte comme "^onv parmhat. 

Rien, sauf documents contraires, ne nous autorise donc à chan- 
ger la transcription ancienne atour en celle, plus moderne jt-'^ 
(hatour ou hetour), qui figure aussi, eu arabe, dans le calendrier 
actuel des coptes. 

Pour chercher à expliquer l'absence de noms spéciaux de mois 
dans les inscriptions hiéroglyphiques, rappelons que l'année « agri- 
cole » égyptienne ne pouvait être que « solaire ». Le calendrier des 
anciens égyptiens possédait, cependant, une division en mois « lu- 
naires ou, du moins, qui rappelle cette origine lunaire. 

Il est probable que le mois ne pouvait être désigné, dans les 
monuments, dans les inscriptions officielles ou sacrées, que par le 
seul signe, qui « devait » rappeler, de tradition, cette origine. 
C'est le signe du croissant lunaire qui figare dans l'idéogramme 
présenté plus haut. Cette particularité montre à quel point ce 
peuple singulier devait tenir aux conventions établies, respectait 
la tradition. 

La distinction que nous tentons de faire entre le « fleuve » et le 
« Nil », toute spécieuse qu'elle paraisse, se comprendra mieux si 
l'on veut bien comparer l'hiéroglyphe, complet, du nom sacré 

fi t~r^i^Ei "^^X^ (hâpi) qui veut dire « couvert, caché, mystérieux », 
et l'hiéroglyphe du nom populaire (1 ^ *^ "Z^ {atour) accompagné 
de son qualificatif | H- {nm-ânkh), qualificatif, double, correspon- 
dant aux verbes nem, « répéter », et ânekh, « vivre », ou encore 

X 

|^\ It'S I oiir-nem-ànekh-neter, mot à mot «beaucoup » ou 
« grand, répéter, vie, divin » ou plutôt « jeune » ; car le syra- 



— 225 — 

bole neter « divin » se placerait plutôt devant le substantif; 
(Loret) (1). 

Dans l'idéogramme du premier nom naus avons le si^nie t=t 
(m/"), qui a la valeur phonétique «mer»; mais c'est ici un signe figu- 
ratif; il veut dire aussi bien « eau », formant aljrs pléonasme avec 
le déterminatif général « eau », que « bassin, étendue d'eau fermée 
limitée, cours d'eau », mais al.jrs restreignant, comme il convient, 
le sens du déterminatif général (2) (limitée s'entend ici en largeur); 
se reporter à la figure exacte du signe. Dans le second nom. le 
qualificatif est « revivant » ou «renouvelant la vie o, mais le déter- 
minatif de atour est toujours « eau ». 

D'après cette analyse, le nom sacré devait s'appliquer au fleuve 
proprement dit, que la légende dévote, par exemple, faisait couler 
depuis les rochers Ci'ophi, Mophl, les gouffres mystérieux de 
Korti (3), jusqu'à la mer, c'est-à-dire au fleuve coulant, magnifique, 
plus ou moins majestueux entre ses deux berges, mais toujours dans 
son lit; à ce nom peut répondre, vulgairement, notre ^'^ j^_ [Bcdir 
ci^m). Et le nom, dit populaire, qualifié de « revivant, revifiant, 
grand, renouvelant de la vie », s'applique plutôt au fleuve caracté- 
risé par son retour, sa réapparition annuelle; c'est le fleuve se 
manifestant de nouveau dans un pays privé de pluies, fleuve aux 
eaux impatiemment attendues dont on fête l'arrivée, l'abondance 
pour l'inondation, la fécondation nouvelle; c'est ici, en un mot, le 
Nil, ainsi que nous l'entendons quand nous disons, par exemple : 
« bon Nil, Nil moyen, Nil insuffisant ou mauvais », pour indiquer 
une arrivée d'eau, une montée de fleuve, une crue abondante ou 
bienfaisante, moyenne, insuflisante ou mauvaise. 

Ces expressions et des noms différents pour désigner le fleuve ont 
dû, de tout temps, être employés en Egypte, du moins dans la 
région des bassins soumise au régime régulier de l'inondation (4). 
Il est évident qu'en Ethiopie, ou dans les provinces au sud de l'E- 
gypte, soumises au régime des pluies, dans la Nubie supérieure, le 

(j) Neter veut dire aussi « pousser, fleurir pcrpéluellemcnt. » (Bruosch). 

(2) Voir Loret, Grammaiie, ses observalions à la p. u. 

(3) VoirMASPBRO, Histoire ancienne des peuples de l'Orient, p. 5. 



k^^ 



(4) l/liiéroglyphc | Yy>v \X Kiivl \m\\ ">"*'"""■ J^sig'iait « iuondaliou trvip 

forte, nuisible -. (Bhuosch.) 



— 226 ~ 

Sennaar ou le Soudan, les expressions caractéristiques ci-dessus ne 
sont plus applicables. Une petite objection, en passant : les géogra- 
phes modernes ne devraient pas, ce nous semble, appeler les deux 
fleuves qui se rejoignent à Khartoum, l'un le NU Blanc, et l'autre 
le Nil Bleu. Traduites en arabe, ces dénominations sont mal son- 
santes et vicieuses, surtout pour ceux qui persisteraient à admettre 
pour l'étymologie la similitude J^ ^> {nila nil), nila signifiant 
« indigo » El Nil Azrac et El Nil Abiad constitueraient un 
pléonasme et une contradiction. Disons donc, plutôt, avec l'arabe : 
BaJir el Abiad, Bahr el A~rac et Ba/ir el Nil, c'est-à-dire le 
a fleuve blanc », le « fleuve bleu », qui, en se réunissant, en y joi- 
gnant si l'on veut le torrent, l'irrégulier Atbara, forment, à partir 
de la presqu'île de Méroë, le fleuve du « Nil » {Bahr el Nil), à qui 
l'Egypte doit son existence même et le renouvellement perpétuel de 
son sol. Car ce rôle de grand nourricier, de gran 1 révivificateur que 
les fleuves « blanc » et & bleu » l'emplissent chaque année, surtout 
après le passage des eaux « vertes », c'est bien au Nil, se manifes- 
tant à l'Egyptien par l'arrivée des eaux bienfaisantes (eaux rouges) 
de l'inondation périodique et régulière, qu'on le doit. Aussi l'éty- 
mologie nil-nila (bleu) nous parait-elle bien peu conforme à la 
tradition et au génie du peuple (1). 

Dans le Roman des deux Frères, manuscrit égyptien en écriture 
hiératique remontant à la xix^ dynastie, dans le texte hiéroglyphique 
du moins, qu'il nous a été donné de parcourir, texte transcrit, 
traduit, autographié et publié par M. Groff', il est souvent question 
du fleuve; mais ici, il s'agit toujours d'un cours d'eau, à proprement 

parler, dont l'hiéroglyphe est \\ (1 ..^^ -§ 3^3 {iainma, iânio, 

iaom ou ioin) (aux égyptologues à décider quelles sont les voyelles 
intercalaires à ajouter). 

Dans l'idéogramme de cet hiéroglyphe nous avons, en eflet, le 
signe « eau» qui peut être prononcé ma ou mo ou pas prononcé du 
tout; le signe t=t {mr), placé à la fin, auquel nous attribuons la 
valeur figurative « étendue d'eau limitée » (en largeur), « cours 
d'eau », tient donc Ueu ici de déterminatif spécial. 

(1) Le nom égyptien, ancien de Tindigo était dinkkn qui n'a rien à voir, philologiquement, 
soit avec le nom du fleuve, soit avec le mot sanscrit ou indien, iiî7 ou nila. 



— 227 — 

Notons aussi, pour épuiser la liste des noms du fleuve, que le signe 



'.A/VW^ 



idéographique de l'eau ^r^vw considéré comme mot entier, peut à 

/wwvv\ ) 

lui seul désigner le fleuve (le Décret de Canope ditpa « le », mo 
« fleuve ») et se lit aussi bien ma, mo que mou, JUOJOY (inoou) 
en copte, c'est aus.^i l'hébreu et l'arabe '^ ou \j* {ma ou muuîa). 

Mais notons, surtout, que, en arabe, y^ {bahr) veut dire, à la fois 
« mer » et « fleuve », comme cela a lieu pour l'égyptien ; car ou 
sait que le mot copte ^IOâX phcom qui veut dire « mer », est dérivé 
de l'égyptien, ci-dessus, iôm qui veut dire « fleuve ». 

Le mot arabe ^ (bahr), qui à lui seul peut désigner le fleuve 
égyptien, en Égj-pte, est dcmc l'équivalent du mot égyptien ancien, 
fdom ou iô/a; p)ur le distinguer de la « mer » nous disons avec le 
fellah : ^^^^ (bahr maleli) mot à mot « fleuve salé ». 

M. Radiot, dans son recueil des Noucelles similitudes fram^ai- 
scs-arabes (Leroux, édit. Paris) fait un rapprochement entre le 
m)t français « mer », le latin « mare », le celtique « mor » et les 
mots arabes-»^ [mar) et ->>• (mour) qui exprimeraient l'idée de « se 
répandre en coulant » et de « aller et venir » (va-et-vientK N'y 
aurait-il pas plutôt origine commune entre l'arabe mar, mour, 
sens « couler, aller » et l'égyptien mr, que les voyelles intercalai- 
re.«, inconnues, peuvent faire prononcer mar cm moiir, absolument 
comme en arabe, et, qui dès lors, répondent exactement à l'idée de 
« cours d'eau », en conformité avec l'interprétation, donnée plus 
haut, du signe idéographique t=t . 

Ici, comme plus haut et ailleurs (plus loin), c'est évidemment par 
l'origine sémitique, commune, des racines, qu'il faut expliquer toutes 
ces similitudes de mots, égyptien ancien et arabe moderne. 

De ce qui précède, il résulte que les mots anciens iôm et ((tour, 
répondent bien, respectivement, aux mots bahr et Nil, actuels. On 
devait dire, anciennement, en langue populaire de l'époque comme 
aujour l'hui, en arabe vulgaire : J^J' o'-> {■^cmen-el-nil), « époque 
du NU », pour c. époque de l'inondation », ^-^ ^-^ [nil taïeb), « bon 
Nil », pour « bonne inondation » ; et non pas, par exemple, (^énien 
el-bahr), « époque du fleuve » ; mais l'on dit :>-^* [^^ (chati-el- 
bahr),j^^ ^-i-- (sahel-el-bahr), c'est-à-ilire le « bord du fleuve », 
^«iJ\ i\jio (tàrad-el-bahr) « la berge du fleuve » etc.. 



— 228 — 

Du mot ^ (Nil), on a même fait un verbe, le verbe j^ (nafel) 
pour dire : « inonder, répandre, conduire directement les eaux du 
Nil en abondance sur le sol »; (mais... du « Nil » s'entend... de la 
« crue » ; plus loin, nous verrons des expressions hiéroglyphiques 
en tous points analogues) ; de là l'expression si employée par le 
fellah u^j"^' J:i-^" {teniil-el-ùrd) pour dire « l'inondation du sol », 
opération agricole ayant, comme on sait, pDur but l'imbibition et le 
colmatage si bienfaisant du sol, par la conduite directe et rapide 
d'une forte couc'ie d'eau du fleuve sur les terres, « à l'époque de la 
crue » ; d'où, aussi, la distinction bien nette entre ^ ^j {terrà-nili) 
« canal du Nil » (qualificatif, « Niii », c'est-à-dire servant à l'inon- 
dation pour la culture d'hiver — c'était, à l'époque, la principale) 
et Jr^ -^v {terra sefi) canal « estivalis » d'été, et la dénomination, 
toute caractéristique, de certaine culture J-^ *<'jj (serra fiili) ou 
aa^ 4t\jj (jerraâ-nilïa), culture du « Nil », appartenant au « Nil », 
c'est-à-dire faite pendant la « crue ». 

Nous pourrions multiplier ces exemples d'expressions vulgaires, 
d'usage constant en Egypte; mais, pour le moment ceux-là, suffisent, 
expressions caractéristiques, spéciales au pays du Nil et que la tra- 
dition a conservées. Nous donnerons, plus loin, l'origine de ces 
expressions. 

Enfin, pour clore notre discours sur les noms du fleuve et sur le 
nom du mois atoiu\ concluons sur chaque point : 

l" En ce qui concerne le nom de mois atour, qui figure encore 
dans le calendrier des coptes ; 

Ce nom a été primitivement choisi, suivant toutes probabilités, 
pour rappeler, après les premières manifestations de la crue du 
fleuve, l'époque du Nil, c'est-à-dire de l'inondation. Le calendrier 
agricole était, alors, d'accord avec la marche du Soleil. Mais, soit 
oubli ou négligence des traditions, conséquence forcée des guerres, 
des dominations étrangères et des révolutions politiques ou religieu- 
ses, soit par tout autre motif, ce calendrier ne suit plus la marche 
de l'astre qui avait servi à le créer, et servait à le régler (1). 

2" En ce qui concerne les diflerents noms du fleuve. 

Le nom sacré hùp ou hàpi servait à désigner le fleuve-dieu ; 

(1) Voir locû citalo, notre Essai sur les calendriers égyptiens. 



— 229 — 

c'était le « caché «, le « mystérieux. » et le fleuve considéré comme 
« ua écoulement » sorti des membres de Dieu. 

Pour le peuple ou dans le langage profane, les iiijts tels ffue 
iâiniiia ou iôni devaient correspondre au nom général « fleuve » 
soit à notre notre nom vulgaire, arabe, bahr, qui peut désigner 
aussi le fleuve par excellence, de même que le mot égyptien {no) 
veut dire simplement « ville », mais peut aussi être employé tout 
seul, pour désigner (Thèbes) la ville par excellence, comme « urbs » 
en latin et « Médine » en arabe. 

Il reste donc : aour ou atoar et ses dérivés pjur répondre au 
fleuve de l'inondation, à « Nil ». dont on a pu faire aussi un dieu, le 
« dieu Nil », mais qui, dans tous les cas, ne saurait, ce nous semble 
être onfondu avec hàpi, pas plus qu'avec sheii, slienoar, atr, 
atour-nier, etc. 

On est donc conduit, tout naturellement, à étudier la marche 
étymologique du mot « Nil », entre ^il-Neïlos et aour-atour . 

C'est bien aussi entre ces deux termes que M. Groff a développé 
son système. Il vous en a donné les résultats. Et, nous le répétons, 
nous n'avons pas ici, à les discuter. 

Mais pour aider aux recherches, ou, du moins, pour en provoquer 
de nouvelles, voici ce que nous disons : 

L'arabe ^ {N'd) est le substantif dont la racine est Jl» incï)^ qui 
signifie « obtenir », « parvenir» à un résultat, « atteindre » un but. 
On dit : •^j-^»ii Ji*' {jwl-el-magksoud), « il a obtenu l'objet des dé- 
sirs » ; d'autre part, J^ (iV//) est synonyme de 4?-=^ (wa/i.so«^) parti- 
cipe passé qui veut dire aussi « l'objet désiré » ou « la chose obte- 
nue », « acquise », « arrivée à terme après attente » (1). 

D'une part, c'est donc bien l'action « parvenir à..., obtenir », et 
d'autre part, la chose elle-même, « obtenue arrivée après attente 
au terme désiré ». 

Or l'action (//é/), « il est parvenu, etc. » et la chose (AY/) « obte- 
nue etc. )> répondent très-bien à certaines idées égyptiennes que 
nous connaissons tous, et que vous me permettrez de rappeler ici : 

Le Nil-Atour (car c'est ainsi qu'il doit être désigné maintenant), 
si impatiemment attendu, objet de tant de « perplexités », est par- 
venu » à son niveau, si « ardemment désiré ». On donne le signal 

(I) Voir Caucin de Pbrcbval, Z)ic(ionrtai>e du Bochtor, iégypiien. 



— 230 — 

de l'ouverture des canaux (cérémonie de la coupure de la digue du 
Khalig, à la prise d'eau-embouchure du canal du Caire, encore en 
usage). Des crieurs publics parcoureat ensuite les rues, visitant les 
maisons, répétant partout ces mots : off-alleh.' off-alleli ! ouâfa- 
allah ! ouâfaallah ! El-Nil ouâfl ! témoignages d'allégresse, actions 
de grâces rendues à la divinité, en l'honneur de la bonne « crue» du 
fleuve aux eaux « bienfaisantes v, qui se manifeste de nouveau ayant 
« réalisé » sa promesse, « étant parvenu w à satisfaire tous les désirs 
rendant « tous heureux ». fleuve... Nil, sois le « bien-venu I ». 

Toutes ces expressions, tous ces qualificatifs, (les derniers notam- 
ment) sont, un à un, avec la racine arabe ci-dessus, à retenir pour 
les rapprochements de mots que nous allons avoir à faire ; car nous 
ne sommes encore qu'à mi-chemin de notre étymologie. 

On dit que le nom de Nil n'a rien d'égyptien ! [sic dans le Dic- 
tionnaire cV archéologie égyptienne de M. J'ierret, à l'article Nil). 

Il faudrait cependant remonter bien haut, dans la suite des 
temps pour trouver l'origine, de l'usage des cérémonies que nous 
venons de rappeler, et des idées qui s'y rattachent. Sur ce point, 
nous tous Egyptiens, ici présents, sommes, je crois, bien d'accord. 

Le mot Nil, arabe d est vrai, mais qui exprime, avec tant d'exac- 
titude, des idées si Égyptiennes, ne peut être tiré lui-imême que de 
l'égyptien. 

Achevons donc notre étyra)logie ; et pour cela ouvrons un dic- 
tionnaire de langue égyptienne, le vocabulaire hiéroglyphique de 
M. Pierret, par exemple. 

Nous trouvons, aux pages 260 à 263, une série de groupes hiéro- 
glyphiques, dont les mots sont très connus, et que nous transcrivons 
ci-après, avec la prononciation, comme on sait, toute de convention. 

Î^, Î^^li, l'^\ 1^ ^'''^^'^^ ^'''^''^^ {nef roui), 
- « parvenir à, finir, achever, parfait, complet, bien, bon, heureux, 
excellent, utile, qui charme, le bienvenu »; 

'^^l ^Y^ ^ I '^ ^ {djd-ej n-aou nejr ton henâ aou), mot 

à mot suivant Chabas : « dit-il à moi bien venu » ou « heureux 
toi avec moi » (papyrus de Sineh), que Maspéro traduit : « il me 
dit : (reste), tu seras heureuxavec moi ». 
Le dictionnaire donne aussi : 



— 231 — 

K — _/)^ (ne/à), ou nefrra en grasseyant, suivant les leçons de 

quelques grammairiens, et qui, d'après Goodwin, voudrait dire : 
« être dans I.i perplexité » et « désirer ardemment ». 
Zi.Zi J\ {nefiief) même sens. 

llemarquons ici, apn'-s la transiti m de Vr au ^ (rein), l'usure 
défininitive de Vr à la iiu du mot trilitère (1) et retenons aussi 
(remarque non moins importante pour notre étude) le passage de 
nefr à nej\ sur lequel, du reste, nous reviendrons. 

On trouve auss^i dans le dictionnaire "^ ^ i=:i, ^ ^ y=T 
{nef nef ) signifiant « arroser, in)nder et inondation » (Brugsch) et 
que Ton peut, ce nous semble, lire aussi : nenfef, de même que d'un 

autre mot, bien connu, , , ^~^^~^ qui se transcrit noun et non. 
désignation de l'océan ou « fleuve céleste », on a fait f^ — . \\ 
{nennoa), autre manière de désigner Tinondation par les eaux du 
Nil. Notons aussi que nennou a pour idéogramme, soit le signe 






[rnô) et alors il doit, ce nous semble, désigner l'inondation en géné- 
ral, soit le signe 7=t (m/-) comme dans nenfef ei doit, dès lors, 
plutôt désigner l'inondation par canaux, etc.. d'après la forme 
même du signe figuratif; or ces expressions, nenfef àèvïwé de nefr, 
et nennou dérivé de noun (principe de toutes choses), à quelques 
différences près dans la forme grammati'iale, sont en tous points 
analogues à n )tre terme, fellah naïiely teniil dérivé, lui-même, du 
mot Xil ainsi qu'il a été dit, et c^mme l'expression égyptienne 
actuelle devaient servir à indiquer l'opération, soit artificielle, soit 
naturelle de l'inondation, par les eaux colmatantes (bienfaisantes, 
fécondantes, etc. etc.) du Nil. Ce serait le lieu, ici, de compléter la 
coni[)araison nefr-noun\ mais il faudrait ouvrir une trop grande 
parenthèse, et il nou> faut finir... (2). 

On trouve encore dans le dictionnaire : 
\ "^ [nefer) « plante ». Pas d'autre indication dans le diction- 

(\) L'usure de la IcUrc <^^ (r) à la lin des moU à trois radicales et sa disparlliou complète 
dans la prononciation a eu lieu même dès l'époque de la xx* dynastie, et dans un certain nombre 
de^mots de l'ancien Empire. (Lohbt, Grammaire p. 76 et 83.) 

(2) Voir, à la fin, la noteanncic pour notre essai d'identification noun Nil avec ii^fer .\il. 



— 2dZ — 

naire. Le déterrainatif est le même que celui de toute plante ou 
culture. Remarquons aussi que des 61 noms qui figurent comme 
plantes-cultures, nefer est dans l'ordre alphabétique dudictionnaire 
le seul qui se place à côté de la racine /icf/', c'est-à-dire que nous 
présumons que nefer, avec son idéogramme plante ou « culture » 
désigne, comme zerrâ-nili (voir plus haut ce mot arabe-fellah), une 
culture faite, soit sur les bords des canaux pendant la crue «du Nil» 
soit dans les bassins soumis au régime régulier de l'inondation 
« du Nil » (1). 

Avant d'achever l'énumération des mots que nous présumons 
dériver de la racine /^(?/r, citons encore, pour les comparaisons à 
faire avec l'arabe, quelques autres hiéroglyphes concernant direc- 
tement le fleuve et dont la signification ne nous paraît pas devoir 
être confondue, comme on le fait souvent : 

Tels sont les groupes ^^ tUt [ouneiinou) renforcement du 



sens nennou (2), déjà vu, / > \\ ^^ei [ineinati)\ Il 11 

(nedjdja); g g i^ {het/iet) (3) ; || i=t (heh); ^^= [j [] i=t 

(tememi), où nous remarquons des redoublements d'articulation 
analogues à ceux de nef nef om nenfefei nennou, déjà signalés, et 
rendant aussi le même sens que notre mot égyptien actuel neïiel 
et têmil, tandis que les expressions : nennou (avec le seul signe 
figuratif « eau », ourni, mer (4), meh, met, teif (d), snemmoa (6), 
tous hiéroglyphes déterminés ici par le seul signe général de 
« l'eau », et agheb, ougha, ouai, et akeb, ârti, oustenoa, pet, 
khinep, soute/i, sarmâm, sek/tt, stef, ghev, ghasch, nous sem- 
blent plutôt relatives, soit à l'inondation en général, soit à l'eau 
elle-même de l'inondation, soit à une « crue du fleuve » ou à une 
étendue d'eau, « limitée », produite par l'inondation. Le mot arabe 

(1) Voir aussi la nole-annexe pour d'autres identifications. 

(2) Le (g (ou) intensif (signe du pluriel), sert, en quelque sorte, â multiplier le radical. (Loret.) 

(3) Le mot helhet est en tous points analogue à nefnef vu précédemment ; aussi Jiel veut-il 
dire « canal, arrosement ». 



/WV\/V\ 



(5) On trouve "-^i < — (Icif) et ° — ' x^ (Ictf ) pour « arroser, inonder» et (lelf) aussi 

pour « libations ». 

(6) Snemmou (voir l'hiéroglyphe plus haut) voudrait dire « inondation trop forte, nuisible». 



— 233 — 

'^> ighrkfj) « inonder » (accidentellement), >j> {gherrekg) « faire, 
produire l'inondation (accidentellement), ne trouverait-il pas, lui 
aussi, son correspondant dans l'une de ces dernières expressions? 

Rien, en eiïet, ne doit nous étonner dans cette voie de recherches 
« Malgré quelques dissftmblancesdans le jeu des temps et des modes 
verbaux, dit M. de Rougé, malgré le caractère spécial du diction- 
naire hiéroglyphique, on constate un rapport de souche évident 
entre la langue de l'Egypte et celles de l'Asie, par la communauté 
d'un grand nombre de radicaux et l'aflinité des lois grammaticales». 

Voici, du reste, un autre exemple curieux de redoublement 
d'articulation, à rapprocher encore de notre expression arabe neïiel, 
tcniil, que nous rappelons si souvent, c'est le groupe ^ ^ -A 
que l'on transcrit nebneb ou nenbeb, et que M. Brugsch, d'après le 
dictionnaire, donnerait comme terme désignant aussi l'inondation; 
mais ce mot égyptien ancien, avec son déterminatif indiquant le 
mouvement, ne désignerait-il pas, surtout, l'opération de la marche 
de la conduite de l'inondation du Nil dans les conditions agricoles, 
que nous savons, et que le mot arabe- fellah, actuel, rappelle si bien ? 

Il y aurait, d )nc, dans la composition des mots, comparés, /2C//i^/ 
ou nenfef, et nebneb ou nenbeb, synonymes égyptiens, et nefiel, 
teniil, terme arabe, actuel, à la fois similitude de sens et analogie 
de forme grammaticale. Et celte simple similitude deviendra bientôt, 
par les conclusions que nous prépar )ns, une quasi-certitude; h moins 
que les égyptologues ne nous présentent des textes contredisant ces 
conclusions. 

Pour le moment, remarquons encore, que les synonymes ncfnej 
et nebneb ne diffèrent que par le changement (fréquent comme on 
sait) de 1'/ en b, soit d'abord en «? {phi), puis en /) et en b. Ajoutons, 
que le passage de ly -^ iplii) au p se reconnaît aussi dans tiep, qui, 
tiré ainsi de /lef ou. de nefr (par la chute de Vr, comme il a été dit) 
n'en est pas moins un mot bien connu, dont l'hiéroglyphe 'q' 
accompagné du déterminatif habituel soit '=^ [phallus), soit i^=i 
(////') s )iL ^^ ('"o), veut respectivement dire « arroser, répandre 
ou distribuer l'inondation, inondation » en général en conformité 
avec n')s interprétations distinctes quant au signe, quoique l'idée 
générale soit toujours « inonder, verser, couler ». 



V 234 - 
Le vocabulaire de M. Pierret donne aussi les mots : 
^^ 1±J^ î^ "^ ^ inefi) [nef ou) r neef en copte z « ma- 
telot- nautonnier » (du Nil évidemment); /^e^ serait, dès-lors, un 
nouvel exemple de la chute de Vr, comme aussi dans -^-^ ^ nef 

- nom de plante. 
Enfin nous relevons encore les mots suivants : 

î î î [nefrou) - « beauté, splendeur, perfection », 

î î î X (nefrou-qs) - « vêtement, habit de fête », 

I (fiefer-nefert....) - «jeune » (homme, cheval, fille.. ), 

J Pi i {nefrou) - « enfants », 

et J (*=© {nefer) = « phallus ». 

toutes idées d'excellence, de fête, de cérémonie, de fécondation, 
jeunesse, productions nouvelles, renouvellement... en tous points, 
correspondant aussi à ce que nous avons dit du Nil, de ses qualifi- 
catifs pjpulaires etc. et aux cérémonies et fêtes que nous avons 
relatées... 

Nfr! voilà, certes, une racine féconde, et riche entre toutes 
comme le M7, lui-même... 

Ce curieux syllabique J {nfr), accompagné, ou non, de son 

complément phonétique est donc un mot qui rend partout le sens 
que nous présumions : il reproduit, par lui-même ou par ses dérivés, 
la signification sDit de la racine arabe Ji'' {nêl), soit de ses dérivés 
}^ (NU), Sf (néiil), Jtt^" (témil), J^ (nili), ^ (nilïa) et d'autres 
mots que nous indiquerons tout-à-l'heure. 

Nfr et nél ne doivent donc être qu'un seul et même mot. 

Et en efiet : 

On sait que les égyptiens flottaient entre Vr et I'^. Nous avons vu 

plus haut que l'un des noms anciens du fleuve (1 <— -> était lui- 
même transcrit tantôt ascher, tantôt aschel. Le J {lem) sémitique 
n'était-il pas transcrit par le signe de la bouche <n> [rou) ? Or 
ces deux lettres r et / sont précisément les deux finales des mots 
nfr et nél que nous confrontons. Enfin, personne n'ignore qu'à 



— 235 — 

l'époque gréco-romaine les noms clissiques qui, sur les cartouches 
égyptiens, se lisent _^\f{ ^-=>'^^ (qraoaapcdra), 
° vjTj ' (1 [1 n [ptouaveinis), ^ ,^^^ (] ^§ (areksandrs) étaient 

transcrits, en grec, « Kléopatra, Ptolémaïos, Alexandros » etc., et 
que, par exemple, « Artaxerxès », d'après l'orthographe des noms 
qui précèdent ne pouvait s'articuler que 1k 9>s(v^'^ T^^H I^ 

{altakhesc/iesc/i)- 

Les anciens Egyptiens n'avaient donc pas de signe particulier 
pour représenter le son / (1). 

Rien donc ne s'opp)se à ce que, d'abord, au lieu de n/r nous 
prononcions njl. Passons maintenant à 1'/'. 

Le sei-pent *^-=^ , signe alphabétique auquel nous donnons la valeur 
y par « pure convention », comme on sait, peut être prononcé aussi 
bien phe (doux), que we et que ac; c'est, en somme, ce que les 
grammairiens égyptologues appellent une serai-voyelle, soit un w 
(anglais) vague, soit l'hébreu ](wei)', et notre n-w-l se trouve 
ainsi identifié, soit avec la racine arabe nèl, soit avec neil dont le 
génie grec a lait Neïlos, et le latin, Nilas, soit enfin le mot Xil, 
arabe si vous voulez, mais qui n'en est pas moins égyptien, c'est-à- 
dire d'origine sémitique ou, si Ton veut encore, arabe à proprement 
parler, mais de l'ancienne Arabie, berceau, comme on sait, des races 
et langues dites « sémitiques », dont l'égyptien fait partie. 

Pour finir, il me reste à adresser aux égyptologues une toute 
petite question. 

On aurait renonlré à Elépliantine, avant l'an 1822 c'est-à-dire 
avant la vuhw complète des deux temples, certain symbole auquel 
on aurait donné à loit, dit-on, le n )m do « niiomètre »; et ce sym- 
b )le, sur la signification duquel on semble, du reste, avoir longtemps 
hésité, s(!rait aujourd'hui transcrit + (tat, dacl ou doud), qui 
dit-on, peut représenter : une « colonne à degrés », une « selle de 
sculpteur», un u soutien » de statues divines, etc., et être aussi 
l'emblème de la u stabilité », de la « conservation » et l'insigne du 
dieu « Lu nus » et l'insigne habituel de Ptali (2). 

Ml I.DHKT, (irammiiirc, p. 75. 

(2) PiEHRET, Dictioiiitairc d'ardicologie egyplieiiiit. 



- 236 — 

N'y aurajt-il pas confusion entre ce tat et le vrai symbole du 
nilomètre d'Eléphantine se trouve précisément au milieu de traces 

de numération grecque; ressemble singulièrement à notre T {nefr- 

neïl). 

Après tout ce que nous savons maintenant relativement à ce 
dernier signe, étant connu, du reste, l'état du monument prè? de 
disparaître avec toutes ses inscriptions, dont le dessin lui-même 
devait être difficile à relever puisqu'il ne restait que des traces, 
pourquoi ne reviendrions-nous pas à la première supposition? Un 
pareil signe, « surtout rencontré dans un nilomètre », a donc très 
bien pu n'être qu'un symbole du Nil. 

Le fleuve y^ (bahr) en arabe, se dit aussi jt (naher) pluriel jt'i 
^■f ' {etilier, enhour). 

En égyptien ""^^«cz^fj û ^ ou/\ ourl (terminaison du féminin) 

est un nom de l'inondation (faite par les eaux du fleuve, bien enten- 
du) ; or la distribution de ces eaux se dit, en arabe-égyptien, ^s» (ri) 
(rai) d'oïl {roui) (iroui) ^^j_ ^jj. 

L'arabe o^i> (fadz) « inonder » se dit aussi j^ (cltefer) ; et nous 
savons aussi ce que peut dire nefer en égyptien ancien. 

Enfin nous pouvons faire un rapprochement avec our, ciour-a- 
toar (1) ; et comparer nefer ne-w-er et le terme arabe neher, 
ci-dessus ; d'où les rapprochements mots arabes et mots égyptiens 
alternant : 

Bahr, nahr, enhr-enhour \ aour-atour; our ouri; ri, roui, 
singuliers miroitements. 

Et ceux-ci, non moins curieux : new-neph, nil, neyl, nêl, dont 
on a pu faire nymphéa nelunibo plante du Nil, espèce de lotus 
bien connue ; d'oii aussi les comparaisons : dtefer nefer ; neher, 
ne-wl ou ne-wr à joindre encore à nef nef, c'est-à-dire à nw-nw 
ou nwl-nwl ou neyl-neyl ou n-ye ye-1 et notre neïiel ; et notre 
étymologie, principale, nil-ncl... newl ou newr ; en employant 
partout les mêmes petites voyelles intermédiaires pour la vocalisa- 
tion des consonnes. 

0) L'arljonctiùn initiale {1 ou '^ (a) ne change en rien ia signification du mot égyptien. 



— 237 — 

Par cette marche renversée, nous pouvons donc faire remonter 
jusqu'à l'égyptien ancien des mots arabes, bien connus, appartenant 
au langage agric )le et d'usage constant en Kgypte. 

Dans la marche ^tj^nologique de M. GroflT, nous avons noté le 
passage par l'hébreu ; eî l'on obtient, par le passage de l'hébreu au 
démotique, l.i phonétique suivante : atour, aour : our, your, yôr, 
nyo", nayei', naylou. 

En suivant une voie diffén-inte, nous arrivons donc tous deux, par 
le même métaplasme, à ncyl=nayl soit enfin, de part et d'autre à 
Neïlos. 



Note- Annexe. 



Les auteurs grecs, citant des noms égyptiens, donnent le mat 
copte noYn (non//) comme désignant la montée, c'est-à-dire la 
« crue » du fleuve, voOv NsîXoj avaSaT-s (rioufi neilou anabassis). 

Et, en effet, le groupe hiéroglyphique °°^ a^aaaa dont le déter- 

minatif général est « eau » et le déterininatif spécial « plafond v, 
« hauteur », peut .se lire aussi bien /lon-n, que r/cnnoa, ce dernier 
mot désignant aussi « l'inondation » (de la crue du fleuve). Cepen- 
dant, les égyptologues paraissent préférer la transcription : nou, 
qui, avec le sens « Ciel » donné au déterminatif spécial, voudrait 
dire, alors, « océan céleste », c'est-à-dire l'immensité des eaux céles- 
tes ou le « fleuve » sur lequel vogue la bai'i{uc solaire. 

Quoiqu'il en soit de rinterprétati()n de cet hiéroglyphe, il y a un 
rapprochement intéressant à faire entre Xil et noa ; car, d'un 
côté le Nil, apportant la fertilité par son inondation régulière, était 
considéré, sur terre, comme la source de toutes les choses matérielles 
de la vie, et le /^o«, d'autre part, était regardé comme l'océan céleste 
primordial, d'où étaient sortis les germes de toutes choses. 

L'un était donc {sur Terre) comme l'image de l'autre (dans le 
Ciel). Mais, nous pouvons, grâce aux. travaux des égyptologues, 
compléter ce rapprochement. 

Le Xil, de l'inondation périodique (rappelons-nous que, mainte- 



— 238 — 



nant, Nihn-wr) est souvent assimilé à Osiris, (être bon par 
excellence, le ^^ î M (oun-n-w-r), mot-à-mot : oun, verbe 



auxiliaire « être », et n-w-r, bon, comme le Nil-iiwr lui-même), 
surtout dans leur rôle commun de grand renouvelant ou de revivant 
revenant périodiquement, ensemble, chaque année, l'un sous l'image 
de la crue, de l'inondation et l'autre sous la forme de râ « soleil » 
de la saison de l'inondation, mourant ensuite ensemble l'un sous 
l'image de la décrue, de la retraite des eaux, et l'autre sous l'appa- 
rence (mouvement apparent de l'astre) de la descente du Soleil dans 
l'hémisphère austral, hémisphère d'hiver ou des ténèbres. 

Mais Osiris est adéquat à Ptafi, comme soleil nocturne et dieu 
primordial (1); et celui-ci, enfin, se fond aussi quelquefois avec noun 
comme dieu primordial, sous le nom de Ptah-noun. Donc Nil peut 
être assimilé à noa. C'est, du moins, ce qui nous semble résulter 
nettement de toute cette cosmogonie (2). Or, nous avons vu que la 
racine n-w-r ou n-w-l peut être considérée omme synonyme ou 
l'équivalent du mot Nil, et il est non moins curieux de constater en 
même temps, ici, l'équivalence phonétique : ^^ {n-io)-nou résul- 
tant, 1° de la chiite de Vi', ou <z:> (roa), ou l, en un mot du signe 
de la « bouche », ainsi qu'il a été expliqué ; 2° de la prononciation, 
ou, du signe a ;^ (co) du serpent, prononciation évidente dans bien 
des mots égyptiens transcrits en copte vers l'époque de la disparition 
des hiéroglyphes. 



Au sujet de l'étymologie du mot Nil et des autres expressions qui 
ont fait l'objet de ma communication de vendredi dernier, notre 
savant confrère Osman bey Ghaleb m'a fait remarquer qu'il existait 
aussi des noms de plantes dont l'origine pouvait remonter peut-être 
au terme nenf ou nef-nef dont j'avais donné la signification ; je 
trouve, en effet, que de nef-nef ou new-new ou new-neph, Nil, 

(1) Ce rc^sume est tiré du Panthéon égyptien. Le non, dit M. Pierret, est la déification de a l'eau» 
primordiale ; l'eau, principe de toutes choses est d'ailleurs le système doctrinal de plusieurs phi- 
losophes grecs. Et, dans la science moderne elle-même, n'admet-on pas que la vie est sortie du 
sein des eaux, origine commune des animaux et des plantes? 

(2) Cf. Océan céleste (noun) et'tixcav^iç (ancien nom. grec, du Nil). Dict. Alexandre, 



— 239 — 

neyl, nèl (expressions analysées dans mon mémoire), on pouvait 
très bien avoir fait, par exemple, le mot n'jmp/tœu nelumbo qui 
est précisément une plante du Nil ; cest le nenufar rose, variétéde 
lotus, bien connue, décrite par Hérodote et dont le fruit était appelé 
fève d'Egypte, selon Diodore. 

Rapprochons aussi le nom de plante iÇ-i \iî {nef) et T'^ (n^fer) 

— Brugscli — qui peut être nefl, nofr, nilofei\ ninofer, nénu- 
phar se tenant dans les eaux en repos, plante, encore, du Nil. 

La fève portait en égyptien ancien soit le nom de aouri\ soit 
celui de /oM/' répondant à l'hébreu />o;/^ et à l'arabe, /o/// (Loret). 
Quant aux nénuphars ou lotus, il y aurait eu : le lotus bleu 
nipnp/Kca cwrulea de Savigny, appelé Serpet en égyptien, Lotos 
Kuanéos en grec; le lotus blanc, nyniphœa lotus de Linné, 
sous/un en égyptien dont on aurait fait l'hébren Sôshan, le c >pte 
Shôshen, le grec Souson, l'arabe Sousan, et la chaste Suzanne 
aux deux vieillards ; le lotus rose Ncluinbiuni speciosu/n de Wild, 
en égyptien nekheh = neheb = nesheb, c'est la plante sacrée dont 
l'usage alimentaire devait être interdit (Loret). 

Hérodote, de son côté, donne aux lotus égyptiens les noms de 
rose du Nil et de lis du Nil ; cette dernière variété a été appelée 
arousset-el-Nil (fiancée du Nil), par les arabes, et cest probable- 
ment aussi la plante lacustre qui croi-^sait abondamment dans le 
bas Delta du Nil et dmt la racine tuberculeuse ou le fruit, le lotos, 
aliment délicieux, d'après Homère, fut offert à Ulysse et ses compa- 
gnons lorsqu'ils abordèrent à la terre des Lotophages. 

Le nom sacré ci-dessus est aussi à rapprocher de la dénomination 
biblique du Nil : nekJtel - nehel — ne.-^liel. Enfin rappelons que le 
dieu Nil est représenté avec une coiffure surmontée d'un bouquet 
de lotus, que la fleur sacrée sert aussi de symbole à Horus, ainsi 
qu'à nefr ou nwl-touni de la triade memphite, que le Nil par ses 
débordements périodiques et que la plante sacrée se fermant le soir 
ou disparaissant sous l'eau pour reparaître le matin au soleil levant, 
dieux, fleuve, plante, jouent le mrme rôle dans le mythe solaire. 

Relevons encore dans les vocabulaires connus : *□ o% (ncp), 

[nepa), *^n(J''^ {nepi), "^11(^1 {nepaou), abrégés de 






— 240 — 

gj\^l i'iepri), q"^ <=> 8 (nepe?^), J(](j| (ne/ri), JJJ o (nefroii), 

'JT <==>(! ° (nepra) en cDpte rfA.Cjpî [nephri) = « grains, blé » ; et 

enfin le nom du dieu □ [lo J) {nepra, nepri) divinité des grains, 

d'oîi une assimilation au dieu Nil et une nouvelle confirmation de 
l'identification proposée Ml-Neilos, newel, nepher, neper, nep, 
neph nw. Cette identification qui se fond avec celle proposée dans 
la première partie de cette note-annexe, me paraît d'ailleurs résulter 
nettement de l'interprétation des textes de trois papyrus bien 
connus. 

Dans VHynme au Nil, traduit et publié par M. Maspero d'après 
les deux textes du Musée Britannique, le papyrus Sallier et le papy- 
rus A.nastasi, on lit : 

Salut, ô Nil, ô toi « qui t'es manifesté » sur cette terre et qui viens en paix 
pour « donner la vie » à l'Egypte ; dieu caché, Hâpi, ....irrigateur des vergers 
qu'a crées le Soleil, Râ, ....tu abreuves la terre; incrôé; voie du Ciel qui des- 
cend, (ou « tu descends ») ; dieu, Sib, (1) ami des pains et des productions; 
dieu, Nepri, oblateur des grains; dieu, Ptah (2), qui illumines toute demeure; 
....créateur du «blé », producteur de «l'orge» (ou des «grains»); ....les hom- 
mes l'invoquent, lorsqu'il s'arrête....; e se lève-l-il » (3) la terre est remplie 
« d'allégresse » « tout» ventre « se réjouit » (ou « tous » les corps « sont en 
joie ») « toute créature » (ou « tout être organisé ) reçoit nourriture, « toute 
dent broie». Il apporte les « provisions délicieuses », il crée toutes les «bonnes 
choses » (ou « tous » les « biens »), seigneur des « nourritures agréables et 
choisies ».... Il « germe » (ou il « produit la germination ») pour « combler 
tous » les « vœux ».... ; « oh ne le voit pas, on ne sait le lieu où il est, on ne 
le li'ouve point par la force des livres sacrés, pas de demeure qui le contien- 
ne »....; il boit les pleurs de tous les yeux^ et « prodigue l'abondance de ses 
biens ». 

Dans le papyrus Sallier II, Amenemhat 1"^ xii® dynastie, dit : 

Je suis le créateur de trois espèces de grains, l'ami de Nepri ; le « Nil » a 
accordé à mes prières l'inondation sur tous les champs 

Dans les rapprochements que nous avons faits (voir le corps de 
notre mémoire) entre le mot égyptien ancien njr^niol pour Neïlos 

M) Recevait le titre de « Seigneur des aliments». 

(2) Recevait l'épithète « au beau nefer visage ». 

(3) Allusion à l'arrivée des eaux nouvelles, à la crue. 



— 241 — 

et le mot arabe itèl pour Nil et les dérivés de ces deux racines, nous 
avons développé, parallèlement, les idées qui se rattachent à chacune 
des expressions à comparer; et la teneur des textes anciens souli- 
gnés ci-dessus ne fait quci conliriner nos conclusions. 

J'ai aussi souligné les allusions religieuses se rapportant au nom 
sacré du fleuve, kàiii, caché, celle aussi relative au dieu Sib, sei- 
gneur des aliments et comme K; (lii;ii AV/, ami il"s pains et des pro- 
ductions. 

L'Hijmne au Nil rend plus évidente encjre l'identification du 
Nil-Neïl, mol, iiwf, nefcr (beau, bon) avec Ptak adéquat, du reste, 
à Osij^is ainsi qu'il a été expliqué, celui-ci étant « l'être bon » par 
excellence, celui-là «beau de face», et avec non c )mme eau primor- 
diale, germe de toutes choses, l'un (le Nil terrestre nwr) étant la 
« voie du ciel descendue sur terre », l'autre (le Nil céleste, nw, 
non) « la voie du ciel sur laquelle voguent les barques des dieux >^. 

Enfin l'assimilation du NU-nwl-npUl-tiphr, producteur des 
grains, à npri, divinité des grains, est ici d'après tous ces textes des 
plus évidentes. 

La transcription ci-dessus /• ou l du signe <===> de la bouche n'est, 
du reste, plus à discuter ; quant à la chute de cette /•, nous venons 
d'en donner un exemple dans les expressions nepcr, ncpixt, nepri 
et nepa, nepi, ncp, de même signification et se rattachant ici, direc- 
tement au sujet que nous traitons. Reste à justifier d'une façon 
irrécusable la mobilité orthographique de la racine renfermant le 

signe H du serpent, transcrit par nous : et, wei, w, J, pli (o), 

p et un ; c'est ce que nous ferons en transcrivant purement et sim- 
plement la leçon ci-après de M. de Rougé, tirée de son Mémoire 
sur Voriijine égyptienne de Valphabei éijijplien., p, 99. 

« Le •< , signe du serpent, est employé en égyptien, dans son 

rôle de consonne, pour produire le son ph (o) ; est d'ailleurs employé 
quelquefois comme voyelle; dans les textes de la basse-époque il 
remplace ou, régulièrement. Plus anciennement il existe des formes 
grammaticales où il joue également le rôle de voyelle; ainsi dans 

la formule ^s|*^l V {ptra-ro-f'-son) « qu'est-ce que 

cela signifie? » on trouve des variantes oîi la finale est écrite "^^ 
(j's) et oii par conséquent le signe est même supprimé comme vo- 



— 242 — 

yelle ordinaire. Son caractère se résume ainsi : comme voyelle il 
égale ou ouïe w vague; comme consonne il se place auprès de 
[vou, bou^ pou) et de (pA, cf>) ; il est conservé précieusement par 
les coptes dans le 9 ('f); enfin sa valeur consonnative a pu dispa- 
raître >i. 

Nous sommes donc bien en règle avec la grammaire, et, d'autre 
part, aussi avec le système religieux des anciens Egyptiens : Recon- 
naissants des bienfaits de leur fleuve, ils en avaient fait un dieu ; et 
toute leur théogonie relative au fleuve était basée, comme notre 
étymologie elle-même, sur les manifestations diverses d'un même 
être suprême, dont l'unité se cachait sous des noms multiples, ou, 
plutôt, dont les appellations variaient selon les attributs désignés. 

Nous allons chercher maintenant à compléter notre thèse par 
l'interprétation du plus ancien texte grec oii il soit fait mention du 
Nil. Homère est, en effet, le plus ancien auteur classique qui a 
parlé du fleuve égyptien. 

Mais avant de compulser cet auteur, encore une petite conclusion 
à tirer simplement ici de la prononciation du grec ancien par les 
modernes. 

NstXo? contient la diphtongue f. qui, il est vrai, est prononcée i 
par tous les grecs modernes. Mais les sons ev et e/sont rendus en 
grec moderne par £u. Or, d'autre part, u lui même est prononcé i. 
Concluons donc de suite que notre mot égyptien nevr-nefr ou, 
plutôt, l'autre transcription nevl-nefl, a pu très bien avoir été 
écrite Ne-X [Neil d'oii Neilos) par les Grecs eux-mêmes fréquentant 
l'Egypte aux époques d'Eudoxe, Platon, Hérodote, Solon, Pythagore, 
c'est-à-dire entre le ii® et le vi* siècle avant J.-C 

Abordons maintenant Homère. 

Homère, dans son Odyssée, chant ix, vers 477 478, fait dire les 
paroles suivantes au véridique vieillard des mers, l'immortel Protée, 
égyptien, répondant à Ménélas retenu prisonnier en Egypte par les 
dieux et les vents contraires dans le port de 1 île Pharos ; 

« Le destin s'oppose à ce que tu revoies tes amis, à ce que 

« tu rentres dans ta riche demeure et sur le sol chéri de ta patrie^ 

« npiv y'o"'2<v AIy'Jiixoio AtÏTistioç TTOTaiJioTù 

(( AUTIÇ u8wp £X6fÇ.... 

« Pria gotan Aiguptoio Diipétéospotamoio Autis udor eldès ». 



— 243 - 

Passage {Diijyétéos revient encore un peu plus loin au vers 581) 
que M. Pessonneaux traduit ainsi : 

« Avant que tu aies sillonné une seconde lois les eaux de 

« VEgyptas fleuve issu de jui^iter ». 

Madame Dacier donne de potamoio Diïpétéos, la traduction sui- 
vante : « du fleuve qui tire ses sources de jupiter ». 

L'interprétation en laLln, suivant une traduction d'Hijinère qui 
se trouve à notre Institut, serait : 

« Donec ^(jypti a iOYE.vuiK^niisJlaoi nirsas ad-aquas re- 
« die ris ». 

Le dictionnaire Alexandre donne : aï {DU) datif de Zij; {Zens) ; 
tAt.-m {pipto) « tomber », sens ordinaire; Aurs-ri; (Diipetès) adjectif 
poétique signifiant « qui vient de Jupiter », « qui tombe descieux », 
'<■ aérien, étliéré », « grossi par les eaux du ciel » et autres sens 
dérivés tels que « limpide, clair, transparent » qui sont à écarter 
(car pour l'égvptien les eaux de YE(jyj)tus-Nil ne sont ni transpa- 
rentes, ni claires, même pas bleues {^^ Nila) quoi qu'en pensent 
certains commentateurs). 

Quel que soit le point de vue, réel, auquel on se place, que ce 
nom composé s'applique à la physique générale du ciel ou qu'il 
rappelle particulièrement l'origine phy-ique des eaux du fleuve 
égyptien, ce mot n'en veut pas m>ins dire que le fleuve Egyptus= 
Egyptos tire son origine des cieux. 

Or qui dit « cieux » dit « dieux » aussi bien en Grèce qu'en Egypte 
et partout, et nous savons encore que NU, « voie du ciel qui des- 
cend » (d'après 1' Hymne au Nil lui-même) et non se confondent. 

Remarquons aussi que l'Egypte, dans Homère, porte le même 
nom que le fleuve qui l'arrose et comparons gyipti/s (contrée et 
fleuve), iptci/i, Jupiter, dies-pite/', diausipitcr (curieux rapproche- 
ments. Rappel lons-nous, surtout, que y.»^a//,/j/ifa/i est étymologi- 
quement « celui qui ouvre » (le sémitique arabe p fat ah signifie en 
effet ouvrir), « celui qui crée » (1), « le père des comuieucements », 
« le dieu suprême » de même que Jupïéer, et que Neil-os, mot, nwr, 
/no, noa, considéi'é comme « eau prim )rdiale », k. principe de toutes 
choses de même que /lou et i{\ie jitah dont il fait la fonction sur le 

(1) GntuAUi, Hymne à Ammon-Hii. 



— 244 — 

sol d'Egypte, était aussi considéré par les dévots comme « un écou- 
lement sorti (ou tombant) des membres de Dieu » (le livre d'honorer 
Isiris ajoute : « pour faire vivre les hommes et germer les plantes »). 
Tel est bien aussi le sens de Diipétès, « tirant son origine de Dieu» 
(Zeus) « qui vient de Dieu », « qui tombe des cieux » (l'origine de 
notre mot dieu-zeus est un pluriel). 

On a donné comme origine du mot Aiguptos, Egypte, tiré 
lui-même du nom de son antique capitale sacrée, l'expression [Ha- 
Ka-Ptah) qui signifie « demeure du double, de la personne, de 
l'individualité de Ptah» ; or il résulte de ce que nous venons d'exposer 
que rien n'empêche aussi de tirer l'origine de ce mot de la même 
expression se rapportant au tieuve assimilé kptah-nou, nw, nwr, 
nwl^Netl, ce qui aussi revient à dire que « l'Egypte est la demeure 
du Nil », doii l'expression, toujours vraie, « le pays du Nil » ; et, 
avec Homère, « l'Egypte c'est le Nil », puisque précisément, le 
même nom sert, chez cet auteur, à désigner la contrée et le fleuve. 
Pas de « Nil » pas « d'Egypte », sans « Nil » plus « d'Egypte ». 

Enfin Homère, on le sait, aimait, dans ses vers, à faire usage 
d'expressions populaires, aussi devai-t-il les recueillir précieusement. 

Le mot Diipétès, Diipjétéos ne saurait donc être une épithète 
gratuite, simplement inventée par le poète pour l'ornementation du 
discours, les agréments du chant. C'est un vrai nom entendu par 
Homère, une des dénominations populaires du Nil transcrite, il y 
a trois mille ans, dans son poème suivant le génie poétique de sa 
langue, et qui nous sert aujourd'hui à vérifier notre étymologie. 



Résumé-Conclusions. 

Sous le mot grec Netlos se cache une des anciennes dénomina- 
tions populaires du fleuve considéré comme Dieu : 

Dans son rôle de « bienfaisant », producteur de « toutes bonnes 
choses », il est assimilé au dieu Osiris, « l'être bon » par excellence, 
le otm-nfr, nwr ou mol des textes, le fleuve se manifestant à l'é- 
gyptien pendant la crue, c'est-à-dire, dans l'hémisphère répondant 
à l'Egypte, après l'arrivée de l'astre consacré à ce dieu et son pas- 
sage au solstice. 



— 245 — 

Dans son rôle, plus particulier, de « producteur des grains, de la 
bonne céréale », de l'orge et du blé, il est assimilé à npra, npri, 
divinité des grains. 

Enfin, il a été identifié aussi avec non, « l'eau primordiale », 
principe de toutes choses ; 

L'identification du fleuve terrestre avec le fleuve céleste nou se 
vérifie, et par l'épithète diipétès tirant son origine du ciel, venant 
tombant du ciel, donnée au fleuve égyptien par Homère, et par 
l'expression « voie du ciel descendue sur terre », dans Y Hymne au 
Nil des papyrus Sallier et Anastasi. 

Les hiéroglyphes formés par le déterminatif des grains ou des 
plantes et les radicaux nep, ne/xt, nepi, nejter, nepra, nepi'i, ne- 
fri et nefer, /ie/ désignent des grains ou des plantes du Nil. 

Enfin Ji»' nêl, nela parvenir à, réaliser, obtenir, est la racine 
sémitique-arabe dont J^' '^'^ 1^ chose attendue, parvenue à terme, 
réalisée, obtenue, est les substantif; une transcription telle que 
nevl ou nejl s'écrirait en grec moderne, n^jÀ, et celle-ci a pu être 
prononcée Neil par les Grecs. 

De ce résumé se déduit immédiatement la série chromatique des 
mots suivants, dans laquelle l'étymologie du mot Nil peut se synthé- 
tiser yj/itYo/o^/iV/werne/z^ et théogoniquement : 

N...., nu ou nou, nw, nef, neph, nep, neb, nepa, nepi, nepi\ 
nepjva, nepvi, nephri, nefri, nefr, ou n-ef-l (NejX, o,-), newi^ ou 
n-ev-l {'^-ij-l, 0,-), Neil, Neilos, nêl (Jl*), Nilus, A7/; tous mots, 
appellations, qualificatifs, verbes, attributs ou manifestations diver- 
ses, connus, auxquels partout le mot final répond ou se rapporte 
grammaticalement et théogoniquement, en passant même par le 
grec, le sémitique ou l'arabe. 

La RACINE DU MOT NIL ne peut-être qu'ÉGYPriENNE. — Ainsi, sans 
déroger au respect dû aux éminents philologues qui m'entourent, 
arabisants, hébraVsants et égyptologuesque je n'ai pas la prétention 
de convaincre, mais dont, au contraire, je dois attendre ici les avis 
lumineux, je persiste jusqu'à nouvel ordre dans mes conclusions. 



COURBES DE L'HUMIDITÉ RELATIVE 

AU Ca1RE,À AlEXANDR1E,aP0RT-SAJD,A ISMAILIAH ETÀ SUEZ 




Echelle des hauteurs: o'"ooi pour i "/ d'humidité 



Annexe N'* 2 à la séance da 30 décembre 1892. 



NOTE 

SOR 

1/HUMIDITÉ RELATIVE DE L'ATxMOSPHÉRE 

DAMS LES VILLES DU CAIRE, D'ALEXANDRIE, DE PORT-SAÏD, D'ISMAILIA ET DE SUEZ 

PAR 
M. J. BAROIS 



J'ai eu l'honneur de présenter il y a quelques années, à l'Institut 
Égyptien, un mémoire détaillé sur le climat du Caire; dans une 
communication ultérieure, je lui ai soumis quelques considérations 
sur les températures comparées de cinq villes de la Basse-Egypte, 
le Caire, Alexandrie, Port-Saïd, Isinaïlia et Suez; je voudrais 
aujourd'hui dire quelques m )ts sur l'humidité de l'air dans ces cinq 
localités. 

Les documents que j'ai utilisés p)ur cette nouvelle étude ne per- 
mettent de comparer que d'une fa(;)n approximative la quantité de 
vapeur d'eau contenue en chaque saison dans l'atmosphère de ces 
différentes villes ; ces documents sont les suivants : 

Les m )yennes d'humidité relative extraites de mon mémoire sur 
le climat du Caire et résultant des observations faites pendant une 
longue série d'années à l'observatoire khédivial de l'Abbassieh, de 
trois heures en trois heures, de jour et de nuit ; 

Les observations horaires d'humidité relative faites par le même 
observatoire et publiées en fascicules mensuels par le Ministère de 
l'Instruction publique pour les années 1887, 1888 et 1889; 

Les moyennes journalières d'humidité relative des années 1887, 
1888 et 1889, publiées chaque semaine au Journal Ofjiciel pour les 
villes du Caire, d'Alexandrie, de Port-Sa'ïd, d'Isma'ïlia et de Suez et 
déduites : 



— 248 — 

Pour le Caire, des observations faites à l'observatoire de l'Ab- 
bassieh à 9 heures du matin, 3 heures du soir, et 9 heures du soir ; 

Pour Alexandrie des observations faites par notre collègue 
M. A. Pirona, sous le patronage de l'Institut central météorologique 
de Vienne, à 9 heures du matin, 3 heures du soir et 9 heures du 
soir; 

Pour Port-Saïd et Suez, des observations de 7 heures du matin, 
2 heures du soir et 5 heures du soir ; 

Et pour Ismaïlia, des observations de 7 heures 1/2 du matin, 
2 heures du soir et 5 heures du soir faites par les soins de la Com- 
pagnie du Canal de Suez, sous le patronage du bureau central 
météorologique de Paris. 

Pour le Caire et Alexandrie, les moyennes journalières du Jour- 
nal OJJiciel correspondent aux mêmes heures d'observation, 9 h, 
du matin, 3 h. du soir et 9 h. du soir; ces moyennes sont donc 
comparables entre elles; mais il n'en est pas de même pour les 
autres villes. 

Toutefois, comme l'humidité relative est relevée, au Caire, jour et 
nuit, de trois heures en trois heures, j'ai pu construire pour cette 
ville les courbes des variations horaires de Thumidité et j'en ai 
déduit les valeurs moyennes de cette humidité pour 7 h. du matin 
2 h. du soir et 5 h. du soir, heures d'observation de Port-Saïd et de 
Suez, et pour 7 h. V2 du matin, 2 h. du soir et 5 h. du soir, heures 
d'observation d'Ismaïlia. J'ai ainsi obtenu, pour le Caire, deschiffres 
qui sont encore comparables à ceux observés dans les trois villes du 
canal de Suez. 

Le Caire. — Je rappelerai d'abord que l'humidité relative 
moyenne au Caire est : 

Pour l'hiver 62 

» le printemps 43 

» l'été 52 

» l'automne QQ 

en moyenne pour l'année, 56 

Ces chiffres résultent des observations faites de trois heures en 
trois heures, jour et nuit, pendant treize années; ils sont à peu près 
égaux à ce que donnerait la moyenne des observations de 9 h. du 



— 240 — 



matin et de 9 li. du soir; mais, comme Tiiumidité du jour est plus 
faible que celle de la nuit, ils sont supérieurs de quelques unités à 
la moyenne des observations de 9 h. du matin, 3 b. du soir et 9 h. 
du soir d'une quantité qui s'est élevée 

pour l'année 1887 à 7.3 

» 1888 » 5.3 

» 1889» 4.5 



soit en moyenne 



à5.7 



Alexandrie. — Pour les trois années 1887, 1888 et 1889, l'humi- 
dité relative moyenne constatée à 9 b. du matin, 3 b. du soir et 
9 h. du soir a donné, dans chaque saison, les chiffres suivants : 



Moyennes, par saison, de l'humidité relative 
de 9 h. du matin, 3 h. du soir et 9 h. du soir, à Alexandrie. 



ANNÉES 


HIVER 


PRINTEMPS 


ÉTÉ 


AUTOMNE 


MOYENNES 


1887 
1888 
1889 

Moyennes 


66.9 
6:?. 6 
65.2 


68.8 
68. 3 

68.4 


72.2 
71.3 
72.4 


67.9 
67.4 
67.1 


68.9 
67.4 
68.3 


64.9 


68.5 


72.0 


67.5 


68.2 



Pour chacune de ces trois années, l'humidité relative de la jour- 
née est minima en hiver; elle augmente au printemps, est maxima 
en été et diminue en automne. La moyenne générale annuelle a 
été de 68.2. La différence est d'ailleurs assez faible entre les chiffres 
de chaque saison; le plus fort écart a atteint 0.8 et s'est produit 
entre l'hiver de 18SS et l'été de 1889. 

Pour les trois mêmes années au Caire, les observations de 9 h. du 
matin, 3 h. du soir et 9 h. du soir ont donné les résultats suivants : 



— 250 — 

Moyennes, par saison, de l'humidité relative 
de 9 h. du matin, 3 h. du soir et 9 h. du soir, au GEiire. 



ANNÉES 


HIVER 


PRINTEMPS 


ÉTÉ 


AUTOMNE 


MOYENNES 


1887 
1888 
1889 

Moyennes... 


63.3 
52.1 
54.6 


39.7 

43.2 
38.3 


50.2 
46.2 
48.4 


62.1 
61.4 
63.0 


53.8 
50.7 
51.1 


56.7 


40.4 


48.3 


62.2 


51.9 



Ainsi, tandis qu'à Alexandrie la saison d'humidité minima est 
l'hiver, au Caire, c'est le printemps : dans les deux villes, c'est 
l'automne, qui est la saison la plus humide. L'écart entre l'humidité 
des diverses saisons est beaucoup plus fort au Caire qu'à Alexandrie ; 
il a atteint, dans la première de ces villes, 23.6 entre le printemps 
de 1887 et l'hiver de la même année. 

La comparaison entre l'humidité des deux villes est donnée, par 
saison, dans le tableau ci-dessous : 



Différences entre l'humidité relative d'Alexandrie 
et celle du Caire. 



ANNÉES 


HIVER 


PRINTEMPS 


ÉTÉ 


AUTOMNE 


MOYENNES 


1887 
1888 
1889 

Moyennes... 


+ 3.6 

+ 10.5 
+ 10.6 


+ 29.1 

+ 25.1- 
+ 30.1 


+ 22.0 
+ 25.1 
+ 24.0 


+ 5.8 
+ 6.0 

+ 4.1 


+ 15.1 
+ 16.7 

+ 17.2 


+ 8.2 


+ 28.1 


+ 23.7 


+ 5.3 


+ 16.3 



— 251 — 

En toute saison, l'humidité est plus forte à Alexandrie qu'au Caire. 
La différence est maxima au printemps, elle atteint alors en 
moyenne 28 1. L'humidité d'Alexandrie est donc, à cette époque, 
supérieure de 70 % ^ celle du Caire. En automne, la différence est 
minima, elle n'est plus alors que de 5.3; elle est en moyenne, pour 
l'année, de 16.3, c'est-à-dire que l'humidité moyenne d'Alexandrie 
est supérieure de 32 7o à celle du Caire. 

Port-Saïd. — A Port-Saïd les observations d'humidité relative 
faites à 7 h. du matin, 2 h. du soir et 5 h. du soir ont donné les 
résultats suivants pour les trois années considérées. 

Moyennes, par sadson, de l'humidité relative 
de 7 h. du matin, 2 h. du soir et 5 h. du soir, à Port-Saïd. 



ANNKES 


HIVER 


PRINTEMPS 


ÉTÉ 


AUTOMNE 


MOYENNES 


1887 
1888 
1889 


68.3 
66.0 
62.1 


66.1 

65.4 
57.3 


67.7 
63 4 
61.9 


72.6 
65.1 
61.6 


68.7 
65.0 
60.7 


Moyennes... 


65.5 


62.9 


64.3 


66.4 


64.8 



Dans cette ville, l'humidité est à peu près la môme en toute 
saison; en moyenne, elle est un peu plus faible au printemps et 
un peu plus forte en automne, mais les variations sont très petites, 
et les valeurs maxima et minima ne correspondent pas toujours 
aux mêmes saisons. 

Le plus f)rt écart d'humidité, pendant cette période de trois 
années, a été 15.3 ; il s'est produit entre le printemps de 1889 et 
l'automne de 1887. 

Au Caire, l'humidité relative de 7 h. du matin, 2 h. du soir, et 
5 h. du soir, calculée au moyen de courbes, comme il a été indiqué 
plus haut, donne les chiffres ci-après, assez peu différents d'ail- 



— 252 — 

leurs des chift'res déjà indiqués pour 9 h. du matin, 3 Ji. du soir et 
9 h. du soir. 

Moyenne, par saison, de l'humité relatives 
de 7 du matin, 2 h, du soir et 5 h. du soir, au Caire. 



ANNÉES 


HIVER 


PRINTEMPS 


ÉTÉ 


AUTOMNE 


MOYENNES 


1887 
1888 
1889 

Moyennes... 


60.8 
50.8 
53.1 


38.8 
42.7 
38.3 


47.8 
44.7 
47.6 


59.9 

59.1 
61.0 


51.8 
49.3 
50.0 


54.9 


39.9 


46.7 


60.0 


50.4 



En comparant les chiffres de ces deux derniers tableaux, on 
trouve, entre Port-Saïd et le Caire, les différences suivantes : 



ANNÉES 


HIVER 


PRINTEMPS 


ÉTÉ 


AUTOMNE 


MOYENNES 


1887 
1888 
1889 

Moyennes... 


+ 7.5 
+ 15.2 
+ 9.0 


+ 27.3 

+ 22.7 
+ 19.0 


+ 19.9 
+ 18.7 
+ 14.3 


+ 12.7 
+ 6.0 
+ 0.6 


+ 16.9 

+ 15.7 

+ 10.7 


+ 10.6 


+ 23.0 


+ 17.6 


+ 6.4 


+ 14.4 



— 263 - 

L'humidité relative moyenne de Port-Saïd est donc supérieure de 
30 7o à celle du Caire. La différence est maxima au printemps; elle 
est alors de 23, chiffre qui représente 58 7o de l'humidité du Caire à 
la même époque de l'année; elle s'abaisse à 17.6 en été, à 10.6 en 
hiver et à 6.4 en automne ; c'est dans cette dernière saison qu'elle 
atteint sa valeur minima qui est égale à 11 7ode l'humidité du Caire 
au même moment. 

IsMAiLiA. — Les observations météorologiques prises à Ismaïlia 
à 7 h. Vî du matin, 2 h. du soir du soir et 5 h. du soir sont résumées 
ci-dessous par saison, en ce qui concerne l'humidité relative des 
trois années 1887, 1888 et 1889. 

Moyennes, par sadson, de l'humidité relative 
de 7 h. V^ du matin, 2 h. du soir et 5 h. du soir, à IsmaiQîa. 



ANNÉES 


HIVER 


PRINTEMPS 


ÉTÉ 


AUTOMNE 


MOYENNES 


1887 
1888 
1889 

Moyennes. . . 


61.9 
56.2 
56.6 


45.8 
48.3 
46.3 


51.2 
48.9 
51.7 


62.0 

63.3 
60.8 


55.2 
54.2 
53.8 


58.2 


46.8 


50.6 


62.1 


54.4 



Pendant chacune de ces trois années, l'humidité a été minima au 
printemps et maxima en automne. 

Le plus fort écart d'humidité pour cette période de trois années à 
Ismaïlia a été de 17.5; il s'est produit entre le printemps de 1887 et 
l'hiver de 1888. L'écart moyen entre le printemps et l'hiver est de 
15.2; et la moyenne annuelle d'humidité est de 54.4. Ces chiffres 
se rapprochent beaucoup de ceux du Caire c<)nsignés ci-dessous ; 
les valeurs maxima et minima de l'humidité relative se retrouvent 
dans les mêmes saisons, au Caire et à Ismaïlia. 



— 254 — 

Moyennes, par saison, de l'hiunidité relative 
de 7 h. Vj du matin, 2 h. du soir et 5 h. du soir, au Caire. 



ANNÉES 


HIVER 


PRINTEMPS 


ÉTÉ 


AUTOMNE 


MOYENNES 


1887 
1888 
1889 

Moyennes... 


60.2 

50.2 
52.4 


37.4 
41.4 
36.6 


46.8 
43.6 
46.2 


58.9 

58.4 
60.0 


50.8 

48.4 
48.8 


54.3 


38.5 


45.5 


59.1 


49.3 



La comparaison entre ces chiffres et ceux d'ismaïlia est mise en 
relief par le tableau suivant : 



Différences entre l'humidité d'ismaïlia et celle du Cadre. 



ANNÉES 


HIVER 


PRINTEMPS 


ÉTÉ 


ADTOMNE 


MOYENNES 


1887 
1888 
1889 

Moyennes... 


+ 1.7 
+ 6.0 
+ 4.2 


+ 8.4 
+ 6.9 
+ 9.7 


+ 4.4 
+ 5.3 
+ 5.5 


+ 3.1 
+ 4.9 
+ 0.8 


+ 4.4 
+ 5.8 
+ 5.0 


+ 3.9 


+ 8.3 


+ 5.0 


+ 2.9 


+ 5.1 



L'humidité est toute l'année un peu plus forte à Ismaïlia qu'au 
Caire. La différence est plus accentuée au printemps ; elle atteint 
alors en moyenne 8.3, soit 21 7o de l'humidité du Caire au même 
moment. L'humidité moyenne d'ismaïlia est supérieure de 5.1 à 
celle du Caire. 

Suez. — Les observations faites à Suez à 7 h. du matin, 2 h. du 
soir et 5 h. du soir donnent les résultats suivants : 



— 255 — 

Moyennes, par saison, de l'humidité relative 
de 7 h. du matin, 2 h. du soir et 5 h. du soir à Suez. 



ANNÉES 


HIVER 


PRINTEMPS 


ÉTÉ 


AUTOMNE 


MOYENNES 


1887 
1888 
1889 

Moyennes... 


49.5 
51.7 
48.9 


43.8 

39.7 
41.3 


13.7 
46.5 
44.6 


50.9 
53.2 
53.0 


46.9 

47.8 
46.9 


50.0 


41.6 


44.0 


52.4 


47.2 



L'humidité, comme au Caire et à Ismaïlia, est minima à Suez au 
printemps et maxima en automne, mais la différence moyenne entre 
ces deux saisons n'atteint que 10.8. Le chiffre le plus bas, dans cette 
période de trois années, est 39.7 pour le printemps de 1888, et le 
plus élevé est 53.2 pour l'automne de la même année ; la différence 
de ces deux chiffres est 13.5. 

En comparant ces données avec les résultats obtenus aux mêmes 
heures pour le Caire et qui ont déjà été indiqués ci-dessus dans le 
paragraphe relatif à Port-Saïd, on trouve entre les deux villes de 
Suez et du Caire les relations suivantes : 



DiiTérences entre l'humidité relative de Suez 
et celle du Caire. 



ANNÉES 


HIVER 


PRINTEMPS 


ÉTÉ 


AUTOMNE 


MOYENNES 


1887 
1888 
1889 

Moyennes... 


— 11.3 

-f- 0.9 

— 4.2 


+ 5.0 
— 3.0 

+ 3.0 


— 4.1 
^ 1.8 

— 3.0 


— 9.0 

— 5.9 

— 8.0 


— 4.9 

— 1.5 

— 3.1 


— 4.9 


4- 1.7 


— 1.8 


— 7.6 


— 3.-J 



— 256 — 

L'humidité moyenne annuelle de Suez est inférieure de 3.2 à 
celle du Caire ; elle lui est un peu supérieure au printemps, mais 
elle est plus faible en été, en hiver et surtout en automne ; dans 
cette dernière saison, la difiFérence moyenne entre les deux villes 
atteint 7.6. 

RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS 



Les résultats de la comparaison que nous avons faite séparément 
entre la ville du Caire, d'une part, et les villes d'Alexandrie, de 
Port-Saïd, d'Ismaïlia et de Suez, d'autre part, pour les trois années 
1887, 1888 et 1889, sont résumés dans le tableau ci-dessous : 



Différences entre l'humidité des villes d'Alexandrie, 
Port-Saïd, Ismaïlia et Suez et l'humidité du Cèdre. 



SAISONS 


DIFFÉRENCES AVEC L HUMIDITÉ DU 


CAIRE POUR 


Alexandrie 


Port-Saïd 


Ismaïlia 


Suez 


Hiver 


+ 8.2 
+ 28.1 

+ 23.7 
+ 5.3 


+ 10.6 
+ 23.0 
+ 17.6 
+ 6.4 


+ 3.9 
+ 8.3 
+ 5.0 
+ 2.9 


— 4.9 
+ 1.7 

— 1.8 

— 7.6 


Printemps 

Été 


Automne 

Moyennes... 


+ 16.3 


+ 14.4 


+ 5.1 


— 3.2 



Quelles conclusions peut-on tirer de ces chiffres? 

Les observations qui servent de base à cette étude ne correspon- 
dent pas aux mêmes heures du jour dans les cinq villes considérées; 
mais comme, au Caire, les observations journalières sont assez fré- 
quentes pour permettre d'établir les courbes des variations horaires 
de l'humidité relative, nous avons pu obtenir, pour cette localité, la 
valeur moyenne de l'humidité relative à toute heure; les chiffres 



— 257 — 

que nous en avons déduits pour le Caire sont donc tout à fait 
comparables à ceux qu'ont donnés les observations faites à Alexan- 
drie, à Port-Saïd, à Isma'ilia et à Suez. 

D'autre part, les tableaux reproduits plus haut et qui donnent les 
moyennes de l'humidité relative au Caire pour 9 h. du matin, 3 h. 
du soir et 9 h. du soir, pour 7 h. du matin, 2 h. du soir et 5 h. du 
soir et pour 7 h. ^j.^ du matin, 2 h. du soir et 5 h. du soir montrent 
que les valeurs moyennes correspondant, en chaque saison, à ces 
trois séries d'heures d'observation, ne diffèrent entre elles que de 
petites quantités, 2 à 3 unités au plus. On peut supp)ser qu'il en est 
à peu près de même dans les quatre autres villes. Nous sommes donc 
autorisés à admettre que tous les chiffres du dernier tableau, à 
quelque localité qu'ils se rapportent, sont comparables entre eux, 
sinon absolument, du moins avec une approximation suffisante pour 
les aperçus généraux que nous voulons en tirer. 

L'examen de ce tableau nous conduit aux conclusions suivantes : 

Au point de vue de l'humidité, les climats marins d'Alexandrie et 
de Port-Saïd ont une grande analogie entre eux. Port-Saïd est un 
peu plus humide pendant l'hiver et un peu moins pendant l'été. 
Dans ces deux villes, par suite du voisinage de la mer Méditerra- 
née, la différence d'humidité entre les diverses saisons est faible. 
L'humidité y est en tout temps plus forte qu'au Caire où les écarts 
d'humidité sont, d'ailleurs, considérables d'une saison à l'autre. 

D'autre part, les climats d'Ismaïlia et de Suez se rapprochent de 
celui du Caire; toutefois, à Ismaïlia, l'humidité est toute l'année 
plus forte qu'au Caire et à Suez, et, dans cette dernière ville, bien 
qu'elle soit située au bord de la mer, l'humidité moyenne est toute 
l'année, sauf cependant au printemps, plus faible qu'au Caire. 

Cette étude comparative a pour base, comme je l'ai fait remarquer 
des observations relevées pendant la journée seulement et non pen- 
dant la nuit. On aura cependant une valeur assez approchée de 
l'humidité moyenne réelle de chaque localité, en ajoutant à l'humi- 
dité moyenne du Caire, obtenue pour une longue période d'années 
et rappelée au commencement de cette note, les différences calculées 
ci-dessus. Cela suppose, il est vrai, que la différence entre l'humidité 
de la nuit et celle du jour est la même dans les cinq localités, ce qui 
n'est pas rigoureusement exact, et nous obtiendrons probablement 



- 258 — 

en opérant ainsi, des chiffres un peu trop forts pour Alexandrie et 
pour Port-Saïd, oîi, par suite du voisinage de la mer Méditerranée, 
il doit y avoir moins d'écart entre l'humidité du jour et celle de la 
nuit qu'au Caire, à Ismaïlia et à Suez. 

Cette manière de procéder donne pour les cinq localités étudiées 
les chiffres suivants et les courbes tracées sur la planche ci-jointe : 

Humidité moyenne au Caire, à Alexandrie, à Port-Saïd, 
à Ismaïlia et à Suez. 



SAISONS 


Caire 


Alexandrie 


Port-Saïd 


Ismaïlia 


Snez 


Hiver 

Printemps... 
Été 


62 
43 
52 

66 


70 
71 

76 

71 


73 
66 

70 

72 


66 
51 
57 
69 


57 
45 

50 
58 


Automne.... 

Moyennes.. 


56 


72 


70 


61 


53 



Ces résultats concordent avec ce qui a déjà été dit plus haut et 
qui peut se résumer en quelques mots : 

Au Caire, à Ismaïlia et à Suez, il y a un minimum très net d'hu- 
midité pendant le printemps, tandis que l'humidité varie peu dans 
le cours de l'année à Alexandrie et à Port-Saïd. Ces cinq villes 
sont échelonnées dans l'ordre suivant, au point de vue de l'humidité : 

D'une part, Suez et le Caire, camme climats secs; 

D'autre part, Port-Saïd et Alexandrie, comme climats humides; 

Au milieu, Ismaïlia, mais avec des variations entre les diverses 
saisons qui la rapprochent plus du premier groupe que du second. 



Annexe N" 3 à la séance du 30 Décembre 1891;. 



COMPTES DE L'INSTITUT EGYPTIEN 

POUR L'année 1892 



Recettes. 

Solde au 31 décembre 1891 




L.E. 

» 


45 822"» 


Subvention du (louvorneinent Egyptien 

Vente de bulletins et de ni6moircs 




392 200'" 
5 123™ 




Recettes 

L.E. 179 625'" 
» 17 655m 
» 19 868m 




Total des 


L.E. 


443 145"' 


I. Personnel et frais divers : 

1" Aide-bil)liotli6caire 


L.E. 

» 




2° P'arrache 




3° Frais divers (poste, etc.) 


217 148- 


II. Frais dk publication : 

Copie de l'inventaire du Musée de Gui- 
zeh 


L.E. 2 080"» 

» 51 900m 
» 940m 


III. Bibliothèque : 

Frais de reliure 




Acliuts de livres 






52 920" 




dépenses 


Total des i 


LE. 


272 068m 



Récapitulation. 

Recettes L. E. 443 145m 

Dépenses » 272 068m 



Solde EN Caisse L.E. 171077m 



Cette somme est déposée à la Banque ottomane, sauf 7 L. E. 346, 
qui sont entre les mains de M. Vidal, notre aide-bibliothécaire, à 
titre d'avance pour frais divers. 



— 260 — 

Ce qui caractérise cet exercice, c'est surtout le peu d'importance 
de la somme qui a été consacrée aux frais de publication. 

Nous sommes dorénavant exonérés de la dépense d'impression de 
nos bulletins, grâce à la mesure libérale prise à notre égard par le 
Gouvernement égj^ptien, qui a bien voulu décider que nos publica- 
tions seraient faites gratuitement à l'Imprimerie Nationale de 
Boulaq. 

Par suite des économies réalisées sur ce chapitre, nous avons pu 
accorder une légère augmentation d'appointements à notre person- 
nel, nous avons pu aussi commencer un travail qui était devenu 
bien nécessaire, la reliure des nombreux ouvrages brochés que pos- 
sède notre bibliothèque. 

Nous avons relié dans le courant de l'année 1892, 473 volumes. 

Notre- bibliothèque s'est accrue, pendant l'exercice 1892, de 
71 volumes et 579 brochures, par des dons gratuits. 



— 261 — 



LISTE 



OUVRAGES REÇUS PAR L'INSTITUT EGYPTIEN 

DD V AU 30 DÉCEMBRE 



EGYPTE 



Journal Officiel, du n° 141 au ii° 152. 

Moniteur du Caire, du n° H69 au n° 1179. 

Le Telegraphos, du 30 novembre au 28 décembre 1892. 

L'Agriculture, 1892, du n» 22 au n° 25. 

Société dk Géographie du Caire — bulletin, 3me série, n° 10. 

Bibliothèque Kkédiviale. — Catalogue de la section curop. — Egypte 1. 

Dr Apostolides. — Du grec alexandrin, (don de l'auteur). 

AUSTRALIE. 

The secen colonies qf Australasia. 

CANADA 

Canadian Institute. — Transaction, n" 4, vol. 2, pari 2. 

— Annual archeological report, 1891. 

M. Sandford Fleming. — An appcal to the Canadian Institute on the rec- 
tification of parlianxent. 

ESPAGNE 

Académie royale d'Histoire de M\drid. — Bulletin, vol. 21, f. (i-3)-6. 
Association ARTisTico-ARCHÉOLOGiQUE DE Barcelone.— Bulletin, 2« année 
n° 12. 

ETATS-UNIS 

United States Government publication. — Monthly Catalogue, v. 8, n° il. 

ITALIE 

ACADÉMIE DES LiNCEi. — Scienccs morales, sér. 4, part. 2, juillet, août, 1892. 
— Sciences physiques, sér. 5, v. 1, 2^* sem., fasc. 9-10. 

Bibliothèque nationale. — Bulletin des ouvrages modernes étrangers. 
Nov. 1892. 



— 262 — 

Société de géographie Italienne. — Bulletin, 3me série, vol. 5, fas. 8 à 9. 
Dr Prosper Sonsino. — Studi sui parassiti di moUuschi d'acqua dolce nei 
dintorni di Cairo in Egitto, (don de l'auteur). 

PORTUGAL 

Société de Géographie de Lisbonne. — Bulletin, lOme s., n° 12, ll^e s. n° 1-2. 

RUSSIE 

Société des naturalistes de la nouvelle-Russie. — Odessa. Mémoires, 
vol, 17, part. 1. Mémoires, section mathématiques, v. 14. 

FRANCE 

Annales industrielles, 1892; 2°ie sem, n°s 22 à 24. 

Moniteur industriel, 1892, n°s 47 à 50. 

Faculté des lettres de Poitiers. — Bulletin mensuel, novembre, 1892. 

Feuille des jeunes naturalistes, n° 236. 

Journal général de l'imprimerie et de la librairie. 1892, n°s 48 à 50. 

Pharmacie centrale de fbance. — Journaux réunis. 1892, n°s 22-23. 

Société d'encouragement pour l'industrie nationale.— ^rti^eii/r, oct. 1892 

Résumés, 11-25 nov. 1892. 
Société de géographie de Paris. — Comptes rendus, 1892, nos 15^ 16. 
Société des ingénieurs civils. — Résumés, 11-18 nov. 1892. 



INVENTAIRE 

DES OBJETS OU MONUMENTS ENTRÉS DANS LES COLLECTIONS 
DU MUSÉE DE GHYZEH PENDANT l'aNN^ÉE 1892. 



29SO:> — Bois — Gourna/i. 

Peigne; sur la poignée se trouve une gazelle; hauteur Om,175. 

29806 — Bois — Gournah. 

Peigne simple, plus petit que le précédent ; hauteur 0,095"». 

2980T à 39S1 U — Bois el cire — Faijouni. 

Sept tablettes avec inscriptions grecques ; doubles et simples ; longueur 
moyenne 0",14. 

298 14t — Bois et eire — Faijoum. 

Tablette formant coulisse longueur 0^,18. 

5498 1 o — Calcaire — Achmouncia. 

Sorte d'autel monté sur quatre pieds où se trouve une inscription funé- 
raire dVEliuft .Erailianus, porte enseigne à la lime légion (Trajana fortis); 
luiuteur lm,20. 

298 1 6 — .'\Iai-hre — Mcnkabad. 

Petite plaque de marbre, contenant les fragments d'une épilaphe de 
Phoibamôn en grec et en copte ; largeur 0m,45 ; hauteur 0'°,52. 

2981 T — Calcaire — Arhinouncin. 

("orniclie copte avec rinceaux et tête de face ; longueur 0i",35. 

2981 8 — Calcaire — Aclinxouncin. 

Rase de colonne au cartouche d'Alexandre. 

29819 — («ranit, calcaire, grès, terre éiuaillée — Tell-el-A/itur 
no, (tombeau 26). 

Fragments de statuettes funéraires du roi Khoun-aten. 

29820 à 29822 — Verre — Fai/oum. 

Trois petites bouteilles à ccMes; hauteur moyenne On»,!!. 

29823 — Verre — Fayoum. 
Bouteille, hauteur On.lS. 



— 264 — 

Îi9824: — "Verre — Fayoum. 

Autre bouteille avec une anse ; hauteur 0'n,14. 

S9SS6 à 39SS9 — Verre émaillé — Achat. 
Quatre petits verres, hauteur moyenne 0^1,09. 

29830 à S9S33 — Terre émaillée — Abijdos. 
Trois scarabées. 

S9S33 — Verre bleu — Abyclos. 
Scarabée. 

29834 et S9833 — Terre émaillée — Abydos. 
Deux scarabées. 

29S36 — Bronze — Achat. 

Statue représentant un personnage romain debout, tenant un objet de 
la main gauche, probablement une bourse ; la main droite est brisée. 

2983*5' — Or — Achat. 

Bague de 0^.02 de diamètre dont le chaton est formé par un très petit 
scai'abée portant le nom d'Ammon. 

29838 — Or — Achat. 

Autre bague de 0^,018 de diamètre, sur le chaton de laquelle sont repré- 
sentées trois déesses romaines. 

29839 — Or — Achat. 

Petite boucle d'oreille ornée d'une urœus ; hauteur 0'»,024. 

29840 — Terre cuite dorée — Achat. 
Tête de bœuf, époque romaine ; hauteur Oin,04. 

29841 — Or — Achat. 

Petite feuille d'or de 0'n,02 de longueur, portant des signes hiéroglyphi- 
ques au repoussé. 

29842 — Or — Achat. 

Pendant de boucle d'oreille, hauteur 0in,0l8. 

29843 — Or et verre — Achat. 

Huit petits morceaux de verre encahssés dans de l'or (probablement 
fragments d'un bracelet). 

29844 — Terre émaillée — Achat. 

Cartouche double portant les noms de Séti 1er, hauteur 0^,02. 



— 265 — 

2984:» — Vorro <>maillé — Aclinf, 

Vnse Cil forme <lc verre â pied 6vas6; fond lileu ; hnuteur 0>»,0i5. 

29H^G — V«'iTC éiiiaillé — Aclial. 
Petit fragment de vase; longueur Om.OS. 

aOH^T — Terre (•maillée — Achat. 

Petite statuette représentant la déesse Thoueris : hauteur 0'n,052. 

29848 — Terre émaillce — Achat. 

Statuette rc[ii'é&enlant Isis coitîéc du siège; liauteur OnijOS. 

29849 — Terre éinailléc — Aclial. 
Anubis ; hauteur 0™,U75. 

298oO — Terre cniaillée — Achat. 

Petite statuette représentant la déesse Isis, mais dont la tête manque ; 
bel émail bleu ; hauteur 0°»,05. 

29851 — Terre cniaillée — Achat. 

Petite statuette représentant Horus portant un enfant sur ses épaules 
hauteur Oa^fiid. 

29852 — Terre émaillce — Achat. 

Petite tablette avec un Klionsou accroupi découpé à jour: hauteur 0n>,013. 

29853 — Calcaire — Achat. 

Petite statuette représentant un personnage grotesque appuyé sur un 
bâton; hauteur Um,03. 

29854 — Verre jaune. — Achat. 

Roi perse sur un char; gravure sur une amande. 

29855 — Etoffe — Achat. 

Balle en licelle bourrée de chiffons ; diamclrc On>,10. 

2985G — Jonc — Achat. 

Petite balle d'enfant; diamètre O^jOS. 

29857 — Koi.s — Achat. 
Stiiluette d'Anubis ; hauteur Om,03. 

29858 — Cïranilnoir — Achat. 

Morceau de granit noiroù se trouve un f^roupe lic deux personnages assis 
représentant le grand prétro de Ptah-Ched-su-nefer-loum une femme ; 
hauteur 0"n46, longueur 0"',2i. 



— 266 — 

29859 — Bois — Achat. 

Peigne de tisserand, longueur Onï,21. 

39S53 bis — Granit noir — Achat. 
Tête de roi (basse époque) ; hauteur 0°i,l2. 

29853 bis — Verre et jonc — Achat. 
Bouteille entourée de jonc; hauteur 0^,17. 

2985-4 bis — Verre et jonc — Achat. 

Bouteille semblable à la précédente mais plus petite ; hauteur 0«>12. 

29855 bis — Bronze — Achat. 
Pince ; longueur 0™,!^- 

29S5G bis — Bronze — Achat. 

Bracelet aux extrémité duquel se trouvent les bustes d'Isis et de Sérapis; 
grand diamètre 0o»,065. 

2985'r bis — Bois — Achat. 

Statuette funéraire du chancelier Amenhotep ; hauteur 0^,29. 

29858 bis — Terre cuite — Achat. 

Statuette représentant Bacchus probablement assis sur une outre; ouvert 
aux deux extrémités : usage inconnu; longueur 0™, 12. 

29859 bis — Calcaire — Achat. 

Pied, modèle de sculpteur; longueur 0'n,2l. 

29860 — Granit noir — Achat. 

Grand pied, modèle de sculpteur ou ex-voto ; longueur 0o',76. 

29861 — Calcaire coquillier — Achat. 

Tête de Jupiter; travail chypriote probablement; hauteur On>,32. 

29862 — Argent et or — Achat. 

Petite cuillier en argent ; dans le creux est représentée une victoire 
tenant une palme; longueui' 0in,065. 

29863 — Bois et cire — Achat. 

Petite tablette contenant une inscription en caractères grecs sur les deux 
faces; hauteur Om,21. 

29864t — Bois — Achat. 

Mesure copte probablement ; diamètre à la base 0'n,23 ; hauteur 0'n,16. 

29865 — Bois — Achat. 

Statuette ou tète de lion ; hauteur Om,3i. 



— 267 — 

2eS66 — Bols — Achat. 

Isis cigcnouillcc pleurant ; le visage est doré ; hauteur On>,33. 

29S6T — Bi'ouze — San el Hagar. 

Statue de Seket assise, yeux incrustés ; hauteur On>,60. 

29SGS — Bronze — Achat. 

Statue de Sebekdont les jambes sont brisées; hauteur 0,12. 

29S6» — Bronze — Achat. 

Statue de Sekhet assise tenant une fleur de lotus dans la main gauche ; 
le siège est brisé ; hauteur 0,27. 

298rO — Terre émaillée — Achat. 
Gourde lenticulaire saïtc ; hauteur Om,!?. 

aSSTl — Alhâlre — Achat. 

Pot à antimoine monté sur quatre pieds ; diamètre Om.OS, hauteur 0n>,075. 

298TS — Terre cuite — Achat. 

Tasse couverte extérieurement d'ornements en relief, tels que rosaces et 
palmeltes; époque romaine; diamètre 0,11. 

29873 — Terre cuile — Achat. 

Vase orné de jteintures en noir et rouge où sont figurés des animaux ; 
hauteur 0'n,34, 

298T4 — Syénile — .\chat. 

Statue représentant le roi Ménephlah agenouillé tenant devant lui une 
statue assise du Dieu Ptah ; hauteur lin,40. 

298T5 — Syénile — Achat. 

Mortier portant les cartouches de Ramses III ; hauteur 0,77.. 

29870 — Calcaire — Raramoun. 

Socle de statue |)orlant sur une face une inscription grecque-chrétienne; 
haulcur lm,18, coté, 0n>,60. 

2987T — Calcaire — Mit-Rahinc/i. 

Statue suite agenouillée dont lu tète manque ; dans le dos se trouvent 
des inscriptions au nom de Psamctik-Senb ; hauteur 0«»,50. 

298T8 — Grès compact - Mit-Rahinch. 
Trie de slnluo do Ankh-m-lancu ; liautour Oin,23. 

29879 — Basalte — Mit-Rahineh. 

Statue saïte représentant Pa-Hoi'-ar-du-s agenouillé tenant un naos 
d'Osiris sur ses genoux ; haulcur On',40. 



— 268 — 

29880 — Calcaire — Mit-Rahinch. 

Statuette funéraire de la clame Uaaï; xviiie dynastie ; hauteur 0m,22. 

39S81 — Terre émaillée — Mit-Rahmeh. 

Amande où se trouvent gravées des deux côtés des inscriptions hiérogly- 
phiques ; hauteur 0°i,045. 

29S8a — Terre émaillée — Mit-Rahineh. 

Tablette à double face avec des inscriptions hiéroglyphiques ; hauteur 
0^,447. 

20883 — Verre — Mit-Rahinelt. 
Petite bouteille irisée ; hauteur 0m,077. 

2988^ — Verre — Mit-Rahineli . 

Flacon arabe à large panse; hauteur 0ûi,042. 

S9S8o — Verre — Mit-Rahineh. 
Un flacon plus petit : Om,03. 

29886 — Verre bleu — Mit-Rahinch. 
Un flacon plus petit ; 011,02. 

2988T — Verre vert — Mit-Rahinch. 
Un flacon arabe ; hauteur 0,048. 

29888 — Verre — Mit-Rahineh. 

Petite tasse irisée à côtes; diamètre 0°i,038. 

29889 — Terre éiuaillée — Mit-Rahineh. 
Petit pot égyptien ; diamètre Om.033. 

29890 — Terre émaillée verte — Mit-Rahineh. 

Pot égyptien plus petit que le précédent dont le haut est cassé ; diamètre 

0>n,028. 

29891 — Terre émaillée — Achat. 
Statuette d'Harpocrate; hauteur 0,025. 

29892 — Terre émaillée — Achat. 

Petit vase avec un cartouche sur la panse ; hauteur 0in,06. 

29893 — Terre émaillée — Achat. 

Table d'offrande ayant formé la base d'une statuette au nom de Mer-tar ; 
largeur O^^S- 



— 269 — 

29894 — Terro «maillco — AchnI. 

Morceau reprôscnlanl trois liges de lotus sortant de Teau ; il est brisé; 
hauteur Om,055. 

29895 — Terre émailléc — Achat. 

Petite fontaine formée d'un cynocéphale assis à la base d'une sorte 
d'obélisque; hauteur 0«>,11. 

2989«î — Parchemin — Achat. 
Manuscrit grec ; hauteur 0m,25. 

a989T — Parchemin — Achat. 

Un autre manuscrit grec plus petit que le précédent ; hauteur 0™,24. 

29898 — Terre émaillée — Achat. 

Fragment de slatucttn funéraire de Neclanebo I; hauteur 0™, 125. 

29899 — Terre émaillée — Achat. 

Couvercle de vase avec le nom d'Apriès ; diamètre On»,048. 

29900 — Bois — Achat. 

Pot à collyre à quattre tubulures ; hauteur 0,12. 

29901 — Bois — Achat. 

Deux vases accouplés montés sur un socle à six pides; hauteur 0m,t2, 
largeur 0™,10. 

29902 — Bois — Achat. 
Vase ; hauteur On>,i3. 

29903 — Bois — Achat. 

Vase monté sur un socle à quatre pieds ; hauteur 0n>,l2. 

29904 — Bois — Achat. 
Pot à collyre ; hauteur Om.OS. 

29905 — Bois — Achat. 

Boite de toilette, taillée dans une demi-branche d'arbre ; longueur O», 13. 

2990G — Bois — Achat. 

Autre lioile de toilette plus ijetile que la précédente et s'ouvranl en deux 
parties symétriques ; longueur On>,09. 

2990'y — Bois — Achat. 

Coupe en forme d'oie ; longueur Qm.US. 

29908 — Bois — Achat. 

Autre coupe en forme de poisson ; longueur flm.IG. 



- 270 — 

29909 — Bois — Achat. 
Coupe ; longueur Onij9. 

299 1 — Bois — Achat. 
Coupe ; longueur 0ni,i6. 

2991 1 — Bois — Achat. 
Coupe ; longueur 0m,175. 

29912 — Bois — Achat. 

Pot à collyre ; hauteur 0'n,048. 

299 1 3 — Bois — Achat. 

Un autre pot à collyre plus grand ; hauteur Om.OG. 

29914r — Bois — Achat. 

Petite tasse de diamètre 0'n,045. 

299 1 4b bis — Bois — Achat. 

Tête d'oie provenant d'un fragment de cuiller; longueur On',42. 

299 1& — Bois — Achat. 

Fragment d'une plaquette où sont représentées sur trois rangs des 
scènes religieuses découpées à jour ; hauteur O"",!?. 

2991 G — Bois et ivoire — Achat. 

Petit pot à antimoine dont le couvercle est en ivoii'e ; hauteur O^i.Oi.î. 

2991 T — Bois — Achat. 
Petit pion. 

299 1 S — Bois — Achat. 

Jouet d'enfant, représentant une souris dont la mâchoire inférieure mo- 
bile manque ; longueur O'^fiQ. 

2991 9 — Corne — Achat. 

Coupe montée sur trois pieds ; hauteur Om,!*- 

29920 — Terre émaillée — Achat. 
Etui à collyre ; hauteur OmjtSS. 

29921 — Ivoire — Achat. 

Epingle copte, dont la tète carrée est à jour et est surmontée d'un oiseau ; 
longueur Om.lO. 

29922 — Ivoire — Achat, 
Epingle copte ; longueur 0°',195. 



— 271 — 

29923 — Ivoire — Achnt. 

Autre épingle co[)te plus petile ; lonuueui' 0«,07. 

29924 — Bronze — Achat. 
Epingle copte ; longueur 0«>,14. 

29925 — Bronze — Achat. 
Cuiller à parfum ; longueur 0">,15. 

29926 — Albâtre — Achat. 
Petit mortier ; diamètre 0'n,04. 

2992'?' — Schiste — Achat. 

l'n personnage, Nefer-her, est représenté étendu à terre et pétrissant ; 
sur la ba.se se trouve le commencement du chapitre VI du livre des Morts; 
longueur Oin,13. 

29928 — Bronze — Achat. 

Petile statuette de divinité représentant probablement Sekhet ou Isis; 
hauteur 0n>,06. 

29929 — Terre éinaillée bleue — Achat. 
Tasse d'époque romaine; diamètre 0o',15. 

29930— Terre émaillée — Achat. 

Scarabée dont les pattes sont repliées sous le corps ; le travail est fin; 
longueur 0d>,42. 

29931 — Terre émaillée — Achat. 
Scarabée au nom de Taïa. 

29932 — Terre émaillée — Achat. 
Scarabée au nom de Ramsès III. 

29933 — Terre émaillée — Achat. 
Scarabée au nom de Ramsès IV. 

29934 — Calcaire— Achat. 
Scarabée ; hauteur 0^,042. 

29935 — Calcaire — Achat. 

Scarabée où .sont représentés un épcrvii'r, un v.iutour et le tlieu Bès 
entre deux captifs ; hauteur o™,05. 

29936 ;i 29982 — C:alcaire el terre émaillée — Achat. 
46 Scarabées. 



— 272 — 

29982 bis— Calcaire— Achat. 

Scarabée dont le dos est orné d'une tète d'Athor et d'un lotus. 

29983 — Terre éniaillée — Achat. 

Perle de forme rectangulaire sur les faces de laquelle sont gravés un 
homme^ un scorpion, un lion et un crocodile. 

2998'=5- — Qypse — Achat, 

Petite plaquette sur laquelle sont gravés d'un côté un lion et de l'autre 
une gazelle ; longueur 0"n,022. 

29983 — Calcaire — Haute-Egypte. 
Boîte ; largeur 0^,11. 

29986 — Calcaire noirci — Haute-Egypte. 
Pot à antimoine ; hauteur 0^,07. 

2998T à 29996 — Calcaire et terre éinaillée — Haute-Egypte. 
Neuf Scarabées. 

2999 T — Terre éniaillée — Haute-Egypte. 

Sauterelle; en-dessous se trouve une inscription hiéroglyphique. 

29998 — Bronze — Haute-Egypte. 

Petit socle triangulaire ; époque romaine ; hauteur Om,55. 

29999 — Terre cuite — Haute-Egypte. 

Statuette provenant du Fayoum et représentant le Dieu Bès tenant un 
bouclier et brandissant un sabre ; hauteur 0^,36. 

30000 — Granit rose — Zagasig. 
Fragment d'inscription ; en deux morceaux. 

30001 — Calcaire — Caire. 

Dalle sur laquelle sont représentées des divinités romaines : quatre au 
premier rang dont Apollon sur un trône, et cinq au second rang dont un 
Amour ; largeur 0^,53, hauteur 0in,48. 

30002 — Bois - Magasins. 

Cadre de lit ; longueur 2 mètres, largeur 0w,90. 

30003 — Bois — Magasins. 

Tabouret à quatre pieds garni en ficelles croisées; côté 0ni,62. 

3000<^ — Bois — Magasins. 

Cadre de lit ; pieds tournés ; longueur 0'»,92, largeur 0ni,55. 



— 273 — 

:t(H>0& — Bois — Magasins. 

l'iugmcnL de pliunl; un côté complet ol un mfnilanl avec le clou en bron- 
ze ; ImulcurOm.iS. 

3000G — Itois — Magasins. 

Cadre de lit formé de quatre branches coudées ; xi« dynastie ; longueur 
lo',40, iurgeui-, O-n.SS. 

30007 — Bois — Séi)ulture des prêtres d'Ammon. 
Cadre de lit; longueur l'".63, largeur 0">,75. 

3000S — Bois — Magasins. 

Taiiouret à ti-oi.s pieds ; largeur 0n>,48. 

30009 — Bois — Magasins. 

Tabouret canné i-ectangulaire; longueur U«n,36, largeur U™,21. 

30010 — Bois — Magasins. 

Tabouret à trois pieds tout en bois ; largeur Om.40. 

3001 1 — Toile — Haute-Egypte. 

Momie d'animal emmaillotée dans une toile rouge et bandes croisées par 
dessus; longueur 0"»,38. 

30015 à 3001» — Terre cuite peiute — Haute-Egypte. 

Huit vases peints en imitation de granit, d'albâtre, etc., au nom du scribe 
Houi. 

30013 bis — Bronze — Achat. 

\irolc d'outil avec uinemenls en !-clief ; hauteur 0'j>,25. 

3001'^ bis — Terre éuiailléc — Achat. 
\asc ; hauteur 0'n,07. 

30016 bis — Terre éinaillée — Achat. 
Petite grenouille ; longueur 0n>,018. 

30016 bis — Or — Achat. 
Isis debout; hauteur 0™, 042. 

30017 bis et 30017 ter — Or — Achats. 

Tat ; hauteur Om/ 0. Boucle d'oreille grecque ; hauteur0'a,026. 

300 1 8 bis — Or — Achat. 

Hague avec un petit scarabée en chaton ; diamètre 0'»',028. 

30019 bis -■ Argent — Achat. 

liague ornée d'un udja ; diamètre Oi«,02. 



— 274 — 

300a0 — Argent — Achat. 

Pendentif en forme de rosace ; hauteur 0^,02. 

30031 — Cornaline — Achat. 

Bague sur laquelle est gravé le signe de la vie ; diamètre 0'".02. 

30033 — Terre émaillée verte — Achat. 

Petite statuette de la déesse Maut debout ; hauteur O'ûjOS. 

30023 — Terre émaillée verte — Achat, 

Une statuette de la déesse Maut assise; hauteur 0^,07. 

300S'^ — Terre émaillée verte — Achat. 

Une statuette comme la précédente, plus petite; hauteur 0>n,066. 

300S& — Terre émaillée verte — Achat. 

Petite statuette de 0^,063 de hauteur représentant la déesse Sekhet assise 
sur un siège à jour ; elle tient un sistre. 

300S6 — Albâtre — Achat. 
Petite coupe ; diamètre Oni.oes. 

3002T et 300SS — Verre vert — Achat. 

Vases de forme cylindrique avec des ornements à l'extérieur ; diamètre 
et hauteur 0ni,085. 

30029 — Bronze — Achat. 

Petite statuette représentant la déesse Mohemuaït assise; hauteur 0"", 17. 

30030 — Bronze — Achat. 

Statuette du dieu Bès debout ; à côté de lui deux enfants; hauteur 0^,U. 

30031 — Bronze — Achat. 
Cuiller ; longueur 0^,20. 

3003â — Ivoire — Achat. 

Bâton courbé avec dessins représentant des animaux fantastiques et des 
divinités, à Textrèmité se trouve une tête de chacal en bois ; diamètre 0'n,37. 

30033 — Calcaire — Achat. 

Petit bassin rond ; longueur 0n»,054. 

3003"^ — Terre émaillée — Achat. 

Petite cuvette demi-sphérique ; diamètre 001,07. 

30033 — Terre émaillée — Achat. 

Couvercle de vase à chainiière ; longueur Om,065. 



- 275 — 

3003G — Terre émaillée— Achnt. 
VuôC ; liauleur Un>,07, dianiùlrc ©".ÛQ. 

SOOST — Bronze — AchaL 

r. halte a.ssi^^c oiiLourée do quatre petits chats ; hauteur Om.oâ. 

30038.— Bronze — Achat. 

Clochette ornée d'une tète de Bès ; hauteur 0'n,05. 

30030 — Bronze — Achat. 

Deux tleurs de lotus provenant d'un meuble ou d'enseignes religieuses; 
diamètre et hauteur Om,10. 

30040 — Terre émaillée — Achat. 

Gourde lenticulaire sa'ile, le goulot manque ; diamètre Om.O?. 

3004:1 — Terre éiuaillée — Achat. 
Godet; hauteur 0"', 03, diamètre 0n»,04. 

3004t2 — Calcaire noirci — Achat. 

Pot à antimoine avec des dessins représentant quatre Thoueris; hau- 
teur Oiu^Oj. 

30043 — Albâtre — Achat. 
Vase; hauteur O^^e. 

3004i4 — Ven*e — Achat. 

i'ol : diamètre 0m,05, liauleur 0m,08. 

3004io — Verre — Achat. 

Pot à côtes avec goulot ; hauteur 0«,075. 

300-^G - Or — Achat. 

Collier formé d'un quadruple rang de mailles et dont les fermoirs sont 
ornés d'uroius ; long 0o>,32. 

300'4'5' — Or — Achat. 

Boucle d'oreille grecque : lôte de satyre montée sur émeraude ; hau- 
teur o^^oae. 

3004S — Or — Achat. 

Médaillon avec ornements en grenetis; diamètre 0™,012. 

3004B — Bronze — Achat. 
Petit cadenas ; longueur On>,075. 

30050 — Bronze — Achat. 
Mors do cheval; longueur Om.lô. 



— 276 — 

30061 — Bronze — Achat. 

Lampe grecque à deux becs dont le récipient est formé par une tête 
d'Ammon ; longueur 0^,22. 

300o3 — Bronze — Achat. 

Porte-cierge (probablement) monté sur un chariot à quatre roues ; 
hauteur 0^,12. 

300o3 — Bronze — Achat. 

Passoire grecque ou copte ; diamètre 0^,105. 

3003<^ — Verre — Achat. 
Dé à jour : côté O^fiU. 

3005o — Terre éniaillée — Achat. 

Cachet rond représentant une rosace; diamètre 0"i,13. 

300o6 — Terre éniaillée — Achat. 

Morceau en forme de poulie, probablement un socle ; diamètre O^jOeD. 

3005T — Terre éniaillée — Achat. 

Godet; diamètre 0^,035. 

3003S — Terre éniaillée — Achat. 

Ptah-embryon sur la tête duquel se trouvent un scarabée et la tresse de 
l'enfance; hauteur 0m,065. 

300o9 — Terre éniaillée — Achat. 

Divinité romaine à longue barbe, le Nil probablement, dont les bras et 
les pieds manquent ; hauteur Om,i3. 

30060 — Terre cuite — Achat. 

Tête barbue d'un personnage asiatique; elle est coiffée d'une mitre; 
hauteur 0^,08. 

3006 1 — Terre cuite — Achat. 

Guerrier nu, grec, tenant un bouclier rond et marchant vers la droite ; 
hauteur 0m,16. 

3006S — Bois — Achat. 

Bélier marchant à côté d'un personnage dont il ne reste que les jambes; 
longueur 0^,035. 

30063 — Bois — Achat. 

Chevet dont le support est formé par la boucle Ta ; hauteur On»,23. 

30064 — Bronze — Achat. 
Coupe; diamètre 0tn,14. 



— 277 — 

300Gr> — Bronze — Mii-Iiahinch. 

Disque do mii'oir avec dessins au pourtour et inscription liiéroglyphique; 
diamètre Oni,22. 

30066 — Bronze — MU-lîahiuck. 

Six clous d'une longueur moyenne de Ura,18. 

»00<;7 — Bronze — MilRa/iinrh. 
Boucle d'attache ; longueur 0^,145. 

300GS - Bronze — Achat. 

Chatte as.si.se dont les yeux sont en or; haulcnr Om.OSS. 

30060 — Terre éniaillèo. — Mit-Ra/tinrh. 

Coupe plate à rehoi'd druil, au Ibnd se trouvent des dessins en relief avec 
un cygne au milieu ; diamètre Om.lS. 

300T0 — Terre émaillée — Mit-Rahineh. 
Couvercle de vase ; diamètre O^jOS. 

300î'l —Terre émaillée— MK-Rohinch. 

Ihi.s accroupi tcnaul une i)lume ; longueur 0'",025. 

300TSÎ — Terre émaillée — MU-Ralùnck. 

Quatre petits vases votifs sur un socle commun ; longueur 0"»,055, hau- 
teur OmjOSS. 

300T3 — Terre émaillée — Mit-Rahineh . 

Pelitc statuette représentant la déesse Thoucris; hauteur 0°>,05. 

30074 — Terre émaillée — Mit-Rahineh . 
Statuette d'Anubis debout ; liauteur 0ni,055. 

300'7o — Terre cuite — Mit-Rahineh. 
Tête saïte ; hauteur 0ni,075. 

300TG — Terre cuite — Mit-Rahineh. 

Petite lampe gi-ecque, au milieu de laquelle se trouve un amour debout 
devant un autel ; diamètre 0«>,06. 

SOOrT — Terre cuite — Mit-Rahinoh . 

V'a.se romain dont le goulot est orné d'une tôto de chien ; hauteur o™,165. 

300T'3' his - Calcaire — Mit-Rahineh. 
Feunue étendue sur un lit; longueui- Om.IG. 

2007S — Bois peint en blanc — Mit-Rahineh. 
Boite cylindrique ; hauteur Uni.tS. 



— 278 — 

300T9 — Terre émaillée — Mit-Rahineh. 

Fragment de vase avec un personnage en relief: hauteur 0»>,055, lar- 
geur 0m,06. 

30080 — Terre émaillée — Mit-Rahineh. 
Pot, à collyre probablement ; hauteur On>,036. 

30081 —Terre émskilléB — Mit-Rahineh. 

Stèle avec représentation du dieu Shou ; hauteur 0",097. 

30082 — Terre émaillée — Mit-Rahineh. 

Petit rectangle avec le nom de Ramsès III ; hauteur 0«n,022. 

300$3 — Terre émaillée — Mit-Rahineh. 

Petite statuette de Ptah-emhryon monté sur deux crocodiles à ses côtés ; 
se trouvent Isis et Nephthys, sur ses épaules deux éperviers et derrière lui 
Isis Ptérophore; hauteur 0™, 075. 

300S4 — Terre émaillée — Mit-Rahineh. 

Demi- chapiteau de colonnette : fragment de meuble ; hauteur 0«»,04. 

3008o — Bois — Mit-Rahineh. 
Petit vase; hauteur On',03. 

300S6 — Schiste — Mit-Rahineh. 

Coupe en forme de poisson ; longueur 0«,12. 

3a08T — Bois — Mit-Rahineh. 
Peigne à deux côtés ; lai-geur 0»,13. 

30088 à 3009T — Verres — Mit-Rahineh. 
Verres et coupes de formes diverses. 

30098 — Verre — Mit-Rahineh. 
Vase à deux anses ; hauteur 010,09, 

30099 — Verre — Mit-Rahineh. 
Bouteille à long goulot ; hauteur On»,13. 

30100 — Verre — Mit-Rahineh. 
Petite bouteille ; hauteur Om,09. 

301 Ol — Verre — Mit-Rahineh. 
Flacon piriforme ; hauteur 0jn,04. 

30102 — Verre bleu — Mit-Rahineh. 
Flacon ; hauteur 0^,Q&. 



- 279 - , . J ' 

30103 — Terr«« ^iuaillé«' hieue — Aditil. 

Petit panier à )our daii.s KMjuel (\sl. un clial ; linulour Uni,023. 

30104 — Bronze — Achat. 

Piat|Uollc avec inscription en caract("»res hiéroglyphiques; hauteur 0«n,022. 

30103 — Terre émaillée — Achat. 

Nefer Toum assis ; hauteur Om.ô?. 

SOlOt; — Kronze — Mit-Rahineli. 

Bassin avec ornements coptes ; diamètre 0n>,145. 

30107 — Terre émaillée — Mit.-Ra/nnr/i. 

Haut d'une sUUuetle représentant un étranger coifiFé d'une liaute mitre et 
tenant un vase de ses deux bras élevés au-dessus de la tête; hauteur 0'n,07. 

30105 — Terre émaillée — Mit-Rahineh. 
Gourde lenticulaire de 0",16 de hauteui-. 

30109 — Terre émaillée — Mit-Rahineh. 
Bès ; hauteur Om,032. 

301 lO — Schiste — Mit-Rahineh. 

Siège d'une statuette do Maut au nom du prêtre d'Ammon Hor fils de 
Djot amen au f aukh ; sur le pourtour du siège décors ; hauteur {}'^,W. 

301 1 1 — Terre émaillée — Mit-Rahineh. 

Personnage grotes(iue assis à terre les genoux relevés; hauteur Om.Oôô, 

301 1 a — Schiste — Magasin. 
Poisson de Méhit ; longueur Om,13. 

301 1 3 — Terre émaillée — Magasin. 

Tablette portant des inscriptions hiératiques effacées ; hauteur 0«.075 

301 14^ — Terre émaillée -- Magasin. 

Homme assis jouant de la double fiùle ; hauteur 0"», 058. 

301 1 & — Terre émaillée uoire — Magasin. 

Ptah embryon dont les jambes sont cassées; hauteur 0°»,065. 

301 1 6 — Bronze — Magasin. 
Manche de sistre; longueur O"',!!. 

301 f T — Bronze — San-el-Hagar. 

Statuette d'Osiris dans le dos de laquelle se trouve un pilier surmonté 
d'une tête de Mentou ; hauteur Om,12. 



— 280 — 

301 1 S — Terre émaillée — Magasin. 

Pectoral sur les deux faces duquel on voit le bœuf Apis et un serpent 
ailé ; la hauteur de ce pectoral est de 0™,055. 

301 1 9 — Calcaire — Haute-Egypte. 

Petite stèle où est représenté en relief un personnage ébauché ; hau- 
teur O-a^SS. 

30120 — Bois — Haute-Egypte. 
Pièce centrale d'éventail ; hauteur 0m,21. 

30121 —Bois — Haute-Egypte. 

Tète, de cheval probablement, fragment de meuble ; longueur O^.ITS. 

30122 — Bois — Haute-Egypte. 

Vase à anse peint en imitation de granit ; hauteur O^^ig. 

301 33 — Bois — Haute-Egypte. 
Pylône ; largeur 0^,34. 

30124t et 3013o — Terre cuite — Haute-Egypte. 

Deux chevets, probablement ; sur un côté est représentée Hathor de 
face dans une barque accompagnée de deux Bès ; haut. O"»,!?, long. 0'»,20. 

30136 — Terre éuiaillée — Haute-Egypte. 
Petit naos contenant une urœus ; hauteur O^fiZ^. 

301 âT — Terre éniaillée — Magasin. 

Statuette représentant la déesse Thoueris ; elle est en mauvais état; 
hauteur Oni,i3. 

301 2S — Bois — Haute-Egypte. 
Griffon ; longueur 0^,30. 

301 29 — Bois — Haute-Egypte. 

Socle de statuette portant les noms de Thotmès III ; longueur 0^/11. 

301 30 — Ivoire — Haute-Egypte. 
Deux bras ; longueur 0n»,16. 

301 31 — Bois — Achat. 

Manche de petite cuiller terminé par une main ; longueur 0ni,15. 

301 33 — Bois — Magasin. 

Peigne double ; longueur OMjIOô. 

301 33 bis — Plâtre — Magasin. 

Fermeture d'araphore avec cachet de Rarasès II ; hauteur Oin,ii. 



— 281 — 

301 li'.i — ISronzc — Gobclcin. 

Polito i)l.i(|uoltc sur l.K|ucllt; sont gravées la dôcsse Halhor et une vache; 
largeur Oni,053. 

301 34 — Pierre* Hnponairc — Achat. 

Coupe dont lo croux osl pris dans le corps de deux oies ; longueur O^jOgS. 

301 35 — i'icrre saponaire — Achat . 

Coupe formôe par une gazelle dont les pieds sont liés; longueur O"",!!. 

301 3« — Caleaire — Aciiat . 

Pla(|ueHe; bélier marchant à droite; modèle de sculpteur ; long. Onij2. 

301 3T — Ivoire — Gcbclein. 

Coupe ovale ; longueur O^jU, largeur Om,f 0. 

301 38 — ISronzc — Gcbclein. 

Vase ; hauteur 0^,23, dianiùlrc Oni,14. 

301 39 — Terre éiiiaillée — Mit-Rahincli . 

Socle d'une statue de Thot avec légendes au nom d'un gouverneur de 
pays ôti-angei- nommé Bak amen ; longueur 0'n,12. 

301 <irO — Terre éinaillée — MU-Rahiiich . 

Deux Heurs de lotus émaillécs de différentes couleurs : rouge, bleu, vert 
pâle, vert et jaune ; genre de Tell-el-Yaoudi ; hauteur 0m,078. 

30141 —Basalte vert — Mi t-Rahineh. 

Gros scarabée dont le dessous est plat et sur lequel il n'y a pas d'inscrip- 
tion ; le travail est assez fin ; longueur Om,05. 

301 'hIS et 301 43 — Bois — Sépulture des prêtres d'Ammon. 
Deux petits boomerangs ; longueur 0'n,20. 

301 44 — Bronze — Haute-Egi/pte. 
Rasoir; longueur Oo\\i. 

30 1 45 — Bronze — Haute-Egt/ptc. 

Lame d'outil ; longueur 0™,15. 

301 4C; cl 301 4T — Bronze — Temple d'A boukir (22 mars 1892). 
Deux médailles ptolémaïïiucs; diaméU-cs nin,022 et Om,026. 

301 4S — Argent — Sa-el-Haoar. 
MéJaille grecijue; diamètre O^jOlS. 



,1^ 



— 282 — 

30149 — Terre cuite émaillée — Saqqarah. 

Trois statuettes furxéraires de Ap-matennou-mès ; XX^e dynastie ; hau- 
teur On>,13- 

30150 — Terre cuite éraaillée — Saqqarah . 

Statuette funéraire à tablier de Ap-matennou-mès; hauteur ©«.W. 

301 &1 — Terre cuite émaillée — Saqqarah. 
Statuette de Houia; hauteur 0™,07. 

301 53 — Terre cuite érasùlléc — Saqqarah. 
Statuette de Atahou ; hauteur On>.07. 

301 53 et 3015"^ — Bronze — Sa-el-Hagar. 
Statuettes d'Anubis; hauteur Om,08. 

301 55 — Bronze — Sa-el-Hagar. 
Statuette de Sebek ; hauteur 0"n,095. 

301 56 — Bronze — Saqqarah (mai 1892). 
Le dieu Khonsou debout ; hauteur On>,13. 

301 5'?' — Bronze — Saqqarah (mai 1892). 
Le dieu Anubis debout; hauteur On>,i7. 

3015S — Bronze — Sa-el-Hagur (mai 1892). 
Le dieu Horus assis : hauteur O"»,!! • 

301 59 — Bronze — Saqqarah (mai 1892). 

Ibis accroupi ; sur le devant est représentée la déesse Ma debout entre 
deux cynocéphales assis; inscription hiéroglyphique; longueur 0^,10, 
hauteur Om.oes. 

301 60 — Bronze — Saqqarah (mai 1892). 
Le dieu Horus assis ; hauteur 0"»,18. 

30161 —Bronze —Saqqarah (mai 1892). 
Le dieu Anhour debout ; hauteur 0m,14. 

301 6S — Bronze — Saqqarah (mai 1892). 
Le dieu Khonsou debout; hauteur On>,125. 

301 63 — Bronze — Saqqarah (mai 1892). 
Le taureau Apis ; hauteur 0"n,ll. 

301 6-4 — Bronze — Saqqarah (mai 1892). 
La vache Hathor ; hauteur Q^M- 



— 283 — 

30fl6S — Granii romc — Mit-Rafn'nrh liui\\c\ 1892). 

Bnrque sacrée ; à l'avant une relombé(> simule un réseau do perles 
comme dans les barques d'Horus ; au centre était une statue assise, qui 
manque, et qui prohaMcmont devait être un cynocéphale, devant laquelle 
se dresse une sorte d'autel ou de gerbe avec des oiseaux (ibis probable- 
ment) dont il ne reste plus que les pattes; vers la poupe, il y avait une 
autre statue qui n'a pas été retrouvée. 

30166 — Calcaire — Mit-Rahineh (juillet 1892). 

Autre barcjue ; au fond du naos qui en occupe le milieu on voit une 
statue du dieu Khnoum dcl)0ut. 

30167 — Beau granit rouge foncé — Mit-Rahinch (juillet 1892). 
Groupe formé de Hamsùs II assis à côté d'un dieu à tête humaine dont 

la coiffure est détruite en grande partie et que l'inscription appelle Ra- 
Hor-Khouti. 

3016S — Calcaire — Mit-Rahineh (juillet 1892). 

Buste d'une grande statue, probablement de Rarasés II ; sur la léte du 
roi est posé un scarabée à plat. 

SOI 69 — Grès silicieux — Mit-Rahinch (juillet 1892). 

Statue du dieu Ptah debout ; au dos et sur le socle se trouve une dédicace 
de Ramsès II. 

301 TO — Grès silicieux — Mit-Rnhineh (juillet 1892). 

Statue analogue à la précédente ; le devant du socle est taillé en biais 
pour donner le profil de la coudée. 

301 Tfl — Grès silicieux — Mit-Rahineh (juillet 1892). 
Cynocéphale accroupi. 

301 TfH — Calcaire — Mit-Rahineh (juillet 1892) un peu au nord de la 

pierre de Shoshong. 

Boite à canopes nu nom d'un certain Ta-mat (la chatte) ; xviiie dynastie; 
ce monument est dédié par un prince grand-prêtre de Ptah nommé 
Thotmês. 

301 T3 — Calcaire — Mit-Rahineh. 

Le roi Amenholep est représenté adorant Ptah debout dans son naos. 

301 T-* — Calcaire — Mit-Rahineh. 

Dalle portant le cartouche prénom de Si-Ptah en surcharge sur celui de 
Seti II; xixe dynastie. 

301 T5 — Calcaire — Tell-el-A marna, (fouilles Pétrie ). 

Fragment de dessus de porte à corniche avec les cartouches du disque 
et de Khou-n-aten. 



— 284 — 

301 TG — Granit noir — Samanoud ( envoi Naville ). 

Fronton de naos sur lequel est représente Nectanebo 1er faisant offrande 
à Anhour et à Sekhet. 

301 TT — Calcaire — Mit-Rahineh. 

Statue d'époque saïte ; le défunt Pa-du-Sa est représenté accroupi enve- 
loppé dans sa robe ; inscription détruite en partie sur le devant de la robe. 

301 TS et 301 T9 — Calcaire — Hibet. 
Deux béliers, emblèmes d'Ammon. 

301 SO — Calcaire — Saqqarah. 

Stèle de style architectural ; le nom du défunt est détruit ; la femme se 
nommait T'cft-sen ; bauteur 2™, 51, longueur lni,57. 

301 SI — Calcaire — Saqqarah. 

Stèle au nom de Min-hon, prophète de Safekh ; vme dynastie ; hauteur 
2m, 31, largeur lm,28. 

301 S3 — Calcaire — Saqqarah. 

Slèle au nom de Noub-hotep, femme de Min-hon prophète de Safekh ; 
hauteur 2^,29^ largeur 1^,31. 

301 S3 — Calcaire — Saqqarah. 

Statue assise, au nom du chef des scribes Ptah-our-ar-n ; vme dynastie 
les couleurs sont bien conservées ; hauteur 0ni,90. 

301 S^ — Calcaire — Saqqarah. 

Stèle du prêtre de Neith-Sekhet-n-ankh ; vie dynastie ; hauteur 3^,17^ 
largeur 2^,14. 

301 55 — Calcaire — Saqqarah. 

Stèle d'un nommé Ti et de sa femme favorite du roi et gouvernante du 
harem Houi ; hauteur 3", 16, largeur 2", 09. 

30156 — Calcaire — Ghueh (nécropole du sud). 

Deux panneaux (côtés de portes) avec représentation d'un personnage, 

dont le nom est détruit, de sa famille et de ses serviteurs. 

301 Sr — Calcaire — Saqqarah. 

Stèle au nom d'un fils de roi, chancelier royal de Safekh-nofer-sam ; 
hauteur 2^,89, largeur 2^,42. 

301 S8 — Calcaire — Saqqarah. 

Deux côtés de la niche dont le fond était formé par la stèle précédente ; il 
y a une liste d'otirandes ; le défunt est représenté assis ; apport de pro- 
duits ; Safokli-nofer-sam est dit de plus ici : «chef de tous les travaux du 
roi. » ; hauteur 2^M, largeur 2™, 43. 



— 285 — 

aOl 89 — Calcaire — Ghizeh (nécropole du sud). 

Sarcophago au nom d'un prôLrn de la pyramide de Mycerinus, Ul'a ; fin 
de la ivwo dynastie. 

301 90 — Calcaire — Saqqarah. 

Stèle d'un haut fonctionnaire de la v» dynastie qui porte entre autres 
les titres de chef des travaux et de directeur de l'arsenal ; il se nomme 
Tep-m-tot-ka. Cette stèle est la plus grande que possède le Musée. 

301 91 — Calcaire — Saqqarah. 

Bas-relief provenant de la paroi d'un tombeau ; il représente une joute 
entre les matelots de trois barques; un homme tombé à l'eau se rattrappc 
à une barque ; pendant qu'on le tire par la jambe, un jouteur continue à le 
tenir sous l'eau avec sa perche ; les couleurs sont conservées ; long. 1™,43, 
hauteur 0n»42. 

301 92 — Calcaire — Saqqarah. 

Stèle du chancelier divin Tep-m-ankh ; hauteur 2n',65, largeur, l^.sg. 

30193 — Calcaire — Saqqarah. 

Stèle du grand prêtre de Ptah-Sabou, surnommé Baba ; hauteur 2'n,57, 
largeur 2^,15. 

301 94 — Calcaire — Saqqarah. 

Grande stèle au nom de Ptah-kapu qui était parent du roi, juge royal, 
administrateur des biens des princes dans la Haute-Egypte, etc; hauteur 
3°>,09, largeur 1^,20. 

301 9^ — Calcaire — Saqqarah. 

Bas-i'clief peint provenant du tombeau de Ptah-ka-pu ; apports d'offran- 
des par des serviteurs. 

30196 — Bois Mliiqué et peint — Saqqarah. 

Bras d'une statue d'un travail renianiuable ; longueur 0,82. 

301 96 bis — Calcaire — Saqqarah. 
Autre bras ; Isngueur 0™,35. 

3019T — Calcaire — Saqqarah. 

Statue assise ; autour du siège se trouvent des bas-reliefs montrant des 
serviteurs du défunt apportant des offrandes. 

301't)8 — Schi»4te — Saqqarah. 
Statue assise, sans inscription. 

30199 — C]alcaire peint — /3(V.s/(^'/ Cfouillcs Frazor). i\ ,.; 

Fragment de bas-relief représentant trois femmes' debout- respirant des 
Jleurs de lotus. 



— 286 — 

30200 — Bronze — Échange Pétrie. 
Statuette de la déesse Sati. 

30201 — Calcaire — Saqqarç^h. 

Petite table d'offrande trouvée *vec le n* 30198 ; elle est au nom de Hotep- 
noub ; largeur On«,20, longueur 0«,30. 

30202 — Bois — Meir (Cusac). 

Lyre provenant d'un tombeau de la xiie dynastie. 

30203 — Or — Mit Rahineh. 
Boucles d'oreilles grecques. 

30204 — Bronze — Meïr. 

Statuette d'un personnage nommé Nakht, de la xn« dynastie ; monument 
très important. 

30205 — Bois — Meïr. 

Trois statuettes au nom de Nakht 

30206 — Bois — Meïr. 
Statuette au nom de Knoum-Hotep. 

30207 — Bois — Meïr. 
Statuette au nom de la dame Kaït. 

3020S — Bois — Meïr. 
Statuette de Senna. 

30209 — Bois — Meïr. 
Statuette au nom de Keptm. 

30210 — Bois — Meïr. 

Statuette au nom de la dame Hotpou. 

3021 1 — Bois — Meïr. 

Quatre statuettes sans ncms, représentant deux hommes et deux femmes, 
xiie dynastie. 

30212 — Bois — Meïr. 

Barque funéraire ; on y a placé la voile provenant d'une autre barque dé- 
truite; xiie dynastie. 

3021 3 à 3021 'T — Bois — Meïr. 

Cinq barques funéraires avec leurs équipages. 



— 287 — 

302 1 8 — Bois — Meïr. 

Grande barque à bancs sans les rameurs. 

3021 9 — Bois — Meïr. 

Deux veaux blanc et noir et des simulacres de vases déposés prés du 
mort pour sa nourriture. 

30220 — Bois — Meïr. 

Porte de tombeau en tiges de palmier munie d'un verrou et d'une tar- 
gette ; hauteur ln»,27, largeur 0n>,70. 

3022 1 — Basalte — Saqqarah. 

Sarcophage d'un personnage; dernière époque saïte. 

30222 — Pâte de Terre bleue — Meïr. 

Magnifique scarabée qui était posé sur le sommet d'un masque de momie 
doré ptolémaïque. 

30223 — Terre émaillée bleue — Meïr. 

Deux tètes d'épervier provenant d'un collier en perles dont elles for- 
maient les extrémités ; longueur 0>n,07, hauteur 0»,05. 

30224 — Email vert et noir — Fayoum. 

Petite statuette représentant la déesse Sekhet assise sur un siège et 
tenant un sistre ; hauteur Ora.oe. 

3022& — Email vert — Fayoum. 

Sekhet assise tenant une tige ; 0»>,04 de hauteur. 

30226 — Email vert — Fayoum. 

Le dieu Bès coiffé de quatre plumes ; hauteur 0»,045. 

3022T — Terre émaillée — Fayoum. 

Deux scarabées émaillés par plaques jaunes et vertes ; longueur Oa,015. 

30228 — Terre émaillée — Fayoum. 

Petite plaquette rectangulaire; inscription hiéroglyphique; long. 0ni,0l6. 

30229 — Terre émaillée — Fayoum. 

Scarabée; sur le plat sont représentés deux singes grimpant à un pal- 
mier ; sa longueur est de O^jOiS. 

30230 — Terre émaillée verte — Mit Rahineh. 

Personnage grotesque coiffé d'un bonnet conique portant un plateau sur 
i'épaule ; travail non égyptien ; 0™,U de hauteur. 



— 288 — 

30SS1 — Terre cuite peinte en rouge — Mit Rahineh. 

Femme à demi couchée provenant d'un fragment d'un groupe obscène ; 
le travail est grec; longueur 0"n,10- 

30535 — Pierre saponaire — Mit Rahineh. 
Bès'doulble, mâle et femelle; hauteur 0m,043. 

30233 — Bois — Saqqarah. 

Statuette funéraire au nom de Houï ; xviiim» dynastie ; au dos on a gravé 
la scène de Nout dans l'arbre : une fois, cachée dans un palmier, elle verse 
l'eau à un homme ; au dessous ; dans un sycomore, elle abreuve une 
femme ; hauteur 0m,22. 

3023"^: — Calcaire — Grande pyramide. 

Petite stèle contenant deux lignes verticales d'inscription en gros carac- 
tères au nom de Khou-set-n-Thot ; hauteur Om,i9, largeur Oin,ll. 

30536 — Cartonnage doré — Gau-cl-Kcbir. 
Masque et pieds de momie, hauteur 0in,42. 

30236 — Cartonnage doré — Gau-el-Kcbir. 

Un autre masque de momie avec pieds ; hauteur Oin,39. 

3023T — Terre éniaillée bleue — Gau-el-Kébir. 

Six statuettes funéraires bleu clair, la coiffure est en bleu foncé ; sans 
noms; hauteur On>,l3. 

3023S — Terre éniaillée bleue — Gau-el-Kébir. 
Six statuettes funéraires ; style ordinaire ; hauteur OMjIO. 

30239 — Terre cuite rouge — Gau-el-Kébir. 

Quatre lampes funéraires, époque grecque ; longueur moyenne 0ni,07. 

302-40 — Plomb — Gau-el-Kébir. 
Bol ; hauteur 0^,05, diamètre 0^,135. 

302'41 — Ivoire — Gau-el-Kébir. 

Petit plat d'offrande en forme d'une antilope couchée; longueur Om,ii. 

302^42 — Ivoire — Gau-el-Kébir. 

Deux manches de miroir (brisés) longueur moyenne 0>n,13. 

3024^3 — Terre cuite peinte — Gau-el-Kébir. 

Petite statuette représentant Horus assis; époque grecque ; sa hauteur 
est de 0°»,15- 

30244 — Terre éniaillée bleue et verte — Gau-el-Kébir. 
Trois scarabées ailés ; longueur Om,13, Om.io^ Oa,09. 



— 289 — 

ilOZ'^Z» — Torre émaîlléo bloiie et jçrîse — Gan-cl-Kùbir. 
Quatre autres scaral)éc.s ; lon^'ueur Oin.Uol 0m,15. 

302-46— Terre éiiiaillée xorlc — Guu-el-Kébir. 

Très beau scarabée .tilu «l'un travail remarqauble ; longueur O'n.lS. 

30S47 — Terre éinaillée verte — Gau-el-Kvbir. 

Les quatre génies du mort ; même travail ; hauteur 0m,06. 

30S4S — Cornaline et terre éiuaillée verte — Inconnu. 

Trois l)agucs fendues en cornaline et une bague fendue en terre cuites 
elles sont percées et démontrent (|u'ellcs ont été portées comme boucle; 
d'oreilles; diamèti-e moyen Om,017. 

302'49 — Bois — Saqqarah. 

Deux statuettes funéraires portant un titre difficile à lire ; hauteur On>,21 
et 0n>,22. 

30230 — marbre blanc — Achat. 

Felit hippopotame debout; longueur Om.OS, hauteur 0™,034. 

302^1 —Marbre (albâtre) — S«çç«ra/t. 

Quatre vases canopes au nom de Pe-tu-Ammon ; leur hauteur moyenne 
est de 0°>,34. 

302oS — Bronze — Magasin. 

l'n homme debout tenant un petit vase dans sa main gauche; hauteur 
On>,082. 

30203 — Bronze — Abtjdos. 

Petit seau portant l'inscription : demeure d'Ammon; hauteur O'^fii. 

30204 — Cornaline — Abtjdos. 

Petite bague portant le nom de Ramsès III, probablement; diamètre On>,02. 

302^C> — Bronze — Saqqarah . 

Petite égide à tôte d'Isis ; hauteur Um,10, largeur Oni,ll. 

30S^G — Bronze — Saqqara/t. 

Slatuelle de la iléessc Sekhel debout ; hauteur 0'a,i4. 

302&7 — Cornaline —Abijdos. 
Bague avec chaton ; diamètre o™,02. 

30205 à 3026*4 — Terre et pierre éniaillée — Abydos. 

Cinq scarabées et deux amandes ; longueur moyenne de 0<n,013 li 0»»,025. 



— 2yi — 



:BTJI^E^A."C^ 



L'INSTITUT EGYPTIEN EN 1892 



Séance du 26 décembre 1891. 



Président : 
S. E. YACOUB ARTIN PACHA 

S. E. LE DOCTEUR AbbATE PACHA \ 

i Vice-présidents. 

S. E. LE GÉNÉRAL LaRMÉE PACHA ) 

M. Aristide Gavillot, Secrétaire général. 

M. Piot, Secrétaire annuel. 

M, Barois, Trésorier-bibliothécaire. 



COIvlilTE IDES lE^UTBLlC^TIOiTS 
(Outre les Membres du llureau), 

M. Grébaut, 
M. Ventre bey, 

M. OiMAN BEY GhALEB, 



— 29:{ — 



BTJÏ^E^ft.XJ 



L'INSTITUT EGYPTIEN EN 1893 



-^^" 



Élections du 30 décembre 1892. 



Président : 
S. E. YAGOUB ARTIN PACHA 

S. E. LE DOCTEUR ABBATE PACHA, ] 

> Vice-présidents. 

S. E. LE GÉNÉRAL LarMIÎE PACHA, ) 

M. PioT, Secrétaire général. 

M. W. Abbate, Secrétaire annuel. 

M. Barois, Trésorier-Bibliothécaire. 



(Outre les Membres du Hureau). 

M. Osman bey Ghaleb. 

M. PeLTIRU HE y. 

M. Ventre bey. 



— 295 - 



MEMBRES RÉSIDANTS 



Janvier 1S93. 



HELOUIS — 20 in.ii 1859. 

ABBATE PACHA — 18 novembre 1859. 

NUBAR I^VCIIA — 18 novembre 1859. 

KABIS BEY — 2 novembre 1860. 

MUSTAPHA BEY MAGDALY — 7 dôcembre 1860. 

ISMAIL PACHA EL FALAKI — 28 aoùl 1863. 

PIETRI (A. M.) — 29 jîinvicr 1869. 

HIAZ PACHA — li juin 1874. 

DACOROGNA BEY — 19 novembre 1875. 

FIGARI (Tito) — 4 janvier 1878. 

BONOLA BEY — 4 janvier 1878. 

ALY PACHA M0UBAIU:K. 

ALY PACHA IBRAHIM — 12 mars 1880. 

TIGRANE PACHA — 12 mars 1880. 

LARMÉE PACHA — 12 mars 1880. 

FAKHRI PACHA - 12 mars 1880. 

OSMAN BEY GHALEB — 12 mars 1880. 

VACOIIB PACHA ARTIN - 11 février 1881. — (De .Noydans) 

BRUGSCH BEY — 17 février 1882 — (Lktourm.ux). 

BORELLI BEY — 8 janvier 1884 — (Gaillardot bey). 

BAROIS — 8 janvier 1884. (Einant pacha). 

GAY-LUSSAC — 6 février 1885. (Bai.estra). 

PIOT — 6 février 1885. — (Rogkrs bey). 

GRAND BEY — 6 février 1885. — (Gai'Dard pacha). 

GRÉBAUT — 18 décemltre 1885. (Vassaixi bky, De Rochemontbix). 

BOINET BEY — 18 décembre 1885. — (Bernard). 

FRANZ PACHA — 18 décembre 1885. — (Golucci bky, Sonsino). 

VENTRE BEY — 5 mars 1886. — (Mahmoud pacha Falaki). 

BOURIANT — 5 mars 1886. — (De Vecchi bey). 

GALLOIS BEY — 2 mars 1888. — (R. P. Jullien). 



— 296 — 

PELTIER BEY — 2 mars 1888. — (Stone pacha, Mougel bey). 

Dr COGNIARD — 2 mars 1888. — (Bimsenstein). 

Dr HASSAN PACHA MAHMOUD — 2 mai's 1888. — (Leoncavallo bey). 

IBRAHIM BEY MUSTAPHA — 2 mars 1888. — (Pirona). 

NICOUR BEY — 9 novembre 1888. — (Mariette pacha, Maspero). 

Dr SALEM PACHA SALEM — 9 novembre 1888. — (Warenhorst pacha)- 

Dr ISSA PACHA HAMDI — 9 novembre 1888. — (RÉv. Davis). 

ABBATE (W.) — 28 décembre 1888. — (Néroutzos bey). 

WALTER INNÉS — 3 mai 1889. — (Daninos pacha). 

Dr FOUQUET — 27 décembre 1889. — (Vidal pacha). 

SICKENBERGER (E.) — 20 janvier 1890. — (Gastixel pacha, Rabino). 

HA.MILTON-LANG — 7 mars 1890. — (Dr Schweinfurth). 

SABER BEY SABRI — 7 mars !890. — (Lefébure, Kadri pacha). 

DEFLERS — 5 décembre 1890. — (Chausson, Baudry, Mathey). 

CHAILLÉ-LONG BEY — 6 novembre 1891 (Ghéfik bey Mansour, Gilly). 

HERZ — 6 novembre (Guigon bey, de Kremer). 

V,'ILLIAM GROFF — 2 décembre 1892. — (Dor bey, Rossi bey). 

UGO LUSENA. — 2 décembre 1892. — (Amici bey). 

J. DE MORGAN. — 30 décembre 1892. — (Pereyra, Gavillot). 

W. E. GARSTIN. — 30 décembre 1892. — (Ara bey, Scott Moncrieff). 



Les noms des prédécesseurs des derniers membres résidants élus 
sont indiqués entre parenthèses. 



— 297 — 



MEMBRES HONORAIRES 



Avril 1893 



MM. BRUGSCH PACHA — 17 juin 1859. 

DE LESSEPS (Ferdinand) — 17 juin 1859. 

OPPEHT — 17 juin 1859. 

DE RO.SSI — 17 juin 1859. 

SCHEFEH — 17 juin 1859. 

ZULKICAR PACHA — 17 juin 1859. 

DECAISNE— 17 noùt 1860. 

ZANO DEl. WALE — 16 novembre 1860. 

HAWLISON (Sir Hknry) — 5 mai 1861. 

HUXLEY — 5 mai 1861. 

LEEMANS — 17 juin 1861. 
S.A. ISMAn> PACHA — 21 mars 1862. 
S.A. HALIM PACHA — 21 mars 1862. 
MM. GANTU — 21 mars 1862. 

DURUY (Victor) — 12 mai 1864. 

IBANEZ — 30 (lécemliro 1864. 

DE RING — 17 février 1882. 

D'ABBADIE — 26 décembre 1884. 

Dr SONSINO — 18 décembre 1885. 

MOUGEL BEY. — 18 décembre 1885. 

PASTEUR — 5 mars 1886. 

D'AUNAY — (Comte) 5 novembre 1886. 

DE BEAUCAHŒ — 5 novembre 1886. 

DE HITROVO — 5 novembre 1886. 

VINCENT (Sir Edgar) — 5 novembre 1886. 

KARABACEK — 3 décembre 1886. 

MASPERO — 3 décembre 1886. 

MOUKTAR PACHA GHAZI — 3 décembre 1886. 

YUNKER (Dr). - 4 mars 1887. 

BRULL. — 13 janvier 1888. 



— 298 — 

MM. WARENHORST pacha (Dr). — 3 février 1888. 
LEONCAVALLO BEY — 3 février 1888. 
BIMSENSTEIN. — 3 février 1888. 
DANINOS PACHA — 3 février 1888. 
PIRONA — 3 février 1888. 
JULLIEN (Rev. P.) 3 fé^Tier 1888. 
SCHWEINFURTH — 3 mai 1889. 
GASTINEL PàGHA — 3 mai 1889. 
RAFFARD — 27 décembre 1889. 
GUIGON BEY — 1er mai 1891. 
ARISTIDE GAVILLOT. — 6 janvier 1893. 
CARTAILHAC (E). — 3 mars 1893. 



MEMBRE CORRESPONDANT 

Eliv pendant Vannée 1892. 



Docteur CALMETTE (2 décembre 1892). 



TABLE DES MATIÈRES 



Pour faciliter les recherches, la présente table des Matières a été 
divisée en six parties distinctes, savoir : 

1'* Partie — Mémoires et communications selon l'ordre des 
séeoices ; 

2"" Partie — Mémoires et communications selon l'ordre al- 
phaJDétiqiie du nom de leurs auteurs ; 

3me Partie — Mémoires et communications selon l'ordree des 
sujets traités ; 

4"'" Partie — Procùs-verbaurr selon l'ordre des séemces, avec 

l'indication des pages oii se trouvent leur commencement et 
leur continuation ; 

5me Partje — Indication, par ordre alphabétique de tous les mem- 
bres de rinstitut et de tous les assistants qui ont pris la parole 
dans une séance; 

gme Partie — Annexes et Divers. 



— 300 - 



PREMIÈRE PARTIE 



MEMOIRES ET COMMUNICATIONS 

selon l'ordre des séances. 



PAGES 

Les cartes anciennes de l'Ég-ypte, par M. Gope Whitehouse 9 

Elude sur l'expression Mot-Tamout, par M. William Groff 13 

Nécessité d'organiser en Egypte un service de vaccination antirabi- 
que, par M. J.-B. Piot 24 

Sur l'âge de l'ancien temple d'Assouan, par M. Ventre bey 41 

L'Oasis de Moeleh, par M le prof. Mayer Eymard 44 

Étude archéologique sur la Malaria, par M. William Groff 54 

Le suicide de Cléopâtre au point de vue médical, par M. le Dr Abbate 

PACHA 61 

Présentation d'une pièce paléontologique, par M. J.-B. Piot 79 

Essai sur les calendriers égyptiens, par M. Ventre bey 81 

Les minéraux de la région de Kosseir et les carrières de Syout, par 
M. R. Fourteau 105 

A propos d'une lettre de M. d'Abadie sur la coloration verte de l'eau 
du Nil pendant la Noqta, par M. Bonola bey 121 

Essai sur les calendriers égyptiens (de l'année vague et quelques 
nombres mystérieux des anciens Égyptiens), par M. Ventre bey. 125 

La Masrite et le Masrium, par M. le Dr Hussein Off 138 

Notice sur quelques monnaies en argent frappées à 0mm Dirman 

(Soudan), par S. E. Yacoub Artin 145 

Le Nil (étude archéologique), par M. William Groff 165 

Sollicitation de mesures hygiéniques dans l'intérêt sanitaire égyptien 
par M. le Dr Abbate pacha 177 

Exposé sommaire d'une reconnaissance faite le long de la côte égyp- 
tienne de la Méditerranée pendant les mois d'août etde septembre 
1892, par M. le prof. E. Sickenberger 189 

Le IXe Congrès international des orientalistes tenu à Londres en 1892, 

par M. LE Dr Vollers 193 

Présentation de pièces anatomiques et de photographies offertes au 
musée de l'École de Médecine deKasr-el-Aïni, par M. le Dr Abba- 
te pacha 214 

Essai sur les noms du fleuve égyptien et sur l'étymolologie du mot Nil, 

par M. Ventre bey 219 

Note sur l'humidité relative de l'atmosphère dans les villes du Caire, 
d'Alexandrie, de Port-Saïd, d'Ismaïlia et de Suez, par M. Barois. . 247 



— 301 — 



DEUXIEME PARTIE 



MEMOIRES ET COMMUNICATIONS 
selon l'ordre alphabétique du nom de leurs auteurs. 



PAO>S 

Abbate pacha. — Le suicide de Cléopûlrc au point de vue médical... 61 
Sollicilalion de mesures liygiéniques dans l'intérêt sanitaire 

égyptien 177 

Présentation de pièces analomiques et de photographies ofTertes 
au musée do l'École de Médecine de Kasr-el-Aïni 214 

Barois. — Note sur l'humidité relative de l'alinosphèi-e dans les villes 

du Caire, d'Alexandrie, de Port-Saïd, d'Ismaïlia et de Suez.... 247 

BoNOLA BKY. — A propos d'une lettre de M. d'Ahadie sur la colora- 
lion verte de l'eau du Nil pendant la Noqta 121 

Copii Whitehouse. — Les cai'tes anciennes de l'Egypte 9 

FouRTAU (H). — Les minéraux de la région de Kéneh et les carrières 

de Syoul 105 

Grofk Wii.mam. — Élude sur l'expression Mot-Tamout 13 

Étude ar('héologi(iue sur In Malaria 54 

Le Nil (étude archéologique) 165 

Mayer-Eymauii. — L'Oasis de Mocleli 44 

Off (Dr H.) — La Masritc et le Masrium 138 

PiOT (J.-H.) — Nécessité d'organiser en Egypte un service de vacci- 
nation antirahique 24 

Présentai ion d'une pièce paléonlologique 79 

•SicHEXBKRfiER (Prof). — Exposé soinmalrc d'une reconnaissance 
laite le long de la côte égyptien ne de la Méditerranée pendant 
les mois d'aoùletde seploinhi-e 189 

Ventre bey — Sur l'âge de l'ancien temple d'Assouan 41 

Essai sur les Calendriers égyptiens 81-125 

Essai sur les noms du fleuve égyptien et sur l'étymologie du mol 
NU l 219 

VoLLERS (Dr K). — Le IX« Congrès International des orientalistes 

tenu à Londres on 1892 193 

Yacoi:b Artin pacha. — Notice sur quelques monnaies en argent 

frappées à 0mm Dirnian (Soudan) 145 



302 — 



TROISIEME PARTIE 



MEMOIRES ET COMMUNICATIONS 
selon l'ordre alphabétique des sujets traités. 



PAOES 

Age de Vancien temple d'Assouan (sur 1') par Ventrk bey 41 

Calendriers égyptiens (Essai sur les), par Ventre bey 81-125 

Car^tcs anciennes de l'Egypte (Les), par Cope Whitehouse 9 

Comptes de l'Institut Égyptien pour l'année 1892 259 

Humidité relative de l'atmosphère dans les villes du Caire, d'Ale- 
xandrie, Port-Said, Ismaïlia et de Sue:r (Note sur), par Baroîs.. 247 
Lettre de M. d'Abadie sur la coloration verte de Veau du Nil pen- 
dant la Noqtah (A propos d'une) par Bonola bey 121 

Maiarm (Étude archéologique sur la), par William Groff 54 

Masrite et le Masrium (La), par le Dr H. Off 138 

Médaille de l'Institut Égyptien (Règlement pour la) 33 

Mesures hygiéniques dans l'intérêt sanitaire égyptien (Sollicilalion 

de), par le Dr Abbate pacha 177 

Minéraux de la région de Kosseïr et les carrières de Sy oui (Les), par 

R. FouRTAU '. 105 

Monnaies en argent frappées à 0mm Birman (Notice sur quelques) 

par Yacoub Artix pacha 145 

Mot-Tamout (Étude sur l'expression), par William Groff 13 

A7/ (Le) — Étude achéologique — par William Groff 165 

Noms du fleuve égyptien et sur l'étymologie du mot Nil (Essai sur les) 

par Ventre bey 219 

Pièces anatomiques et de photographies offertes au musée de l'École 
de Médecine de Kasr-el-Aïni (Présentation de), par le Dr Abbate 

pacha 214 

Pièce paléontologique (Présentation d'une), par J.-B. Piot 79 

Reconnaissance faite le long de la côte égyptienne de la Méditerra- 
née pendant les mois d'août et de septembre (Exposé sommaire 

d'une), par le Prof. Sickenberger 189 

Service de vaccination antirabique en Egypte (Nécessité d'organiser 

un), par J.-B. Piot 24 

Suicide de Cléopâtre au point de eue médical (Le), par le Dr Abbate 
pacha 61 



— 303 — 



QUATRIÈME PARTIE 



PROCES-VERBAUX DES SÉANCES 



PAGES 

Séance du 5 février 5 

» 4 mars (pages 23, 31, 33j 23 

» 1er avril (pages 37, 40) 37 

» 6 mai(]>ages 119, 122,123) 119 

» 4 novembre 157 

» 2 décembi-e 1«5 

» 30 décembre 213 



CINQUIEME PARTIE 



MEMBRES DE L'INSTITUT EGYPTIEN 

et 
asssistants aux séances, qui ont pris la parole 



Abbate pacha, pages 8, 28, 31, 61, 73, 77, 124. 177, 186, 214. 

Barois, » 216, 247. 

RONOLA DEY, )» 6, 121. 

Copl-Whitehouse, » 7, 9, 39. 

FaKRY PACHA, » 8, 30. 

FOLRTAL- (H.), » 78, 105. 

Gavillot, y 0, 24, 38, 74. 

Grébalt, » 31, 42. 

Groff (William), » H, 13, 40, 5l, 165. 

Mayer eymard (prof), » 39, 43. 

Off (Dr H.) .. 124, 13S. 

PiOT (J.-U.) .. 24, 29, 30, 31, 74. 79, 163, 187, 214. 

Sickenbehger (prof.), » 78, 122 1(;2, 189. 

Ventre bey, » 41,77, 81, 123, li:., 161, 214, 219. 

\ ollers (Dr K.), » 187, 193. 

Yacoub Arti.n pacaa, » 6, 7, 8, 33, 39, 40, 74, 77, 78, 120, 124. 145, 160, 161, 

187, 214,215,216. 



304 — 



SIXIEME PARTIE 



ANNEXES ET DIVERS 



PAGES 

Élections du Bureau de l'Institut égyptien poui* 1893 217 

Règlement pour la médaille de Institut égyptien 33 

Liste des ouvrages reçus par l'Institut en janvier 1892 20 

» )) février » 35 

» » mars » 71 

» » QW\\ » 116 

» » mai » 153 

» » juin à novembre 1892 182 

» » novembre » 210 

» u décembre » 261 

Inventaire des objets ou monuments entrés dans les collections du 

musée de Guizeh pendant l'année 1892 263 

Bureau de l'Institut Égyptien en 1892 291 

» » 1893 293 

Liste des membres résidants 295 

» » honoraires 297 

» » Correspondants 298 

Table des Matières 299 

Errata 305 



EI^I^.A.T.A. 



Page 191 ligne 9 au lieu de sodium lire calcium. 

» 191 » 26 » cyanosuroiVles » cynosuroïdes. 
» 192 » 12 » » » cynosuroïdes 



DT Institut égyptien, Cairo 

4.3 Bulletin 

T612 

s^r,3 

no. 3 



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